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être qu'un mycofibrome. Ce qui est remarquable dans ce cas c'est que l'apparition de la tumeur s'est fait attendre pendant trois mois et demi.
Hell a injecté du botryocoque au cou et au poitrail d’un cheval ; il a observé aux deux points inoculés du gonflement, puis une petite tumeur fluctuante qu'il ouvrit au bistouri et où il ne trouva pas de grains botryomicosiques. Six semaines après on ne notait plus rien, deux mois après l'animal fut sacrifié, et on ne trouva rien d'anormal au point d’inoculation.
L'expérience de Hell n’a pas été suivie assez longtemps, car dans la suite elle eût pu devenir positive (cas de Kitt).
M. Poncet et Dor, dans leur première publication sur la botryomycose humaine (Congrès de Chirurgie, octobre 1897) déclarent qu'ilsavaient prié M. Guinard. chef des travaux de physiologie à l'Ecole vétérinaire de Lyon, d’injecter dans la mamelle d’une ânesse le produit du raclage d’une culture de botryocoque sur sérum, dilué dans une autre culture en bouillon. L'injection fut faite sous la peau et dans le derme le 15 juillet 1897. Les deux ou trois jours suivants l’animal a présenté un peu d'œdème local qui a bientôt disparu ; la température a monté de quelques dixièmes puis tout est rentré dans l’ordre.
C’est vers le 6 août, 20 jours environ après l’inoculation qu’à son niveau apparut une induration du derme, lequel s’est ulcèré, et il en est sorti comme par une hernie un bourgeon charnu qui s’est recouvert de Croûtes noires et ensuite s’est pédiculisé. Le 1 4 août la tumeur avait le volume d’une noisette et le
DV RER pédicule très solide et fibreux avait la dimension d'une plume d’oie. Tout autour du pédicule le derme était aminci et ulcéré.
La tumeur, dans ce cas, avait poussé très rapidement, 20 jours environ après l'inoculation.
Les auteurs avouent qu’il ont eu la malencontreuse idée d’attendre encore quelques jours, espérant que la tumeur grossirait encore, mais, au bout de huit jours, elle avait disparu et il ne restait plus qu'un tout petit point ulcéré au niveau du pédicule. L’animal s'était probablement frotté sur la litière, contre les parois de son écurie et il avait provoqué la chute de sa tumeur.
1 semble bien, d’après l'observation clinique, que la tumeur apparue était un botryomycome, mais on n'en peut affirmer la nature car l'examen microscopique n a pu être pratiqué.
De Jong, à son tour, expérimentesur le cheval et voici les résultats qu'il obtient par injection souscutanée du botryocoque.
1'* expérience,12 août 1897. — Inoculation de botryocoque à la 4e génération sous forme de 3 centimètres cube de liquide sur le flanc gauche du cou d’un cheval. Réaction le soir même. Température = 399. Tuméfaction au point d'inoculation, œdème du cou. Diminution de la tumeur jusqu'au 20 août, nouvel accroissement puis résorption presque com: plète de la tumeur le 17 septembre. Au commencement d'octobre nouvelle évolution, infiltration, formation d’un tubercule qui,le 12 novembre,a 4 centimètres de long sur 3 delarge.— 17 novembre, fluctu-
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ation; — 23 novembre, ponction de la tumeur. Le pus obtenu est jaune et contient des grains analogues à des grains de sable, visibles à l'œil nu, comme c'est le cas pourle pus à botryocoque. Microscopiquement on y voit des grains botryomycosiques en forme de grappe, si bien qu’on reconnaît [à indubitablement la présence d’un botryomycome.
Il se forme successivement deux autres tubercules sous-cutanés qui s'ouvrent à l'extérieur en laissant couler le même pus jaunâtre.
Le 3 juin les tubercules ne suppuraient plus et ils avaient considérablement diminué de volume. L'animal est sacrifié le 23 juin.
Le morceau de peau, siège de toutes ces modifications, fut excisé, durci dans l'alcool, puis inclus dans la parafine et coupé au microtome.
Voilà le résultat de l'examen microscopique :
Le plus petit tubercule ne contenait aucun grain botryomycosique. La peau etle tissu cellulaire souscutané étaient à peu près revenus à leur état normal. On pouvait voir pourtant un peu de tissu cellulaire néoformé dans la peau.
