‹ De la souveraineté (volume 3)Chapitre 5 sur 25 · FOI, UNE LOI, UN DROIT · texte numérisé non relu

FOI, UNE LOI, UN DROIT

— a Cette formule, dit-il, que Rome en s^adorant proclamait à son profit et propageait par Tépée, le catholicisme, en adorant l'infibi^ la proclamait au profit des hommes et la propageait avec la parole. Elle est acquise à l'esprit humain, et ne disparaîtra plus du monde; toute doctrine sociale qui la méconnaît ne saurait exister. »

— Très-bien ! sauf, que le prétendu catholicisme, ainsi que Rome, faisaient périr, par Tépée ou par le feu : quiconque se refusait à recevoir leur foi.

Maintenant, eh présence de Tincompressibilité de 1-examen, et de l'ignorance sociale sur la réalité du droit : toute foi commune est impossible; et, toute science commune Test également. Voilà donc l'unité de foi, de loi et de droit absolument détruite : tant

DE Lk SOUVfiRAIMBTÊ. 51

que l'ignorance sociale, sur la réalité du droit, n'est poiat anéantie. M. de Flotte proclame ensuite, et avec raison : que, hors l'unité de loi et de droit, aucune doctrine sociale ne saurait subsister : Puis il ajoute :

— « Désormaiff il n*est plus de solution en dehors de celle idée d*uni- YersaUté(l} Quiconque veut enfermer la révolution dans retraite limite d*un peuple, ignore la marche de Thumanité. »

— J'en conclus : que, M. de Flotte affirme : qu'en dehors de l'anéantissement de l'ignorance sociale sur la réalité du droit, aucune doctrine sociale, c'est-àdire aucune société : n'est désormais possible.

Et, comme la réalité du droit, n'a de base possible : qu'une sanction éternelle et inévitable; j'en cmiclus encore : que, M. de Flotte affirme, implicitement: que, la réalité de cette sanction doit être démontrée d'une manière incontestablement rationnelle; ou, comme s'exprime M. de Flotte, aussi clairement : que, deux fois quatre font huit.

Et, comme cette démonstration n'est autre : que, l'expression de la réalité de la législation morale; j'en conclus : que, M. de Flotte affirme : qu'en dehors de la législation morale, basée sur une démonstration incontestablement rationnelle de la réalité du droit, et de son éternelle sanction ; aucune société n'est désor-

(1) Il est 8018 douta inutile de dire, à rimmense majorité de nos lecteurs : qvL^universalité et catholicisme sont une seule et même chose. La religion catholique réelle est la religion universelle. Tant qu'il existe <leux reliions sur un ^Xg^^y le catholicisme y reste encore : dans ravenir.

mais possible. Ce qui est précisément le contraire de ce qu'il affirme à la page 1 1 : que, la solution sociale de ravenir doit être compatible avec l'absence d'une lé^ gislation morale quelconque.

Comment est-il possible, qu'après avoir écrit les admirables choses que nous venons de citer, M. de Flotte énonce ensuite : un galimatias double, comme celui que nous allons extraire de son livre ? Certes, si M. de Flotte n'était pas un homme d'un grand mérite ; si, surtout, les idées qu'il émet n'étaient pas celles : noYi-seulement de M. Proudhon, mais encore d'hommes illustres que ce publiciste a pei'vertis à cette doctrine d'automatisme; nous aurions méprisé ce même galimatias : aquila non capit muscas. Mais, il n'en est pas ainsi ; et, nous allons mettre à nu : ce galimatias double.

— (( Si le principe réTolutionnaire de l'autorité de la conscience n'était pas catholique en ce sens, dit M. de Flotte, la révolution ne serait qu^un recul dans le mouvement et n'aurait pas de raison d'êlre. »

— Jusque-là, c'est bien. Maintenant, écoutez !

— • « Mais, ajoute-t-il, ce grand principe moderne jouit de ce caractère (1), à un si haut degré, quUl parait en cet ordre réaliser Tabsolu. »

— Comment 1 II y a actuellement communauté de conscience, communauté de jugement, communauté

(1) La communauté de conscience sur le droit.

