‹ De la souveraineté (volume 3)Chapitre 6 sur 25 · PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

PAPAUTÉ

« Ou bien ,

« PAurafann , bocuumii , nmAKiTÉ , umii. »

— Vous VOUS trompez, Monsieur :

La formule de Grégoire VII était celle du despotisme , possible et seul possible comme base d'ordre : pendant, l'époque de compressibilité d*examen. Seulement , cette formule était elliptique ; et , je vais la oetnpléter. La voici complète.

Spiritualisme hypothétique, catholicisme impossible, Église partielle, et papauté : masque de vérité, imposé comme vérité, par la force, pouvant s'emparer de l'éducation et lui subordonner l'instruction , au moyen : d'une inquisition pour la foi.

Quant à votre formule du dogme nouveau, elle est celle de l'anarchie ; et, la seule possible, en époque : d'ignorance sociale sur la réalité du droit ; et d'incompressibilité d'examen. Seulement, elle est elliptique, comme celle de Grégoire VII; et, je dois la compléter. La voici, avec son complément :

Panthéisme c'est-à-dire : absence d'individualités réelles, éternelles; absence de raisonnement réel, par absence de raisonneurs réels ; absence de liberté réelle par absence d'êtres réefe capables de liberté ; absence de morale, par absence de liberté et, par conséquent, 4e

73 m: LA SOUYKBAlNETt*

eapacité de mériter ou de démériter ; absence de pos- »bilité d'ordre moral, par absence de moral ; anardiie nécessaire : si , Tordre moral pouvait exister alors : contrairement aux conséquences panthéistiques ; contre la formule, parce que le moral alors : c'est-à-dire la conclusion du raisonnement, serait : Tégoïsme relatif à cette \ie ; le dévouement considéré comme une sottise ; et, la certitude : que, tout sacrifier à ses passions, quand on est le plus fort, est : le comble de la sagesse .

Socialisme, c'est-à-dire alors : hypocrisie tendant à soulever les masses, afin de renverser les gouvernants pour se mettre à leur place, en se promettant : de ne pas être aussi sot qu'eux; et, d'établir un despotisme tellement fort : qu'il ne puisse être renversé ;

Ou bien : théories de vanités ignorantes, incapables de connaître la cause du mal; et plus incapables, encore , d'y remédier.

HUMANITÉ, c'est-à-dire alors : expression absolument vide de sens, puisque la prétendue science de votre époque dit : qu'il y a plus de distance de Newton au dernier des Australasiens ; que, du dernier des Australasiens au premier des singes. Ce qui conduit l'humanité : jusqu'à l'éponge; jusqu'à la dernière des conferves ; jusqu'à la dernière molécule corporelle ; jusqu'au plus petit rayonnement d'incorporéité : ce qui réduit l'humanité, à néant de réalité.

Liberté, c'est-à-dire alors : nécessité physique masquée de liberté; liberté de Tautomate : qui joue de la :fiûte; ou, écrit le livre de M. de Flotte.

M Msk MOYBBAIIŒTÉ. 7 S

Yoilà, Monsieur, votre formule, du prétendu ordre nouveau, exposée : dans toute sa clarté ; et, sans aucune espèce de galimatias.

Yoîci, maintenant, et dans toute sa clarté, aussi sans galimatias, la formule d'ordre réel, dont la réalisation existe nécessairement : dès que la formule de Grégoire VII n'est plus possible ; et, dès que la vôtre est socialement reconnue anarchiqie.

Spibitualisme bébl : résultant : de la démonstration, incontestablement rationnelle, de la réalité , de l'éternité des âmes ; dont, la déduction nécessaire est : la réalité de la sanction religieuse ; le lien des actions, d'une vie à une autre, avec le bien-être ou le mal-ètre des individus, selon que les actions auront été : conformes ou contraires à la conscience , au raisonnement.

Catholicisme béel : résultant : de la démonstration de la réalité du droit ; et de la nécessité de l'accepter universellement ; sous peine : de mort sociale , dans le gouffre de l'anarchie.

