‹ De la souverainetéChapitre 30 sur 52 · A-TIS DE TOUS ET DE CHACC · texte numérisé non relu

A-TIS DE TOUS ET DE CHACC

C'est, ce que noos axons fait , dans notre ouTiage intitulé : SCIESCZ SOCUJLE.

— « La démocratie, camùmnt IL Proadhea, prétend résMidre ce problème par le soffira^e ■nnrcnel appKigaé da» la pUf gnuMle largear, soit la sobstîtotîoB de l'autArilé de la mahîtude a Taotorilé royale. Ceft poar cela qu'elle s'appelle bésocuitie, gamvermemieni de la mmUUmde,

« C'est doBC la tkéen'e du suffrage awrerMl que noos stobs à juger. Ou , pour dire de suite tonte ma pensée , c'ett la démocratie que nous avons à démolir, comuM nous afoos démoli la nMoarchie : cette transition sera la dernière arant d'arriver â la répubBqne. »

— Ainsi, M. Prondhon, tout en dânolissant la démocratie : va, faire parler le peuple comme un seul homme; va, rendre Y obéissance raisonnable incontestablement sden^ lififfue, vis-à-vis de tous et de chacun. Alors, que le bon Dieu Ten récompense! A'ous devons dire, néanmoins : que , nous avons étudié sa solution avec toute Tattention possible; et, que, nous n'y avons trouvé : que, Mais,

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il n'y a point, il ne saurait y atoir jamais de représeutatioa légilime du peuple. Tous les systèmes électoraux sont des niécam<iae8 de mensonge ; il suffit d^en connaître un seul pour prononcer la condamnation de tons. 1»

— Il est, à cet égard , complètement inutile d'en ccmnaitre on seul. Le pbuple , en dehors de toute logomadiie , ne pouTant être souTcrain : que , par la force brutale ; il est évident : qu'un droit, formulé par cette force; et, donné comme véritable droit; ne peut être : qu'un impudent mensonge.

-^ « Lorsque^ continue M. Prondhon, une théorie se produit au nom du PEUPLE, elle doil, sous le rapport de la logique, de la justice, des traditions, de Tensemble, comme sous celui de l'expression, se montrer irréprochable. Je ne reconnais pas plus la Yoix du peuple dans les livres de Fourier que dans le PèrerDuchéne, *

— La \oix du peuple , At souverain , ne peut être : que, la voix du nombre; la voix des passions ; la voix du diable; tant, que le peuple ne s'est point reconnu : le sujet de la raison, rendue scientifiquement incontestable; vis-à-vis de tous et de chacun. Cette prétention de ne reconnaître, comme voix du peuple, que ce qui est incontestablement scientifique ou rationnel , est encore une aspiration vers la souveraineté de la raison. Aussi, vous voyez continuellement M. Proudhon aspirer vers cette souveraineté; mais, jamais il ne vous donne : l'ombre d'un moyen, pour arriver à la connaître.

— « Le plus hardi novateur, dit M. Proudhon , n'a pas encore osé demander le suffrage pour les femmes, les enfants^ les domestiques, les repris de justice. Ce sont environ les quatre cinquièmes du peuple qui ne sont pas représentés, qui sont retranchés de la communion du peuple. Pourquoi?

« Vous fixez la capacité électorale à 21 ans; pourquoi pas à 20? pourquoi pas à i9, à 18, à 17? Quoi! c'est une année, un jour qui fait la raison de l'électeur! Les Barra, les Viala sont incapables de voter avec discernement ; les Fouché, les Hébert voteront pour eux. »

DB LA SOCTBRAIHBTÉ. 465

— Qae âgnifie : cet avec discernement^ en fût d'organisation sociale? Tant, qne Fignorance, snr V obéissance raisonnable j n'est pas anéantie; il ne s'agit pas de discernementy pour consenrer la Tie à la société; mais , de forée. Et, loin alors qœ le discememoit soit utile; il est aussi anarchique que possiMe. Il n'en est plus ainsi : dès que la raison est souYcraine. La souTcraineté , roidue scientifique ment incontestable, délermine les conditions de Télectorat; et, il 7 a des élus : non pour commander; mats, pour \eiller : à Tobâssance au souverain !