DB Lk SOUVERAINETÉ» 53

d'idées sur le droit I quand la science actuelle^ et vousmême, niez la réalité du droit, en affirmant : que, dé<sonnais, la société doit se baser sur l'absence de toute législation morale quelconque; ce qui n'est autre : que, l'absence du droit ! Mais, en vérité, c'est abuser du galimatias double ; c'est en inventer un jusqu'à présent inconnu ; et, auquel il faudra donner un nouveau nom.

Le galimatias, que nous venons d'examiner, n'est cependant rien encore : auprès, de celui que nous allons citer. Je mets l'auteur au défi, après cela, d'aller plus loin dans cette voie.

— « Il proclame, en effet, conlinue-t-il, pour tous, sans acception de lieux, de temps ou de circonstances, une foi, la solidarité; une ici, la conscience; un deoit, la liberté, »

— En vérité, c'est trop fort ! Comment ? La solidarité est une foi! et cette foi est universelle !

D'abord la solidarité réelle ne peut exister entre des automates; et, il n'y a que des automates : si, une législation morale n'existe pas .

Ensuite, toute foi universelle est un véritable galimatias, en présence du règne de l'examen , négation de toute foi.

Puis, la conscience n'est pas une loi. La conscience, c'est la propriété et l'essence de l'humanité ; la conscience , c'est le raisonnement. Et, dire : qu'il y a commuDauté de raisonnement, de conclusion ou de conscience sur le droit ; en époque d'ignorance sur la réalité du droit ; c'est, abuser du droit d'écrire : en galimatias.

SI* DB hk SOUYBBAINËTÉ.

Enfin, dire : que, la liberté est un droit ; quand, la liberté n'est autre : que, le contraire de la nécessité; que, le contraire de l'absence de liberté ou de raisonnement; c'est, encore un galimatias plus que double; aune époque où personne ne sait encore : si, la liberté, le raisonnement, n'est point purement phénoménal, purement illusoire : ce qui anéantirait toute possibilité de droit.

Et, que dis-je à une époque où personne ne sait? J'aurais dû dire : à une époque, où la science croit saToir : que, tout raisonnement est purement phénoménal : puisque pour raisonner il faui des raisonneurs réels, des individualités réelles, éternelles ; €t, que le panthéisme prétendu scientifique actuel, en est la négation la plus formelle.

Et, savez-vous sur quoi M. de Flotte se base : pour affirmer son galimatias ? Ecoutez :

— (( La loi, dit-il, n'est plus à enseigner ou à imposer, elle est écrite dans le cœur de chacun y et chacun l'aime. La catholicité n^est ylus à poursuivre et n'est plus à fonder : ellb existe, elle est trouyk. »

— Elle est si bien trouvée : que, pas deux hommes ne sont d'accord sur le droit ; et, ne lui connaissent : de critérium que la force. Elle est jolie: la catholicité de paix et d'amour!

Je me suis trompé. J'ai mis M. de Flotte au défi : de se surpasser, en fait de galimatias. Il va me prouver : que j'ai tort. Écoutez encore.

— a Nous pouvons ici, dit-il, montrer toute Timmensité, toute l'har-

IME LA SOUVERAINETÉ* 55

monîe da grand moaTemeBi qui s'accomplit de nos jours. En même temps que dans les sciences morales Tunité se constituait ainsi i>

— C!omiuent ! L'unité se constitue dans les sciences morales, en même temps que M. de Flotte affirme : que, la solution sociale de V avenir doit être compatible avec V absence d'une législation morale quelconque : ce qui est la négation des sciences morales ? En vérité, si cela continuait, M. de Flotte me ferait jeter la plume ; et, le considérer : comme indigne d'un plus long examen. Espérons qu'il n'en sera rien. Conti<nuons !

— « Ayant que la loi de l'ordre et de la liberté, dit M. de Flotte, fût constatée par la science dans raniyers et constituée dans l'humanité par l'amour, il n*y avait place que pour les enfants de l'ignorance et de la haine : le désordre, la misère et la douleur »

— La loi de la liberté ! ce doit être une bien belle chose que la loi de la liberté I La liberté soumise à une loi, c'est précisément la négation de la liberté. Mais, passons I 11 paraît : que, nous avons la loi de l'ordre. M. de Flotte, l'affirme • Il aurait bien dû l'exposer, et surtout prouver qu'il a raison. Puis, nous avons, dit-il encore ; la science qui anéantit : l'ignorance et la haine, et leurs enfants : le désordre, la misère et la douleur. En vérité M. de Flotte se moque de nous. Et, jusqu'à présent, il est loin de remplir notre espérance.

