‹ De la spécificité de la Botryomycose: Étude bactériologique et anatomo-pathologiqueChapitre 6 sur 24 · MORPHOLOGIE · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE

Le botryomyces peut revêtir deux aspects bien différents : c'est tantôt un microcoque, tantôt une masse müriforme.

C'est surtout sous cette dernière forme qu'on l'avait décrit jusqu'ici. On trouve, en effet, dans les vieux champignons de castration, au centre d'amas caséeux, des granulations jaunatres ressemblant à des grains de sable et mesurant un demi-millimètre. Ces granulations sont formées par la réunion d'un certain nombre de masses müriformes, et chacun de ces amas en forme de grappe, pris en particulier, est ce que Bollinger a décrit le premier sous le nom de botryomyces.

(Nous donnons (Planche IV) une bonne figure représentant un botryomyces provenant d’une coupe faite sur une tumeur botryomycosique de l’homme, par M. Dor. Ce botryomyces se trouvait dans Îa partie épithéliale glandulaire de la tumeur, il a été coloré par la méthode de Gram et il est vu avec un grossissement de 600 diamètres).

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Les dimensions de ces amas müriformes varient entre 50 et 100 u; ils présentent une disposition en grappe tellement nette qu’elle leur a fait donner le nom de botryomyces (Berovs, grappe, uvyno, champignon). Nous essaierons plus loin de voir quelle est la nature du botryomyces en étudiant l'anatomie pathologique du champignon de castration.

Si maintenant on fait une culture avec une tumeur botryomicosique on est étonné de trouver sousle microscopeunmicroorganisme 50 fois plus petitpuisqu'il a alors 1 y à 1 w 5.11 est arrondi etressemble absolument par son aspect extérieur au staphylocoque. Ce coccus se colore par les matières basiques d’aniline, principalement par le violet de gentiane de Ehrlich et la solution de Lôffler. Le bleu d’aniline et le brun de Bismarck peuvent être également employés. Le parasite reste coloré par la méthode de Gram.

Dans le pus des animaux et aussi dans les cultures le botryocoque (c'estainsi que Johne l'a nommé) apparaît comme un microcoque capable de se grouper de différentes façons. On peuttrouver des monocoques disséminés, des diplocoques et même des streptocoques courts. Parfois les diplocoques sont formés par deux cocci séparés, de grosseur inégale, qui ont l'apparence d'une fève. Le plus souvent dans Îles préparations le botryocoque présente la disposition en grappe du staphylocoque.Ce dernier groupement se voit d’une façon frappante dans la plupart des cultures sur milieux solides. De sorte qu’en parlant du botryocoque, vu sous cet aspect, il paraîtra logique, pour le différencier des microbes du pus et pour rap-

peleren même temps sa propriété de former des grappes dans les néoplasies inflammatoires, de l'appeler staphylocoque botryogène.

Onabeaucoupdiscutésurlebotry;omycestrouvédans les tissus sous forme de müûre et on a émis sur sa nature bien des suppositions.

Bollinger en avait fait une mycose à une époque où les microbes n'étaient pas encore bien connus et où tous les infiniment petits étaient considérés comme des champignons inférieurs.

La forme de müre du botryomyces fut regardée longtemps commeunezooglée.Le grain jaune botryomycosique (botryomycesrasen des Allemands) était considéré comme une agglomération de botryomyces. Chaque botryomyces,disait Johne,est enveloppé par une membrane incolore à contours très nets,qui l'enveloppe de toutes parts et qui est formée par la colonie zoogléenne elle-même. Cette capsule hyaline (asque de Johne) est brillante et homogène. Pour Kitt les botryocoques sont placés à la périphérie de la « masse primaire » qui n’est pour ainsi dire que la preuve de la présence du microorganisme.

Nous trouvons ceci dans le traité de microbiologie de Gedoelst : Les colonies montrent une striation radiée, qui est due à la présence des microorganismes. Certaines colonies ont une striation analogue à celle de l'actynomycose : cette striation n'est pas causée par la présence d'éléments en formede massue, mais plutôt par la présence de sels calcaires qui se sont déposés et affectent une structure cristalline. Cet aspect disparait, en effet, par l'addition d'une

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goutte d'acide,avec dégagement gazeux: les granula-" tions radiées correspondent à des colonies dont les éléments sont morts.