— « Vous éliminei les femmes. Yoos «Tes donc , contione M. ProadhoD, résolu le grand problème de i*înfëriorifé dn sexe. Qooi! pas d'ex* ception poor, etc. »

— Tant, qu'il ne s'agit que de force; il est évident : que, les femmes doivent être exclues .^Qnand la raison est souveraine; une égale obéissance , à ce qu'elle ordonne, caractérise : Tégalité sociale; l'égalité de tous les individus ; vis-à-vis de la raison.

— « Vons écartez le domestique , continne M. Prondhon, qui vous dit qae cet insigne de la serritnde ne coufre pas une Ame généreose, etc. #

— Sous le règne de la force ; le domestique , porte l'i n signe de la servitude. Sous, le règne de la raison; le domestique est un travailleur : conmie, le chef du pouvoir exécutif.

— « La race de Figaro esi-elle perdoe? continue M. Proudbon. C'est

la faute de cet homme , direz-Tous : pourquoi aTec tant de moyens est-il domestique? Et pourquoi y a-f-il des domestiques? i»

— Sous, le règne de la force ; il ne suffit pas, d'avoir des moyoïs d'intelligence : il faut encore que ces moyens soient développés. Or, le règne de la force doit empêcher ces développements, cbes ceux qui se trouvent au bas de la hié* II. 30

rarcbie sociale ; et, qaand ces moyens sont développés, fortuitement ; le règne de la force exige encore : que, ces intelligences développées restent au bas de la hiérarchie. Sous, le règne de la force; il y a : des domestiques; des esclaves ; parce qn'il y a des maîtres. Et ceox, que Ton appelle domestiques, sont même, alors : an hant de Téchelle des esclaves. Sons, le règne de la raison ; il n'y a plus de domestiques ; parce qu'il n'y a plus de maîtres. Tous les hommes sont des travailleurs ; et, le plus honorable est celui : qui, s'acquitte le mieux de ses devoirs.

-—a Je Yeux voir^ continue M. Proudhon, je veux BiimiMUl Ib peuple dans sa variété et sa multitude , tous les âges » tous les sexes y toutes les conditions, toutes les vertus, toutes les misères; car, tout celaj c'est le peuple* »

— Pour entendre, d'une manière proprement dite, il faut deux choses : quelqu^un qui parle; et, quelqu'un qui

écoute.

Or, M. Proudhon proclame; et, avec justice : que, cbez le peuple, il n y a pas plus d'existence unitaire; qu'il n'y en a chez Dieu ; et, que le peuple et Dieu sont également incapables de parler. Alors, comment M. Proudhon veutil entendre? Alors, que veut M. Proudhon, argumentant sur l'impossible ? M. Proudhon veut : établir des contradictions ; établir des antinomies. Que, mille fois, soit maudite cette métaphysique allemande, qui a perverti une aussi belle intelligence !

— A Vous prétendez, continue M. Proudhon , qu'il T aurait inconvénient grave pour la bonne discipline^ pour la paix de TÉtat et le repos des faraiHes, si les femmes, les enfants, les domestiques obtenaient les mêmes droits que les époux^ les pères et les maître^; qu'au surplus^ par la solidarité des intérêts et par le lien familial, les premiers soit sufâsamment représentés pat* les seconds.

a J'avoue que Tobjeclion est séi-ieuse, el je n'entreprends point de la réfuter. Mais, prenez garde : vous devez, par la même raison, exclure les prolétaires et tous les ouvriers. Les sefit ditièmev de cette tïtttéferîe re-

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çoi?ent des secours de la charité publique ; ils iront donc se Yoter, à eux-mêmes, une liste civile, des augmentations de salaire, des réductions de travail ; et, ils n*y manqueront pas, je vous assure, pour peu que leurs délégués les représentent. Le prolétariat sera dans l'Assemblée nationale comme les fonctionnaires daUs la chambre de M. Guizot , juge dans sa propre cause, puisant au budget et n'y mettant rien , faisant l'appoint de la dictature, jusqu'à ce que, le capital étant épuisé par Timpôt, la propriété ne produisant plus rien , la banqueroute générale fasse cesser la mendicité parlementaire. »

— C'est, admirable de Vérité. Mais, il n'éfi peut être autrement ; la souveraineté du peuple étant : anarchique, par essence. Sous, le règne de la raison ; toutes ces objections disparaissent; sans, qu'il en reste seulement : l'ombre d'une.

Je fais tous mes efforts, pour être aussi bref que possible, dans cet examen de M. Proudhon. Mais, à peine veuxje passer une ligne, sous silence; que je m'aperçois qu'il faut en parler : soit, pour y applaudir ; soit, pour la critiquer.