Le secondtubercule, ou plutôt lereliquat de celui-ci avait provoqué une inflammation chronique de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. L'épiderme était presque normal. Dans la peau avaient disparu les follicules pileux, les glandes sudoripares et sébacées, tandis que celles-ci existenten grand nombre dans les parties normales avoisinantes (1). Par suite de la
(1) Nous avons observé, au laboratoire de la clinique de M. le professeur Poncet, le même phénomène sur un lapin
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néoformation botryomycosique il yavait simplement prolifération du tissu cellulaire, qui était encore infiltré de cellules en plusieurs endroits. En certains endroits ce tissu présentait une structure fibrillaire, mais on ne pouvait voir de botryomyces en aucunpoint. Parcontre,cles recherches: faites sur le 3e tubercule ont quelque chose de positif. Après avoir préparé et examiné de nombreuses coupes
Botryomices obtenu par inoculation sous-cutanée de botryocoque chez le cheval. Zeiss. ocul I. Obj. À.
qui a étéinoculé, il y a environ 3 mois à l'oreille avec une culture pure de botryocoque. On sent maintenant dans l'oreille un petit tubercule et, à son niveau, on constate la disparition complète des poils et des glandes sébacées et sudoripares,sans pourtant qu'il v ait jamais eu là de suppuration.
AA EE en série faites sur ce tubercule, il a pu trouver dans deux de ces coupes un grain botryomycosique. Il s'était produit dans la peau un foyer caséeux, composé de cellules rondes, etau centre duquel on voyait très nettement un botryomyces. Autour du foyer il y avaitune prolifération du tissu conjonctif avecinltration cellulaireet à la périphérie on notait la présence de tissu fibrillaire qui paraissait disposé en couches concentriques par rapport au botryomyces. |
J'ai reproduit ci-contre la figure donnée par de Jong, pour montrer combien son observation est nette et concluante.
C'est donc bien une tumeur botryomycosique apparue au point d'inoculation deux mois après l'injection sous-cutanée.
2e expérienc2. — Le mime jour,sur le même cheval, mais surleflanc droit du cou, on injecte une culture à la 12e génération, ayant passé 3 fois dans le corps des cobayes. Tuméfaction énorme qui retrocède 4 jours après. Puis la tumeur, devenue grosse comme un œuf de poule, reste stationnaire pendant 10 jours. 3 semaines après la tumeur a presque disparu, et dans la suite, on ne note aucun phénomène nouveau. :
Il y a donc eu, à la suite de l'inoculation,une réaction inflammatoire,plus violente et plus étendue que celle que l’on à notée après l'injection pratiquée dans l'expérience précédente. Ceci prouveque le botryocoque, sans perdre sa virulence, peut perdre le pouvoir de produire des botryomyces.
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Il résulte de cette expérience que le microcoque botryogène, qui produisait la botryomycose chez les chevaux, peut se transformer de façon à perdre ce pouvoir et que le résultat obtenu par l'inoculation est semblable à celui que l’on obtient habituellement avec le staphylocoque pyogène (1).
De ces différentes expériences il résulte:
10 Que le botryocoque, par injection sous-cutanée chez le cheral peut produire des mycofibromes (Exp. de Rabe., de Poncet et de de Jong).
20 Que le botryocoque est seul la cause de ces néoplasies inflammatoires.
30 Que le botryocoque affirme sa présence par la formation de graïns jaunes ;
4° Que le botryocoque a également un pouvoir pyogène et qu’il peut perdre son pouvoir botryogène (Hell, de Jong).
Si, maintenant, en expérimentant avec le staphylocoque pyogène aureus et albus chezle cheval, dans des conditions d'expérience identiques, nous obtenons les mêmes résultats, nous serons forcés de
(i) Les expériences sont suffisamment nombreuses et positives.
On pourra nous objecter de ne pas apporter dans le débat des arguments basés sur des expériences personnelles A ceci nous répondrons ce que tous les vétérinaires font remarquer : c’est que les animaux d'expérience coûtent très cher d'achat et de nourriture, et qu'il faut les observer pendant très longtemps.
rie reconnaitre l'identité des deux parasites (botryocoque et staphylocoque).
Voici les expériences instituées par de Jong sur le cheval et dans ce but.
I. Inoculation d'un cheval avec 3 centim. cubes 5 de culture de staphylocoque pyogène blanc de l'homme. Tuméfaction. Abcès qui s'ouvre au bout de 15 jours. Pus sans grains botryomicosiques. Guérison complète en février. Disparition de toute induration, fin mars. Observation poursuivie jusqu’en décembre : rien d’anormal au point inoculé
Cette inoculation nous apprend que le staphylocoque blanc pyogène de l’homme produit un abcès chez le cheval. Après guérison de l'abcès, 1l ne se produit pas de formations botryomycosiques.
IT. Inoculation de sfaphylocoque doréde l'homme au même cheval, mais de l’autre côté du cou.
Le staphylocoque pyogenes aureus hominis a oroduit une inflammation eonsidérable et phlezmoneuse avec tendance à la suppuration, qui disparut sans laisser aucune trace derrière elle. Pas de botryomycomeau point inoculé.
III. Injection de staphylocoque doré chez le cheval. Formation d'un abcès qui s'ouvre spontanément au bout de 3 jours. Le pus jaunâtre ne contient pas de grains botryomycosiques. L'observation prolongée n'a pas constaté la présence consécutive d’un botryomycome au point inoculé.