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SIXIÈME PARTIE

« Les bous goaTerneiMnts, ks goaTernements sages, justes, éclairés, nûsonnables, sont légitioMS. Ebx seuls sont l^itûaes , ei ils le sont dTantoU phu qoUs sont mefllears et i^os édairés, plus raîsomaUes et plas jostes.

« Les yovrerneBients qai ne sont que léds (c'estihdire nriqneBeat iégaux) uwitiaigamt à TMàasaoce; les goaTernements légitimes Tobtiennent parce qu'ils la méritent.

« Cette do€tnme a Tafantage, et ee n'est pas à mes yeux la moindre preoTe de sa vérité, elle aj dis-je, l'avantage de s*écarter égalemoit : et du ébgms inêemëé du droit ditcm; et du do§m§ imm moins insensé, non moins absurde , de la souveraineté du peuple, tel qu'il se professe de nos

Due sa BaOGUS alaeksmibirt tks

Comment distingue-t-on , socialement, un gouver- ^i^eiit «age^ jorte, éclairé, nûfioaifeable ; d'un gouyer- ^^^ment tôt, iofurte, ignorant et dérawomiabie ? En ^po^d d'ignorance : exdosîvcmcaii pat fai fonce.

€0niiiie»t di0tingue*t-on, soeèairaient, un goover ^ent uniquement légal ; d'un gouvernement légilime ?

Le dernier, dites-vous, obtient Tobéissance. C'est dire : que, lorsqu'un gouvernement cesse d'obtenir l'obéissance, il a cessé d'être légitime. C'est, la légitimation de la force brutale ; c'est : l'intronisation, applaudie, de toute insurrection victorieuse.

Le dogme de la souveraineté du peuple est insensé, et absurde, dites-vous. Et, qu'est-ce donc que la souveraineté du peuple ; si, ce n'est le triomphe de la force brutale ?

Le temps, de faire accepter des vessies pour des lanternes, commence à se passer. Il serait temps, qu'un homme franc vînt dire à tous :

-» a Je suis le plus fort^ et je tous soumets à la force , parce que la société est encore une imbécile ; et, qu'au sein des imbéciles , il n'y a d'ordre possible, de vie sociale possible : que, par la force. Cherchons tous la vérité; quand elle se présentera, je lui remettrai mon épée : mais, quiconque en prendra le masque, sera mis à mort; et, au nom de Tordre.»

— Croyez-vous : que , cette harangue affaiblirait celui qui oserait la prononcer; et, qu'elle ne vaudrait pas mieux que le discours de M. le duc de Broglie?

— d La démocratie dans le gouvernement, dit Royer-Gollard , est incapable de prudence ; c'est qu'elle est , de sa nature , violente , gue^

rière, banqueroutiers »

(Sur l'hérédité de la pairie^ 4 octobre 1831.)

— Voilà , la souveraineté du peuple renvoyée aux calendes grecques. Et, que voulait donc M. Roye^ CoUard? Hélas I il n'en savait rien lui-même. Et, il avait cela de conomun, avec beaucoup de ceux qui k lui reprocheront.

— c Le pOttYoir est un, essentiellement un, dit M. de la Meonais. De deux pouvoirs qui se disputent la souyeraineté dans un même État, si l'un est légitime, l'autre évidemment ne Test pas : car la coexistence de deux pouvoirs souverains est contradictoire. »

— Rien de plus évident. Mais, si les deux pouvoirs, qui se disputent la souveraineté, sont eux-mêmes devenus incapables de Texercer ; si, la souveraineté de droit divin et la souveraineté du peuple sont également incapables d'être bases d'ordre ; si, la so.uveraineté réelle, celle de la raison, de la vérité, de la science enfin, se trouve encore si loin d'être reconnue nécessaire ; que, parler de sa nécessité, parait généralement aussi absurde : que, de parler de la nécessité d'anéantir l'atmosphère , pour pouvoir respirer librement : dans quel état se trouvera cette société ?

— <c Deux pouvoirs, continue M. de la Meonais, qui se balancent, comme on dit, qui se font équilibre, sont deux pouvoirs en guerre, et ils guerroieront, et le pays souffrira de leur lutte aussi longtemps que Tun des deux n'aura pas été vaincu sans retour. »

— Et, si actuellement aucun des deux ne peut vaincre sans retour , parce que tous les deux doivent être anéantis ; si, le seul pouvoir qui puisse les anéantir, loin d'être soupçonné , socialement, est, au contraire, socialement nié ; quel sera l'état de cette société ?

—«Or qui l'emportera, continue M. de la Mennais, du pouvoir démo- ^'t^He ou du pouvoir qui lui dispute la souveraineté ? Telle est la grave ^^on qui se débat; et certes il n'est pas surprenant qu'elle préoccupe <i vivement les esprits, car elle renferme tout l'avenir de la société. »

— Vous le voyez : M. de la Mennais ne se doute

même pas : qne, ces deux pouvoirs doÎTent être anéimlis. Dans quel état doit se trouver une pareiHe société ?

— (( Jusqu'à ce qu'elle toit résolue , continue M. de la Mennais, on le voit assez^ point de gouvernement possible, absence absolue d'administration régulière et suivie^ désordre profond, ihceetitvbb sur toutes choses et de t<mte$ c^ojet. Et chacum, qnelles qne soient set opinioas, its sympathies^ doit désirer qu'elle soit résolue définitiTement, parce qu'on attermoîement ne serait qu'une funeste prolongation du mal qui nous travaille, parée qne désormais eette grande qneslioo m repr éstnlera tonjours, parce qu'aucun État ne saurait vivre au sein de l'anaickie gm'eiifante le combat forcé de deux principes qui tendent respectivement! développer deoi sérits d» coaséqnesces rigaoreiseflKst emitrtdietoiiwar

— Ët^ si les deux {mncipes -doivent, toua les deux, se trouver anéantis ; et^ si la nécessité du principe, ig doit les anéantir, n'est pas même soupçonnée ; le mal B'en trouvera considérablement augmenté.'

— « Si vous croyez au retour inévitable du passé, dit M. de la Blennais, si vmis voyez dans le principe ancien une éternelle condition de Tordre, la vraie,, l'unique base de la société, momentanément renversée par les peuples dans un accès de délire, rétablissez le principe anciei franchement, ouvertement, et acceptez-en toutes les conséquences : c'est votre devoir rigoureux.

« Si, au contraire, vous êtes convaincu que le passé ne peut ni ne doit renaître; si vons avez foi an |«incipe démocratique qni, de jônr en jcar^ s'étend et grandit en Europe ; si vous y voyez une indispensable condition de Tordre à l'époque présente. Ta vraie , Tunique base de la société telle foe Tent finte les progrès. é& Tkunanité , établisses franshenH^ complètement le principe démocratique , et acceptez-en toutes les conséquences : c'est votre devoir non moins rigoureux. »

— Et, si ces deux pouvoirs sont*, actuellement > également anareinques ; quel d^t être Tétàt aetoei ai

la société? ^^

— aPornt de vffincyilîiRions, poîntde faiWeise'conpaWc, confîi»»*

BB LA SOUVERAIHETÉ. 331

M. de la Menns» ; il ne s'agît point ée safoir gi l'on aimerait mienx ne pas aToir à se résondfare svr im point d'une pareille graTÎté , k prendre une décision d'où dépend le sert de la génération actuelle cooime des générations fotnm ; Û s'agit de reconndtre ce qn^nne trrérocable néces* àîé commande impériensement, et de l'accomplir sans hésiter, a^ec le cafane de la nécessité même. »

— Très bien! Mais, siFirréYocable nécessité exige: qu'au lieu de faire triompher l'im de ces deux principes, tous les deux soient anéantis ; et, que la société sache qu'un troisième principe, dont elle ne soupçonne même point l'existence, reste seul souverain; que résultera- t -il , pour la société , de cette impossibilité d'obéir à l'irrévocable nécessité ?

