‹ De la splénectomie chez le chienChapitre 18 sur 24 · QUANTITE DENSITE COULEUR CHLORURES PHOSPHATES · texte numérisé non relu

QUANTITE DENSITE COULEUR CHLORURES PHOSPHATES

26 Novembre . orangée | 12.50 27 Novembre. . ; jaun. cl.| 7.25

28 Novembre. . k ambrée 9.975

29 Novembre.. < — 52 {er Décembre. ù — 15.60

2 Décembre. . Splénectomie

3 Décembre. .| néant | | ». | »

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11 Décembre. . 600 À orangée | 13 Décembre. . 900 ; ambrée 17 Décembre. .| 1.150 —

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Quantité. — a) Chien 1. — La quantité moyenne d’urine émise par jour avant la splénectomie est de 870 gr. Après la splénectomie nous constatons tout d’abord dans les premiers jours que le volume des urines émises se tient audessous de ce nombre, puis hésite, et enfin devient supérieur à la moyenne. Du 15 au 16 septembre il y a une véritable polyurie. Ce jour-là en effet la quantité atteint 4.000 centimètres cubes. Le 12 novembre le volume oscille aux environs de 1.000.

b) Chien II. — Quantité moyenne avant la splénectomie, 590 gr. sauf les cinq premiers jours où notre chien est encore sous l’influence du choc opératoire. Nous constatons aussi un accroissement notable du volume de l’urine, du double environ. La moyenne de l’urine émise est d'environ 1.130 centimètres cubes par jour.

Densité. — Les résuitats qui nous ont été fournis par la lecture des densités ne concordent pas tout d’abord chez nos deux chiens. Chez le chien I, elle se maintient à un chiffre égal, à 1.008 avant la splénectomie quelle que soit la quantité des urines émises. Après la splénectomie elle s’accroît jusqu'à 1.040 le 21 août. Le 12 novembre, c’est-àdire trois mois après, ce chiffre est descendu au-dessous de la moyenne, à 1.006.

Chez le chien IL, la densité des urines, sauf les deux premiers jours qui ont suivi la splénectomie, a été constamment inférieure à ce qu’elle était avant.

Les résultats fournis par la réaction, la couleur et le plus ou moins grand trouble des urines, ne nous permettent de faire aucune comparaison, ni de tirer une conclusion.

Urée. — Chez le chien I, la moyenne de l’urée émise par

jour est de 4 gr. 45. Dans les cinq ou six premiers jours qui suivent la splénectomie, nous voyons l’urée rester audessous de cette moyenne. La quantité émise par Jour n’atteint pas en effet 2 gr. Puis ce chiffre se relève peu à peu ; la moyenne arrive en effet à 6 gr. 60 pendant le mois d’août, et à 8 gr. 80 au mois de septembre. Cette quantité est celle que nous trouvons au mois de novembre.

Chien II. — Quantité moyenne d’urée avant la splénectomie, 10 gr. 089. Chez ce chien les résultats ont été absolument opposés à ceux du premier chien. Sauf de rares exceptions le taux de l’urée a été constamment inférieur à celui que l’on constatait avant l’opération. Mais nous avons signalé plus haut la suppuration survenue chez notre chien. Doit-on attribuer à la splénectomie ou bien à la suppuration la diminution de l’urée ? En tous cas, de ces deux résultats discordants, nous ne saurions tirer aucune conclusion. En outre, dans les premiers temps qui ont suivi l’opération, le chien ne s’est que très peu nourri. Il faut donc ajouter le fait de l’inanition à celui de la suppuration.

Chlorures. — La quantité moyenne de chlorures émise par vingt-quatre heures a été chez le premier chien et avant la splénectomie de 3 gr. 150. Comme pour les autres éléments, nous constatons dans les premiers jours qui suivent l’opération une diminution. La quantité moyenne est en effet de 1 gr. 84, inférieure de 1 gr. 30 à la quantité normale. Puis le taux augmente pendant le mois d’août. La moyenne est alors de 4 gr. 94. Elle atteint le chiffre élevé de 10 gr. au mois de septembre. Au mois de novembre nous ne constatons plus qu’une quantité de 4 gr. par jour environ,

c’est-à-dire que le chiffre est à peu près revenu à la normale. :

Chez le chien II, nous constatons encore une élévation de la quantité des chlorures après la splénectomie. La moyenne qui est de { gr. 60 avant la splénectomie est inférieure à ce chiffre les premiers jours qui suivent la splénectomie, puis elle remonte ensuite à 2 gr. 37 par jour.

