‹ De la squelétopée, ou de la préparation des os, des articulations, et de la construction des squelètesChapitre 13 sur 16 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des squelètes artificiels.

Pour rassembler convenablement et maintenir réunis, par des liens artificiels, les os qui ont été préparés par les procédés de la macération ou de l’ébullition, il est nécessaire de connaître le rapport exact de leurs surfaces articulaires , et les mouvements qu’ils sont susceptibles d’exécuter les uns sur les autres dans leur état naturel. Ici l’anatomiste devient eu grande partie purement mécanicien ,• il choisit les instruments les plus convenables pour diviser, fendre et percer les osj les substances qui doivent remplacer certaines parties interarticulaircs détruites par la macération; les liens les plus propres àassureraux os la solidité de leurs connexions, et la liberté de leurs mouvements, etc.

Je vais indiquer successivement, i" les instruments dont on doit se sei’vir pour cette partie de la squelétopée ; 2° la manière de monter les articulations en général , chacune d’elles en particulier , et de réunir toutes les parties du squelète ; 3<» enfin , les moyens de remédier aux défectuosités que présentent le plus ordinairement les os.

§ l**". Instruments nécessaires pour monter les squelètes

artificiels.

On doit se servir pour monter les squelètes de divers espèces d’instruments , dont voici les principaux :

1° Des forets de diverses formes et longueur, que l’on peut fabriquer soi-même avec de petites tiges d’acier flexibles que l’on aplatit avec le marteau sur l’enclume, par une de leurs extrémités; on repasse celle-ci ensuite sur un grès pour lui donner la forme d’un fer de lance , et on la trempe légèrement afin d’augmenter sa dureté ;

2° Dans les établissements où l’on monte une grande quantité de squelètes, comme au Muséum d’histoire naturelle de Paris, on adapte les forets sur un tour à arbre que l’on fait mouvoir au moyen du pied ; de la main gauche on présente la pièce qu’on veut percer à la mèche de l’instrument mis en rotation ; avec le pouce et l’indicateur de la main droite, on soutient celui-ci et on le dirige à travers l’os dans une diree-

tion qui'a été déterminée d’avance. On peut se servir,, pour faire mouvoir le foret, d’un tour à archet, fixé sur une table, ou bien d’un étau à main ,• ces deux derniers moyens sont bien moins commodes que le précédent ;

3" Il faut avoir des pinces, dont les unes ont les mors aplatis et sont destinées à tirer, à tordre les fils métalliques qui ont une certaine épaisseur ; des pinces à mors coniques , trempés et taillés en limes sur leur face correspondante; elles sont destinées spécialement à faire les boucles spirales qui doivent retenir les goupilles de fd d’archal qui traversent les os. On fait ces boucles de la manière suivante : Saisissez l’extrémité du fil métallique avec le bout des mors, tordez -le en demi-cercle sur le mors inférieur de la pince , resssaisissez-le à l'endroit où commence sa torsion , et répétez le même mouvement pour obtenir un anneau complet ; en continuant à le tordre de la sorte , on forme une boucle à deux ou trois spirales accolées , semblables à une petite portion de ressort en boudin.

4° Des tenailles incisives sont nécessaires pour couper les fils et les lames métalliques.

5° Des scies.

6° Un compas dont les branches peuvent être arrêtées au moyen d’une vis qui est fixée à l’une et traverse l’autre ; il sert à mesurer la distance des parties, pour les monter d’une manière symétrique des deux côtés, et pour déterminer le centre des articulations.

7° Il faut avoir des emporte-pièces en acier; ils sont destinés à découper des paillettes de cuivre que doivent traverser les fils métalliques, et qu’on place à l’entrée des ouvertures faites sur les os, afin d’empêcher les boucles de les user par leur frottement.

8“ Les autres instruments, tels que les marteaux, les ciseaux, les limes, etc., sont encore nécessaires, et ont des usages qu'il est inutile d indiquer.

Les substances que l’on emploie pour retenir les os sont de diverse nature : on a proposé de réunir ces organes au moyen de cordes à boyaux, de cordes de chanvre, afin de pouvoir, à volonté, démonter les diverses pièces du sqùelète ( i )• H vaut mieux se ser-

(i; Il existe flans les caîiinets de la F.aciilté plusieurs préparations d’os articulés de la

vîr de fils métalliques j ceux de laiton ei d’argent sont avec raison les plus généralement employés (i). Il faut en avoir de diverses grosseurs, suivant les articulations pour lesquelles on les emploie j ils servent, en général , à former les goupilles qui retiennent les os. Pour les grandes articulations, comme celles de l’épaule , de la hanche , on emjdoie généralement des goupilles qui portent un anneau à une extrémité , et sont taillées à pas de vis à l’autre, afin de pouvoir être relâchées ou serrées à volonté au moyen d’un écrou à oreilles.

