AE ER DE
LORIE EL. 4.820.000 12,5 LR NES re ».200.000 11,5
Après splénectomie qui a lieu le 17 juillet ;
ASSURE ET 5.600.000 . 11 DO RU AU 4.040.000 11,5 DIRES TE NE E 3.700.000 1175 PIRE RTE AE 3.920.000 10,6 DO Ne pe 3.160.000 LL DR OUt s nee 5.280.000 13 DORE EE NE 5.300.000 9 2 septembre. . ..…. 5.960.000 10 15 NOÉ Cote 5.320.000 9 12 novembre..... 5.040.000 9,5 12 décembre. .... 6.000.000 9,5 9 janvier... .…... 5.200.000 10 CHIEN II Globules rouges Colorimétrie 25 novembre..... 6.560.000 14 % PAT AN ENS 6.500.000 14 28 PR LS, 6.340.000 14,5
30 ONE dates 6.000.000 14
Splénectomie le 2 décembre :
Globules rouges Hémoglobine
3 décembre..... 6.080.000 ASS 5) ET RARES 4.040.000 4359 6 ie rats 3.490.000 13,5 SAR Are 3.840.000 | 13,5 10 RE 3.888.000 15
13 TRE 3.733.000 14 IAE ESS 3.450.000 14 19 RE CT 4.000.000 14,5 22 NN CRE 4.600.000 14,5 STJanvier creer 4.090.000 427
(Pour les résultats en fer, voir à la fin du chapitre.)
Le D' Bathias (1) nous communique le résultat des numérations des globules rouges et des dosages de fer avant et après splénectomie. Ses expériences ont été faites sur des lapins qu’il voulait anémier rapidement par cette opération.
Lapin I
Poids le 27 novembre 1902 : 3 kilog. 050.
L’examen du sang pratiqué à cette date montre :
Globules rouges Hemoglobine Fer 5.177.000 12 0/0 0.52
Après splénectomie faite le 27 novembre 1902 : 4 décembre 4.133.000 11.175 0.45 26 —- 3.679.000 10.22 0.42
Poids du lapin : 2 kilog. 600.
(1) D'H. Barnras: Sur le dosage du fer dans le sang au point de vue clinique, thèse Lyon, 1903.
ge
Lapin II
Poids du lapin le 27 novembre 1902 : 2 kilog. 480. Examen du sang :
Globules rouges Hémoglobine Fer
Splénectomie le 28 novembre 1902.
3 décembre 2.914.000 9.10 0.37 9 — 3 596.000 9.46 0.40 1220 3.340.000 7.46 0.34
De ces observations faites sur le chien et sur le lapin nous pouvons done conclure : la splénectomie effectuée chez un animal sain amène deux ou trois jours après l'opération une diminution des globules rouges. Cette diminution persiste environ un mois (chien 1), dure encore chez le chien IT après un mois (le nombre de globules rouges a une tendance à se relever cependant) ; 2° une diminution dans le pouvoir colo rimétrique du sang ; 3° une diminution dans la teneur ea fer
(lapins I et I).
Ces conclusions sont done conformes aux conclusions généralement admises : la rate joue un rôle hématopoïé: tique. Mais ce rôle, elle n’est pas seule à le remplir ; d’autres organes, le foie, les ganglions, surtout la moelle osseuse, y contribuent. Dans l’organisme à l’état sain, ces organes fonctionnent harmoniquement et maintiennent le chiffre des globules à un certain taux, mais aussitôt l'harmonie rompue par l’ablation de la rate, par exemple, il y a un moment de surprise pour l’organisme qui se traduit par l’abaissement du nombre de globules rouges et du pouvoir colorimétrique du sang. Ce n’est qu’un certain temps après l'opération que
SORT ous.
l’on voit le nombre de globules s’élever de nouveau pour atteindre la normale, sans que le pouvoir colorimétrique du sang se relève de même. L'organisme s’est ressaisi à Ce moment et les organes hématopoïétiques qui concouraient avec la rate au même rôle, suppléent à cet organe par une hyperproduction qui atteint tout son effet au bout d’un certain temps. Si le pouvoir colorimétrique que le sang doit à sa richesse en hémoglobine ne fait pas de même, c’est qu'il faut considérer qu’on a soustrait à l’organisme un organe riche en fer, la rate, et qu’il lui est très difficile de compenser cette perte.