M. de la Mennads va vous le dire, dans la même feuille dont ce qui précède a été extrait :

— a ffons sommes, dît-il, derenns, comme peuple, un je ne sais quoi ^i m'a es nom dans astamte iamifm. Il n'en sera pas certes toujoorf ainsi, nous sortirons de cette fange : mais enfin Yoilà notre état présent, a

[Politique à Vusage du peuple, Préface.)

— Certainement^nous en sortirons. Mais, seulement après avoir reconnu : que, souveraineté de droit divin ^tsouverameté du peu{de doivent être également anéanties. Et, jusque-là; que d'oscillations, entre le despotùme et l'ans^chie^ n'aurons-notis point à subir !

Vous allez voir, maintenant, M. de la Mennais répudier de Bouveau la souveraineté du peuple ; même, ^près avoir répudié : la souveraineté de droit divin.

-^•fSi^ iM\, le ganfcnement fsaéé aor «Bile base (ks Biajorîtés} ^^Miottèa régir r «ère spirilncl, m ne tardn fi|î^ à s'apercefvîr q^ms "'« gagné an «isuge fn'mw oMtradieêim de pkts. ICm*, gemmer l'of^ ^ HRiitMl, c'est gvufemer, an moins en nne cerlaine oNsure, la peo-

sée, la conscience ; c*est résoudre pratiquement des questions de vrai et de faux, de juste et d*injuste, et imposer des devoirs corrélatifs à ces solutions quelles qu^elles soient. Or quels devoirs, je vous le demande, une autorité faillible peut-elle imposer raisonnablement à la conscience et à U pensée? Gomment concevoir que Ton décide à la pluralité des voix du vrai et du faux, du juste et de Tinjuste? qu'une pareille décision puisse être une règle de croyance obligatoire? Donc, de deux choses l'une : ou les LOIS dérivées de cette source n^ obligeront pas plus que la décbion qui leur sert de base, ou elles seront flétries, dans leur origine, d*un double caractère d'absurdité et de tyrannie. »

(Politique à Vusage du peuple, t. II, p. 104.)

— Parfait ! Mais, si les lois ne peuvent être l'expression : ni, de la souveraineté de droit divin ; ni, de la souveraineté du peuple, et, qu'en outre , nulle autre souveraineté ne soit seulement soupçonnée ; faut-il : que, la société se passe de lois; et, existe automatiquement ? Et, vous croyez ; que, la société actuelle s'occupe de semblables bagatelles ! Est-ce que le droit a aucune iafluence sur le bonheur des peuples? dit J.-B. Say. Estce que Tordre métaphysique doit avoir aucune influence sur l'ordre social ? dit M. de Girardin. Le bonheur social, selon les matadors de la société actuelle, dépend : de chemins de fer, de télégraphie électrique; et, de machines : soit à chaleur; soit à filer le lin. Seigneur ! ayez pitié d'eux !

Selon M. de la Mennais, le résultai inévitable des deux souverainetés de droit divin et du peuple, estime justice politique. A cet égard M. de la Mennais s'écrie :

— « Qu'est-ce donc que la justice politique? Ce que c^est? Ordimi' rement une froide Te||Buice, le meurtre après le combat^ l'emploi de U force pure pour assurer le triomphe d'un parti sur un autre parti^î^ m'inquiètes» je t'emprisonne ; tu t'opposes à mes vues , à mes intérêls»

je te tue : le reste n'est jamais oa presque jamais qu'un 'préteite. Le menteur hommage rendu à la justice, dont on profane le nom et dont on emprunte les formes^ n'a d^autre but que d'atténuer Thorreur générale qu'inspirerait la violence brutale sans voile. La justice, en effet, suit toujours la force, et passe avec elle d'un parti dans un autre parti, du camp vaincu dans le camp vainqueur. Ceux que la loi flétrissait hier, elle couronne aujourd'hui leur tête d'une auréole de gloire. On s'en va recueillir religieusement, dans la fosse clandestine oii les jeta la justice politique, les 08 du supplicié devenus les reliques d'un martyr. Qu'est-ce donc, encore une fois , que cette justice? Et lorsqu'on l'assimile à la justice de tous les temps et de tous les lieux, quelle idée doit- il à la longue concevoir de celle-ci? Quel sens net et clair son saint nom peut-il réveiller

dans son esprit? »

{Politique, etc., p. 141.)

— Le sens net et clair, est que la justice est une sottise; et qu'il n'y a de juste que ce qui est' fort. Alors, vous avez pour peuple : un je ne sais quoij qui n'a de nom dans aucune langue.

D'après, ce qui précède; et, ce que nous avons déjà cité, de cet auteur, au premier volume ; il est évident : que, M. de la Mennais est également l'adversaire : et, delà souveraineté de droit divin ; et, de la souveraineté du peuple.

— « n est bien remarquable , dit M. Lherminier , que toutes les phi- Wphies de l'histoire que nous connaissons sont muettes sur la nature ^botT^s lequel l'humanité gravite. Ce silence ne sera-t*il pas rompu?

l'^tlteate est universelle. »

{Philosophie du droite Prélace.)

--C'est, que toutes les prétendues philosophies n'ont i^ais été : que, des affirmations de matérialisme; de8 négations d'anthropomorphisme. Des individuali- ^) purement phénoménales, ne peuvent avoir de but; «Des gravitent seulement ; et, ne peuvent tendre qu'à

336 DE LA SOUVEHAUfETÉ.

nera le branle à tous les éléments de Thumanité, elle les disposera selon les lois de sa méthode : c*est la lyre d*Amphion donnant à chaipie pierre sa place et son rang, et faisant sortir une cité de cette économie harmonique. D

(De Vinfluence de la philosophie du XVIIIe sièck sur

la législaL et la sociabilité du XIX^.)

— Et, comment voulez-vous : que, chaque pierre ait sa place et son rang ; si, la perfectibilité continue lui donne, à chaque instant, une nouvelle place, un nouveau rang ? Cette prétendue lyre d'Amphion, c'est la trompette du bouleversement universel ; c'est le glas de l'anarchie , précurseur de la mort sociale ; pour tout dire en un mot : c'est l'âme de la souveraineté du peuple^ sifflant sous la tempête des passions déchaînées.

OE LÀ SOUTBRAUIËTÉ. 335

qne/qiie la souTeraineté du peuple ; et, que Texpression pratique, de la souveraineté du peuple, est : ranarchie. Dans cette voie , il y a peu d'orgeuil à avoir : soit pour le passé ; soit pour le présent ; soit pour Tavenir. Vous voulez voir à nu, les entraves qui empêchent lé génie du siède de s'élever jusqu'à la vérité. Jetez les yeux sur la doctrine infernale du progrès continu, de la perfectibilité continue, dont la conséquence néeessaire est : la souveraineté du nombre); la souveraineté de la force brutale.

— ft La liberté moderne^ v dit M. Lhermiaier...

— Remarquez, je vous prie, que Texpression liberté moderne^ n'a de valeur : qu'inquiétude moderne ; que, sophisme moderne ; que, protestantisme contre l'arbitraire, sans aucune espèce de connaissance sur ce qui n'est pas arbitraire, pas même celle de savoir : s'il y a de l'arbitraire ; ou, s'il n'y a que nécessité. Maintenant ; laissons continuer l'auteur.

— a La liberté moderne^ dii-ii, se sent perfectible comme la pensée même; elle s'identifie avec une perfectibilité continite» ...

