‹ De la spécificité de la Botryomycose: Étude bactériologique et anatomo-pathologiqueChapitre 14 sur 24 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

cier les microcoques en question et nous concluons de toutes ces expériences que chez les petits animaux de laboratoire, le botryocoque est un coccus pyogène.

OS

1! — EXPÉRIiMENTATION SUR LES CHEVAUX

Comme le mycofibrome a surtout été étudié et observé cliniquement en médecine vétérinaire sur les chevaux et sur les animaux d'espèce voisine tels que l'âne, les investigations se sont portées surtout de ce côté et les différents auteurs qui ont étudié la botryomycose ont expérimenté sur le cheval.

Rabe a fait de nombreuses inoculations sur les chevaux et il a constaté que l’injection sous-cutanée des cultures de botryocoque chez les chevaux produit un œdème inflammatoire quise développe en l’espace de huit à dix jours. Puis quatre ou cinq semaines après, il se produit une prolifération conjonctive qui donne naissance à une tumeur de croissance lente et saillante au dehors. En même temps, il se développe à l’intérieur et à la surface de la t'imeur des nodules dont la grosseur varie d’un pois à celui d’une cerise. Les nodules développés à la surface de la tumeur font parfois saillie et leur tissu contient une grande quantité de botryomyces, c'est-à-dire de productions müriformes.

Il résulte également des recherches expérimentales de Rabe que si l'on inocule le botryocoque en trop petite quantité, on n'obtient pas d'effet pathologique bien marqué.

Rabe a donc obtenu, en inoculant le botryocoque, des myocofibromes très nets cliniquement et dont la nature a été démontrée par la présence de grains

CEÿ

jaunes, et l'aspect microscopique des botryomyces.

Il faut bien remarquer que dans les deux cas de

Rabe les tumeurs botryomycosiques ont pris nais-

sance sans qu'il y ait eu perforation de la beau, for-

mation d’abcès, et par conséquent possibilité d'une infection secondaire.

Kitt selivra à des expériences analogues sur le cheval.

I inocule un cheval et provoque la formation d'un abcès qui s'ouvre spontanément quinze jours après, laissant couler du pus jaune qui ne contenait pas de grains jaunes, mais des petits cocci libres et séparés. Puis la peau se nécrose et, 6 semaines après l'inoculation, le cheval paraît guéri. Un mois après on constaté une nouvelle poussée inflammatoire, une nouvelle évacuation de pus, mais, en mêmetemps, on constate la formation dans la peau de trois tubercules. Puis quelques jours après il apparaît, dans la cicatrice de la plaie, une éruption noueuse, et, à la surface légèrement suppurante de cette tumeur, on constate une prolifération granuleuse. L'animal meurt d'anémie quelque temps après.

A l’autopsie on trouve dans les tubercules ramollis et gros comme une noisette, de très jolis grains jaunes. ]1 faut reconnaître que le développement du mycofibrome avait provoqué une suppuration chronique, ce qui montre une fois de plus les propriétés pyogènes du botryocoque. Il résulte surtout de cette expérience que l'injection d’une culture pure de botryocoques a provoqué chez le cheval l'apparition d'une tumeur bien caractéristique qui ne pouvait-

Page 1