‹ De la spécificité de la Botryomycose: Étude bactériologique et anatomo-pathologiqueChapitre 5 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le botryomycose, grâce aux travaux de AZ. le professeur Poncet et de M. le Dr Louis Dor, a pris rang dans le cadre des affections chirurgica'es et c'est maintenant une entité morbide nettement caractérisée au point de vue clinique. Il est loin d'en être de même au point de vue bactériologique.

En effet, MM. Nocard et Leclainche, dans leur traité des maladies microbiennes des animaux, définissent la botryomycose « Une infection, observée principalement chez le cheval, et caractérisée par la présence dans certains tissus de néoformations inflammatoires dues au Botryomyces equi ».

Les vétérinaires, et parmi eux Friedberger et Frôohner, Johne, Schneidemühl, continuant les idées de Rabe, regardaient donc ce microcoque comme la cause immédiat: et unique du botryomycome. AZ. Poncet et Dor, notre camarade le D' Chambon, dans sa thèse inausurale en firent également le microcoque spécifique de la botryomycose humaine.

Tout récemment des voix autorisées se sont élevées

Ho

contre cette façon d'envisager les choses et dans le monde vétérinaire comme dans le monde médical il s'est trouvé des auteurs qui ont voulu identifier le botryomyces et le staphylocoque et, ne considérant plus le botryomycome comme une tumeur spécifique, ils ont voulu n'y voir que des bourgeons charnus inflammatoires.

Ilest donc intéressant d'étudier de plus près la nature intime de ce parasite.

Nous allons rechercher les caractères morphologiques du botryomyces, suivre sa façon de pousser dans les différents milieux de culture, expérimenter les réactions qu'il produit chez les divers animaux d'expérience et enfin analyser microscopiquement la constitution des tumeurs botryomvcosiques. Comparer les effets pathogènes du parasite en question avec ceux du staphylocoque : voilà le but que nous nous sommes proposé en entreprenant ce travail. Nous pourrons peut-être résoudre la question et conclure soit à l'identité des deux microbes, soit à spécificité du botryocoque.

ÉSTORIQU.E

Bollinger signale, le premier, en 1869, dans les tubercules fibreux du poumon d'un cheval, une jooglée dont les caractères morphologiques sont ceux du botryomyces.

Rirolta, en 1884, différencie ce parasite de l'actinomyces, et propose de le nommer discomyces équi.

En 1886, Rabe publie ses belles recherches sur les végétations mycoïdes du tissu conjonctif chez les chevaux. Il y expose les propriétés du micro-organisme appelé par Johne, micrococcus ascoformans (1884), par Bollinger, botryomyces, il en fait l'agent spécifique du champignon de castration et propose de lui donner le nom de micrococcus botryogène ou plus simplement de bofryocoque.

Vient ensuite Kitt (1888), qui tend à i'entifier le botryomyces de Rabe avec le staphylocoque.

Hell et Gedoelst, qui ont étudié postérieurement la question, n’acceptent pas cette manière de voir, et, se fiant aux expériences de Rabe, ils continuent à regarder le botryocoque comme un agent spécifique

ne

différent du staphylocoque. On retrouve encore les idées de Rabe, à peine modifiées dans les travaux plus récents de Friedberger et Frôhner (1896) ,de Johne (1805), de Nocard et Leclainche (1898), et de Schneidemühl (1898).

Enfin, cette année même, M. de Jong, vétérinaire à Leyde, soutient sa thèse inaugurale sur le botryomyces, plaide de nouveau les théories de Kitt, ct conclut à l'identification du staphylocoque et du botryocoque.

D'un autre côté, MM. Sabrazès et Laubie, de Bordeaux, s2 basant sur des cas de botryomycose humaine, croient pouvoir conclure à la non spécificité du botryomyces. M. Jaboulay à Lyon, prétend qu'il est impossible de différencier les bourgeons charnus inflammatoires d'avec la botryomycose.

On voit par là combien la question est controversée.

C'est ce qui nous a poussé à étudier les caractères morphologiques du botryo:

myces, son aspect dans les différents milieux de culture, les réactions qu'il produit à la suite de l’inoculation sur les petits animaux de laboratoire et sur les chevaux, et enfin les lésions pathologiques dont il est la cause.

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