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mie, qui constitue toujours une opération importante, c'est qu'on y est poussé par l'existence de troubles très marqués. Dans ces conditions, ce n’est pas la crainte, peut-être mal fondée, de diminuer Ja résistance de l'individu contre l'infection, qui devra contre-indiquer l'emploi du seul moyen d'obtenir la guérison d’une affection grave ou pénible. Du reste, la splénectomie est ordinairement faite dans des cas de rate malade, dont le rôle doit être peu important sinon nul.
$8. — De l'hypotoxicité urinaire après la splénectomie.
Conduit par l’idée que la rate, comme toute autre glande de l’économie, pouvait jouer un rôle dans la destruction ou la fabrication des toxines, M. Jonnesco entreprit, en août 1896, d'élucider cette question par l'examen de la toxicité urinaire avant et après la splénectomie. Il publia ses premiers résultats dans un travaïl paru au début de cette année (1). Il ést revenu récemment sur cette question et a complété les renseignements précédents (2).
Le résultat de ses expériences fut toujours affirmatif ; il nota après la splénectomie une diminution notable et constante de la toxicité urinaire, aussi bien chez l’homme que chez l'animal.
Chez quatre chiens dératés, le coefficient uro-toxique qui, avant l'opération, était de 50 à 60 cent. cubes, s’abaissa après l'opération à 75 ou 95 cent. cubes. Chez les malades splénectomisés le coefficient
urotoxique, qui, avant l'opération, était de 40 à 50 cent. cubes,s’abaissa:
après la splénectomie à 80 ou 90 cent. cubes (Congrès de Moscou), 90 à 120 cent. cubes (Progrès méd.). Une seule fois cette hypotoxicité fut remplacée par de l'hypertoxicité : cela fut dû soit à un réveil de
l’impaludisme, soit à une complication fébrile. Avec la disparition
de ces accidents infectieux, on nota la substitution de l'hypotoxi-
cité à l’hypertoxicité.
Chez un malade atteint de kyste hydatique suppuré de | 1 rate, M. Jonnesco constata que le coefficient urotoxique était de 85 cour. cubes. Cette hypotoxicité préopératoire s'expliquerait, d’après lui, par ce fait qu'une grande partie de la rate était détruite par le kysteet qu'en conséquence il y avait un fonctionnement insuffisant de cet
(1) JONNESCO (Th.). De la splénectomie. Progrès med., 20 mars 1897, p. 177. (2) JONNESCO (Th.). Idem. Congrès intern. de méd., Moscou, août 1897.
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organe. Après la splénectomie le coefficient urotoxique s’abaissa à 160 cent. cubes.
De ces faits M. Jonnesco conclut à la constance de l'hypotoxicité urinaire après la splénectomie.
Recherchant la cause de ce phénomène, il rejette l'hypothèse qui ferait considérer la rate comme un lieu d'élimination pour les toxines, car les hommes ou les animaux splénectomisés jouissent d'une santé florissante. Il croit plutôt que la rate est un laboratoire de fabrication de toxines.
Il nous semble que cette question de l'hypotoxicité urinaire après la splénectomie est moins simple que le soutient M. Jonnesco. En nous reportant, en eflet, à ses observations nous trouvons les résultats suivants:
Oss. Îl. — Coefficient urotoxique Pré-opér.. 50-70 ce. Post-opér. 90-100 cc.
Oss. III — — Pré-opér.. 95 cc.
Post-opér. 95 cc.
Os. IV — -— Pré-opér.. 65 cc.
Post-opér. 20-30 ec.
(hypertoxicité fébrile)
Os. VI — — Pré-opér:.:.75 et:
| Post-opér. 70 cc.
Oss. VII — — ; Pré-opér.. 35 ec.
Post-opér. 160 ec.
Os. XI Pré-opér.. 120 cc.
Post-opér. 8 cc.
On conviendra que ces faits sont insuffisamment démonstratifs.
$ 9. — He la régénération de la rate après la splénectomie.
L’innocuité de l’ablation de la rate est-elle due, comme on l’a dit, à la reproduction de cet organe après la splénectomie ?
La régénération de la rate après son extirpation a été soutenue par Mayer (1815) et par Philipeaux (1), puis niée par Peyrani (2).
(1) PHILIPEAUX. Loco cit.