— « Et tous ces citoyens, continue M. Proudhon, qui, pour raison de travail, de maladie, de voyage, de faute d'argent pour aller aut élections, serout forcés de s'abstenir, comment les comptez-vous? Sera-ce d'après le proverbe : Qui ne dit mot cousent? Mais, consent à quoi? à l'opinion de la majorité, ou bien à celle dé la minorité?...

tt Et ceux qui ne votent que par entraînement, par complaisance ou intérêt, sur la foi du comité républicain ou de leur curé, quel cas en faites- vous? C'est une vieille maxime, qu'en toute délibération il faut non-seulement compter les suffrages, mais les peser. Dans Vos comices, au contraire, le suffrage d'un Ârago, d'un Lamartine ne compte pas plus que celui d'un mendiant. »

— Peser les suffrages 1 En époque d'ignorance, sur Vobéissance raisonnable! Et, avec quelle balance donc i

grand Dieu ?

M. Proudhon veut : que, le suffrage d'un Lamartine, d'UH Aragô, soit au-dessus : du suffrage d'un mendfafft; M. Proudhon oublie : qu'il a mis, lui-même, le suffrage

468 DE LA SOUYBRAINETÉ.

d*uu Lamartine, d'ua Arago, au-dessous, très au-dessous : du suffrage, d'un mendiant demandant Taumône : aa nom de Dieu.

En effet, M. de Lamartine est ouvertement panthéiste. Sa proposition : « La vie est partout comme l'intelligence, » en est l'incontestable prenve. Quant à M. Arago, il était archipartisan de la souveraineté du nombre ; c'est-à-dire : de la DÉMOCRATIE.

Or, selon M. Proudhon ; la démocratie conduit à l'anarchie. Et, un vote, eu faveur de l'anarchie, est, en valeur, au-dessous du vote du mendiant, quel que soit ce vote : pourvu, qu'il ne soit pas démocrate. Car, ce qu'il y a de pire, selon M. Proudhon, lui-même; c'est Tanarcbie démocratiqiie. Je mets l'épithète démocratique ; pour, la distinguer de Tan-arghie sans épithète; invention de M. Proudhon, pour exprimer: la souveraineté automatique.

Quant au vote panthéiste de M. de Lamartine ; M. Proudhon a dit :

— (( J^écarterai l'hypothèse panthéistique comme une hypocrisie et un manque de cœur, i»

— Et aussi :

— « Je déteste le panthéisme logique à Tégal du panthéisme religieux. Car, si ce dernier est la négation de la morale , l'autre est la négation

DELA RAISON (i). »

— Et certes, le mendiant, qui demande l'aumône au nom

(1) Voyez-vous le panthéisme logique, proclamé» par M. Proudhon, être LA NÉGATION DE LA RAISON ? Or, le panthéisme logique est la conséquence de la série continue des êtres; doctrine dont M. Pioudhou est imbibé jusqu'à la moallc des os. Vous concevez, maintenant, pourquoi M. Proudhon s'est oru obligé de dire : Je suis un ressort pensant; un poids pensant; un pignon pensant; d'une immense machine qui pense aussi, et va toute seule.

du Dieu personnel ^ doit être plus excusable que M. de Lamartine, aux yeux de M. Proudhon. Car, M. Proudhona dit:

— « Disu ssT pnsoHRBL OU n'est pas. )»

— Ici, M. Proudhon continue et dit :

— <K Dîrez-Yous que la considération due aux hommes de mérite leur est acquise par Tinfluence qu'ils exercent sur les électeurs? Alors les suffrages ne sont pas libres. C'est la voix des capacités que nous entendons, ce n'est pas celle du peuple. Autant valait conserver le système à deux cents francs. »

' — C'est Trai. Mais, M. Proudhon ne réfléchit pas : que, d après lui-même alors, les suffrages ne peuvent être libres : avant, que Tignorance, sur Vobéissance raisonnable soit anéantie. Jusque-là, tout suffrage est dicté : par le préjugé.

Voici, comment M. Proudhon termine ce paragraphe :

— « Voilà , citoyen électeur, oii je voulais vousj amener. De quelque côté que vous considériez la démocratie , vous la verrez toujours placée entre deux extrêmes aussi contraires Tun que l'autre h son principe; condamnée à osciller entre Vahsurde et Vimpossible^ sans pouvoir se fixer jamais. «

3® La démocratie est Vostracisme.