Église universelle : résultant : de la connaissance de l'humanité réelle ; et de sa distinction absolue d'avec ce qui n'est point elle ; malgré les apparences qui peuvent la simuler.

Socialisme réel et liniyersel : résultant : de l'anéantissement du paupérisme moral , relatif à l'ignorance sur la réalité de la justice éternelle ; et, de Tanéantissement du paupérisme matériel : inévitable , tant que l'ignorance sociale sur la réalité du droit n'est point anéantie ; et impossible : dès, que cette même ignorance se trouve : socialement détruite.

74 ms fji fiOOTVRÀifiETt.

Â^cédez-YOQs, Mofnsîeiir, à la réalité de ces fonmiles. Si, TOUS n'y accédez point; ayez la bonté de me dire vos raisons.

Si, Tom y accédez, yoqb pourrez r^^éter alors ; et, «rec raison :

. — « Voilà l'arbre, la poutre géaiile que tous panves jeler «iv les «ails

où vole le convoi de l'avenir. y>

— Car, votre poutre de panthéisme , se trouvera bientôt pourrie : dans le sang versé par Vanarcbie.

Après cela, nous nous trouvons encore une fois, forcé de jeter la plume. M. de Flotte, hélas 1 va de nouveau se traîner dans le galimatias. Puîsse-t-il en sortir bientôt!

Reprenons la plume. Voici, maintenant, qui est raisonnable et clair. M. de Flotte va se condamner lui-même.

— - « Grecs et chrétiens, dit-il, furent logiques. St la nature était JkBBf la morale n'avait rien de nécessaire et devait être soumise aux caprices des forces naturelles.,. »

— Si, je ne me trompe; cela, signifie clairement : que, si le panthéisme est vrai^ les hommes sont de pures marionnettes. 11 parait que M. de Flotte se résigne ; à être une marionnette^ sifflant l'air du panthéisme.

Plus loin, M. Flotte dit encore :

— « Bientôt les Grecs s'aperçurent que la morale n'était point soumise k des lois humaines , mais bien à des lois absolues , nécessaires , c'est-àdire divines , et qu'il Vêtait point perjnis 4e faire lelle en tfltte iei

BS LÀ MUrBRÀINET*. 78

monàe* £■ cel ordbe , il B'afpptrtcBait pat au MQyenind'ordoaiiMr , mais d^obéir. »

— De là, il n'y avait qu'un pas , jusqu'à dire :

La loi morale est l'expression de l'étemelle raison. Tant, que l'ignorance sociale n'est point étanouie ; les forts, les souverains par la force, formulent la loi morale : parce qu'une loi; morale est nécessaire, à la conservation de l'ordre. Quand, Tignorance est évanouie; la force obéit à la raison, alors connue; dont, la loi morale : est Texpreission.

Après cela, M. de Flotte retombe dans le galimatias.

Maintenant, voici du bon sens, et même des erreurs. Mais , au moins, absence de galimatias. Reprenons la plume.

Après avoir prouvé : que, du système entier de notre société j de ses institutions et de sa religion ^ il ne reste RIEN; M. de Flotte ajoute :

— « Voilà notre situation: Elle est périlleuse, et ce n*est pas en fermant les yeux que nous pourrons nous sauter. Le danger est immense , et ce n'est pas en nous trompant nous-mêmes à plaisir que nous pourrons le conjurer. Il demande Tunion de tous les courages et de toutes les intelligences. Et ceux-là , je n'hésite point à le dire , qui s'efforcent de ▼oiler nos plaies pour s'éviter la peine de les guérir y ceux-là qui s'étourdissent et se mentent, sont des niais ou de mauvais citoyens; ils sont aveugles ou indifférents au sort de tous. Hélasl je me trompe, ils sont lâches 9 et dans leur frayeur , comnie l'autruche qui se cache la tète , ils ne veulent qu'oublier un instant et traitent en ennemi quiconque veut les réveiller de leur torpeur.