(( Ne TOUS étonnez donc pas si, depuis que les établissements de la féodalité sont profondément ébranlés en Europe, la liberté moderne n'a pas encore produit une institution nouvelle et générale. Sa tâcbe est infinie ; elle doit tout mener de front^ progrès religieux , philosophiques , industriels ; elle doit employer et retremper toutes les aptitudes et toutes les facultés de Thumanité : elle ne saurait être contente d'elle-même à moins de frais...

« La liberté moderne est logique, et c'est le progrès de l'humanité de conGer de plus en plus ses destinées aux déductions de la raison. La dia- j lectique sociale s'organise peu à peu, elle triomphera ; son impulsion don- 1

effrayant : quand on déclare tous les systèmes mauvais ; et, que Ton n'en a aucun, à présenter comme bon.

— a Je les ai tous rêvés, contimie Tancien ministre; il n*y a point d*idées de celte nature dont je n'aie cent et cent fois parcouru le cercle.»

— Sans doute, pour en trouver un bon. Car, si vous en aviez connu un bon ; vous n'eussiez point perdu votre temps : à en chercher un meilleur.

— « J'en suis venu à ce point, continue Chateaubriand^ que je ne crois ni aux peuples ni aux rois. »

— Nous voilà retombés dans le négatif. Auriezvous, Monsieur, la bonté de nous dire : à quoi vous croyez ? Lecteur ! soyez attentif, le grand écrivain va vous le dire :

— <( Je crois, dit Chateaubriand, à Tintelligence et aux faits qui composent toute la société. »

— Cela signifie : que, Chateaubriand croit : qu'il y a eu : une Saint-Barthélemy ; une prise de la Bastille ; une nuit du 4 août ; un 21 janvier; des journées de juillet, etc., etc. Mais, si tout cela compose un système, ce ne peut être : que, celui de l'ignorance ouclu diable. Quant à l'intelligence, à laquelle l'auteur di< croire; si, la perfectibilité continue, dont il va nouspar- 1er; et, qui n'est que la négation du droit, existe'; elle n'est autre : que, la nécessité de recourir : à la souveraineté du peuple, à la souveraineté de la force brutale,

VB LA SOUTEnAINIi-TÉ. 337

' « Il y a des hommes qui, croyant à la souverai-

neté do peuple, ont touIs ùàrt trîonplMr ce prin • cipe suranné de la vieille école politique : Moi je ne crois pas au droit divin ^ mais je ne crois pas davantage à la souvertUneté du pengUe. »

Chateaubriand , Réponse à quelques journaux sur mon refus de servir le nouveau gouvernement.

-— « C'est fort bien de dire : ce que Ton ne croit pas ; ce serait mieux de dire : ou, que l'on ne croit à rien ; ou, ce que Ton croit ; ce serait mieux encore de dire : Je sais; et, de le prouver. »

CouNS, Commentaire.

ons : si, Chateaubriand est conséquent avec luî-

a république représentative est peut-être, dit-il, l'état futur du (Discours à kê^ chambré des paws^ 7 aoèt 4^0.)

Ëstrce que Chateaubriand n'aTait pas compris : B représejiitaUf n'eeA autre^ que l'expreasioa delà 'aineté du peuple?

Les systèmes politiques^ dit Chateaubriand, ne m^ont jamais ef-

Qtt'est-ee que celia ^vsoxsmj Monsieur? Que IV ie ne vous effraye point. C'est, cependant, assen II. 22

340 ^ DE. Là SWVS&AIKETÊ.

que la souveraineté de droit diTin, et la soxLveraiueté ijin pei^le ; et, que socialement, il esft aussi impossible de se passer de souveraineté ; qu'il le serait, organiquement^ de se passer d'atmosphère : pour respirer.

— <f Je sais , dit Ghateaubriaad , (pi^eii éloignant cet enfant (Henri V] on veut établir le principe de la souveraineté du peuple, niaiserie de Fancienne écol«, qni provfe que, sow ï& rappovt politiqme , nos vienr démocrates n*ont pas fait plus de pro|;rè« tfm les tétérans de la royauté. »

[Discours à la chambre des pairs,)

— M. de Chateaubriand accuse de niaiserie : et, les vieux démocrates; et, les partisans de la royauté. En outre, M. de Ghateaubriaad ne veut point : de la souveraineté de droit divin.

Je conçois parfaitement ces négations. Maia^ après les avoir émises, il faudrait avouer : et, sa propre ignorance ; et, l'ignorance sociale ; et^ la nécessité d'ar néantir cette ignorance, sous peine de mort sociale; ou, annoncer : que, l'on se .trouve capable d'anéantir cette mèmeignorance;etcela: d'une manière rationneHem^ incontestable. Or, Chateaubriand n'a choisi aucune de ces alternatives; et, voilà ce dont je le blâme.

Nous avons dit : que, la négation de la aouveraiofité de droit diviok, expliquait nécessairemeat,. en présesee de L'ignorance saeiale suc la réalité du dnoit^ L'intrânisation de la souveraineté du peuple, aoov^raineiéda nosnbret ou mieux de la forée brutale. Si, M. de Ghiteaubriand n'a pas» reconnu cette vérité io^dkâte; il* ' au moins reemmu : que^. la aenveraineté dd !& force brutale était ineapabie de sirvir de hase : à wl «à^ plut qa'éphésaàre.

^> M V«B pMclaBMft, dît^, ia loiiyeranieté de (k farce : ilors ftrdei soigneusement cette force ; car si dans quelques mois elle tous écl^ppet vous ?erez mal Temis à tous plaindre. » g^

{Hi^sKmsB à qmlqun fcmmaux.) W

— C'est, très-bien de dire: qu'une chose est mauvaise; quand, elle Test réellement. Néanmoins, quand il s'agit d'ordre social ; et, que l'on se prétend homme d'État ; il faudrait : avoir à proposer un moyen d'ordre, pouvant être démontré bon, d'une manièfe rationnellement incontestable ; ou, oser proclamer : Tignorance sociale sur les moyens d'établir l'ordre ; et, la nécessité d'anéantir cette ignorance, sous peine d'une anarchie continuellement croissante. Le reste, quelque agréable qu'il puisse être, à l'imagination des rêveurs, n'est jamais : que poésie ; qu'illusion ; que mensonge .

Déjà en 1825, Chateaubriand avait reconnu : la cause de l'anarchie progressive, qui existe dans notre époque ; mais, il avait méconnu : la relation, qui seule rend cette cause anarchique; et, qui est l'ignorance sociale, sur la réalité du droit. En voici la preuve :

— « La PRESSE PÉRIODIQUE, dit-il, est une force immense, sortie de la enfliaatioB moderne : (m ne VétoufferaH ni par la violence, ni par le déte. Néfi des l>esoinB de la société nouvelle... •»

— Voyons, Monsieur ! quels sont-ils ces besoins ? El panier^ :sans les indiquer clairement, c'est parler poiî ne rien dire 4 quelque magnifiques que puissent ^Ire les paroles, servant de masque à sa propre ignorance. Le besoin actuel de la société, non point nou- ^, mais de celle qui existe depuis l'origine sociale

et, son seul besoin; est : l'anéantissement de l'ignorance sur la réalité du droit. Quand donc cessera- ^Non de corner aux oreilles de la société : vous avez besoin de quelque chose; sans être capable de lui dire, ce dont elle a besoin.