Phosphates. — Chez les deux chiens l’élimination des phosphates a été inférieure après la splénectomie à ce qu’elle était avant, sauf pourtant chez le chien IT où l’on constate un accroissement qui ne dure que quarante-huit heures, trois jours après l’ablation de la rate.

En somme, si nous cherchons à tirer une conclusion des résultats que nous avons obtenus en analysant les urines de deux chiens avant et après la splénectomie, nous voyons que nous avons :

4° Une augmentation dans le volume des urines émises après la splénectomie.

2° Chez le chien I, où l’ablation de la rate n’a été suivie d’aucun accident opératoire, augmentation de l’urée. Fautil attribuer cet excédent d’urée à la suractivité du foie, qui joue, on le sait, un rôle primordial dans l’uréopoièse ?

Le chien IT a eu au contraire son urée diminuée en quantité, mais, cet animal a été sous le coup d’une infection et d’une inanition assez prolongées, qui ont dû entraver chez lui Jes phénomènes d’assimilation et de désassimilation.

3° Augmentation de la quantité des chlorures. Cet accroissement est trop faible pour que nous puissions en tirer ‘une conclusion.

4° Légère diminution de la quantité des phosphates.

De l'influence de la splénectomie sur la quantité de globules rouges dans le sang, sur leur valeur colorimétrique et sur la proportion du fer.

Deux méthodes principales ont été employées pour vérifier le rôle que la rate pouvait jouer dans la formation des globules rouges. Dans la première on enlève la rate et on étudie la variation quantitative des hématies dans le sang. Dans la deuxième on fait des analyses quantitatives des éléments comparativement dans l’artère et dans la veine spléniques. On peut dire que la première fut déjà employée par Malpighi en 1666 puisqu'il isolait la rate de l’organisme par une ligature de ses vaisseaux. La deuxième le fut par Béclard en 1846. Il semble que ces deux moyens de recherches eussent dû aboutir au même résultat si la rate eût eu un rôle net dans la formation des globules rouges ; iln’en est pas ainsi cependant et à ce propos il est intéressant de parcourir les résultats des divers expérimentateurs.

En 1895 Freyer, examinant chez l’homme, sur dix-neuf

(A) Fneyer : Centralblatt 1875, n° 28, Ucber die Betheilung der mily bei der Entwichlung der elhen Blustrorperchens.

Sujets de divers âges, du sang de la veine splénique, n’a trouvé aucune cellule de transition des globules blancs aux globules rouges. Ces cellules de transition ne se rencontrent, et en très petite quantité, que dans la rate des embryons ou des ñouveau-nés. Mais il faut remarquer qu’à ce moment ces mêmes cellules se trouvent dans tous les organes et en plus grande abondance que dans la rate. Ces résultats sont communs à l’homme et aux mammifères. L'auteur en conclut que ni chez l’adulte ni chez l’embryon, la rate n’intervient dans la formation des globules rouges. Elle ne serait autre chose qu’une simple glande lymphatique.

MM. Malassez et Picard (1) la même année, ont vu après avoir rendu la rate plus active par la paralysie des nerfs qui s’y rendent, la richesse globulaire du sang veineux splénique et sa Capacité respiratoire augmenter. Cette augmentation est un phénomène tout à fait spécial à la rate, car, pour toutes les autres glandes la paralysie des filets Iymphatiques produit dans les veines qui en proviennent une diminution dans la richesse globulaire et dans la capacité respiratoire. Etudiant en 1875 le sang même de la rate 1ls constatent,sous l’influence de la paralysie,une augmentation du nombre des globules rouges et une diminution dans la quantité de fer. La richesse globulaire n’est done pas duc à l’accumulation du sang dans la rate ; dans ce cas il y aurait augmentation de fer. Celui-c1 diminuant, on peut en conclure qu’il y à dans la rate une formation globulajre aux dépens du fer qui y est contenu.

(4) Marassez et Prcann : Recherches sur les modifications qu’éprouve le sang dans son passage à travers la rate, Compte rendu acad. des Sciences, 21 décembre 1894 et 22 novembre 1875,

io

En 1878 les mêmes auteurs (1) concluent que l’extirpation de la rate à amené une diminution passagère dans le nombre des globules par millimètre cube, et une diminution durable dans la richesse de ces globules en hémoglohine. Cette altération du sang ne peut être attribuée ni à la perte du sang ni à des troubles consécutifs à l’ouverture de l’abdomen.

