‹ De La SplénectomieChapitre 10 sur 124 · DES · texte numérisé non relu

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animaux privés de rate résistent mal aux causes d'affaiblissement. Peut-être l'exagération de leur appétit résulte-t-il du besoin impérieur de réparer incessamment les forces (1).

Aucun trouble digestif spécial n’a été noté chez l'homme. Ce n'est que dans le cas de Schulz que l'augmentation de l'appétit aurait été constatée (obs. 39).

$ 7. — Influence de la splénectomie sur la marche des infections (2).

On sait l'importance que présente la rate dans la défense de l’organisme contre les infections, soit comme centre de destruction des microbes, soit comme organe producteur des G. B. Bien que ce rôle ne lui soit pas dévolu exclusivement comme on le croyait autrefois. on n'en a pas moins pu redouter que son ablation mît l'organisme en

état d’infériorité vis-à-vis des infections et n'empêchât la production de l'immunité. x

Pour résoudre cette question on n’a pu que s'adresser à l’expérimentation. Si, en effet, on se rend compte de la difficulté que présentent de semblables expériences, on comprendra que l'observation elinique soit insuffisante à obtenir quelque résultat à ce point de vue. Trop de facteurs, souvent inconnus ou négligés, interviennent pour changer les conditions de résistance de l'individu et de virulence des microbes.

À. — Marche des infections chez les animaux splénectomisés. — Notre maitre, M. Roger, le premier, en 1888, injecta dans les

veines de lapins, splénectomisés, deux trois et quatre jours. avant,

quelques gouttes d’une culture charbonneuse plus ou moins virulente. Les résultats furent très discordants (3).

(1) LEGROS (CH.). Loco cit., p. 415.

(2) Nous empruntons une grande partie des renseignements qui suivent aux thèses de F. BEZANÇON (Contribution à l'étude de la rate dans les maladies infec-

tivuses. Thèse de Paris, 1895) et de E. Durrau (Durôle dela rate dans les maladies

infectieuses. Influence de la splénectomie sur la marche des infections. Thèse de Lyon, 1897, p. 13).

(3) RoGER. La rate dans les maladies infectieuses. @ar. hebt. de méd et chir., 1er avril 1893, p. 146. È

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Bardach injecta des cultures charbonneuses à des chivas un mois après la splénectomie et pratiqua le dératement chez des chiens préalablement immunisés. Bien que certains points de ses expériences prêtassent à la critique, il en déduisit que la splénectomie diminuait ou abolissait la résistance aux virus faibles ou atténués (1).

Kourloff, inoculant des microbes pathogènes (choléra des poules, b. anthracis, staph. aureus) à des lapins dératés ou sains, n'obtint que des résultats discordants (2).

Des expériences de Martinottiet Barbacci, faites sur des lapins et des cobayes avee des cultures de b. anthracis, il résulte que la splénectomie n'amène aucune modification dans le mode de réaction et de résistance des animaux (3).

Les expériences deSoudakewitch, basées sur ce fait que chez le singe la destruction des spirilles de la fièvre récurrente se fait entièrement dans la rate (expériences de Metchnikoff. 1887), montrent l'influence néfaste de l’inoculation des spirilles chez les singes dératés (4). Mais Tiktine conteste toute valeur à ces expériences, parce que Soudakewitch opérait en hiver et que les singes tombent, au cours de la fièvre récurrente, dans un état de prostration tel que le moindre refroidissement les tue. Ses expériences lui ont montré que la splénectomie n’a aucune influence dans les infections par les spirochætes chez les singes (5).

Pour Metnikow-Raswedenkow, c'est le traumatisme opéra- ‘toire seul qui explique les morts hâtives chez les animaux dératés (6).

De même Georgievski dénie, d’après ses expériences faites à l'aide du vibrion cholérique et du b. anthracis, toute influence à la splénectomie (7).

Courmont et Duffau concluent de leurs expériences que le lapin

(1) BARDACH. ZLoca cit.

(2) KOURLOFF, Loco cit.

(3) MARTINOTTI et BARBACCI. Ueber akute Milzenschwellung bei fnfektions kronkheïiten, Centr'abl. f. allqgemeine path., 1890, Bd. 1, n°2,

(4) SOUDAKEWITCH (J.), Recherches sur la fièvre récurrente. Ann. de l'Inst. Pasteur, sept. 1891, p. 545.

(5) TIKTINE. Revue méd. de Moscou, 1894, t. X, p. 4.

(6) MBTNIKOW-RASWEDENKOW. Zeit. f. IHygien, 1896, p. 466.

(7) GxorGIEVSKI. La leucocytose chez les animaux splénectomisés Thèse Suint- Pétersbourg, 1895; et Bolnitsch. Gaz. Bothkina, 1895, n° 15.