— « Née des besoins de la société nouTelle , continue Chateaubriand, elle a pris son rang parmi les faits que les hommes n'abandonnent plus nne fois quils en sont saisis ; elle a remplacé, pour nous , la tribune po« pulaire des anciens : elle est à Timprimerie ce que rimprimerie a été i l'écriture. Il n'est au pouvoir de personne de la détruire , pas plus que d^anéantir les grandes découvertes qui ont changé la face du monde*. • »

— Voilà, l'incompressibilité sociale de l'examen, parfaitement établie. Mais, remarquez : que, ce n'est point cette incompressibilité , qui constitue la société nouvelle ; et, que c'est elle, au contraire, qui rend l'avénement de la nouvelle société, la nécessité sociale de l'époque. Croire : que, l'on existe dans la société nouvelle, est une des erreurs les plus enracinées et les plus dangereuses de notre époque. La société, existant depuis l'origine de l'humanité sur notre globe, société qui existe encore, est caractérisée : par l'ignorance sociale sur la réalité du droit ; la société nouvelle, la société future sera caractérisée : par l'atiéantissement àe cette même ignorance. La première société peut exister : tant, que l'examen peut être comprimé ; tant, qu'une inquisition est possible. Dès, que Texamen devient socialement incompressible ; la première société doit disparaître ; ou, l'humanité doit périr.

*— « Il faut vivre, quoi qu'on en ait^ continue' Chateaubriand, avec »

boussole^ la poudre à canon, l'imprimerie, et, de nos jonrs^ avec la machine à Tapeur. C'est fort malheureux, sans doute ^ mais c'est comme

cela : qu'y &ire? »

(24 octobre d825.] dfc

— Qu'y faire? D'abord, reconnaître son ignorance ; ce qui est le premier pas, pour arriver à la science. Ensuite, apprendre que cette ignorance consiste à ne pas savoir : si le droit, autre que la force, est une réalité. Enfin, détruire cette même ignorance. Tout le reste, est parler pour ne rien dire ; ou, comme le disait Voltaire, mâcher à vide.

Ce n'est pas le tout de dire : qu'il faut répudier la souveraineté de droit divin et la souveraineté du peuple; il faut dire en outre : quelle souveraineté doit remplacer les deux souverainetés illusoires ; et, prouver : que, la souveraineté, qui doit remplacer les deux autres, n'est point elle-même une illusion. Sinon, en criant contre les autres, on ne fait que cracher en l'air.

— « n y a, dit Chateaubriand , des hommes qui ne veulent rien voir ^^ qui ne peuvent rien voir de ce qui se passe autour d'eux. Tout annonce qu'une révolution générale s^opère dans la société humaine , et ceux qui devraient en être le plus persuadés ont Tair de croire que Ton ^û comme il y a mille ans. »

— Hélas! c'est qu'il n'y a, en effet, qu'une seule chose changée : la possibilité de comprimer socialement l'examen n'existe plus ; et, il est devenu impossible de cacher l'ignorance sociale, sur la réalité du ^ôit. Hélas ! c'est ce que M. de Chateaubriand luimême : n'a pas voulu voir ; ou, n'a pu voir.

344 DE LA SOUVERAIMËrÉ.

•— « Dans Tocdre moral, continue Chatoaubriaad, rAffMbli«eiiiaBt4le la foi clirétieniie axendu les onœurs moins puissantes ; letsyslème politique a été ébranlé par les coups que Ton a portés au systàme jreligiem. »

— Eh bien! si, Tinquisition était restée possible; rien de cela ne serait arrivé. Croyez-vous posabte : de rétablir Tinquisition ? Non, dites-vous. Alors, trouvez un moyen : de mettre le système religieux, à l'abri de tous les coups possibles ; sinon : sachez vous envelopper de votre manteau; et mourir.

— « Dans Tordre physique, continue Chateaubriand, le développement inouï de Tindustrie, la diffusion des lumières parmi ies classes inférieures de la société, ont multiplié les ressources du peuple^ en même temps qu'elles l'ont rendu indocile à tout pouvoir qui ne se fonde pas sur la raison. »

{Ibid.)

— Alors, tâchez de savoir : si, la raison existe en réalité ; et, n'est point un pur phénomène, une pure illusion. Si, la raison est réelle ; tâchez de savoir : ce qu'elle ordonne; et, si elle a une sanction autre que la force ; tâchez surtout : que, tous, tous entendez- vous, la ccHuiaiasent «t sachant ce qu'elle ordonne ; et, le sachent : d'une manière rationncHement incontcsta;ble. Sinon, les sophistes soulèveront les massés; et, jaettront les hommes sages à Charenton. 11 faudra même avouer : qu'alors, ils l'auront bien mérité.

Ce n'est pas le tout, de dire en poète :

— fi Rien n'est plus possible, mainten&nt^ hors la mort natoreUe de 1» société, d'oii doit sortir sa renaissance. »

— 11 faut dire : en quoi consiste cette mort ; et, en

quoi consiste cette renaissance; sinon, encore une

fois, c'est màchisr à vide.

Ce n'est pas le tout de crier :

— c( Loîa d'être sa bout des révoUitÎMis, l'Europe oa fihitètk monde ne fait que les commencer. »

— 11 faudrait dire : pourquoi, les révolutions existent; et, ce qui peut les terminer.

Lee révolutions existent : parce que Tignorance sociale, sur la réalité du droit, se trouve en présence de ^incompressibilité de l'examen.

Les révolutions ne font que commencer; parce que, l'ignorance vaniteuse, les prétendus savants ne veulent point reconnaître la cause des révolutions ; et, que r«aaarcfaie, qui doit leur ouvrir les yeux, n'a pas encore commencé : à être universelle.

Les révolutions ne peuvent se terminer : que, par l'anéantissement de l'ignorance sur la réalité du droit, anéantissant simultanément : et , la souveraineté de droit divin ; et, la souveraineté du peuple.

Voilà, qui est aussi clair que possible; et, également inutile. Chacun se dira : c'est possible; mais, cela ne ^e regarde pas. Laissons passer la justice de Dieu !

Chateaubriand avait reconnu l'ignorance, dans laquelle la société se trouve actuellement ; sans même, ^voirie flambeau de la foi, pour lui procurer, au moins, ^ lumière éphémère .

^ «Nous naviguons, dit-il, sur une côie inconnue, au milieu des lé-

I^èheg 61 de la tempête. »

{Études liistoriques,)

— Bien ! Voyons : si, Chateaubriand va éclairer ce rivage inconnu ; et, nous en montrer les écueils, ainsi que le moyen de les éviter.

— ff Trois vérités, dit-il, forment la base de Tédiâce social. .. »

— Trois ? Et, pourquoi pas six ou douze ? S'il y a plusieurs vérités ; si toutes ne sont point des déductions d'une seule ; elles sont des apparences et non des vérités. La vérité est une, ou elle n'est pas. Mais, voyons : la trinité de vérités de Chateaubriand. Les voici :

— « La vérité religieuse, la vérité philosopbique, la vérité politique.»

— Examinons ces trois vérités, selon Chateaubriand.

— « La vérité religieuse, dit-il , est la connaissance d*un dieu unique, manifestée par un culte. »

— Bon! voilà toutes les nations, hordes ou tribus, ayant existé jusqu'à présent ; qui, toutes se sont trouvées dans la vérité. Car toutes, même les prétendues polythéistes, ont été monothéistes; et, ont eu un culte. Jupiter était le seul Dieu réel des païens. Est-ce là : éclairer la côte inconnue ; et , en montrer les écueils ?

— « La vérité pliilosophique , continue Chateaubriand , est la triple science des choses intellectuelles, morales et naturelles, n

— Bien 1 Et, si cette seconde vérité, est en opposi-

tion avec la première? Et, si les trois sciences, de la seconde vérité, sont incompatibles entre elles ? Qui les accordera?

— « La Térité politique, dit enfin Chateaubriand , est Tordre et la liberté. »

— J'en suis bien aise. Sans doute, Chateaubriand va nous dire : comment, il est possible d'avoir de Tordre; et, ce que c'est que la liberté.