Nous supposons dans cette déduction que le pouvoir colorimétrique du sang dû à l’hémoglobine et la teneur en fer marchent de pair. Nous devons cependant faire les réserves que nous suggère la lecture d’un article de Bard paru dans la Semaine médicale du 41 août 1900, et de la thèse de Bathias. Ces auteurs reconnaissent qu’à l’état physiologique on obtient par le dosage du fer dans le sang et par les procédés colorimétriques des quantités sensiblement égales d’hémoglobine, il n’en est plus de même à l’état pathologique. Il existe alors entre les deux chiffres trouvés des différences parfois considérables, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, c’est-à-dire que parfois la couleur du sang est plus diminuée que sa teneur en fer, parfois sa teneur en fer est plus abaissée que sa couleur.
MM. Bard et Mallet en donnent l’interprétation suivante : Le sang contient normalement de l’hémoglobine à divers degrés d'évolution, puisque les globules rouges sont soumis à une destruction et à une régénération incessantes, la proportion d’hémoglobine nouvelle et d’hémoglobine parfaite est à peu près constante à l’état normal et c’est ce mélange
en proportions fixes que l’on prend pour base quand on mesure la teneur du sang en hémoglobine. Or, l’hémoglobine Jeune possède, dès le début de sa formation, sa teneur en fer à peu près complète. Sa valeur colorante s’accroît, au contraire, lentement, et n’atteint son degré définitif que lorsque son évolution à franchi ses dernières étapes. A l’état normal, l’hémoglobine achevée prédomine dans le sang et lui donne Sa valeur colorimétrique habituelle par rapport à sa teneur en fer.
A l’état pathologique, quand la destruction des globules vieillis n’est pas suffisamment compensée par la formation de globules nouveaux, la quantité proportionnelle d’hémoglobine adulte l'emporte plus encore que normalement sur celle de l’hémoglobine jeune, la valeur colorimétrique est supérieure par suite à la valeur en fer. Si, au contraire, l’anémie est le fait de la perte ou de la destruction exagérée de globules anciens avec régénération active de globules nouveaux, l'effet inverse se produit et le fer prédomine sur la couleur.
Prévenu de ce fait, nous nous sommes adressé à M. le professeur Moreau pour doser la quantité de fer contenue dans le sang de notre animal, que nous placions par l’ablation de la rate dans des conditions pathologiques, malheureusement nous l'avons fait trop tard pour placer ces résultats en face de nos résultats colorimétriques. Cependant les résultats de ‘Bathias qui a fait cette comparaison de la valeur colorimétrique et de la teneur en fer et qui les a trouvées abaissées toutes deux après la splénectomie, nous conduisent à penser qu’il en est de même chez nos animaux (M. Nicolas et notre frère, F. Dumoulin, feront d’ailleurs une communication sur cette teneur en fer après splénectomie).
SH yores
Malassez et Picard voyaient dans leurs expériences la richesse globulaire du sang augmenter par l’activité de la rate tandis que le fer diminuait. Le fer se trouve dans cet organe, suivant une note communiquée à la Société de biologie le 25 mars 1876, par les mêmes auteurs, dans une proportion de beaucoup supérieure à celle qu’on peut attribuer au sang contenu dans l’organe. Il est à l’état de combinaison dans de l’hémoglobine identique à celle du sang et fixée sur les cellules propres. Si on lave la rate, le liquide examiné au microscope donne les raies de l’hémoglobine. L’examen du tissu splénique au microspectroscope révèle la même substance sur les cellules elles-mêmes. Il y a donc dans la rate une grande quantité d’hémoglobine située en dehors des vaisseaux.
