MAJA SQUINADO. MAJA VERRUCOSA
La spermalogenèse des Décapodes brachyures ne diffère en rien d'essentiel de la spermalogenèse des Macroures.
Le processus est identique ; et les formes des spermatozoïdes ne présentent que des différences qui n'ont rien de fondamental et de caractéristique. Aussi n'aurai-je pas à insister longuement sur cette partie de mon travail, et me bornerai-je à la description de quelques types, Maja squinado, Maja verrucosa, Carcinus mœnaSt Dromia vulgaris, Stenorhyncus lonyirostris, Corystes dentalus.
Je réunis l'étude de Maja squinado et Maja verrucosa, parce ^ que leurs spermatozoïdes ne diffèrent pas très sensiblement. Mais c'est sur Maja squinado que je fais plus particulièrement porter ma description.
§ 1. — Des DEUT0SPER.MAT0BLASTES ET DE LA VÉSICULE.
Les deulospermoblastes de Maja que j'ai observés possédaient un gros noyau qui était à la phase homogène, il était réfringent et se colorait vivement par les colorants nucléaires. Sur plusieurs on pouvait cependant reconnaître que le noyau était composé de grains chromophiles, fins et serrés (PI. VII, 125, 155).
La couche de protoplasme autour du noyau était mince (PI. VII, 146). Une vésicule y prend naissance au voisinage et au contact du noyau, et produit de très bonne heure une excavation de ce dernier, en y pénétrant plus ou moins (PI. VII, 126, 127, 128).
A mesure que la vésicule grossit, se font sur ses parois des dépôts ciiromopliiles qui lui donneront un aspect particulier,
SPERMaTOGENÈSE chez les CnUSTACÉS DÉCAPODES. 241
et influeront considérablement sur sa forme. Ces dépôts sont variables comme disposition; mais ils ont lieu sur deux points, l'un sur riiémisplière nucléaire de la vésicule et l'autre sur le pôle opposé. Le premier prend la forme d'une calotte ou cloche, ou coupole simple, mais légèrement surbaissée ; il correspond exactement cà la cloche ou coupole des Macroures et est constitué comme celte dernière par un crépissage grenu et inégal (PI. VII, 149, 150, 131) d'une substance réfringente et très avide des colorants nucléaires. Parfois ce dépôt conserve cette forme simple (PI. YII, 142, 155, 136). Souvent elle présente plus lard au cenlre ou sommet une dépression ou invagination légère, qui rappelle celle que nous avons observée chez Astacus et quelques Macroures (Pi. VU, 147, 155, 157). Parfois aussi, ce qui est assez rare, cette dépression centrale correspond même à un petit orifice (PI. VII, 145, 148).
Mais dans d'autres cas le dépôt de la cloche prend une forme plus compliquée. Il se compose de deux parties, un disque supérieur qui correspond au sommet de la coupole, et qui est tantôt plat, tantôt légèrement concave, parfois même perforé, et un anneau assez large séparé du disque par une zone sans dépôt et uniquement formée par la membrane vésiculaire (PI. VII, 151, 154, 153, 156, 157, 158, 159, 225, 224). Cet anneau chromophile est plus ou moins étendu, et correspond à la zone d'origine des prolongements protoplasmiques.
Dans ces cas donc la cloche ou coupole chromophile est composée d'un disque supérieur et d'un anneau marginal réunis par la membrane vésiculaire. L'anneau marginal correspond à celui que nous avons observé chez le Homard, chez les Pagurides, etc., sous forme d'un renforcement des bords de la coupole.
L'autre dépôt chromophile se fait sur un espace assez limité, correspondant à l'extrémité de l'axe de la vésicule opposée au noyau, c'est-à-dire à son pôle inférieur (PI. VII, 154, 155, 156, 147, 148, 149, 130, 151, 135, 154). 11 forme là tantôt un petit disque, tantôt un petit cône saillant à l'intérieur, tantôt un petit anneau à ouverture très petite (PI. VII, 159, 152, 155).