Deux pages plus loin, M. de Flotte nous dit : que, la science est fixée. Si cela est, j'en suis bien aise; et,

dès lors voilà, de l'avis de M. de Flotte lui-même, le progrès envoyé à tous les diables. Néanmoius j'aurais désiré : qu'il nous exposât la science relative à la réalité du droit , ainsi qu'à son inévitable sanction ; et, surtout qu'il l'exposât d'une manière rationnellement incontestable. Puis, il ajoute : que, la loi morale est consta'tée par la proclamation de la liberté de conscience. Les proclamations servent à très-peu de chose. Ce sont des preuves qu'il faut. Et le panthéisme scientifique de l'époque dont M. de Flotte est l'apôtre, n'est autre : que, la négation de la liberté. Alors, la conscience : n'est qu'un vent qui siffle ; ou, qu'une girouette qui tourne. Allons! ce n'est point encore ici • que, nos espérances seront remplies.

— « La loi naturelle , morale et physique, dit encore M. de Flotte, Toilà donc la croyance commune^ Pautorité qui limite la soujeraineté. s

— J'ai beaucoup de respect : pour une Croyance commune, en époque d'ignorance sociale et d'incompressibilité d'examen ; et, plus encore, pour une souveraineté limitée ; parce que c'est plus absurde encore, si c'est possible. Mais , hélas I ce n'est point encore ici : que, notre espérance se trouvera remplie.

Allons ! jetons notre plume. Nous la reprendrons : quand, M. de Flotte nous permettra : de recevoir un rayon d'espérance.

Nous reprenons la plume. Après un effroyable galimatias, M. de Flotte nous dit : que, notre but ultérieur est :

BB LA SOmreRAllIBTÉ. 57

— « D*amT«r à U connussance de l'ordre unitertel et de la loi de vérité qui lie dans Tuolyers la matière à Tesprit, et de faire entrer le monde physique dans la société humaine par l'étude de leur relations et de leurs rapports, et VacHèvêfMnt d'une science, d'une religion et d'une philosophie, »

— Bravo 1 M. de Flotte. Ainsi, la science n'est point fixée, puisqu'il faut l'acheYer ; ainsi, vous voulez une religion et une philosophie, qui ne sont autres qu'une législation morale. 11 paraît : que, ce que vous écrivez d'une main, vous l'effacez de l'autre.

— c< La mission du pouvoir, diles-tous, est d'activer la production, la circulation et la consommation, et de les régulariser ; et, tout d'abord, d'assurer à tous, dans les limites du possible, des moyens de travail, une consommation suffisante ; et, de diriger la circulation. »

— Mais , Monsieur, vous nous avez dit : que , le pouvoir n'est qu'un instrument. Comment diable ! voulez»- vous qu'un instrument ait une mission, et fasse toutes les belles choses que vous dites ? Peut-être eussiez-vous mieux fait d'indiquer : ce que doit faire la main qui tient l'instrument pour obtenir toutes ces belles choses. Il eût été bien aussi de nous indiquer : les limites du possible. Car, comment voulez-vous que l'instrument puisse les atteindre, si vous ne l'y conduisez ?

L'ensemble des belles choses que vous venez d'énoncer, le peuple , dites-vous , l'appelle organisation du travail. Et, ajoutez-vous , organiser le travail ^ telle est désormais la mission du pouvoir.

Je répète, Monsieur, qu'un instrument est inca-

dès lors voilà, de l'avis de M. de Flotte lui-même, le progrès envoyé à tous les diables. Néanmoins j'aurais désiré : qu'il nous exposât la science relative à la réalité du droit, ainsi qu'à son inévitable sanction; et, surtout qu'il l'exposât d'une manière rationnellement incontestable. Puis, il ajoute : que, la loi morale est constatée par la proclamation de la liberté de conscience. Les proclamations servent à très-peu de chose. Ce sont des preuves qu'il faut. Et le panthéisme scientifique de l'époque dont M. de Flotte est l'apôtre, n'est autre : que, la négation de la liberté. Alors, la conscience : n'est qu'un vent qui siffle ; ou, qu'une girouette qui tourne. Allons I ce n'est point encore ici • que, nos espérances seront remplies.