— a Qui fait la loi dans les élections? dit M. Proudhon. Qui décide du choix des députés? La majorité, la moitié plus une des voix. D'où il suit que la moitié, moins un, des électeurs^ n'est pas représentée ou Test malgré elle... »

— C'est évident.

— « Bien loin, continue M. Proudhon , que la démocratie puisse résoudre cette difficulté, tout son art, toute sa science est de la trancher. Elle fait appel à l'urne ; l'urne est tout à la fois le niveau, la balance , le

470 DB LA SOUVERAINETi.

critérium de la démocratie. A?6C l*iirne élKtoralei elle élimiae les idées.

« Il y a un mois à peine, on criait sur les toits, à propos du cens à 200 francs : Quoi! c'est un franc I un centime qui fait Télecteur!...

« N'est-ce pas eiiger la même chose? Quoi! c'est une voix qui fait le représentant, une voix qui fera la loi ! Sur une question d'où dépendent rhouneur et le salut de la république, les citoyens sont divisés en deux fractions égales. Des deux côtés, on apporte le? raisoqs les plus sérieuses, les autorités les plus graves, les faits les plus positifs. La nation est dans le doute', l'assemblée en suspens. Un représentant, sans motif appréciable , passe de droite à gauche et fait incliner la balance : c*est lui qui fait la loi.

« Et cette loi , expression de quelque volonté fantasque , sera réputée expression de la volonté du peuple ! Il ftiudra que je m*y soumette , que je la défende, que je meure pour elle! Je perds, par un caprice parlementaire , le plus précieux de mes droits, je perds la liberté ! Et le plus saint de môs devoirs, le devoir de résister à la tyrannie par la force, tombe devant la boule souveraine d'un imbécile ! »

— Et, quand vous aurez résisté par la force, à une tyrannie, proclamée telle, uniquement par vos préjugés; et, qui peut être est la seule justice sociale de Tépoque; en serez-vous plus avancé : en fait d'ordre ?

Ici, il y a plus que la boule d un imbécile ; il y a la folie de vouloir faire sortir, d'uu système absurde ; autre chose que de l'absurde.

— « La démocratie, continue M. Proudhon, n'est autre chose que la tyrannie des majorités^ tyrannie la pltts exécrable de toutes , car elle ne s'appuie ni sur l'autorité d'une religion , ni sur une noblesse de race , ni sur les prérogatives du talent et de la fortune : elle a pour base le nombre et pour masque li nom du pbuple. »

— C'est vrai, aussi vrai, plus vrai : que, tous les évangiles possibles. Eh bien ! Depuis, que Texamen est devenu incompressible ; la démocratie, est devenue : 1^ nécessité sociale de Tépoque; et, restera telle : jusqu'à ce que la souveraineté du peuple sôit anéantie, par l'intronisation de la souveraineté de la science, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun.

DE LA SOUYERAINETÉ. 471

4® La démocratie est une forme de l'absolutisme.

— Dans ce paragraphe, je n'ai rien trouvé , digne de M. Proudhon, que le passage suivant :

— « Il est fatal , sous la monarchie représentative, que le peuple soit exploité par la bourgeoisie, et, sous le gouvernement démocratique, qu*il soit exploité par le prolétariat. »

— Maintenant, concluez ! Si, au moins, M. Proudhon avait eu la bonté de nous proposer : quelque chose, digne de Vobéissance raisonnable^ pour remplacer : et, la monarchie représentative ; et, le gouvernement démocratique ! Mais, hélas ! Bien I rien ! rien t

5^ La démocratie matérialiste et athée.

— Comment trouvez-vous : le titre de ce paragraphe? Il est à la page 85, de la solutioiï du paoBiiMs; social.

— « Si la monarchie, dit M. Proudhou, est le marteau qui écrase le peuple^ la démocratie est la hache qui le divise : l'une et l'autre conduisent également à la mort de la liberté. »

— Pauvre liberté ! Avant de se servir de ce mot, il conviendrait d'y avoir attaché : un sens clair, précis, et ne renfermant rien d'absurde.

