‹ De la spermatogenèse chez les crustacés décapodesChapitre 13 sur 31 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

EL'PAGURUS LUCASII.

Us observations suivantes portant sur Eupagurus Lucasii viennent donner un nouvel exemple de ces moiliOcalious.

Je me borne à insister sur ce point que cliez Eupagurus Lucasii j'ai également observé deux formes de spermatozoïdes exactement comparables à celles que nous ont présentées Pagiirus striatiis et Paguristes maculatus.

Dans une forme, la coupole déposée sous forme de crépissage épais (PI. IX, 5, 5, 10, 11, 12, 13, 14-, 15) est surmontée d'un noyau qui s'atrophie peu à peu, perd sa nucléine et disparaît enlièremen'. Dans l'autre (P!. IX, 1, 2, 4, 6, 7, 8, 9), le noyau volumineux, sfhèrique et à nucléine diffuse, surmonte la coupole vésiculaire.

Je liens à faire remarquer que la tigelle, plus ou moins en forme de battant ou de baguette effilée, se développe dans tous les cas, ce qui coïncide avec l'importance du dépôt vésiculaire sur les parois. Mais, dans la deuxième forme, la tigelle avait un aspect bien plus effilé que dans la première. La quantité de grains chromalisés contenus dans le feutrage était variable. Mais les tigelles les plus riches et les plus accentuées, se trouvaient générale.nent dans les vésicules où le dét)ôt s'était le plus étendu sur les parois. Je ne puis laisser sans un mot d'explication les formes si étonnantes des fig. PI. IX, 1, 2, 4, 6, 7, 8, 9. Ces spermatozoïdes comprennent un noyau à nucléine diffuse, sphérique, surmontant une sorte de partie conique renversée, qui supporte inférieuremenl une sorte de plateau. Toute cette portion conique est enveloppée dans une grande vésicule claire en forme de sphère

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apkilie. L'enscMiible chromophile ressemble afscz chez certains à un aéroslal.

Quelle est la signification de ces diverses parties qui accompagnent le noyau homogène ? Je vais le rechercher en m'altacliant aux tîg. PL IX, G, 7, 9. Je m'occuperai ensuite des autres.

Dans les fig. 6, 9, il faut d'abord se demander quelle est la signiQcalion de la grande vésicule claire que surmonte le noyau. Au premier abord, on serait tenté de la considérer comme la membrane cellulaire distendue, et rappelant fidèlement les manchons transparents et hyalins que nous avons déjà observés. Mais c'est là une interprétation qui ne saurait être acceptée. Nous avons affaire ici, non à la membrane cellulaire distendue, mais à la membrane de la vésicule, qu'une trop grande production de liquide hyalin a fortement distendue. Ce qui le prouve, c'est 1° l'existence sur les parois de celle vésicule de grains chromophiles disséminés, ce qui n'a jamais lieu pour la membrane cellulaire, et 2» les relations que la membrane de cette vésicule contracte avec la tigelle dans la fig. 9 par exemple. La tigelle fait saillie en dehors d'elle, ce qui ne saurait avoir lieu quand il s'agit de la membrane ^cellulaire, mais ce qui arrive fréquemment pour la membrane vésiculaire.

D'ailleurs, cette distension excessive de la membrane vésiculaire rend admirablement compte des formes que nous avons sous les yeux.

Il faut remarquer, en effet, que le dépôt chromophile de la vésicule dans les formes, fig. G, 9, est singulièrement constitué. PII comprend d'abord une sorte de plateau ou disque inférieur composé de grains, et au centre duquel est suspendue la tigelle. Ce plateau représente pour ainsi dire la nacelle de l'aérostat. Mais au-dessus du plateau on remarque une tige conique formée par le noyau et à la surface de laquelle les grains chromophiles sont disposés suivant des lignes régulières représentant assez fidèlement les cordes de suspension de la nacelle de l'aéroslat. Ces lignes granuleuses ne s'étendent à la surface du noyau que jusqu'au point où la membrane de la vésicule se détache de la surface du noyau. Elles s'arrêtent la brusquement, mais les grains chromophiles se

SPERMATOGENÈSE CHEZ LES CRUSTACES DÉCAPODES. 193

retrouvent disséminés sur d'autres points des pnrois vésiculaires.

11 est facile de comprendre que les parois vésiculaires fortement distendues aient débordé du côté du noyau, se soient relevées et appliquées autour de la partie inférieure du noyau, et aient formé une sorte de manchon enveloppant celte partie, et appliquant sur elle les grains clirouiopliile? des parties latérales de la coupole.

Les parties de la coupole qui étaient formées avant la dilalation excessive de la vésicule, et qui avaient aciiuis déjà une force suffisante, ont résisté à ce renversement des parois vésiculaires, et ont constitué le plateau inférieur. Dans la fi^f. 7, les séries nombreuses de grains Ans n'ont pas subi de retournement. Les fig. 1, 8, nous montrent des cloches à parois compactes dans lesquelles le dépôt des parois retournées s'est égale;nent fait sous celle forme compacte. La cloche primitive avait la forme normale telle qu'on l'observe dans les fig. Pi. IX, 10, 1 1, 12, 15, U, 15 des spermatozoïdes de la première forme; mais sur les parois retournées de la cloche s'esj fait un dépôt compact représentant une coupe dont le fond est constitué par la paroi même du sommet de la coupole.

Dans la flg. PI. IX, 2, la coupole est seule compacte; et les parois vésiculaires ne possèdent que quelques grains disséminés dans des points éloignés du noyau. Enfin la fig. PI. IX, 4-, présente une forme très bizarre du dépôt du plateau et de la ligelle, qui est recourbée. L'un et l'autre sont visiblement formés par de gros grains assez distincts. Mais ce que présentait d'intéressant ce spermatozoïde, c'était la présence simultanée de la vésicule distendue et de la membrane cellulaire englobant à la fois le noyau et la vésicule. Ce cas constitue la meilleure démonstration, que dans les autres cas la grande ^cavité claire, sphère ou manchon, représentait bien la vésicule^ cyloplasmique distendue et non la membrane cellulaire.

1J4 A. SABATIEP. .

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