— « La loi naturelle , morale et pTiysiqae, dit encore M. de Flotte, Toilà donc la croyance commune^ Pautorité qui limite la soujeraineté. s

— J'ai beaucoup de respect : pour une Croyance commune, en époque d'ignorance sociale et d'incompressibilité d'examen ; et, plus encore, pour une souveraineté limitée ; parce que c'est plus absurde encore, si c'est possible. Mais , hélas I ce n'est point encore ici : que, notre espérance se trouvera remplie.

Allons ! jetons notre plume. Nous la reprendrons : quand, M. de Flotte nous permettra : de recevoir un rayon d'espérance.

Nous reprenons la plume. Après un effroyable galimatias, M. de Flotte nous dit : que, notre but ultérieur est :

BB LA SOmreRAllIBTÉ. 57

— « D*amT«r à U connussance de l'ordre unitertel et de la loi de Té« rite qui lie dans Funivers la matière à Tesprit , et de faire entrer le monde physique dans la société humaine par l'étude de leur relations et de leurs rapports, et Vachèveffunt éfune science, d'une religion et d'une philosophie, n

— Bravo 1 M. de Flotte. Ainsi, la science n'est point fixée, puisqu'il faut Tachever ; ainsi, vous voulez une religion et une philosophie, qui ne sont autres qu'une législation morale. 11 paraît : que, ce que vous écrivez d'une main, vous l'effacez de l'autre.

— « La mission du pouvoir, diles-Yous, est d^activer la production, la circulation et la consommation, et de les régulariser ; et, tout d'abord, d'assurer à tous, dans les limites du possible, des moyens de travail, une consommation suftisante ; et, de diriger la circulation. »

— Mais, Monsieur, vous nous avez dît : que, le pouvoir n'est qu'un instrument. Comment diable ! voulez'-vous qu'un instrument ajit une mission, et fasse toutes les belles choses que vous dites ? Peut-être eussiez-vous mieux fait d'indiquer : ce que doit faire la main qui tient l'instrument pour obtenir toutes ces belles choses. Il eût été bien aussi de nous indiquer : lesUmitesdu possible. Car, comment voulez-vous que l'instrument puisse les atteindre, si vous ne l'y conduisez ?

L'ensemble des belles choses que vous venez d'énoncer, le peuple , dites-vous , l'appelle organisation du travail. Et, ajoutez-vous , organiser le travail y telle est désormais la mission du pouvoir.

Je répète , Monsieiar, qu'un instrument est inca-

58 DE Là SOUVEBAINBTÉ.

pable d'organiser. Exposez donc, ce que l'instrument devrait faire : et, surtout : ne vous contentez point d'affirmer ; mais, prouvez ce que vous avancerez ; et, cela d'une manière rationnellement incontestable. Sinon : je serai encore obligé de jeter ma plume.

— (c Quant, dit encore M. de Flotte, quant à l'ensemble de vérités, à l'autorité qui limite et qui crée la soureraiueté^ c'est ce que le peuple appelle la république, »

— Eh bien. Monsieur ! la République n'est alors : qu'un horrible gaUmatias.

Ouf! Nous voilà parvenu à un nouveau chapitre, intitulé : la souveraineté. Puissions-nous en sortir heureusement !

OB lA aommuutnf. 00

des caractère! du ptiuvtfïff <!«• la miHumitUièiHi , tUraatorité ; je attia iéïmmwui mm^tUt^a 4ihi 4êU. ger^que préMtiie la çimt^^hn <)M) B'IuUtMt*'** m« tre dea îd^ al dltlinrlim, <|«ia «m« f|«iii )it ^^m^9 4i: dire à ce aiijei uê nêurëii IM ««UalaliKi »

— J'avoue, qu'à ce sujet , je %\m Um\ «Uittej (hu satisfait : que, M. de Flottiî \{x\'U\hm,

— « La fixation de la soaferaiaeté, dU M* 4# l'I^Ai^i «#< U ^«^ ^^^ià problème qui se puisse poser. De la soluûoM ^ai «# ^ 4v«Mi4«; t^tài^r i-il^ dépendent tous les droits , tou« UfS dytrvir» ^ touU* Ua fAj|i4ii^ua euciales et la vie même de VhumuiêU, »