Denys (1), en 1888, attribue à la rate un rôle destructeur des globules rouges : le globule rouge s’altère, l'hémoglobine s’en sépare pour se dissoudre dans le sérum et aller en parte vers le foie se transformer en matière colorante de la bile. Dans une deuxième phase, l’hémoglobine dissoute est transformée en fer par les cellules du tissu caverneux. Cette décomposition donne lieu au pigment de la rate, pour cela il faut des cellules vivantes, le sang abandonné à lui-même ne donnant naissance qu’à de l’hématoïdine.
Schwartz en 1890 montre comment les cellules de la rate détruisant d’abord l’hémoglobine, la reproduisent ensuite par une fonction qui appartient à la vie cellulaire. Les cellules spléniques réduites en bouillie peuvent bien détruire
(1) Denys : Bulletin de l'acad. da médecine de Belgique, 1788. Note préliminaire sur la structure de la rate et sur la destruction des globules rouges qui s'opère normalement à l’intérieur de cet organe.
@) Horrmanx: Inaug. diss. Dempat. 4890, Fonctions des cellules spléniques.
ee
encore l’hémoglobine mais elles ne peuvent plus la régénérer.
Wicklein (1), en 1891, confirme cette manière de voir. Pour lui, la rate renferme un pigment ferrugineux provenant des transformations de l’hémoglobine. La présence de ce pigment n’est pas due à des troubles circulatoires, mais à l’activité spéciale des cellules du tissu splénique. Il est probable que les éléments de la rate sont susceptibles d’élaborer du pigment aux dépens des matériaux nutritifs du sang qui traverse cet organe.
Reich (2), en 1898, à vu qu'il existe bien dans la rate une fonction pigmentaire hématogénique locale (D° Duilio, Pandolfini) (3). Barberi, en 1900, étudiant le rôle hémolytique de la rate, constate dans la rate deux zones où s’accumule le fer : 1° une périphérique plus riche ; 2° une centrale moins riche. Cela vient de ce que l’activité hémolytique de la rate est plus ancienne au centre, plus jeune à la périphérie.
Nous avons attribué plus haut à d’autres organes hématopoïétiques un rôle de suppléance. Nous n’avons pu constater par nous-même ce rôle de suppléance, n’ayant pu faire l’autopsie des sujets encore en expérience et servant à d’autres études en cours. Mais notre opinion est confirmée par ce que les autres auteurs ont vu.
Guido Tizzoni, en 1882, rapporte qu'ayant pratiqué la splénectomie sur deux chiens et l’autopsie des mêmes animaux trois mois après, il a vu dans l’épiploon gastro-splénique une quantité (60 à 80) de petites rates de nouvelle for-
A) Wickzein: Archiv, [. pathol. Anat., CXXIV. Contenu pigmentaire de la rate à l’état physiologique.
@) Rercu : Fortschritte der Medicin, XVII, p. 361, 1899.
(3) Durrio : Journ. de phys., p. 911, 1900. Recherches expérimentales sur l’activité hemolytique des organes hematopoiétiques,
mation. Elles ont la constitution de la rate embryonnaire et ont pour centre de formation un corpuscule de Malpighi. A leur intérieur sont des cellules nucléées rouges et des cellules avec noyaux en germination. D'autre part, la moelle des os est transformée en moelle rougesactive aussi bien chez le vieux chien que chez le jeune. Ces nouvelles rates et 1a moelle modifiée présentent une forte réaction de fer hbre. La rate peut donc se reproduire à tout âge et c’est un organe formateur et destructeur de globules rouges.
Crédé attribue l’activité compensatrice à la glande thyroïde et à la moelle osseuse.
Tauber, en 1884, attribue à la glande thyroïde, outre son rôle de régulateur de la circulation cérébrale ,un rôle sanguificateur après l’ablation de la rate.
Eternod 11), en 1885, à l’autopsie d’un renard splénectomisé, constate : 1° une régénération partielle de la rate, consistant en la néoformation d’un nodule splénique ; 2° une néoformation de tissu ordinaire dans les ganglions et dans les plaques de Peyer, dans le tissu adipeux du mésentère et même dans les lobules hépatiques ; 3° une transformation du parenchyme ganglionnaire ancien et nouveau en paren- . chyme splénique.
