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CHAPITRE IV

Des divers traitements des kystes de la rate.

On peut observer au niveau de la rate des kystes hydatiques et des kystes dits simples ou séro-sanguins. Bien que ces deux sortes de productions se différencient nettement par leurs caractères anatomopathologiques et leur mode de développmeent (bien mal connu, du reste, pour les kystes simples qu'on a attribués au traumatisme (1), à la transformation d’angiomes spléniques (2) ou de kystes hydatiques), nous les étudierons ensemble, car elles relèvent toutes deux d’une même thérapeutique.

Pour justifier le principe de l'intervention dans les kystes spléni-

ues, nous rappellerons qu'exceptionnels et trop douteux sont les cas ques, PP q P

de guérison spontanée . Leur caractère est de s'accroître progressivement, tantôt lentement, tantôt rapidement, et de déterminer, quand ils ont acquis un certain volume, des troubles de compression souvent graves sur les organes abdominaux.

L’allure longtemps bénigne de l’affection n’est pas une contre-indication à l'intervention, car tôt ou tard la mort survient du fait de la tumeur splénique.

L'indication opératoire peut, d’ailleurs, devenir plus pressante en raison des douleurs, de la dyspnée, des troubles gastriques ou encore des troubles d'infection générale dus à la transformation purulente du liquide kystique.

Rappelons que le kyste peut être le point de départ de poussées de

péritonite qui, bien que se terminant ordinairement par la guérison,

(1) TERRIER (F.). Kyste séro-sanguin de la rate, Bull. Soc. de Chir., Paris, 2 nov.

1892, p. 661. $ (2) PILLIET. Sur la transformation des angiomes de la rate en ne hématiques, Bull. de la Soc.de Biol, Paris, 26 nov. 1892, p. 905-

laissent parfois après elles des adhérences péri-kystiques plus ou moins

étendues. Le kyste peut aussi se rompre dans la cavité péritonéale ou ù C C s x

s ouvrir dans l'intestin, la plèvre ou le poumon.

La difficulté fréquente du diagnostic de ces kystes constitue un sérieux inconvénient pour leur traitement. Il n'existe pas de ‘signe précis permettant d’aflirmer leur existence; trop souvent on hésite sur le siège et la nature exacte dela tuméfaction où même on commet une erreur de diagnostic dont on ne s'aperçoit qu'aumoment de l’opération ou à l’autopsie.

Il n'entre pas dans le cadre de notre sujet d'établir les signes différentiels qui permettent de supposer qu'on ait affaire à un kyste de la rate. Nous rappellerons seulementqu’on a confondu cette affection avec des lésions du foie, du rein, de l'ovaire, du mésentère, ete... Ou bien, on localise la tumeur dans la rate, mais on hésite sur sa nature, en l'absence d’une fluctuation bien nette, Il ne faut pas songer enfin à distinguer cliniquement un kystehydatique d’un kyste simple; la constatation du frémissement hydatique est trop rare pour que son absence ait aucune valeur négative. Seule la ponction pourrait éclairer le médecin sur la nature exacte de la tumeur. Nous verrons qu'il faut être sobre de ce moyen de diagnostic, dont les dangers sont réels.

En somme, le diagnostic de kyste splénique n’est en général qu’un diagnostic de probabilité, mais il est bon de remarquer que presque toutes, sinon toutes les affections, avec lesquelles cette lésion peut être confondue, relèvent de la laparotomie. Cette incertitude du diagnoslic n’a done ici qu'un inconvénient relatif et ne peut pas retentir d’une manière fâcheuse sur la thérapeutique. La plupart des chirurgiens sont actuellement d'accord sur le principe de la laparotomie exploratrice dans les cas où l'on a des doutes sur le siège et la nature d’une tuméfaction abdominale. Faite dans des conditions d’asepsie rigoureuse et menée rapidement, elle présente peu de gravité, et seule elle permet de savoir si la lésion doit être respectée ou enlevée, c'està-dire si l'intervention doit rester purement exploratrice ou curatrice.

Les méthodes employées dans le traitement des kystes de la rate peuvent être classées en cinq groupes : ponction simple, ponction avec

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