Pour d’autres usages , les fils de laiton doivent être tournés en spirale , convertis en ressorts à boudin, semblables à ceux dont on se sert pour les bretelles. Ces ressorts ont pour usage de tenir certaines parties rapprochées ou éloignées les unes des autres, de permettre ou d’empêcher certains mouvements, etc.

Il est nécessaire d’avoir des feuilles de cuivre ou d’argent laminé lie diverses grandeur et é])aisseur : elles servent spécialement à monter les articulations ginglymoïdales , à fixer la rotule , etc.

On doit se procurer une tige de fer de deux pieds six à huit pouces de longueur ; elle est destinée à donner de la solidité à la colonne vertébrale , dans le canal de laquelle on la fixe ; cette tige doit présenter des courbures prises sur celles du rachis avant son excarnation ; porter dans sa longueur des ouvertures destinées à recevoir des fils métalliques. Son extrémité supérieure doit traverser la cavité du crâne , ressortir par une petite ouverture faite à la réunion des sutures sagittale et coronale, et être taillée en pas de vis pour recevoir un écrou à oreille; son extrémité inférieure sera aplatie, pointue, et devra descendre jusqu’à le partie inférieure du canal sacré.

On se sert habituellement pour remplacer les fibro-cartilages

sorte ; elles sont peu conuuodes pour l’élude , et on s’en sert rarement pour les démonstrations publiques.

(i) On doit éviter de faire usage de fils de fer dans la construction des squelètes artificiels, parce qn’ils se rouillent avec facilité , tachent les os , et se brisent alors fort aisément.

inter-vertébraux , celui de la sjmpliise des pubis, etc., de peaux de buffles que Ton découpe en rondelles de forme et de grandeur variables , suivant les articulations.

Enfin, on fait construire pour soutenir le squelète, un support dont j’indiquerai la construction.

§ IL De la manière de monter les articulations en général, chacune d’elles en particulier , et de réunir toutes les parties du squelète.

I® Il faut dans la construction des squelètes ne point multiplier inutilement le nombre des fils qui nuisent toujours plus ou moins à la beauté de la préparation ; il faut les arrêter le plus solidement possible en les fixant dans les endroits où les os ont le plus d’épaisseur et sont moins susceptibles de se lai.sser détruire par les froilemeuts; on doit proportionner leur volume à celui des articulations : il vaut mieux les employer trop gros que trop petits. Ces derniers ont pour inconvénients de mal assujettir les os, de les couper et de se briser avec facilité; les fils de laiton doivent remplir parfaitement les ouvertures que l’on a pratiquées sur les os; il faut en arrêter les extrémités en faisant des boucles bien régulières à trois ou quatre tours de spirale, au plus, et les cacher autant que possible dans les parties profondes , dans l’intérieur des cavités : on doit faire une de ces boucles avant de passer le fil dans l’os, et l’en séparer par une paillette.

•2° Pour les articulations orblculalres ou vagues, on doit faire passer la goupille dans la direction du col qui supporte la tête , et la faire ressortir par le milieu de cette dernière partie. Cependant , par ce procédé, l’articulation est loin de jouir de mouvements aussi étendus que ceux qu’elle exécute dans l’état naturel, la tête de l’os ne pouvant glisser sur la cavité qui la reçoit. Pour obvier autant que possible à cet inconvénient , j’ai employé avec succès le procédé suivant : il consiste à faire du centre de la tête de l’os, le centre des mouvements : pour cela , faites avec une scie deux incisions qui se coupent à angles droits et pénètrent jusqu’au centre de la tête de

rhumérus, par exemple ; prenez une goupille articulée dans son milieu au moyen de deux anneaux qui se pénétrent réciproquement j percez au-dessous de la grosse tubérosité un trou qui va aboutir précisément au centre de la tête, à l’endroit où les deux traits de scie se croisent dans leur partie profonde ; introduisez la goupille par celte ouverture , et lorsque l’articulation de ses deux pièces est parvenue au centre de l’os , ce dont vous vous assurez en faisant exécuter des mouvements à la pièce supérieure, en la conduisant successivement dans chacun des sillons faits par la scie , arrêtez par une boucle la pièce inférieure j passez ensuite la pièce supérieure de la goupille par une autre ouverture faite à la partie moyenne de la cavité glénoïde , et arrêtez-la par une boucle. Ce mode d’articulation permet à l'humérus d’exécuter des mouvements très-étendus dans les quatre sens principaux , sans que la tête abandonne ses rapports avec la cavité glénoïde j il peut être très-utile aux peintres et aux personnes qui s’occupent de l’anatomie pittoresque.