D’autres organes sont donc susceptibles de suppléer la rate. Aussi les auteurs qui se basent sur ce fait, qu’après les destructions globulaires, le sang se régénère aussi bien et aussi vite chez un animal dératé et chez un animal sain, pour en conclure que la rate ne joue aucun rôle dans l’hématopoïèse, nous semblent commettre une erreur. C’est le fait de
(4) Erernon: Régénération de la rate chez un renard après splénectomie, Rev. Med. Suisse Romande, 24 janv. 1865.
ni
Patton, Gullaud et Fowler qui, en 1902, concluent que l’ablation de la rate n’amène aucune modification dans le sang.
C’est ce qu'a très bien vu M. R. Heinz d’Erlangen (1) : il utilise comme procédé d’expérimentation les destructions globulaires massives produites par certains poisons du sang, tels que la phénylhydrazine ou l’hydroxylamine. La réparation se fait identique et dans les mêmes délais chez le chien normal et chez le chien dératé. Il est tenté d’en tirer cette conclusion que la rate est un organe superflu pour la formaton des hématies, mais il en atténue la rigueur en disant qu’il peut être suppléé par un autre.
Se basant d’ailleurs sur des recherches histologiques des tissus de la rate et n’y trouvant pas un tissu d’érythroblastes comme dans la moelle osseuse, il nie que la rate soit normalement un organe hématopoïétique. Ce n’est que dans une destruction rapide des globules que l’on peut voir dans la rate des îlots d’érythroblastes.La présence de ce tissu s’expliquerait par des embolies parties de la moelle osseuse, hypothèse hasardeuse, ou bien, détachés isolément de la moelle osseuse, ces différents éléments retenus dans la rate, milieu favorable à leur existence, s’y sont développés et multipliés.
Au contraire de Neumann qui fait remarquer que la transformation de globules blancs en globules rouges est vraisemblable puisque dans les ossifications, bien qu’il ne circule pas d’hématies mêlées dans le sang, il se forme au sein de ce tissu osseux nouveau de la moelle osseuse avec ses différents éléments, cellules géantes comme érythroblastes, Heinz croit
(41) Heinz : Arch. für path. Anat, und phys. von Virchow, 1902, 33 juin, Baud CLXVIIL, Heft 3, p. 485.
de,
que les érythrocytes dérivent uniquement des érythroblastes, éléments cellulaires caractéristiques n’émanant jamais des leucocytes.
Ainsi pour Heinz, la rate normale ne fabrique pas de globules rouges, elle est seulement propre à la multiphcation des érythroblastes venus de la moelle osseuse. Il n’envisage pas l’hypothèse, qu’il semble ignorer, de la reviviscence du tissu myéloide dans des organes qui en étaient pourvus à l’état fœtal (Dominici). Il accepte en les modifiant légèrement les idées d’Ehrlich.
Pour nous, la rate joue donc dans l’organisme un rôle hématopoïétique important, nous avons essayé de le démontrer par nos expériences avant et après splénectomie, et en les appuyant des expériences d’autres auteurs. Nous avons montré d’après les expériences que nous n’avions pu faire nous-même, aux dépens de quels éléments la rate. formait les globules rouges et quels étaient les organes susceptibles de la remplacer quand elle venait à manquer. Il nous reste à étudier la variation quantitative et qualitative des globules blancs à la suite de la même opération.
L’analvse du fer contenu dans le sang du premier animal avant et apres l'opération a donné les proportions suivantes rapportées à l'unité (premier terme de comparaison pris avant l’opération).
1Tauie eRn 43 novembre. . . 0,995
6 septémbre*1.:"10,920 6rjanvier 6625290089
Ainsi il y a eu un abaissement de la quantité de fer après l'opération. Cet abaissement est encore très marqué cinquante jours apres la splénectomie alors que la quantité de globules rouges est revenu à la normale. Nous remarquerons cependant que la colorimétrie est restée elle aussi inférieure à ce qu'elle était avant. Trois mois après la quantité de fer se relève pour se rapprocher de l’unité sans y atteindre, de même que le pouvoir colorimétrique. Il en est de même six mois après.