— Je suis complètement d<:$ iVvM <le M. (lU l'WiU) ; pourvu : que, l' expression fixaiit/fi mH jx/oj' v<4^ui' ; tiétermination ratianneUenuftU ifw/jtêlmUihlt*. WAitUtîuriôiwtiment, il parait que M. ik VioiUt m ^és^ii^a^um ^Uiimn provisoire ; tme caleoibreoUuxiie, ayioit inp^'^B^uu^ 4e vérité/ et, pouvant trompa un mmjhi'éi \}iijM w uupim grand de sots; en leur Uimui aufiéy^yi^* : 4^ v^*>é(i6ë pour des lanternes. Ou rei(»te, voy<^ bi )e nii; tr4>nipe : voici, les prc^nres parole^) die M. de VUjiJ^ -

, éiÊ4k^ ^Urtt^'ëm mUiÛMI i!É»i mm« te 4tC<:^tééi; Ai ^«MM

58 DE Là SOmrBBAINBTÉ.

pable d'organiser. Exposez donc, ce que l'instrument devrait faire : et, surtout : ne vous contentez point d'affirmer ; mais, prouvez ce que vous avancerez ; et, cela d'une manière rationnellement incontestable. Sinon : je serai encore obligé de jeter ma plume.

— (c Quant, dit encore M. de Flotte, quant à l'ensemble de vérités, à l'autorité qui limite et qui crée la soureraiueté^ c'est ce que le peuple appelle la république, »

— Eh bien, Monsieur I la République n'est alors : qu'un horrible gaUmatias.

Ouf! Nous voilà parvenu à un nouveau chapitre, intitulé : la souveraineté. Puissions-nous en sortir heureusement !

DE LA SOirvmUMBTÉ. 50

« J'attache une telle importance à la fixation des caractères du pouToir, de la souveraineté, de l'antorité ; je suis tellement oonTaineu des danger^que présente la confusion qui s'introduit entre des idées si distinctes, que ce que je Tiens de ~ dire à ce sujet ne saurait me satisfaire. »

M. DE Flott£, p. 209.

— J'avoue, qu^à ce sujet , je suis tout aussi peu satisfait : que, M. de Flotte lui-même.

— « La fixation de la souteraineté, dit M. de Flotte, est le plus grand problème qui se puisse poser. De la solution qui en est donnée, ajoutet-il^ dépendent tous les droits , tous les devo'rrs , toutes les relations so* ciales et la vie môme de Thumanité. »

— Je suis complètement de l'avis de M. de Flotte ; pourvu : que, l'expression fixation ait pour valeur : détermination rationnellement incontestable. Malheureusement, il paraît que M. de Flotte ne veut qu'une solution provisoire 'y une calembredaine, ayant apparence de vérité ; et , pouvant tromper un nombre plus ou moins grand de sots; en leur faisant accepter : des vessies pour des lanternes. Du reste, voyez si je me trompe : voici, les propres paroles de M. de Flotte :

— « Enfin , dit-il , lorsqu'une solution est une fois acceptée , il faut

60 DK LA SOUVERAINETÉ.

bien songer qu*un grand nombre de siècles s^écoulent toujours avant qu'elle * soit mise,en suspicion, et que le problème se pose de nouveau devant l'esprit bumain.... »

— De nouveau ! Voilà, une souveraineté fixée ; qui ne sera point du tout fixée. Hélas ! la souveraineté, fixée par M/ de Flotte , m'a bien Tair : d'être une franche coquette.

M. de Flotte s'embrouille dans une logomachie continuelle : en subordonnant la souveraineté à l'autorité ; et, en donnant au mot autorité : la valeur dt V ensemble des vérités acquises à V esprit humain.

Pour être logique, dans son système ; il aurait dû dire : l'ensemble des croyances : car, tant que l'ignorance, sur la réalité du droit, n'est point anéantie ; il ne peut exister : que, des croyances.

Et, alors, le souverain, ou l'autorité théorique, hypothétique , primitif , est exclusivement : l'anthropomorphe révélateur ; tandis, que le souverain réel, pratique et secondaire , est l'interprète de la révélation , alors accepté comme infaillible , et pour aussi longtemps : que, la foi peut le faire admettre comme tel. Et, la base de la foi n'est jamais : que , la possibilité de comprimer r examen.