(2) PEYRANI (S.). 1° Sur les expériences.de M. Philipeaux sur la régénération de
la rate. C. R. del’ Acad. desseiences, 1861, t. LIII, p. 978. —2° Sur la non-reproduction de la rate. Gaz. med.ital, Provincie Sarde,;1861, p. 385.
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Philipeaux reconnut ensuite que la rate complètement enlevée ne se régénérait pas (1).
Legros dit n'avoir jamais constaté la régénération de la rate chez les animaux qu'il a opérés (2).
Tizzoni a soutenu plus récemment qu'après la splénectomie, la
rate se reproduisait à tous les âges. A l’autopsie d’un jeune chien et d’un vieux chien, splénectomisés trois mois auparavant, il trouva un grand nombre de petites rates (60 à 80) de nouvelle formation dans l’épiploon gastro-hépatique let le grand épiploon. Ces rates avaient pour centre la formation d’un corpuscule de Malpighi, autour duquel apparaissait un tissu pulpeux et contenant des vaisseaux caverneux (3).
Le même auteur a constaté que quand la rate s’atrophiait, sous lin. fluence d'une splénite interstitielle chronique, on trouvait également des nodules spléniques dans l'épiploon gastro-splénique et le grand épiploon; mais ces petites rates de nouvelle formation restaient imparfaites et n'étaient constituées que par un tissu conjonctif plus ou moins serré, dont les mailles dilatées ne contenaient que du sang (4). Cette structure nous semble cependant devoir faire rejeter l’analogie que Tizzoni établit entre ces productions et de véritables rates.
Masoin dit n'avoir jamais observé la reproduction de la rate chez le lapin quand on l’avait enlevée en totalité (5).
Eternod constata chez un renard, ayant subi la splénectomie totale quatre mois auparavant, la régénération partielle de la rate, consistant en la néoformation d'un nodule splénique (6).
Cecchini déclare que l’extirpation totale de la rate chez la grenouille, le triton, la salamandre, le chien, le poulet et le lapin n'est jamais suivie de la reproduction de l'organe. Mais, lorsqu'on laisse en place un débris de la capsule ou du parenchyme splénique, lorsque Ja rate se rompt pendant lablation et que des fragments de son tissu se répandent le long du trajet suivi par l'organe au moment de l’ex-
(1) PHILIPEAUX. C. R. de l'Académie dessciences, 1865, t. LXI, p. 1058.
(2) LEGROS (Ch.}. Loco cit., p. 426.
(3) T1ZZ0N1 (G.). Loco cit.
(4) T1ZZON1 (G.). De la reproduction de la rate à la suite de processus patholo-
giques qui ont aboli en partie les fonctions de la rate. Arc. tal. de biol., 1882, t. |
(5) MASOIN. Loco cit.
(6) ETERNOD (A.). Sur un cas de régénération de la rate à la suite de l'extirpation
totale chez le renard. Rev. méd. de la Suisse rom., Genève, 1885, p.24.
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tirpation, lorsque enfin on sème de petits fragments de rate sur le péritoine du voisinage, on voit la reproduction de nodules plus ou moins volumineux de tissu splénique (1).
Cependant Laudenbach a publié récemment la relation d’un cas de complète régénération de la rate chez un chien après une splénectomie totale (2).
On voitquesur cette question encore les avis diffèrent, bien qu'on tente généralement à admettre que la régénération de la rate ne se fait pas quand elle a été enlevée en totalité, et à condition qu'il n'existe pas de rates aberrantes.
Conclusions.
Il résulte de ce rapide exposé des conséquences de la splénectomie, qu'on a accusé celle-ci de nombreux méfaits dont elle est innocente.
Le seul trouble que détermine l’ablation de la rate paraît être constitué par des phénomènes, du reste inconstants, du côté de la composition du sang.
Mais le fait intéressant en pratique, est que la suppression de cet organe, non seulement n’est pas mortelle, mais ne détermine aucun trouble grave. Que la cause de cette innocuité soit le développement de rates aberrantes, la reproduction d’une rate incomplètement enlevée ou le développement des organes Iymphoïdes, cela importe peu au chirurgien, qui se trouve ainsi autorisé à enlever une rate sans exposer la vie de son malade et sans déterminer de troubles graves et permanents.
(1) Ceccxint (S.). EF. Sur la reproduction expérimentale de la rate. — IT. Sur la prétendue reproduction de la rate. Rassegna di scienxe mediche 1886; in Revue des sciences méd., t. XX VIII, p. 462.
(2) LAUDENBACH (J.). Loco cit.