Ces résultats confirment ceux de Bathias cités plus haut.
De l'influence de la splénectomie sur les globules blancs
Là encore, comme dans l’étude du rôle de la rate dans la formation des globules rouges, plusieurs méthodes ont été employées : 1° analyse du sang artériel et du sang veineux ; 2° splénectomie ; 3° étude histologique de la rate. Avant d'exposer nos propres résultats, il est nécessaire de passer en revue ceux obtenus par les autres expérimentateurs.
En 1875, Tarchanoff et Swaen font des expériences sur
les chiens. Selon eux, on considérait jusque-là la rate comme un organe où se formeraient les globules blancs. C’est ainsi que Hirt, Tunke, Vierordt, Frey, analysant le sang de la veine splénique et celui de l’artère, notent dans la première une proportion plus grande de globules blancs par rapport aux globules rouges.
Tarchanoff et Swaen attirent la rate au dehors et font une prise de sang artériel et une de sang veineux à l’aide du mélangeur de Potain ; les globules blancs sont comptés à l’aide de l’appareil de Malassez.
Is trouvent que le sang des veines spléniques loin de contenir une énorme quantité de globules blancs en contient
oi
moins que le sang artériel. Dans une seule expérience et chez un chien dont la rate était anormale on à trouvé un rapport inverse. Dans une des observations on note 10.000 globules blancs par millimètre cube dans le sang artériel et seulement 4.000 dans le sang veineux. Ces résultats sont encore plus marqués après la section des nerfs spléniques et la dilatation consécutive de la rate ; dans ce cas le sang en entier s’appauvrit en globules blancs (ces auteurs ont soin de faire remarquer qu’une rate que l’on sort ainsi de l’abdomen et que l’on y rentre, se trouve dans des conditions fort peu phy-. siologiques, et ils n’osent pas donner leurs résultats comme se rapportant à coup sûr à l’état normal).
En 1876, E. Barrault étudie les modifications du sang chez les opérés de splénectomie. Le premier opéré présente un globule blanc pour 300 hématies, le deuxième ,1 pour 200.
En 1882, Winogradow conclut ainsi : « Chez le chien les globules blancs n’augmentent pas d’une façon notable après la splénectomie, »
En 1884 Alexandre Tauber constate après l’ablation de la rate un fort degré de leucocythémie. Pour lui, les animaux sont très anémiques après splénectomie : le nombre des globules blancs s'accroît.
En 1894, Tschistovitch examine le sang d’une femme ayant subi l’extirpation de la rate deux ans auparavant. Il y à une augmentation du nombre des leucocytes, surtout des fmphocytes ; plus tard aussi dés leucocytes polynucléaires.
Dans une dissertation russe de 1892, Kurloff reprend les expériences de Winogradow et étudie le sang après l’enlève-
(4) Kuncorr: Wralch, 1889, no 93 et 1899 no 48,
ment de la rate chez le cobaye. Il prouve par des chiffres que, dans les cas d’extirpation de la rate sans complication opératoire, par conséquent dans les cas où les processus inflammatoires avec augmentation des polynucléaires et des neutrophiles étaient évités, il se produisait dans le cours du temps une augmentation de lymphocytes montant peu à peu au double et au triple, tandis que la quantité des autres éléments restait invariable.
Voici une de ses expériences :
Cobaye, jeune femelle. Avant l’opération, 19 avril 1888, poids : 234 grammes. Globules rouges : 5.780.000. Globules blancs : 10.700. La blessure guérit par première intention. Dans les premiers six mois, le nombre des globules à plus que doublé et cette augmentation dépend totalement de l'invasion du sang par les lymphocytes. Le pourcentage montre une augmentation de 65 à 66 p. 100, tandis que la proportion tombe clairement pour les autres, de 44 à 22 p. 100 pour les cellules à plusieurs noyaux, de 18 à 9 p. 100 pour les gros mononucléaires. Dans le cours de la deuxième année, il se fait une augmentation relative et absolue très considérable des éosinophiles qui montent de 1 à 28,9 p. 100. La dernière recherché hématologique fut faite chez cet animal le 30 avril 1890, c’est-à-dire deux ans après la splénectomie. L'animal est parfaitement bien portant ; il a quatre petits engendrés par un père dératé. Ces jeunes cobayes ont une rate parfaitement normale. Leur sang ne présente aucune particularité.