« Gassandre , je le sais, est toujours mal venue, et quelque haine s'attache au messager qui vient annoncer le péril. Mais quand je vf^is l'incendie qui commence, mon devoir est de sonner le tocsin , et quoi qu' — pease «n qu'il advienne, je n'y fiôUirui pas. »

76 MS LA SOGVKRAINEU.

— Très-bien ! Monsieur, ce courage est noble. Mak, ce n'est pas tout d'avoir le courage d'obéir à sa conscience ; il faut encore éclairer sa conscience ; et, ne jamais oublier le proverbe : V enfer est pavé de bonnes intentions. Vous allez, dites-vous, sonner le tocsin. Craignez^ au lieu de saisir la corde de la vérité, de ne faire tinter : que, la cloche de Terreur.

-— « Il est de mode aujourd'hui, dites- vous^ d'affirmer que le moutement scientifique n'est point destructeur de l'idée kbligieusb ; c'est là un des moyens d'aveuglement que je yjens de caractériser. Ou se console avec ce mensonge^ on en prend Thabitude, on veut Taccepter sans réfléchir , comme au lit d'un mourant, il est de bon goût de ne point parler de la maladie ni de la mort. Cesi là un symptôme fatal, et ce n'est qu'à l'heure de l'impuissance et du découragement que Ton se laisse aller à nier ainsi le progrès du mal. Eh bien I que l'on accepte ces consolations désespérées , que l'on dorme sur cet oreiller menteur , et le réveil sera terrible ! »

— Eh bien. Monsieur ! vous venez de faire tinter la cloche de l'erreur ; le mouvement scientifique actuel n'est pas un ; il se fait, sur deux voies nécessairement opposées; tant que n'est point évanouie , l'ignorance sociale sur l'existence : soit de deux ordres, le physique et le moral ; soit d'un seul, le physique.

Le mouvement scientifique, sur la voie du seul ordre physique; est, effectivement, destructeur de l'idée religieuse : en établissant le panthéisme comme vérité; ce qui, comme le dit fort bien M. de Flotte, anéantit la morale', en croyant prouver : que, celle-ci est soumise au caprice des forces naturelles.

Il n'en est pas de même : du mouvement scientifique Burla voie morale. Ici, l'idée religieuse hypothétique, basée sur l'anthropomorphisme, se trouve en effet dé-

DE LA SOUYERÂINETÉ. . 77

truite ; mais, la nécessité de l'idée religieuse réelle, la nécessité par conséquent de prouver : que , le pan* théisme prétendu scientiBque est une erreur ^ et, qu'il doit être détruit, pour que l'humanité ne périsse point, au sein de l'anarchie ; cette nécessité se fait sentir, (le plus en plus, à mesure : que , l'anarchie se déve* loppe. Tel est le tocsin de la vérité.

Après avoir exposé : la marche du protestantisme, contre la religion hypothétique ; M. de Flotte ajoute :

— - « Enfin, rËglise envahie par le protestantisme et par la philoso* Sophie (i) ; attaquée par Tan dans la société, par Tautre dans le dogme lui-même ; étourdie de tant d*assauts^ vaincue, reculant^ désespérée, cessa d'avoir confiance en soi-même et dans sa destinée. Et quand Descartes vint, rËglise, impuissante à se sauver elle-même, crut que Dieu lui envoyait un sauveur. La direction que Fécole cartésienne a suivie et les conséquences ultérieures de la méthode et des idées de cet homme illustre ont suffisamment prouvé Tillogicité d'une telle espérance. )

— La démonstration, de la réalité du cartésianisme, n'empêcherait point : la religion hypothétique, la religion basée sur l'anthropomorphisme, de tomber; au contraire : elle la ferait tomber plus vite, en la rendant inutile : par la démonstration, qui en résulterait, de la réalité du lien religieux.

Il n'y a pas de doute : que, si la partie scientifique, placée sur la voie des sciences physiques, a démontré, réellement et non illusoirement, que le panthéisme est vrai ; il n'y a pas de doute, dis-je : que, l'hypothèse

(1) Pendant toute l'époque d'ignorance sociale : protestantisme et ]^iilos€pMe sont une seiUe et même chose, Noos prions nos lecteurs de ne jamais l'oublier. Pendant toute cette époque, la théologie est Béo«h sairement : dogmatique.

