‹ De la spermatogenèse chez les crustacés décapodesChapitre 18 sur 31 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

SCYLLARUS ARCTUS.

Les spermatozoïdes du Scyllarus n'ont été décrits ni figurés par Grobben, Gilson et Hermann. J'ai étudié à plusieurs reprises la spermalogenèse cliez le Scyllarus ardus, elje vais en indiquer les principaux traits, car ils présentent quelques particularités dignes d'attention :

§ 1. — Des deutospermatoblastes et de la vésicule.

Les deutospermatoblastes, comme chez les Décapodes précédemment étudiés, sont de petites cellules à gros noyau granuleux et à couche mince de protoplasme. Dans cette dernière au voisinage du noyau apparaît une vésicule qui se colore par les colorants nucléaires (PL IX, 64). Cette vésicule grandit refoulant le noyau. A mesure qu'elle grandit il se dépose sur ses parois des grains chromophiles qui peuvent former un revêtement de formes variées. Le dépôt se fait d'abord et surtout sur le pôle nucléaire de la vésicule, de manière à constituer là une coupole plus ou moins surbaissée.

Parfois le dépôt pariétal se limite à celte portion de la vésicule, qui représente alors une sphère creuse hyaline dont la paroi s'est épaissie sur une certaine étendue, de manière à constituer une calotte chromophile (PI. Vil, 86, 87, 88, 89, 90, 91, etc.).

i>!ais, dans d'autres cas, les grains chromophiles se déposent sur d'autres points de la paroi de la vésicule, et y dessinent môme des figures 1res élégantes. Les grains chromophiles se disposent en eiïet souvent en méridiens qui sont surtout accentués vers le pôle inférieur (PI. IX, 69, 70, 7i, 76), où ils convergent de manière

SPiiUMATOGENÈSE CHEZ LES CRUSTACÉS DÉCAPODES. "237

parfois a circonscrire un orifice inférieur (Pi. IX, 68, 70, 72, 75, 74., 75).

La vésicule dans ces cas-là subit des modifications de forme qui lui donnent le plus souvent le profil d'une toupie.

§ 2. — De la tigelle.

Dans l'intérieur de In vésicule se produisent des modifications intéressantes qui aboutissent à des formations comparables à celles que nous avons déjà étudiées sous le nom de ligelles,

Il se forme d'abord dans le fond de la coupole une aggloméralion ou saillie granuleuse qui renferme plus ou moins de granulations chromopbiles. C'est le cône initial (PI. VII, 86, 87, 92, 94). Dans d'autres cas, la petite masse granuleuse se forme dans la cavité de la coupole mais sans loucher à cette dernière. Elle semble suspendue dans la cavité de la coupole (PI. VII, 88, 89, 90, 97). Dans la plupart des cas les grains chromopbiles, d'abord rares, se multiplient et finissent souvent par former une masse ou boule irrégulière qui tantôt reste suspendue au centre de la coupole (PI. IX, 79, 80, 81, 82, 85, 84, 85, 86) et tantôt se porte vers son sommet et vient s'appliquer contre sa paroi dont elle paraît être un renforcement (PI. VII, 99, iOl, 106 ; PI. IX, 65, 66, 67). Mais parfois cette masse chromophile semble avoir exercé sur le sommet de la coupole une pression de dedans en dehors qui produit une hernie externe de ses parois, une sorte de diverticule dans lequel est logée la masse chromophile (PI. VII, 99, 100, 104, 106, 107; PI. IX, 65, 69, 71, 75, 74, 75, 76). Il semble que le contenu réticulé de la vésicule se soit fortement rétracté vers le fond de la coupole, et ait poussé fortement sur le centre qui dans ces cas paraît toujours mince et peu résistant.

Mais à côté de cette rétraction vers le sommetde la coupole, qui donne naissance à des formations comparables au bouton de Astacus, on peut constater l'effet de rétraction vers l'axe de la vésicule donnant naissance à des formations comparables à la tigelle des Pagurides et du Homard. Ces ligelles paraissent tantôt

238 A. SAHATIEn.

creuses el plus on moins riches en gnins cliromophilcs (PI. IX, 67, 08, 69, 73, 7i, 75. 70, 77, 78), lanlôl plus ou moins solides (PI. IX, 00, 7^2, 84, 85). Ces formations tubulaires rappellent fort bien parfois les ligelles si complexes et si remarquables du Homard.