— « Uordre, continue le maître, est la souveraineté exercée par le pottuoir. »

— Comment 1 la souveraineté peut exister sans pouvoir ? Une souveraineté, impuissante, est une souveraineté pour rire. Voilà, ce qui arrive: quand, on confond le pouvoir avec la force brutale. Mais, en époque d'ignorance, sur la réalité du droit, comment distinguer: le pouvoir réel; du pouvoir prétendu et simple expression de la force brutale ? Toujours exclusi-

\ vement par la force ; et, nous voilà tombés dans le cercle vicieux. C'est bien pire, quand l'incompressibilité de l'examen vient se trouver en présence de l'iguorance- sociale. Alors, une prétendue science : nie l'autorité ; nie le pouvoir; et, nie aussi le droit de la force brutale; jugez : de la tour de Babel ; et, du charivari qui doit y exister. La phrase de Chateaubriand : ^' ordre est la souveraineté exercée par le pouvoir ; n'en est ^Ws qu'un écho.

— « La liberté, continue Thomme d'État, est leTroit des peuples. »

348 DE XA SOUTBUllVETÉ.

— C est, Gomm^ si Cbaleaabriand aTait dit : la liberté, c'est d'être k plus fo]t.Car, tant qa 'il y a deux peuples en contact inévitable ; l'un, ne peut être libre : que, par l'esclavage de l'autre. Deux peuples différents, sont deux droits différents ; et , dès que deux droits différents, sont en contact inévitable ; l'un, est celui du maître ; l'autre, est celui de l'esclave : le premier, commande ; le second , obéit.

— a Le vrai culte , continue Fancien ministre , est celai qui explique le mieux la nature de la divinité et de Thomme... »

— Le mieux est très-joli ! Et, qui se trouve le juge du mieux ^ s'il vous plaît? Toujours la force brutale, n'est-il pas vrai? Quand un homme, d'un immense mérite, dit de pareilles choses; c'est, que son époque est incapable : d'en dire de meilleures.

— a Par celte seuU raison , continue Chateaubriand, le christiamsaie est la religion véritable. »

— il parait : qu'aux yeux de l'auteur, fàln^ a'élsdtpBS déjà si bonne ; puisqu'il a jrépidié : la Bouvmiiietié i^ droit divin , chrétiennement révâée.

Quand, on veut être chrétien ; on ne discute ^ On dit, comme saint Augustin : Credo quia Gisurèum; ou, comme Pascal : Faites telles choses; ^^ oela "SQxx^ ahêtira.

Hors, de la souveraineté, par la/at; «t, de lasot^^' raineté^ par la science^ il n'y a de possible : qve, ^ souveraineté de la /brce brutale. Pour ne point le 1^7 il faut être aveH|le.

sa u^ sovvsRAiNExâ. 34f9

ni

«o Partoai on honore Yhàhh et non lliomme. PeiL importe qne voas soyez un fdpoa, si voug êtes riche; un honnête homme, si vous êtes pauvrCi, Les posiliens relatives font , dans la société, restime, la considération^ la vertu. »

Cbateaubriastd.

Bien 7 ne peint mieux l'ignaraDce sociale ; que: , de voir deskommes, d'un vrai mérite d'ailleurs, s'étonner : de ce qui est tout simple ; de ce qui est la conséquence inévitable de l'ignorance sociale, mise en présence de l'incompressibilité de l'examen. Sous la- souveraineté de droit divin, Fhabît est : Fexpression du mérite socîatenent reconnu; Fexpression de ce qui est cru vertu. La tonsm^ du prêtre, Fépée du gentilhomme, sont les caractéristiques : de la supériorité morale. Sous la souveraineté de la science, l'habit caractérise, également, la supériorité du mérite réel. Sous la souveraineté de la force brutale, la supâneiité se pèse : au trâKichet.

Beaucoup de personnes s'imaginent trouver, dans le représentatif, un» juste milieu : entre la souveraineté de drrà; di^ ; et,, la souveraineté de la force brutale. Cbâlmabriaiid aToue avoir été de ee ncmibre. Il répadie, néanmeÎBs, Tépidiète de mai9;^igsxa se donner : cette à'idaiêlintn C'est, une affaire di^goàt.

350 DE LA SOUVERAINETf .

— « La France, dit-il, apprenait le gonvemement représentatif. Comme j'avais la sottise de le prendre à la lettre et d'en faire, à mon dam, une véritable passion, je soutenais ceux qui l'adoptaient, sans m'embarrasser s'il n'entrait pas dans leur opposition plus de motifs humains que d'amour pur, conunc celui que j'éprouvais pour la Charte : non que je fusse un niais, mais j^élais idolâtre de ma dame, et j'aurais traversé les flammes pour l'emporter dans mes bras. »

(Mémoires d^outre-Umibe,)

— Ainsi rni souveraineté de droit divin; ni souveraineté du peuple ; ni gouveraement représentatif. Chateaubriand s'imaginait-il : qu'il fût possible de baser l'ordre, sur des négations ?

— « Le ministre^ dit Chateaubriand, a inventé une morale nouvelle, la morale des intérêts : celle des devoirs est abandonnée aux imbéciles. >

{ibid.)

— C'est-à-dire : à ceux qui ne croient point à la souveraineté du peuple. C'est, qu'en effet : en dehors de la souveraineté de droit révélé ; et, quand la souveraineté de droit démontré n'existe pas encore, ou même se trouve niée ; il n'y a de possible : que, la souverai* neté du peuple.

— - « Par la morale des intérêts , dit Chateaubriand , chaque citoyen est en état d'hostilité avec les lois et le gouvernement, parce qwy dans la société, c'est toujours le plus grand nombre qui souffre... »

— C'est vrai : sous la souveraineté de droit divin; et, sous la souveraineté du peuple. Et, croyez-vous : qu'en présence de l'incompressibilité de l'examen, dé* truisant la souveraineté de droit divin, l'ordre soit coni' patible : avec les souffrances du plus grand nombre,

mettant chaque citoyen en état d'hostilité, avec les lois et le gouvernement?

— <t On De se bat point, continue Chateaubriand , pour des idées abstraites d^ordre^ de paix, de patrie; ou si Ton se bat pour elles, c'est qu'on j attache des idées de sacrifice; alors on sort de la morale des intérêts pour rentrer dans celle des devoirs : tant il est vrai qu'où ne peut trouver Fexistence de la société hors de ces saintes limites. »

{Mémoires d'outre-tombe.)

— C'est vrai. Mais, quand on a répudié la souveraineté de droit divin ; que l'on nie la souveraineté de la science ; que l'on est soumis à la sottise, à la niaiserie, ou à l'idolâtrie, n'importe le terme ; on a, pour dame, la morale des intérêts ; et , on l'emporte dans ses bras, à travers les flammes. Demandez plutôt à H. de Girardin !

^ « Qui remplit ^es devoirs, dit Chateaubriand, s'attire l'estime ; qui cède à ses intérêts est peu estimé. C'était bien du siècle de puiser un principe de gouvernement dans une source de mépris. Élevez les hom-

£ politiques à ne penser qu'à ce qui les touche, et vous verrez comt ils arrangeront l'État ; tous n'aurez par là que des mii^istres corrompus et avides , semlilables à ces esclaves mutilés qui gouvernaient le Bis-Empire, et qui vendaient tout , se souvenant eux-mêmes d*avoir été s.»

(/6td.)