Où, diable ! voulez-vous que puisse vivre la liberté ; là, où les individualités prétendues sont :

— « Des RESSORTS PENSANTS , DES ROUES PENSANTES , DES PIGNONS PEN- SANTS, DES POIDS PENSANTS^ ETC., D^UNB IMMENSE MACHINE QUI PENSE AUSSI ET QUI TA TOUTE SEULE ! ))

— M. Proudhon accuse la démocratie de matérialisme et d'athéisme. Cette querelle ne me regarde pas. Je serais

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même fort embarrassé de dire : lequel, de M. Prondhon oq de la démocratie, en fait de matérialisme et d'athéisme, est : le plas coupable ; ou, le plus innocent? Je me rappelle, seulement, que M. Proudhon a dit :

— « L'athéisme pratique doit être désormais la loi de mon gcbur et de ma raison. »

— Quant à la démocratie, qui n*est autre que la souveraineté du peuple, vous trouvez dans ce paragraphe, les passages suiTants :

«-> « Le moyen le plas stur de faire mentir le peuple, c'est d'établir le suffrage universel.

« Faites neuf cents députés, faites-en quatre-vingt-dix, et la loi qu^ils fabriqueront, tantôt plus plébéienne, tantôt plos bourgeoise, n'en sera ni meilleure ni pire. »

6® La démocratie ritrogade et contradictoire.

— Ce titre ne promet pas grand'chose; et, il donne ce qu'il promet.

— « La démocratie, dit M. Proudbon, n^existe pleinement^ d'après les auteurs, qu'à l'instant des élections et pour la formation du pouvoir législatif. Cet instant passé , la démocratie se reploie; elle rentre sur ellemême, et commence son travail antidémocratique ; elle devint autorité. LVuTORiTÉ était l'idole de M. Guixot : c^est aussi celle des démocrates. »

— Il me parait : que, Tautorité est aussi, je ne dirai pas l'idole de M. Proudhon ; mais, sa diviufte. Et, en vérité, je l'en félicite.

Quelques partisans de M. Proudhon, m'accuseront peutêtre, de calomnier leur idole. Je vais leur prouver : que, sous ce rapport, M. Proudhon n'est : ni une idole; ni, un idolâtre.

— « Que nie le libre examen? dit M. Proudhon.

— « L'autorité de l'Église.

-^ « Qae snppose-t-il?

— « L'autorité de la iaison.

— « L'autorité de la raisor, telle est donc Tidée positive, éternelle, substitvée par la réforme, à I'autobité de la foi. »

— Ainsi, c'est V autorité de la foi : qui est la base, quicaractérise la société despotique ; c'est l'autorité de la raison : qui est la base, qui caractérise la société sous laquelle IV béissance est raisonnable ; c'est-à-dire : la société libre ; et, c'est l'absence d'autorité : qui caractérise l'absence de société ou l'agonie humanitaire.

Si, maintenant vous ne trouvez pas : que, M. Proudhon proclame l'autorité comme divinité; quand, M. Guizotet la démocratie ne peuvent la proclamer que comme idole ; vous aurez : peu d'intelligence; ou, peu de bonne foi.

Actuellement, lecteurs ! Soyez tout attention. Nous arrivons à un point capital.

— a Que les auteurs, dit M. Proudhon, en pensent ce qu'ils voudront, la RÉPUBLIQUE est aussi opposée à la démocratie qu'à la monarchie, j»

— Bien ! très-bien ! Voilà, une proposition clairement établie. Mais, il ne s'agit pas d'affirmer seulement, il faut prouver. Je pourrais dire de mon côté : la démocratie est aîMSi opposée à la MONABCfiiE que la repijblique : et, M. Proudhon est trop bon logicien, pour vouloir m'accepler sur parole. Je pourrais même dire : la république, la mo^ narchie et la démocratie, comme M. Proudhon les comprend, sont TROIS CALEMBREDAINES, couduisaut également à l'anarchie, c'est-à-dire à la mort sociale, en présence de l'incompressibilité de l'examen ; et, cette proposition, je la prouverai : quand M. Proudhon le désirera ; et cela : à son entière satisfaction. Dès lors, voyons ce que c'est : que, la RÉPUBLIQUE selon saint Proudhon.^

— > « Dans la république , dit M. Proudhon , tout le mohde eâgne et

474 DE LA ftOUVBliAIMETÉ.

— Miséricorde du ciel ! Alors, voilà autant de souverains que de moutards. Le premier gamiu va me donner un soufflet : parce que tel est son bon plaisir, le bon plaisir étant l'inévitable et unique expression : de toute souveraineté personnelle. Or, en ma qualité de souverain, j'aurai aussi mon bon plaisir; et, ce bon plaisir, sera : de fesser le moutard. J'aime mieux l'enfer social actuel : que, la république de H. Proudhon.