Les processus de rétraction tle ces masses feutrées ont pour résultat de déformer plus ou moins la vésicule, et de lui donner la forme plus ou moins accentuée de toupie. Parfois même il en résulte des retournements de la partie inférieure de la vésicule, qui rappellent ce que nous avons vu chez Astactis et chez Diogenes varians (PI. IX, 77, 78).

Il ne me paraît pas douteux qu'il ne faille attribuer à ces rétractions vers le sommet et vers l'axe, les formes si singulières telles que les flg.PI, YII, 100, 103, 104, 108 ; PI. IX, 74, 75, dans lesquelles le bouton chromophile se trouve dans une cavité séparée du reste de la vésicule par un étranglement. — On conçoit en eftét que la paroi de la coupole, qui est toujours mince dans ces cas, ait été attirée vers l'axe, de manière à constituer un goulot entre la masse du bouton et le reste de la vésicule.

§ 3. — Modifications du noyau, du protoplasme et de la membrane CELLULAIRE.

Du noyau. — Le noyau subit ici comme dans tous les cas précédemment étudiés des phénomènes do régression. Il apparaît encore comme une masse ratatinée, hyaline, et renfermant quelques rares grains de chromatine dans les ûg. PL VII, 98; PI. IX, 05, 66, 68, 71, 72, 77, 78; mais il disparaît entièrement de bonne heure et ne laisse bientôt plus aucune trace ; si bien que sur aucun spermatozoïde adulle on n'en retrouve des restes.

Le protoplasme cellulaire se réduit beaucoup en volume ; il flnit par former trois ou le plus souvent quatre prolongements filiformes très grêles, qui sont attachés sur le bord libre de la coupole, c'est-à-dire, comme chez les autres Décapodes étudiés, sur la zone de contact de la coupole et de la partie inférieure de la vésicule

(PI. VII, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 106; PL IX, 70, 76). Ces prolongements filiformes sont très fins, aussi les aperçoil-on parfois difficilement; et je dois ajouter que dans bien des cas ils m'ont paru faire défaut.

La membrane cellulaire m'a paru conservée dans bon nombre de cas pendant une grande partie du développement. Elle limite alors une coupe claire et hyaline dans laquelle la vésicule semble reposer (Pi IX, 65 à 78). JMais cette membrane est appelée à disparaître dans la plupart des cas sur les spermatozoïdes mûrs. Elle adhère parfois comme chez les Pagurides et le Homard à l'extrémité inférieure de la tigelle et présente là une sorte d'ombilic.

§ 4. — Des spermatozoïdes murs.

Les formes que nous venons d'étudier peuvent se maintenir complètes chez les spermatozoïdes mûrs ; mais dans la plupart des cas les spermatozoïdes renfermés dans les spermatophores perdent quelques-unes de leurs parties, et se réduisent à une forme très simplifiée (PI. IX, 79, 80, 81, 82, 85, 84. 85, 86, 87). La partie mince ou hémisph ère inférieur de la vésicule, et la membrane cellulaire ont disparu ; et il ne reste que la coupole plus ou moins épaisse, dont la cavité est remplie par une substance granuleuse, au sein de laquelle se trouve plongée la masse chromophile du bouton ou tigelle. Des bords de la coupole se détachent les filaments protoplasmiques. Ces spermatozoïdes réduits à leurs parties essentielles rappellent d'une manière frappante les spermatozoïdes de Homard représentés fîg. PI. VIII, 29, et surtout fig. o6 et 57.

Ils présentent pour nous cet intérêt qu'ils nous permettent de déterminer, dans les sperniatozoïdesde ces animaux, quelles sontles parties essentielles et quelles sontles parties secondaires. Les parties chvomophiles de la coupole et de la tigelle paraissent en effet devoir être considérées comme les parties importantes et essentielles.

L'étude de la spermatogenèse de Scyllarus nous a montré dans ce type les mêmes caractères et les mômes processus que chez les D capodes précédemment étudiés : disparition du noyau, naissance de la vésicule dans le cytoplasme, dépôt chromophile sur ses parois et sur son axe, formation de filaments protoplasmiques rayonnes, etc.

A. SAUATlElt.

Page 1