En 1901, Patton Guland et Fowler constatent une légère diminution des leucocytes et surtout des polynucléaires dans le sang efférent de la rate. L’ablation de la rate n’amè-
ne
nérait aucun changement dans le sang, peut-être une légère diminution des leucocytes éosimophiles.
Dans une note communiquée à la Société de biologie en novembre 1902 (que nous avons citée dans le chapitre précédent) le docteur Wlaef nous donne les résultats suivants, au sujet de l’analyse des globules blancs avant et après splénectomie chez un opéré pour kyste dé la rate.
Avant l'opération : globules blancs : 10.560 ; lympho. : 45,4 p. 100 ; mono. : 7,6 p. 100 ; poly. : 77 p. 100 ; éosinophiles : 4 p. 100.
24 h. après l’opération : globules blancs : 21.200 ; lympho. : 3,5 p. 100 ; mono. : 7,5 p.100 poly. 89p°100:
5 jours après : globules blancs : 12.600 ; lympho. : 4,8 p. 100 ; mono. : 8,2 p. 100 ; poly. : 87 p. 100 ; eosinoph. : 1,4 p. 100.
25 jours après : globules blancs : 8.400 ; lympho. : 14,5 p. 100 ; mono. : 15,5 p. 100 ; poly. : 70 p. 100 ; éosinoph. : 222 DD UD:
3 mois après : globules blancs : 14,300 ; lympho. : 20,5 p. 100 ; mono. 12 p. 100 ; poly. : 67 p. 100 ; éosinoph. : 3,9 p. 100.
En résumé cet auteur constate chez l’homme, pendant le premier mois après l’opération, une augmentation des globules blancs, une diminution de lymphocytes, une augmentation des mononucléaires et des polynucléaires.
Pendant les trois mois suivants, le nombre des globules blancs et des lymphocytes est un peu supérieur à la normale. Les mononucléaires varient au-dessus de la normale. Au bout de six mois le sang est à peu près normal. Les expé-
he
riences sur les animaux lui ont donné des résultats identiques.
Pokiowsky observe les mêmes phénomènes après la thyroïdectomie. N
Dans nos propres recherches nous nous sommes occupé tout d’abord d'établir la quantité de globules blancs par millimètre cube de sang. Nous nous sommes servi du mélangeur de Potain et du compte-globules de Malassez (on a reproché à cet appareil certains défauts : 1° Les traits du carré seraient peu visibles quand il y a beaucoup de globules; 2° Le ressort de pression s’affaiblirait avec le temps et le pivot métallique est toujours plus ou moins attaqué par les mélanges employés, surtout si ceux-ci sont acidifiés). Malgré ces imperfections nous pensons arriver à des résultats comparables, ayant suivi chaque fois la même technique.
Une goutte de sang obtenue par une petite incision de l'oreille ; nous aspirons dans la pipette 2 millimètres cubes de sang ; (deux colonnes sanguines s’élevant chacune jusqu’au trait À, espacées par un court intervalle). Ceci fait, le bout de notre pipette soigneusement essuyé, nous le plongeons dans une solution acétique pour détruire les hématies.
Chlorure de sodium.... 1 gramme Sulfate de soude ...... 0,50 centigrammes Eau distillée.#." 7... 100 grammes
Ajouter avant de s’en servir À gramme d’acide acétique.
On aspire de cette solution jusqu’au trait marqué 100, puis on agite la pipette.
La numération se fait comme celle des globules rouges. On distingue les globules blancs à leur aspect brillant, à
DumouLin. 4
la réfringence plus grande du noyau quand on fait varier le point.
On compte successivement les globules dans chaque carré au nombre de 25. Comme nous avons pris 2 millimètres cubes de sang, nous multiplions le nombre total de globules, divisé par 2, par 1.000, et comme nous avons compté 25 carrés successifs nous divisons par 25.