Foa (2), anémiant des lapins par des saignées multiples, observe un retour de la rate et de la moelle des os à un état d'activité fonctionnelle qui se traduit par la présence dans ces organes de cellules nucléées à noyaux simples ou en voie de multiplication par scission indirecte. Il a trouvé en outre dans les veines qui sortent des os et de la rate des globules rouges à noyau alors même qu’il n’en existait pas dans le sang en circulation. La rate fabrique donc des hématies en cas d’anémie. Les éléments seraient formés dans cet organe comme dans la moelle des os par des cellules à noyau en germination. Ils se transformeraient rapidement dans la Circulation générale en globules rouges parfaits (1882).

La même année Guido Tizzoni splénectomise deux chiens, J’un vieux, l’autre jeune. Le premier présente au bout de quarante-huit heures une diminution considérable de cette substance puis un retour progressif à la normale, le deuxième de simples oscillations autour d’un point inférieur à la normale.

(1) Marassez et Prcann : Altérations des globules sanguins consécutives à la splénectomie: Sociélé de Biologie, 8 juin 1878.

(2) Foa: Sur l’origine des globules rouges du sang et sur la fonction hémopoiétique de la rate, Arch. Ital. de biolog., t. I, fase. 3, p. 463.

(3) Guino Tizzoni: Expériences et recherches sur la fonction hémopoié-

tique et sur la reproduction de la rate, Arch. ltal. de biologie, t. 1, fasc. 1, p, 22, et fasc, 2, p. 129, 1882,

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Crédé (1) de ses études sur la splénectomie chez l’hommé conclut que la rate sert dans l’organisme à la transformation des globules blancs en rouges.

Winogradow (2) : Le nombre des globules rouges après avoir diminué puis augmenté, diminua chez tous les animaux d’une façon continue pour atteindre un haut degré. La quantité de l’hémoglobine tomba en moyenne à 0 gr. 068 pour un centimètre cube de sang, tandis qu’elle est de 0 gr. 09 chez un chien normal. L’exüirpation de la rate ne fournit pas d’explications touchant la formation des globules rouges.

Alexandre Tauber (3) en 1884 voit diminuer le nombre et le volume des globules rouges après splénectomie.

Tschistovitsch (4) en 1894 examine le sang d’une femme ayant subi l’extirpation de la rate deux ans auparavant. La richesse en globules rouges et en hémoglobine est au moins égale à la normale.

N. Patton, L. Gulland et Fowler étudient en 1901 les effets de la splénectomie chez le chien et le chat : elle n’amène selon eux aucune modification dans le sang. Après des hémorragies ou des destructions hémolytiques in vitro, le nombre des globules revient au chiffre normal aussi vite chez l’animal dératé que chez l’animal normal.

Quiserne et Vaquez (1) constatent au contraire que des lapins dératés n’ont pas dans l’augmentation d’altitude (1) Crébé: Arch. für klinische chirurgie, t. XXVIITL, fasc, 2, p. 401 1882,

(2} Winogranow : Centraibt. für med, Wissenschaft, 1882, n° 50.

(3) Tauper: Arch. f. pathol. u. phys., XOVI, t. I, p. 29, 1884. Rate et thyroïde,

(4) Tscuisrowrrsen : Centralbl. f. med. Wissen, p. 241, 257 et 273, 1894,

(5) Quisenne et Vaouez : Rôle de la rate dans la polyglobulie d'altitude, Journ, de phys., 26 juillet 1902,

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une hyperglobulie aussi marquée que chez les lapins témoins. Par contre le diamètre moyen de leurs globules est plus grand que celui des animaux normaux. On peut donc conclure de cette observation que dans l’hyperproduction de globules rouges, par laquelle l’organisme lutte contre la raréfaction de l'oxygène, la rate joue un certain rôle et que par conséquent elle est susceptible d’hématopoïèse.

Phisalis (2) a vu que les cellules de la rate peuvent se transformer directement en globules rouges et que cette transformation apparaît à une époque où les capillaires artériels ne sont pas encore ouverts dans les lacunes de la pulpe. A côté de ces faits d'expérience nous devons placer les résultats donnés par l’examen du sang après splénectomie chez l’homme. Mais il faut distinguer deux cas dans l'appréciation des résultats ainsi fournis :

1° La rate était malade du fait d’une infection qui avait très bien pu changer son mode de réaction.