— Mais, Seigneur : quand, la souveraineté de droit révélé est répudiée ; et, que la souveraineté de droit dé- . montré n'existe pas encore; la morale des devoirs, n'appartient qu'aux imbéciles. Remettez donc le gouverneiiient, entre les mains des imbéciles ; et, vous verrez : 91'il vaudra moins encore qu'entre les mains des cor-

35â DE LÀ SOCTERAUlETt.

rompus. Mettre la plaie h nu, poorne point la panser ; est, pire encore : que, de la laisser enveloppée. La pensée suivante, sous des fomies différentes, est répétée vingt fois par Chateatibriand; et jamais, il a'a découvert, ce qui^ actuellement. la rend nécessairement une vérité.

— « Présentement, dit-il, nul n'est décrié pour ses ^ices : on n'est

(lifTamé que pour ses vertus. »

{Ihid.)

— C'est : que , sous la souveraineté de la force, les vertus sont des sottises ; et, que pratiquer la sottise, est nécessairement : une source de diffamation.

Quelles que soient les illustrations que nous venions à examiner, nous trouvons : partout, des critiques amères de la société existant sous la souveraineté du peuple ; et, nulle part, les moyens de remédier au mal, d'une manière raisonnable .

-^ a J'aij dit un chef de parti , Toté ayec la chambre dea dépatéf crédit pour l'émancipation des noirs ; mais ne savez-Yous pas que nos on- \riers blancs sont beaucoup moins heureux que les noirs dont on aré^ l'émancipation? Et en vérité, je comprends qu'on ait parlé d'eiqMrter des prolétaires français pour les substituer aux noirs, puisque les assimiler à ces derniers , c'est leur donner une existence supérieure i celle qu'ils trouvent en France. *

(M. Beibteb^ plaidant «n 1845 pour les. ouvriers charpefUiers.)

— Tout cela est vrai ;. mais^ éminemment xévolutiAflr naite. Il vaudiait mieux reecomaître : que, aaoft b souveraineté de droit divin,, conaae sous ku sauverai!* ne té du peuple^ il en est. ainsi iWeejMÎravie»^; qpei eni

Lat social est nécessairement anarchique, en présence e l'incompressibilité de l'examen ; que, par conséuent, il est absolument nécessaire : d'anéantir les deux ouverainetés, relatives à l'ignorance sur la réalité du Toît; par l'anéantissement^ de cette même ignorance, Qtronisant : la souveraineté de la science ; la souveraileté de la vérité, la souveraineté du droit.

Mais, allez donc parler de droit, à ceux qui nient 'existence du droit; et, ceux-là seuls sont logiques, M)us la souveraineté du peuple ; vous vous trouverez lans la position de ceux qui affirmaient le niouvement, 3n présence de ceux qui le niaient. On disait aux premiers de marcher, pour prouver l'existence du mouvement; et, cela était facile. Mais, pour prouver la nécessité du droit par le mouvement, c'est à la seule anarchie qu'il appartient de marcher ; et, son mouvement est seulement sensible aux aveugles, cataractes parla souveraineté du peuple; lorsque, les souffrances qu'elle leur cause, suffisent : pour abaisser ou extir- 10 ces cataractes. Jusque-là, l'ordre est absolument impossible, même en présence de la vérité. Savez-vous ce que disait un officier du génie, en lisant mon premier volume ? « L'imperturbable aplomb de cet ef- « fronté me révolte. Il prétend que la vérité est deve- « nue nécessaire! » Et, sans l'achever, il jeta le livre, transporté d'indignation. 11 ne faut point lui en vouloir : la science actuelle nie le droit ; et, actuellement, plus, on est élevé, dans la science ; plus, on doit raisonner, comme cet officier du génie.

Ce qui m'étonne, ce n'est point l'imperturbable II. 23

35i DE LA SOUVERAIRETÉ.

aplomb de cet officier; c'est, de voir l'Académie des sciences morales et politiques couronner un livre dans lequel se trouvent les passages de M. Pecqueur cités au chapitre III de mon premier volume ; et, en outre^ le suivant.

— <x La combinaitoB qui se pratiipie acintHtmenl far touU la terrt^ » dit M. Pecqueur,...

— Cette combinaison a toujours : été la seule possible depuis Torigine sociale ; et , reste la seule possible : tant, que Tignorance sociale, sur la réalité do droit, n'est point anéantie.

«... avec des variante» plus ou moins grandes, continue 11. Pec-

(pieur, celle qui fait des mattres et d«s ouvriers , des eapitcUÂst9$ êié» salariés^... »

— Est-ce que l'Académie des sciences morales rt politiques, voudrait aussi : abolir le salaire ?

«- ft .... ce mode , continue M. PecqiMnr , qui a pow k» Tm

autorité de la sanction du temps et d'une tradition presque oniverselK n*en est pas moins étrangement imparfait ; et, à vrai dire, loin d'être oa MmMant d'association, il est liien plutôt kk négation de toute espàst à'vr sociation. »

— Ici, M. Pecqueuf et l'Académie sont dans Terreur. Ce mode est T association des forts, pour exploiter les faibles ; exploitation nécessaire à l'existence de l'ordre: tant, que la souveraineté de droit divin ; et, la souveraineté du peuple ; restent possibles.

— « Ici, continue Bf. Feequeur, h cupitafetit nn seigneur qoieDgloo-

VE Lk SOUVEBAmETÉ. 355

fit tous les hénêBées, et le travail un esclave qu'on fbrce à soulever des montagne». »

.ÎV-

— C'est juste. Le capital représente : les forts; et, k travail représente, les faibles*

— « Ici, continue M. Pecqueur, rinégalité de biens et de jouissances est forcée, imminente et- toujours au maximum, )>

— Et, c'est inévitable;- tant, qne Fign^ance seemle Hj'est point anéantie. Voyez : les théories générâtes.

— « Pour tous ceux qui n'ont pas hérité^ continue Tauteur^ une.terre^ un capital mobilier de leur famille^ il n'y a que le salaire ; et le salaire est une somme incertaine , sauvent flottante , que l'offre et la demande, que les transactions des forts et des faibles, font grosse, médiocre, iaso^ fiaante ou nulle. »

— C'est-â-dîre : pnfeqiie, Tihégalité est toujours aa maximum; que, le sa^ce est toujours au. minimum des circonstances; c'est ce que nous avons prouvé. Voyez ]»B théories générales^

-~ « Au contraire, il suffît d'avoir la propriété d'un instrument. datrit-

fail, la disposition ou la possession d'un capital, pour s'approprier dé

plus en plus les instruments du bien-être et de la liberté positive. Le

maître peut aîennchir., faioe hu plus brillante fortune,. c'est«-à>-dire- &'ap-

proprier cbaque jour de nouveaux instruments de production, à. l'aide et

parPîntermédiaire/on^ des bras du non-capikliste^ gracie au travaiVdu.

«•buRÎé, sxL mâme moment où celuifcL croupira peutr^lre , lui et sBifa*-

laille, dans la plua profonde misère : témoins les g;^ros manufacturiers

tii|fids et la plèBe désbéri'tée d^ leurs établissements.

« Bas» efr moda d'usoûiation, il est d'aîlleurs^infaiUibfe qu'un petit acnabre monopolise, s^approprie, s'infiéode presque tous les revenus, presque tous les instruments ou les conditions de ces revenus ; le soi, lu muaaiada»r9By les emplois publiœ,* etc:; , em un. moi: la- ummcÉ;, oor le GAnTAL a par loi- même une vertu* reproductrice, la vertu d'attirer à soi ^ posM part du lion dans Ibs bénéfices de la production générale : car

il suffit de le louer ou prêter, moyennant un intérêt qui est toujours en disproportion énorme avec celui qu'on accorde au salaire, lequel loue et pr^ les bras, sa force et sa vie. »

(Pecqueur, Éœnomie sociale,)

— Il faut : que , ce passage soit bien vrai ; pour, que l'Académie dos sciences morales et politiques se soit crue forcée de le couronner. Et, cependant, il est la condamnation formelle de la société : dont, la souveraineté du peuple est la base.