Dès, que l'examen devient incompressible; et, pour aussi longtemps que l'ignorance sociale sur la réalité du droit n'est point anéantie ; toute foi, socialement, devient impossible ; et, tout ensemble de vérités, relativement au droit, reste encore impossible. Dès lors, toute souveraineté, toute autorité, autre que la force brutale, devient également impossible.

DB LA SOUVERAINETÉ. 6i

Yoilà qui est clair, précis, exempt de tout galimatias ; et, à la portée d un enfant de dix ans : bien éleyé.

M. de Flotte s'imagine : qu'il y a un nombre indéfini d'autorités ; et, que toutes les époques ont la leur. C'est une erreur : il n'y a de possible que deux autorités ; et, que deux époques ou l'autorité soit possible. La première époque est celle d'ignorance et de com-^ pressibilité d'examen, Alors, la seule autorité possible, est la force, transformée en droit par un sophisme quelconque ; sophisme , que la force, au moyen de l'éducation dont elle s'empare, fait accepter comme vérité., La seconde époque est celle de connaissance. Alors, l'autorité est le droit éternel, la justice éternelle, démontrée réelle , par une exposition rationnellement incontestable. La troisième époque est nécessairement : sans souveraineté ; sans autorité autre que la force brutale. Cette époque est celle : d'ignorance sociale sur la réalité du droit , existant en présence de l'incompressibilité de l'examen. Cette époque est la nôtre.

— a Chercher laTéritable autorité d'une époque, dit M. de FloUe, en déduire une souveraineté , puis de celle-ci déduire un pouvoir, c'est se trouver dans les conditions d'une organisation sociale possible ci régulière. »

— Il eût fallu dire :

— « Chercher le droit réel , l'autorité réelle , la souveruineté réelle , quand aucun droit hypothéti^iMi aucune autorité hypothétique, aucune

60 DK LA SOUVERAINETÉ.

bien songer qu*un grand nombre de siècles s^écoulent toujours avant qu'elle * soit mise,en suspicion, et que le problème se pose de nouveau devant l'esprit bumain.... v

— De nouveau ! Voilà, une souveraineté fixée ; qui ne sera point du tout fixée. Hélas ! la souveraineté, fixée par M/ de Flotte , m'a bien Tair : d'être une franche coquette.

M. de Flotte s'embrouille dans une logomachie continuelle : en subordonnant la souveraineté à l'autorité ; et, en donnant au mot autorité : la valeur dt V ensemble des vérités acquises à V esprit humain.

Pour être logique, dans son système ; il aurait dû dire : l'ensemble des croyances : car, tant que l'ignorance, sur la réalité du droit, n'est point anéantie ; il ne peut exister : que, des croyances.

Et, alors, le souverain, ou l'autorité théorique, hypothétique, primitif, est exclusivement : l'anthropomorphe révélateur ; tandis, que le souverain réel, pratique et secondaire , est l'interprète de la révélation , alors accepté comme infaillible , et pour aussi longtemps: que, la foi peut le faire admettre comme tel. Et, la base de la foi n'est jamais : que , la possibilité de comprimer V examen.

Dès, que l'examen devient incompressible; et, pour aussi longtemps que l'ignorance sociale sur la réalité du droit n'est point anéantie; toute foi, socialement, devient impossible ; et, tout ensemble de vérités, relativement au droit, reste encore impossible. Dès lors, toute souveraineté, toute autorité, autre que la force brutale, devient également impossible.

DB LA SOUVERAINETÉ. 6i

Yoilà qui est clair, précis, exempt de tout galimatias ; et, à la portée d'un enfant de dix ans : bien éleyé.

M. de Flotte s'imagine : qu'il y a un nombre indéfini d'autorités ; et, que toutes les époques ont la leur. C'est une erreur : il n'y a de possible que deux autorités ; et, que deux époques ou l'autorité soit possible. La première époque est celle d'ignorance et de com-^ pressibilité d'examen, Alors, la seule autorité possible, est la force, transformée en droit par un sophisme quelconque ; sophisme , que la force, au moyen de l'éducation dont elle s'empare, fait accepter comme vérité., La seconde époque est celle de connaissance. Alors, l'autorité est le droit éternel, la justice éternelle, démontrée réelle , par une exposition rationnellement incontestable. La troisième époque est nécessairement : sans souveraineté ; sans autorité autre que la force brutale. Cette époque est celle : d'ignorance sociale sur la réalité du droit , existant en présence de l'incompressibihté de l'examen. Cette époque est la nôtre .