76 MS LA SOGVfiRAlNEU.

— Très-bien ! Monsieur, ce courage est noble. Mais, ce n'est pas tout d'avoir le courage d'obéir à sa conscience ; il faut encore éclairer sa conscience ; et, ne jamais oublier le proverbe : V enfer est pavé de bonnes intentions. Vous allez, dites-vous, sonner le tocsin. Craignez^ au lieu de saisir la corde de la vérité, de ne faire tinter : que, la cloche de Terreur.

•— « Il est de mode aujourd'hui, dites-vous^ d'affirmer que le moufement scientifique n*est point destructeur de l'idée religieuse ; c'est là un des moyens d'aveuglement que je viens de caractériser. Ou se console avec ce mensonge^ on en prend Tliabitude, on veut Taccepter sans réfléchir, comme au lit d'un mourant, il est de bon goût de ne point parler de la maladie ni de la mort. C^est là un symptôme fatal , et ce n'est qu'à l'heure de l'impuissance et du découragement que Ton se laisse aller à nier ainsi le progrès du mal. Eh bien I que l'on accepte ces cousoUtions désespérées , que l'on dorme sur cet oreiller menteur , et le réveil sera terrible !»

— Eh bien, Monsieur ! vous venez de faire tinter la cloche de l'erreur; le mouvement scientifique actuel n'est pas un ; il se fait, sur deux voies nécessairement opposées; tant que n'est point évanouie , l'ignorance sociale sur l'existence : soit de deux ordres, le physique et le moral ; soit d'un seul, le physique.

Le mouvement scientifique, sur la voie du seul ordre physique; est, effectivement, destructeur de l'idée religieuse : en établissant le panthéisme comme vérité; ce qui, comme le dit fort bien M. de Flotte, anéantit la morale', en croyant prouver : que, celle-ci est soumise au caprice des forces naturelles.

Il n'en est pas de même : du mouvement scientifique sur-fa voie morale. Ici, l'idée religieuse hypothétique, basée sur l'anthropomorphisme, se trouve en effet dé-

DE LA SOmrSRÂlNBTÉ. . 77

truite ; mais, la nécessité de l'idée religieuse réelle, la nécessité par conséquent de prouver : que , le pan* théisme prétendu scientifique est une erreur ^ et, qu'il doit être détruit, pour que l'humanité ne périsse point, au sein de l'anarchie ; cette nécessité se fait sentir, Je plus en plus, à mesure : que , l'anarchie se déve* loppe. Tel est le tocsin de la vérité.

Après avoir exposé : la marche du protestantisme, contre la religion hypothétique ; M. de Flotte ajoute :

— - « Enfin, rËglise envahie par le protestantisme et par la philoso* Sophie (i) ; attaquée par l'an dans la société, par l'autre dans le dogme lui-même ; étourdie de tant d'assauts, vaincue, reculant, désespérée, cessa d'avoir confiance en soi-même et dans sa destinée. Et quand Descartes fint, rËglise, impuissante à se sauver elle-même, crut que Dieu lui envoyait un sauveur. La direction que l'école cartésienne a suivie et les conséquences ultérieures de la méthode et des idées de cet homme illustre ont suffisaminient prouvé l'illogicité d^une telle espérance. )

— La démonstration, de la réalité du cartésianisme, n'empêcherait point : la religion hypothétique, la religion basée sur l'anthropomorphisme, de tomber; au contraire : elle la ferait tomber plus vite, en la rendant inutile : par la démonstration, qui en résulterait, de la réalité du lien religieux.

Il n'y a pas de doute : que, si la partie scientifique, placée sur la voie des sciences physiques, a démontré, réellement et non illusoirement, que le panthéisme est vrai ; il n'y a pas de doute, dis-je : que, l'hypothèse

(1) -Pendant toute l'époque d'ignorance sociale : protestantisme et pMosophie somi vne seule et même chose. Nous prions nos lecteurs de ne jamais l'oublier. Pendant toute cette époque, la théologie est néoessairement : dogmatique.