Arrivons à un «passage, dont Tun des auteurs est devenu bien autrement célèbre : que , l'économiste, que nous venons de citer.

-~ a Lorsque les constituants, disent MM. Bnchex et Roux, se forent décidés à changer la face du droit français , en posant comme principe social celui de la souveraineté du peuple , ils ne devaient pas oublier qu'ils rompaient avec l'Europe tout entière, et qu'ils apportaient un prin* cipe de droit des gens, non-seulement opposé, mais hostile à celui de toutes les nations voisines ; ils devaient penser que , tôt on tard^ il faudrait que la France entrât en guerre avec elles. »

— MM. Bûchez et Roux n'ont pas remarqué : que, ce n'est point la Constituante qui a mis, la première eolf pratique, la souveraineté du peuple; ni l'Angleterre; ni r Amérique. Jusqu'à ce que la souveraineté delà raison, soit démontrée et acceptée ; il n'y a de possible: que, la souveraineté de droit di\ÎD, représentant la justice ; et, que la souveraineté du peuple, représentant la force. Ainsi, du moment que les rois se sont soustraits à l'autorité du pape, considéré comme interprète infaillible de la règle divinement donnée, ils ont eux-m^mos proclamé : la souveraineté du nombre ; b souveraineté de la force; la souveraineté do peuple*

Toutes les différences consistent, ensuite, dans les applications du principe. En France, le peuple se CoMh posait : de la noblesse ; du clergé ; des parlements. En Europe, le peuple se composait : de rois. Si, en France, on n'avait pas voulu étendre le peuple , jusqu'au marc d'argent ; et, surtout, si dans la république européenne des rois, les Français avaient voulu consentir : à laisser le roi, représentant seul le peuple français dans cette république ; les rois de l'Europe auraient laissé faire, .n est donc faux de dire : que, la Constituante a établi un nouveau principe ; elle a seulement voulu étendre l'application du principe déjà reconnu. C'est ainsi, qu'actuellement en France (1) : les uns, veulent maintenir l'application du principe à deux cents francs; tandis que d'autres , veulent l'application universelle.

-~ <f En effet, continnent ces Messieurs , les nations ne peuvent contracter entre elles ^ signer des traités, qu'en partant de la donnée d'un principe, d'une croyance qui leur donne une certitude aussi complète que ponible de la solidité des engagements réciproques qui forment la teneur àij«ontrat. Ainsi , aujourd'hui la confiance réciproque est fondée sur Hatérêt connu des parties... »

— Une confiance réciproque^ fondée sur l'intérêt des parties 1 Est- il possible d'établir de pareilles propositions : sans être universellement sifflé 1 1

Aussi longtemps qu'il y a deux parties, deux nations, l'intérêt n'est plus un principe commun ; il est *«ttt ce qu'il y a de plus individuel; et, n'a de repré- ^tant que la force.

(0 Ged était écrit ayant 1848.

— «... et, continuent ces Messieurs , sur la connaksance de tous Im ruHHiiieinenLi que cet intérêt peut engendrer. »

— Quelle phrase 1 Et, du moment qu^ Ton diffère, sur la réalité de l'un des milliards de raisonnements, qui juge? Le canon.

— tu Dans d'autres termes, contiBuent ces Mesêieun^ elle était établie sur ridentité de croyance et de foi appelée en garantie des engagements. r>

— Quand il y a identité -de croyanoe, identité fie ssmction, relativement au droit, il n'y a qu'une seule et même nation. Tant que cette identité a existé jui sein du christianisme, il n'y a eu qu'une seule nation, la nation chrétienne. Les prétendus royaumes n'étaient, alors, que des provinces de cette nation, sobs le gouvernement du souverain pontife. Ce sont les rois qui ont établi la souveraineté du peuple : au moins, pour ceux qui ne se sont point emparés de l'autocratie religieuse.

— « 11 est, au reste, historiquement prouvé, continuent ces MessiearSf que jamais il n*y a de paix qu'entre les peuples qui vi?ent sous le même priiicipe général de civilisation. »

— Ceux qui vivent sous un mftaié^ principe général de civilisation, sous un même droit, sous une même sanction, ne sont qu'un seul et même peuple. Deux peuples ne peuvent pas être en paix, du moment qu'ils n'ont point un même droit, une même sanction, te" posant sur la même foi, ou sur la science quand k^ fois ne sont plus possibles : ils sont eu gaerre jp&tpé"

D£ LA SOfJT£RÀlNETÉ. 359

tuelle. Une {^x^ alon8> n'est qu'une trêve et une hy*

pocrisie.

— « Ainsi, en Europe , cAntinnent ces Messieurs, avant que le chriir lianisine eût fait de toutes les nations qui en couvraient le sol un seul 'PEUPLE, en quelque sorte réglé par les mêmes lois morales et Ves mêmes intérêts, tant qu'il y eut plusieurs peuples différant de religion et de mœurs, la guerre fut permanente. r>

— Voilà, ces Messieurs avouant : qu'il n'y a pas de paix possible, pas de fraternité possible, entre plu- .«lEUBS PEUPLES, Alors , pourquoi donc avoir prêché la fraternité des peuples, à la dernière Constituante?

— « Quelques trêves passagères , continuent ces Messieurs, suspendaient les hostilités, jamais il n^y eut de paix réelle. »

— La paix n'est possible : que, sous une même foi jeligieuse, imposée par l'inquisition la plus impitoyable; ou, que sous la science religieuse, imposée par ^ne démonstration rationnellement incontestable. Le reste : est guerre ou anai'chie.

— « La France, à moitié envahie par les Sarrasins, continuent ces Messieurs, ne lit pas la paix, elle ne put que combattre; et lorsque, plus tard, épuisée d'hommes et de soldats, rompue, brisée par la guerre civile, elle était parcourue par les Normands , elle ne sut traiter avec eux ^ae lorsqu'ils eurenj^Jijiiepté sa croyance. Les exemples démonstratifs de la nécessité d*un prince commun pour rendre le contrat possible sont innombrables. >»

—- Ces Messieurs s'imaginent-ils : que, la souveraineté du peuple, expression de Tinnumérabilité des principes, puisse servir de principe commun ?

Ces Messieurs s'imaginent-ils : que, la sanction de

ce principe, la force brutale, soit capable de servir de base à une paix réelle ?

Et remarquez : que, peu importe que cette souveraineté existe : au sein de néo- chrétiens; ou, au sein des philosophes de la nature.

— a Aussi, continuent ces Messieurs , cette yérité est restée incontestable, et elle n*a été oubliée que par les étroits doctrinaires de la philosophie de la nature. »

{Histoire parlementaire, Pré&ce.)

— Hélas ! les étroits doctrinaires de la souveraineté du peuple et du néo-christianisme, ne valent pas mieux : que , les étroits doctrinaires de la philosophie delà nature.

DE hk SOUTEBÀINETÉ. 361

«f La sonveraineté da peuple renverserait toat ordre social. »

Chatsaubriaud, 25 février 1823.

— « C'est vrai. Il eût été mieux de dire : sur quelle souveraineté Tordre perdurable peut s^établir ; et, de prouver: que, cette souveraineté est réelle. »

CoLUfs, Commentaire.

— Chateaubriand n'était pas le seul : sachant parfaitement ce qu'il ne voulait pas ; mais, n'ayant pas Vombre d'une idée : de ce qu'il voulait.