On voit par ce court exposé, combien est vague l’idée qu’on s’est faite jusqu'ici de la nature du botryomyces trouvé dans les tissus, avec cet aspect müûriforme, qui lui est caractéristique.

Les auteurs sont plus circonstanciés quand ils étudient le botryocoque, qui se présente dans lescultures, sous la forme d’un coccus. Celui-ci est bien peu différent du staphylocoque pyogène doré, et nous avons vu des préparations où il était impossible de dire si l'on avait sous les yeux des staphylocoques pyogènes ou des botryocoques Le volume des deux parasites diffère très peu, et de Jong, après avoir fait 30 mensurations comparatives, constate qu'il est impossible de faire ressortir à ce point de vue une différence bien caractéristique entre les deux cocci en question. Ni le groupement, ni les dimensions des colonies ne sont en état de fournir une différentiation, digne de ce nom, entre le staphylocoque et le botryocoque. Les phénomènes de coloration sont

communs aux deux cocci,ils réagissent tous deux exactement aux couleurs à base d’aniline, et l’un comme l’autre prennent également bien le Gram.

Si bien que l’on est forcé d'admettre que dans les cultures, le botryocoque se présente avec des caractères analogues à ceux du staphylocoque pyogène doré.

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Il. — CARACTÈRES DES CULTURES DU BOTRYOCOQUES

Rabe à publié une bonne étude des caractères des cultures du botryocoque et nous croyons bien faire en rapportant ici ses observations. Voici, pour lui, quels sont les caractères biologiques de ce microbe : « Le microcoque en question forme, en culture plate, surune solution de gélatine peptonisée, des colonies arrondies, nettement délimitées, qui paraissent d’abord gris argenté, puis gris jaunâtre; dans les deux cas, elles présentent un reflet métallique. Les colonies siègent toujours dans la gélatine. Celle-ci est liquéfiée à la surface des plaques, qui paraissent alors comme saupoudrées de pollen.

Sur pomme de terre, le coccus pousse sous forme d’un enduit jaunâtre, couleur de fruit mür. Les cultures sur pomme de terre, aussi bien que celles qui sont faites sur gélatine, sont remarquables par l'odeur pénétrante qu’elles dégagent et qui rappelle l'odeur des fraises.

Les cultures en piqüre sur gélatine peptonisée montrent que le microcoque en question, pousse toujours d’une façon identique et caractéristique.

Il se form: d'abord, dans la gélatine, une traînée gris blanchâtre, qui grossit peu à peu. Ensuite, il apparaît, à la partie supérieure de la traînée, une bulle en forme de tulipe ou de calice (B), qui augmente insensiblement de volume. La gélatine se

AGE liquéfie dans le voisinage immédiat de la traînée blanchâtre, qui peut ainsi s'écrouler et présente à un moment donné, l'apparence d'une ligne légèrement ondulée, puis les” sinuosités s'accentuent et finissent

par ressembler à une hélice. A la c partie inférieure de la piqûre, on

voit se condenser de petites pousp sières jaunâtres et très fines dont le

nombre augmente peu à peu. Enfin, le filament s'écroule toutentier sous l'aspect d'une masse informe (D) à la partie inférieure de la piqûre. Cet

amas est alors relié à la tulipe supé-

rieure par un cylindre de gélatine liquéfiée(G) qui se déssèche dans la suite, et où nagent des amas de microcoques fins comme de {a poussière. A Ja partie supérieure, on constate une pellicule (A) formée par des amas microbiens.

Cette façon de croître tout à fait typique peut ne pas se produire quand on ensemence trop peu de microcoques ou quand lagélatinese dessèche trop activement. En effet la fusion par les microcoques trop peu nombreux et la dessicationtrop rapide de la gélatine marchent de pair et latrainée ne s'écroule pas: elle apparait sous forme d'une série de petites colonies incluses dans la gélatine et disséminées sur le trajet de la piqûre. »

Rabe à essayé de cultiver ce coccus sur agaret il prétend que ce milieu de culture ne lui convient pas.

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