78 DE LA SOUyEftàlNBTÉ.

de Descartes (car chez^ lui ce n'était qu'uae hypothèse)^ ne soit évidemment fausse. Mais, dans ce cas aussi, M. de Flotte n'est plus : qu'un serin, sifflant nécessairement l'air du panthéisme : ainsi, d'ailleurs, qu'il en convient lui-même à la page 275. Relativement à l'ordre moral, l'hypothèse de M. de Flotte ne vaut donc pas mieux : que, celle de Descartes ; et, relativement à la réalité du raisonnement ; du raisonnement qui, en définitive, n'est lui-même que la science bonne ou mauvaise ; cette hypothèse vaut infiniment moins.

— « Quoi qu*il en fût , Gontiirae M. de Flotte , l'Église était trop malade pour agir arec sagesse; elle en était aux remèdes de hasard: elleac— ceptait toat , d'où qu^it tint , pour ne pas mourir. Le cartésianisme fat reça arec enthousiasme ; c'était une faute irréparahle. »

— Et pourquoi, s'il vous plaît, Monsieur? Il fallait, en présence de l'incompressibilité de l'examen : que, l'hypothèse de Descartes fût démontrée vraie ; ou, que la négation du lien religieux fût socialement acceptée comme vraie : ce qui conduisait l'humanité à la mort. Jusqu'à présent, cette hypothèse n'a point été démontrée, cela est vrai. Et, la prétendue science actuelle, sur la voie des sciences dites naturelles, prétend, M. Auguste Comte en tête : qu'elle est complètement fausse. Eh bien ! Monsieur, moi je prouverai : d'une manière rationnellement incontestable ; et, aussi clairement que deux fois quatre font huit, pour me ser • vir de votre expression : que, l'hypothèse de Descartes est la vérité. Je ne demande à cet égard : que, le temps d*tepa8erîa démonstration ; et, qu'un public qui veuille

DR Ub sowvuuihbtA» 7^

me lire. Il est vrai que cette dernière condition serait seulement possible : lorsque ranarchie l'aurait rendue nécessaire. Je la donnerai donc avant ; mais, elle ne sera lue qu'après.

— - « Tout spiritualisme philosopfaiqae conduit fatalement , dit M. de Flotte , à la haine de la vie , à Tamour de la mort. »

— Sî, par spiritualisme philosophique, M. de Flotte comprend : un spiritualisme en galimatias ; tel, que toutes les philosophies en ont imaginé, depuis l'origine du monde; M. de Flotte; a raison : presque tous, conduisent au matérialisme, par la réduction à l'absurde. Mais, si par spiritualisme philosophique, M. de Flotte comprend : le spiritualisme scientifique, incontestablement scientifique, et tel que je l'exposerai; je puis lui affirmer : qu'il ne conduit ni à la haine de la vie, ni à l'amour de la mort. Je suis spiritualiste scientifique, et j'aime la vie : parce que je sais : que, c'est par elle seule qu'il est possible de mériter et de jouir; parce que je sais qu'elle est éternelle. Je suis spiritualiste scientifique, et, je méprise la mort : parce que je sais : qu'elle n'existe pas.

80 DE LA BOOVBRAINETE.

« Science et religion sont aujourd'hui coniro' dictoiret, »

M. Di Flotte, p. 281.

<t Science ou examen, et religion hypothé' tique donnée comme vérité, sont, aujourd'hui et toujours : contradictoires par e<sence, »

Colins, Mss,

— La proposition de M. de Flotte est vraie, mais elliptique. Elle avait besoin d'un complément.

Après avoir reconnu: que, sous le panthéisme, rhomme n'est qu'une machine ; M. de Flotte au rait dû se dire :

L'humanité, placée hors du cercle de la religion, est . comme un homme hors de l'atmosphère. Il faut donc: ou, que la prétendue science actuelle soit démontrée fausse; ou, que la prétendue science soit subordonnée à une religion hypothétique , ce qui est impossible en présence de l'incompressibilité de l'examen ; ou , il faut : que , l'humanité périsse.