— « Le peuple, continue le saint érangélistê^ pense et etgii conn m

SSCI. HOMMB. »

— Gela signifie, en époque d'ignorance sur Vohèissanu raisonnable : que, l'humanité sera, réduite à l'état d automate ; qu'elle sera une république : de castors; d'abeilles; ou, de fourmis. Merci, saint évangéliste ! J'aime mieux l'enfer social actuel : que, la république selon saint Proudhon.

— « Les représentants, continue le nouveau Platon^ sont des pléaipo'

lentiaires à mandat impératif et révocable à volonté, »

— Ainsi, nous continuons à vivre : sous, le représentatif légiférant; si justement, honni par M. Proudbon. Merci! j'aime mieiu l'enfer social actuel.

Ainsi, les représentants, qui sans doute font partie du peuple; d'un peuple qui pense comme un seul homme ^ pourront être révoqués sans se révoquer eux-mêmes? Je veux être pendu : si, alors, tous pensent comme un seul homme,

— « La loi, continue le fondateur de la république, est Veofreuioo

de la volonté unanime. »

— Alors, à quoi bon ; des représentants ; un gouvernement; des sergents de ville ; etc. Il n'y a rien de tout eda :

DE LA SOUYBRAINETi. 476

ehes les castors, les abeilles ou les fourmis. Mais, moi, je ne veux être : ni, abeille: ni, fourmi; ni castor. J'aime mieux l'enfer social actuel : que, la république de M. Proudbon. C'est une affaire de goût, me dira-tril. C'est possible. Mais, chez lui, il n'y a pas d'affaire de goût. Il n'y a que castoréisme, abeilléisme, fourmiléisme. J'aime mieux pouvoir contrarier M. Proudhon.

— « n n'y a, continue le nouvel Icare , d'autre hiérarchie que la solidarité des fonctions, d*autre aristocratie que celle du travail, d'autre initiative que celle des citoyens. »

— Du travail ! de la liberté ! de la biérarchie réelle ! au sein de l'automatisme ? Certes, quand M. Proudhon a écrit ces choses; il n'était : ni, un travailleur; ni, un homme libre. Il a écrit ces choses; comme, la terre tourne autour du soleil ; il était alors :

— « C/n ressort pensant, un pignon pensant^ etc. »

— « Yoilè , continue M. Proudhon , u république , M 90UVBliiiYirÉ

DU PEUPLE. x>

— Si la république et la souveraineté du peuple sont une seule et même chose ; il faudra y en ajouter une troisième, pour en faire une trinité ; et, dire :

— « Là république, la SOUVERAlWErÉ DU PEUPLE ET LA DÉRAISON , SONT

UNE SEULE ET MÊME CHOSE, d

— Je répète : que, M. Proudhon, ne jouissait pas de lui-même : quand, il écrivait ces belles choses ; quand^ il voulait : que, la perfection de la société fût : l'absence d'autorité ; l'absence de gouvernement ; l'absence d'admtnislralion; l'absence de police; l'absence d'impôt, etc. Savez-vous : quand, M. Proudhon jouissait de lui-même; et, à cet égard, j'en fais juge le lecteur ; c'est, quand il écrivait :

476 DE LA SOUYERAmETÉ.

— tt L'antorité est an gouvernement ce qne la pimsAb xst a la pabole, L'iDte AU FAIT y L*AMB AU CORPS. Vautorité est le gouvernement dans son ^incipe , comme le gouvernement est Vautorité en exercice. Abolir l'un ou Fautre, bi l'abolition est réelle, c'est les détruire à la fois. Par la même raison, conserver l'un ou l'autre, si la conservation est réelle, c'est les maintenir, m

— VoHS voyez : qae, M. Proudhon ne veut détruire : dI, la pensée ; ni la parole ; ni, l'idée ; ni, le fait ; ni, l'àme; ni, le corps ; etc. Qu'il n'& nulle envie de devenir : automate.

M. Proudhon jouissait encore, parfaitement, de luimême ; quand, il disait :

— « Qu'est-ce que tout cela signifie ? M. Dunoyer n'entend pas sans doute que la société sb passe de gouvernement y d' (Administration y d$ police, d'impôts, d'universités j en ijh mot, de tout ce qui constitue i^b

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