— a Chercher la Téritable autorité d'une époque , dit M. de Flotte , en déduire une souveraineté , puis de celle-ci déduire un pouvoir, c'est se trouver dans les conditions d'une organisation sociale possible et régulière. »

— 11 eût fallu dire :

— « Chercher le droit réel , l'autorité réelle , la souveruineté réelle , quand aucun droit hypothétique i aucune autorité hypothétique, aucune

63 DB LA .aOUVEHAlJiBTÉ.

souveraineté hypothétique ne peut plus se haser sur une foi sociale quelconque; puis, de la souveraineté réelle déduire le gouvernement incontestablement rationnel; c'est ^ en présence de rntcompressibiiité àk Texamen, ce qui devient nécessaire : sous peine de mort sociale, ce Telle doit être Tœuvre de ce temps. »

— Nous recommandons très-spécialement le passage suivant à l'attention de nos lecteurs. Nous défions également qui que ce soit : d'en trouver un, d^égale valeur, dans tout ce qui a été écrit , jusqu'à présent, sur l'autorité. Voici ce passage :

— « Nons défions qui que ce soit , dit M. de Flotte , de nier la vérité de ces affirmations :

« Si la conscience des hommes n^est pas d^une nature identique , ou si cette nature est viciée , la liberté de la conscience et le droit d* examen

sont DESTRUCTEURS DE TOUTE AUTORITE, ET, PAR SUITE, DE TOUTE JUSTICE.

a Si cctl« conscience est la même chez tous les hommes^ si leur rai son est de nature identique , la liberté de la conscience et de la raison peut devenir une autorité réelle, et, par suite, le fondement d*an ordre social nouveau ; mais elle n^en resté pas moins destructive de tout ordre social basé sur une antre autorité.

<c Or, notre ordre social étant basé sur Tautorité de la révélation , et , socialement , cette autorité n'ayant plus de valeur par la déclaration da droit d'examen et de la liberté de conscience , il s'ensuit que notre ordre social tout entier est fatalement conduit à néant, et que, quoi qu'on fasse, nulle obéissance et nul respect ne sont plus possibles en lui , parce qu'il est sans autorité.

a Nous n'avons donc qu^une ressource pour échapper à la plus effroyable anarchie, au plus horrible chaos, c'est de constituer sur le principe de ruuité de conscience et de raison un ordre social compatible avec cette nouvelle autorité.

« Avoir conduit les hommes à la nécessité d'un tel choix , telle fut la mission des idées radicales ; elles ont tué Tordre ancien.

« Arracher les hommes à cette situation funeste , telle est la mission des idées sociales; elles doivent enfanter l'ordre nouveau.

« Comment? »

— Avant, d'examiner le comment de M. de Flotte effaçons quelques taches de c^ passage.

I» u aemmuijiifi. 68

D^abotd, eofifctanc^ et roûofi sont OBe amie €t même

chose , sous deux noms différents ; et, cette seule et même chose a nom raisonnement : le moi raison renferme les prémisses ; le mot conscience exprime la conclusion ; les deux, je le répète, se trouvent dans le raisonnement.

Ensuite, la conscience on la raison des hommes ne sont identiques : que, pour ce qui est démontré d'une manière rationnellement incontestable, aux yeux de ceux qui ne sont point aveuglés par les préjugés. Pour un homme clairvoyant, trois sont : un ; plus un ; plus un* Pour un chrétien, trois et un sont une seule et même chose. PourM.de Flotte, aveuglé parle préjugé du panthéisme, la société peut se passer de sanction religieuse. Pour un homme chez lequel les cataractes des préjugés sont extirpées, la sanction religieuse est aussi nécessaire à la vie morale, que l'atmosphère à la vie physique. €'est, que les consciences aveugles sont viciées. Mais, qu'est-ce qui distingue, socialement, une ccmscience viciée ou une raison viciée, de celle qui ne Test pas ? Voilà ce qui ne peut être résolu socialement : que, par la vérité devenue nécessaire; et, démontrée : d'une manière rationnellebibnt INCO^TES-

Page 1