-— «c Poavez-voas refaire la science? dit ensuite M, de Flotte. Je ne le crois pas, »

— Je le conçois^ Monsieur, puisque la prétendue

MS LA SOUYKRAllIETÉ. 81

science actuelle est réelle en apparence. Mais, je me charge de vous démontrer, à votre propre satisfaction, et à la satisfaction universelle, parce que ce sera d'une manière rationnellement incontestable : que, cette réalité apparente n'est absolument qu'une illusion. Seulement, j'aurais voulu vous voir conclure, d'après vos propres prémisses : que, la science devait être refaite ; puisque , vous appelez refaite une chose qui n'a jamais été faite ; et cela : sous peine de mort humanitaire.

Après cela, M. de Flotte nous dit : qu'il va traiter des sujets délicats ; qu'il n'écrit point pour les petites filles ; et, que ce ne sont point elles qui liront ses pages. Je le préviens : que, si ses sujets délicats sont traités en galimatias ; les petites filles pourront le lire, sans aucun danger.

Je viens de parcourir : ce , que M. de Flotte dit do l'art. Je donne, aux petites filles, sur lesquelles je pourrais avoir autorité, la permission de lire ce long chapitre. Si, j'y ai compris un seul mot : je veux être pendu.

Ce qui m'étonne toujours, c'est de voir M. de Flotte, professeur de panthéisme, parler : d'absolu ; d'âme ; et, de Dieu : triade incompatible avec le panthéisme.

Par exemple, écoutez la tirade suivante. M. de Flotte a voulu peindre l'individu de la société actuelle ; l'individu de la société panthéiste.

— - « L'homme, dit -il, isolé, ne Toyant plus dans le monde rien qui IVide à s'éleTer jusqu'à Diiu, cesse de comprendre le lien qui Tunit aux

82 BB MJl SBCfBBJJRBffÉ.

«rtralMMBBM; U nàmm 4e m* exkleace éckappe à s«i tt|wîl: itaese coandt plos lai-mêoie, il oe nisit plos le bat àt ses tn^max et de sa fie. Triste, abandoené, su» mission, son cieiir se ghee, et ré^éisae, coanM ca lue prÎMM , Teaveioppe et Teasefie ; pais « teai «sec Itâ-aêne, mbi passé, sans avenir, sans Dinr, sans peaple, sans aaÎTers, il soaffre eaeare, il se désole, il ne peot mourir, il s'ennûe. »

— ^A s(m insn, probaUement, M. de Flotte Tient de faire : le portrait du panthéiste.

Avant, et après cela, il parle de l'âme et de l'absolo. En vérité, c'est à n'y rien comprendre!

La lecture du chapitre suivant, intitulé Dogme et morale^ peut moins se tronver permise aux petites fQles. Je n'y ai cependant compris qn'nne seule proposition, la Toici *

-» « 11 n* j eut jamais an fond de tons les sjsièmes ^*ane idée , le

PIHTHSISHB. B

— Cette idée a été mieux exprimée , par M. Cousin, en disant : que, le monde depuis wn origine, a roulé dans un cercle vicieux : de l'anthropomorphisme au panthéisme ; et, du panthéisme à l'anthropomorphisme. C'est, que l'anthropomorphisme n'est luimême : qu'un panthéisme masqué. Ce cercle vicieux est inévitabh : en époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit.

Au chapitre suivant, intitulé décadence rbugibuse ; M. de Flotte commence, en disant :

— « Comment les représentants de TËglise et de sa sonreraiBeté, en vinrent-ils à laisser prendre à la morale nne prépondérance sur le dogme? »

— A cet égard, M. de Flotte répond : par, un am-

AB LA aOirVERÀlNETÉ. 83

phigouri, tant soit peu erotique. Il y a, cependant, une autre réponse à faire : pas du tout amphigourique ; pas du tout erotique ; et, complètement raisonnable. Voici cette réponse .