— « Dès 1789, disent MM. Bûchez et Roux, la bourgeoisie chercha à confisquer la révolution à son profit.... De peur de perdre la position supérieure où les événements l'avaient poussée, elle voulut arrêter le mouvement révolutionnaire... »

— C'est, ce qui arrive toujours aux bourgeois. J'en fais juge : M. Bûchez lui-même.

— « Et les écrivains ;|!^triotes, continuent ces Messieurs, Taccusèrent

sn effet de ne poursnhoÉ la noblesse et le clergé qu'afin de prendre leur

pW^ et de vouloir substituer l'aristocratie de la richesse à celle de la

naissance. »

{Histoire parlementaire y t. II, Préface.)

*- La souveraineté de droit divin a pour expression : ^e aristocratie de naissance. Son résultat, est le plus ^ratissant des despotismes. La souveraineté populaire

^fe

362 DE Là SOUVCRlLlIflTÉ^

pratique a pour expression : l'aristocratie des richesses. Son résultat, est le plus avilissant des esclavages. Quant à Taristocratie de la force brutale, elle est l'expression, de la souveraineté d& l'enfer ; et, il faudrait y aller , pour trouver, à son résultat : une épithète convenable.

Vous venez de voir MM. Bûchez et Roux professer la souveraineté du peuple, négation de tout critérium de vérité considérée : comme non relative à l8^6>rce, comme immuable. Vous allez, maintenant, les entendre psalmodier : sur une autre gamme.

— « Chose bizarre ! disent-ils , nos publiclstes de toute espèce répètent depuis srx ans que nous sommes à une époque de doute et d'iiicrédulitc, ce qui fait visiblement de la nécessité d'ane certitude U grande question contemporains; et pas un d'eux, cepeudant, n'aborde encore celte question. Discuter sans poser authentiquement un principe, se perincttre d'avancer une opinion sua quoi que ce soit avant d'en avoir et d'en manifester une à Tégard du problème qui domine toute polémique, prétendre, en un mot, se diriger soi-même et diriger les autres sans cri' térium, nous parait caractériser une excessive ignorance ou une excessive mauvaise foi. »

[Histoire parUfkent.^ t. XXlX, Préface.)

— Cela est vrai ; parfaitement vrai. Mais, si le sage conseil de MM. Bûchez et Roux se trouvait suivi, on ne s'occuperait plus d'une question d'ordre social quelconque, pas même de la nomioation des gardes champêtres, avant d'avoir résolu : la question de crUê' rium; ou, de-souveraineté^ qui est la môme. Or : comme la solution, par la force brutale, est ici nécessairement exclue; et, que cette exclusion faite, la question n'a de solution poaûble : que, par une force brutale s'enH parant de l'éducatiou, pour faire accepter un critérâm

DE f À SOUVERAINETÉ* Z&i

quelconque, par uue foi quelcon^e^ basée fiur .la plus in)|)iloyable des iuqukitious 4 «ou, <jue par la sai&Qoe dominant Ttéducation, basée but une démonstratioa rationnellement incontestable, faisant accepter Timmatérialité des âmes réelles et leur distinction scientifique des âmes illusoires , pour critérium de vérité morale ; comme le critérium, parla foi^ n'-est plus possible; et^ que le critérium, parla science, ne Test pas encoiïlt^^omme, d'après MM- JBuchez et Roux, il ne faut jpàrler ou écrire ; que, pour ceux qui ont le même critérium que vous-même ; comme, on ^oque : ou, le critérium de la foi n^estplus possible socialemesnt; et, où le critérium de la science ne Test pas encore 4 pas deux personnes n'ont le même critérium; et, que souvent la même personne en a un différent, pour chaque heure de sa vie; il s'ensuit : que, si MM. Bûchez et Roux avaient voulu suivre leur propre co»s«il, leurs trente et quelques volumes n'auraient pas même été lus par eux-mêmes ; &i, oe n'était pour trouver : qu'il devait y avoir: ou, excessive ignorance; ou, excessive mauvaise foi; à vouloir les écrire.

L'absence de critérium, qui n'est autre que l'absence de souveraineté, l'absence d'autorité, socialeâient incontestée, «e fait sentir universellement; et, personne n'ose le dire explicitement. Écoutons, à cet égard, «n homme célèbre (M. de €o£iiGtôniu) , masqué sous une gaze étiquetée : Timon.

— • Vous me dites , s'écrie-t-il : Vous êtes libéral, donc vous devez être îrréligpmHr; et moi je voiwéis z V«'«s êtes méAJfgfttK^ dtmc vous ne

{feu! fntJ Efigrapfce.)

— Que signifient les mots : religieux; irréligieux, libéral ? Religieux signifie-t-il croyant en une révélation? Irréligieux, signifie-t-il incrédule? Il y a religieux ^ par une foi religieuse ; il y a irréligieux, par une foi irréligieuse. Il y a religieux, par une science réelle, peut-être ; il y a irréligieux, par une science illusoire, peut-être. Qu'est-ce que libéral? Est-ce un partisan de la souveraineté du peuple ? Puis, de quelle secte de cette souveraineté? J'avoue, alors fque, je suis aussi antilibéral que possible ; et, aussi religieux ou aussi irréligieux que possible : selon, le sens que Ton donnera : au mot religieux.

J'en suis bien fâché. Mais, je dis : que, MM. Bûchez et Roux ont eu parfaitement raison : au moins, une fois.

— a J*ai beaa chercher autoar de moi, continue Timon, je ne vois ni dans le ministère, ni dans la presse, ni dans la magistrature, ni dans les académies, ni dans les chambres, ni sur le théâtre des Funambules, aucun homme, pas un seul, qui soit d^une moralité telle que je l'entends ; pas au seul qui aime le peuple comme il faut qu'on Taime, pas un seul au(j[ttel je voulusse confier pour un quart d^heure le gouvernement des affaires de mon pays. »

— Ce qu'il y a d'étonnant; c'est, qu'il soit possible de s'étonner de cela ; à une époque : où, une moitié de la société nie le droit explicitement; tandis, que l'autre moitié, sans nullement s'en douter, le nie implicitement.

— « Or, continueTimon, je vous demande si une telle société, où Ton ne rencontre ni un mimme, ni des hommes; si cette société sans foi» sans courage, sans doctrines, sans espérances, sans grandeur, sans union,

DB LÀ SOUYERÂmETÉ. 365

symbole, sans présent, sans avenir, est propre à comprendre, à aià Toaloir, & défendre la liberté. ))

{Feu I feu I p. 18.)

— Sous les souverainetés, relatives à Tignorance; en présence de Tincompressibilité de l'examen; t cela existe : nécessairement. Quant à la liberté, Qt de Taimer, de la vouloir et de la défendre, il fauit savoir : ce que c'est. Essayez donc d'aimer, de loir, de défendre ; le : je ne sais q^M>i ?

« On ne peut s'empêcher de sourire, continue Timon ^ en entendes ralionalisfes , qui ne croient pas à Tinfaillibilité du pupe, nous r sérieusement de Tinfaillibilité des conciles. y>

{Ihid.)

— Bon ! voilà Timon qui se moque également : et, a souveraineté du droit divin ; et, de la souveraineté peuple.

i^oici , une autre boutade de Timon, qui paraît exaée ; et, qui est d'une vérité, s'il est possible, plus ! mathématique.

- « Je savais, dit-il, que si nous sommes un peuple spirituel et chart, nous sommes aussi un peuple bien fou, et que ce quMl y a de plus icalièrement extravagant chez nous^ ce sont les hommes sérieux. »

— Et plus loin, il ajoute :

- « Voici, par exemple, quelques-unes des maximes de Bossuet, que s revendiquez absolument conmie si elles étaient votre propriété^ et it chaque parti, aussi bien que le vôtre, s^ empare à sa manière :

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