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splénectomisé résiste moins'ou plus que le témoin à l'infection suivant le microbe inoculé. Si la splénectomie est ancienne, ses effets sont exactement inverses pour le même microbe (1).

B. — Influence de la splénectomie sur les phénomènes de limmunité. — Bardach conclut de ses expériences, faites sur les

lapins avec des cultures de charbon, que la splénectomie n'empêche

pas toujours l’immunisation de se produire et que l'animal vacciné garde son immunité après la splénectomie (2).

Foaet Scabia, qui ont expérimenté avec le pneumocoque, aboutissent aux mêmes conclusions (3).

Tizzoni et Cattani, au contraire, n’ont pu immuniser contre le

tétanos aucun lapin dératé depuis 14 à 45 jours (4).

Kanthack conclut de ses expériences, faites sur des lapins avec des cultures de bacille pyocyanique, que la splénectomie ne met aucun obstacle à l'immunisation (5).

Righi immunise la souris dératée contre la fièvre typhoïde et le choléra (6).

Benario immunise la souris dératée contre la ricine et contre le rouget, le lapin dératé contre le tétanos, contrairement aux expériences de Tizzoni et Cattani (7).

Orlandi constate que la splénectomie n'exerce aucune influence sur l'action vaccinante par le virus de la rage ou par le vaccin chi mique de Centanni (8).

(1) COURMONT (J.) et DUFFAU (E.). Marche des infections expérimentales chez le lapin splénectomisé. C. k. de la Soc. de biol., 13 juin 1896, p. 609.— Durrau (E ). Loco eit., p.62. :

(2) BARDACH, Loco cit., p. 61.

(3) Foa et SCABIA. Sulla immunita e sulla terapia della pneumonite, Gaz. med. di Torino, 1892, n° 13, 14 et 16 ;et Rif. med., 1892, t. II, p. 92.

(4) T1ZZoNI et CATTANI. Ueber die Wichtigkeit der Milz bei der experimentellen Immunisirung des Kaninchens gegen den Tetanus. Centralb. f. Bakteriol., 1892, Bd. XI, p. 325.

(5) KANTHACK. Ist. die Milz von Wichtigkeit bei der experimentellen Immunisirung des Kaninchens gegen den bacil. pyocyaneus? (né. f Bakteriol., 1892, t. XII, p. 227.

(6) RIGHI. Rif. med., 1893.

(7) BENARIO. Deut.med. Woch., 1894.

(8) ORLANDI (E.) Effets de l'ablation de la rate sur la rage. Rif.med,, 1893, t. FF p. 195,

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D’après Montuori, l'ablation de la rate chez le chien et le lapin supprime pour un certain temps le pouvoir microbicide du sérum sanguin. Le ferment qui confère au sang son pouvoir microbicide fait défaut dans le sang après la splénectomie (1).

Pour Courmontet Duffau, le sérum du lapin dératé paraît subir, dans ses propriétés bactéricides vis-à-vis du microbe employé, des modifications parallèles aux résultats obtenus en inoculant le microbe à un lapin splénectomisé et non immunisé (voir p. 24). Ils concluent que la rate paraît présider à la fabrication de substances qui sont bactéricides pour certains microbes et microbiophiles pour d’autres (2).

La variabilité et même la contradiction des résultats prouvent combien est grande la confusion qui règne encore sur cette question du rôle de la rate dans la défense de l'organisme. Que la raison de ces contradictions soit; comme le soutient D'uffau, que l'animal dératé se comporte tout différemment suivant qu'on l'éprouve avec tel ou tel virus, C'est un fait possible ; mais on conviendra que sur ce point de nouvelles recherches sont nécessaires.

On ne peut donc se prononcer actuellement sur cette question complexe. Il ressort cependant des expériences que nous venons de citer, que la ratena pas un pouvoir protecteur aussi important qu'on l’a dit (3).

En clinique on peut dire, tout en tenant compte de la difficulté de semblables observations, que la splénectomie ne paraît pas diminuer la résistance des individus dératés contre les infections. On n’a pas, en effet, noté que celles qui se sont produites chez eux, ef qu’on trouvera consignées dans nos observations, se soient manifestées avec une gravité plus considérable que d'habitude.

- Quel que soit, du reste, l'intérêt de cette question, il est évident qu'au point de vue chirurgical elle est d’une importance bien restreinte. Lorsqu'on se décide à pratiquer chez l'homme une splénecto-

(1 MoxTUORt. Influence de l’ablation de la rate sur le pouvoir microbicide du . sang. Rif. med.,1893, t. I, p. 172.

(2) Courmonret DUFFAU. Loco cit.

(3) Wer1@o. — le Les globules blancs comme protecteurs du sang. Ann. de l’Inst, Pasteur juil. 1892. — 2° Développement du charbon chez le lapin. Zdem, 1894) a même soutenu que le rôle de la rate dans la phagocytose serait très restreint et bien inférieur à celui du foie.

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