Le christianisme, fit prédominer le dogme : tant, que l'examen put être comprimé. Quand , cette prédominance devint impossible ; le christianisme abandonna le dogme : parce qu'il le reconnut absurde; et, incapable de résister à l'examen. Alors, il laissa prédominer la morale, pour essayer d'échapper à la mort. Il oublia : que. la morale ne peut reposer : que, sur le dogme d'une sanction religieuse hypothétique, mais acceptée par la foi, en époque d'ignorance et de compressibilité d'examen; ou, que sur le vide, en époque d'ignorance et d'incompressibilité d'examen ; ou, que sur la démonstration , rationnellement incontestable , de la réalité de la sanction religieuse, en époque de connaissance. Tout ce qui se dit de plus, sur la religion et sur la morale, n'est jamais : que, du galimatias, plus ou moins amphigourique.

Il y a, dans ce chapitre, un excellent passage ; je me fais un plaisir de le mettre sous les yeux des lecteurs.

— « Quand on parle de révolution, dit M. de Flotte, il ne faut jamais oublier que ce grand drame eut bien des héros. Le premier acte de l'œuvre des rois, c'est la séparation des pouvoirs ; le second est celle des nobles 9 c'est le protestantisme; le troisième celle des bourgeois, c^est la liliilosophie; le qoatrième se jone de nos jours, c'est l'œuvre des peuples. A la fin de chaque acte, ceux qui furent chargés du principal rôle passent dans le chœur, puis ils gémissent et récriminent jusqu'à la fin de la pièce, et font de grotesques eftorls pour remonter sur la scène. Cet inlermède ndieuie «tt fort dÎTertistaiit.

84 DE LA SOUVBKAINETÉ.

« Âh!... il me semble que m.i plame grimace en écriTtiit cas mois. Je ricane à faux, et je me bats les Qancs pour étourdir la douleur. »

— J'ajoute ici : que, le quatrième acte, ou le socialisme résultant du panthéisme, est l'œuvre des philosophes, collègues de M. de Flotte; et, que le seul mérite, de cette horrible préparation à la péripétie, est : de conduire aux gémonies, les nations assez sottes pour ne point observer : que l'anthropomorphisme et le panthéisme ; l'économisme et les prétendus socialismes ; sont, pour la société, des poisons plus funestes : que, l'acide cyanhydrique ne peut l'être, pour les individus. Quant, au cinquième acte, il est le triomphe : de la théologie réelle ; de la philosophie réelle ; du socialisme réel ; rendus ln : sous le drapeau de la science.

Le reste, de ce chapitre, est du galimatias mystique allemand ; écrit, avec des mots français. Je félicite ceux ^qui le comprennent.

M. de Flotte, fait /compliment à M. Victor Hugo : de ce que son école est très- franchement panthéiste. Je ne sais : si, l'éloge plaira à l'auteur de Notre-Dame de Paris.

A la page 354, et pour la vingtième fois, M. de Flotte parle d'âmes. Je voudrais bien savoir : ce que cette expression peut signifier, dans la bouche d'un panthéiste.

Au milieu d'un déluge de mysticisme , duquel je tâîïhe de me sauver à la nage; je m'accroche, par hasard, à une phrase claire et vraie.

— « Religion et société, dit M. 4^ Flotte, le séparent détonnais, et ne

peuvent vitre ensemble. Refaites doue votre société. Si vous le pouves , refaites votre religion.

« Et sachet- le bien. Si vont ne prenes l'un ou l'autre de ces partit ,

vous ^18 UH PBDFLE MORT. »

— J'ai dit que cette phrase est vraie ; elle ne Test qu'à moitié. 11 fallait dire : au commencement, religion hypothétique; et, à la fin : si, vous ne prenez ces deux partis; vous êtes une humanité morte.

Après un passage, passablement erotique, M. de Flotte dit : page 357.

-» « 11 faut proclamer pour dogme la science , pour culte l'art, pour morale la liberté. »

— Je ne dirai rien : de l'accouplement des mots dogme et science; qui, Tont ensemble : comme les moi% être et néant. Je ne dis rien : de Tart pour culte; qui, est le culte du je ne sais quoi. Quant, à la liberté des passions , pour morale ; c'est, très-platonicien ou trèsfouriériste. Je serais curieux de savoir : comment, M. de Flotte bâtirait de l'ordre, sur une pareille triade !

L'avant-demier chapitre est intitulé : l'idéal et les

Page 1