‹ De la splénectomie chez le chienChapitre 8 sur 24 · RÉSULTATS DE LA SPLÉNECTOMIE · texte numérisé non relu

RÉSULTATS DE LA SPLÉNECTOMIE

Ces résultats sont différents suivant l’espèce animale opérée. Il est curieux de voir combien ils varient peu suivant les auteurs. On note une diminution de mortalité postopératoire à mesure que l’on s'élève dans l’échelle animale. Cette opération dangereuse pour les animaux de petite taille devient bénigne chez le chien et chez l’homme sain : Galien la considérait déjà comme pouvant être pratiquée sans affecter la vie. En 1876 Barrault (1) rapporte que les opérés de Péan n’ont pas eu une santé troublée par la suite.

En 1879 Koch et Wachsmuth (2) rapportent le cas où dans une autopsie faite d'autant plus soigneusement que l’on croyait à une fièvre typhoïde, ils ne purent découvrir ni la rate ni l’artère splénique.

Crédé (3) admet que l’homme adulte supporte sans aucune suite fâcheuse l’ablation de la rate (1882). Enfin nombreuses sont les observations publiées de splénectomie faite soit pour grosse rate à la suite d'infection, soit pour des kystes,

(1) Barrauzr: De la splénectomie chez l'homme, Thèse de Paris 1871.

(2) Kocu et Wacusuuru : Berlin Klinich Wochens, n° 6 p. 81, 10 février 1877.

(3) Créné : Archiv. für Klinirche Chirurgie, t. XXVIIT, janv. 1902, p. 401, 1882.

des ruptures. Nous ne pouvons que renvoyer à la thèse de Driaucourt (1). Il semble qu’il n’en soit pas de même chez le cobaye ; MM. Nicolas et Beau (2), étudiant en 1901 le rôle de la rate dans les intoxications expérimentales, notaïent tout d’abord un appétit augmenté; à partir du dixième jour les animaux commençaient à maigrir et cet amaigrissement atteignait 90, 100, 180 grammes en seize ou vingt jours. Ils finissaient par mourir très amaigris et cachectiques sans qu’on pût découvrir à l’autopsie de lésions expliquant leur décès.

Dircks Dilly (3) en 1902 semble avoir été plus heureux. Beaucoup de ses cobayes sont morts au bout de quelques jours ; d’autres ont atteint un mois, deux mois ou même sont vivants après sept, neuf, dix mois. Il a vérifié que l’animal diminue de poids après l’opération bien que l’appétit soit augmenté. Au bout de quelque temps cependant quelques cobayes ont gagné du poids. « D'ailleurs, l’âge des cobayes n’a pu être noté et on peut facilement croire, d’après leur poids primitif, qu’à l’époque de l’opération ils n’avaient pas encore acquis leur complet développement. Après l’opération ils auraient continué à croître et le poids qu’ils ont pris du fait de cet accroissement serait venu contrebalancer et dépasser même ce que leur avait fait perdre la splénectomie. »

A côté de ces expériences il faut noter celles de Blumreich

(U) D* Duraucounr: Traitement des kystes de la rate, Lyon, décembre 1902.

(2) D: Beau : Du rôle de la rate dans Les intoxications expérimentales, thèse Lyon, 1901.

(3) Diners Dirry! Leucocytoses toxiques chez les animaux normaux et splénectomisés, thèse Lyon, 1902.

Page 1