2° L’affection était chirurgicale ; et on se rapproche alors davantage des conditions d’expérience sur les animaux.

Dans le premier cas on peut très bien voir après l’opération une augmentation de globules rouges au lieu d’une diminution. L’explication en est simple : on enlève à l’organisme le foyer dans lequel demeure l’agent infectieux, l’hématozoaire le plus souvent, qui de là se jette dans le torrent sanguin et y détruit une grande quantité de globules rouges ; iln’est pas étonnant que ceux-ci accroissent leur nombre aussitôt la rate enlevée.

Jonnesco (1) en 1897 nous expose une foule d'observations

(1) Paisaris : Rôle de la rate chez les vertébrés inférieurs, Journ. de phys., 11 janv. 1902.

(2) Ta, Jonnesco : XII: Congrès de médecine de Moscou, Presse médicale du 1‘ septembre 1897, p. 125.

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où la rate infectée par le paludisme, extirpée, on observe un relèvement du nombre des globules rouges.

Ainsi l’observation IT est typique à cet égard :

Agriculteur, 30 ans. Mégalosplénie palustre. Cachexie profoude. Splénectomie le 23 août 1876.

Examen du sang avant l’opération :

IGlODuléS ToOuLES er. 2.250.000 Après l’opération :

11 août, globules rouges...... 2.300.000

DROCLOLLE EN Ar 4.100.000

En 1902, le docteur Wlaef (2) communique à la société de biologie l’examen du sang d’un homme opéré d’un kyste de la rate par splénectomie dans le service de M. Dieulafoy.

L'examen du sang avant l’opération donne :

Globules-rouges..""2,1...,.… 4.400.000 24 h. après, globules rouges .... 3.820.000 5 Jour après, globules rouges.... 3.610.000

25 jours après, globules rouges... 3.500.000 3 mois après, globules rouges... 4.250.000

Cet auteur a vérifié ces résultats en faisant une splénectomie sur le chien et le chat. Il a vu que l’abaissement de la quantité de globules rouges n’était que passager et que leur nombre redevenait normal au bout de un à deux mois.

C’est d’ailleurs ce que nous avons vérifié nous-mêmes.

Nous nous sommes servi dans nos expériences du compteglobules de Malassez.

(2) Dr Wzarr: Rôle de la rate dans l’organisme, Sociélé de Biologie, 8 novembre, 1902, p. 1221,

DumouLin, 3

ee

Une incision à la lancette est faite à l’oreille de l’animal sur une partie rasée. On voit une goutte de sang sourdre, on y place la pointe effilée de sa pipette et on aspire lentement jusqu’à ce que le liquide arrive au niveau du trait (1/ 4). Cela fait, on essuie soigneusement l’extrémité de son instrument et on aspire une solution de chlorure de sodium à 8 % jusqu’au niveau du trait 401. On agite l'instrument qui, à sa partie moyenne, possède une dilatation ampulaire dans laquelle se meut une petite boule, permettant de mélanger parfaitement le sang avec la solution saline.

Pour compter les globules, on laisse tomber une goutte du sang ainsi dilué (en ayant soin de rejeter la première goutte qui s'écoule du mélangeur) sur le quadrillage de l’appareil compte-globules. On recouvre d’une lamelle maintenue à l’aide d’un compresseur à ressort. On numère les globules contenus dans chaque carré. Pour nous approcher autant que possible du nombre réel des globules rouges, nous changions quatre ou Cinq fois la goutte de dilution sanguine et nous comptions chaque fois le nombre des globules de quatre carrés, faisant ainsi une vingtaine de numérations. La moyenne faite, on multiplie le nombre trouvé par 400 (dilution au 1/400), puis par 100, volume de chaque carré. Les causes d’erreur sont : affaiblissement du ressort du compresseur et usure des trois petites vis de l’appareil ; ces deux causes d'erreur sont opposées : l’une augmentant le nombre des globules, l’autre, au contraire, le diminuant. En tous Cas, nous nous sommes toujours servi du même instrument, pouvant ainsi obtenir des résultats comparables.

Le pouvoir colorimétrique du sang a été mesuré avec l’appareil de Malassez. Voici les résultats auxquels nous avons abouti :

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Avant splénectomie :

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