3° La première fois que l’on monte une articulation en ginglÿme angulaire, on éprouve beaucoup de difficulté pour faire que les surfaces articulaires se trouvent toujours à égale distance l’ime de l’autre, dans les divers degrés d’extension et de flexion : tantôt elles restent trop écartées dans l’extension, et tellement rapprochéès dans la flexion, qu’elles se touchent et arrêtent les mouvements j tantôt un effet opposé est produit. Cet inconvénient se rencontre souvent pour les articulations femoro - tibiale , metacarpo-phalangienne , etc.; il dépend de ce que la goupille , sur laquelle tourne la lame métallique de la pièce inférieure, n’a point été placée précisément au centre des mouvements : aussi, pour y obvier, il faut , avant de percer le trou , déterminer ce centre pour y placer la goupille qui doit servir , pour ainsi dire , d’axe à l’articulation. Pour cela , on appuie une des branches d’un compas sur l’un des côtés de l’os qui présente les condyles articulaires; avec l’autre branche, on suit exactement la convexité du coudyle, et on marque par un point l’endroit qu’occupait la branche fixe de l’instrument : ou en lait autant de l’autre côté, et l’on passe le foret par les deux points indiqués. On doit éviter de placer les fils métalliques sur les côtés de ces articulations, cette pralitpie a

pour iiiconvéniems de rendre les préparations beaucoup plus lourdes, les mouvements de l’articulation moins faciles, et d’exposer les os à être coupés par les fils ; cependant si , par des raisons particulières , on employait ce procédé vicieux, il faudrait garnir le trajet que parcourent les goupilles dans l’os, avec de petits tubes de cuivre , dont les extrémités sont tendues en rosettes , et rivées sur les côtés de l’articulation : ils ont pour usage de faciliter les mouvements, d’empêcher les os de se couper , et par conséquent de s’opposer à l’écartement des surfaces articulaires.

Les articulations planiformes, celles des os du corps des vertèbres , du tarse, par exemple, doivent être montées de telle sorte qu’un seul fil serve à réunir plusieurs de ces os.

§ III. De l’articulation de.s différentes pièces de squelète eq

particulier.

Avant de procéder à rarliculation des différentes pièces qui composent le squelète, il faut les séparer j mettre d’un côté celles qui appartiennent au côté gauche j de l’autre , celles du côté droit ; au milieu les os impairs, et s’assurer qu’il n’en manque aucun. Il est assez indifférent de commencer par une partie ou par l’autre; ordinairement on articule d’abord les os du tronc, et ensuite ceux des membres : je suivrai cet ordre (i).

Tête. i° Articulation des dents. Après avoir nettoyé et blanchi ces os , fixez-les dans leurs alvéoles en imprégnant leurs racines d’icihyocolle liquide.

“2.° Articulation temporo-maxillaire ; percez une ouverture, étendue de la partie postérieure du col de la mâchoire inférieure, à la partie supérieure et moyenne du condyle de cet os; percez une seconde ouverture verticale , étendue du milieu de la fosse glénoïde à la partie supérieure et moyenne de la base de fapophyse zygomatique; passez

(i) 11 est bon d’avoir sous les yeux, lorsqu’on monte un squelète artificiel, des articulations nouvellement préparées , et prises sur un sujet bien conformé , pour servir de modèle.

un fîl dans ces deux ouveriures, et fixez-le par deux boucles j 2® percez deux ouvertures très-petites , l’une au sommet de l’apophyse coronoïde j l’autre, passant de la partie postérieure de l’apophyse angulaire externe du coronal, dans la cavité orbitaire ; prenez un ressort en bôudin, d’une ligne et demie de diamètre, long de deux pouces j fixez par une boucle son extrémité inférieure à l’apophyse coronoïde, passez par l’ouverture supérieure, le fil qui le termine en haut , tirez-le; et devidez le ressort jusqu’à ce qu’il ait acquis un degré de tension convenable ; fixez-le dans l’orbite par une seconde boucle. La mâchoire inférieure étant articulée de cette manière , pourra être mue, abaissée avec facilité, et remontera d’elle-même s’appliquer contre la supérieure.

3° Articulation du rachis. Il faut d’abord découper vingt-trois rondelles de peau de buffle , ayant parfaitement la forme des fibrocartilages inter-vertébraux, qu’elles sont destinées à remplacer : pour cela, on applique chacune des vertèbres, en particulier, sur la peau , afin de découper ces pièces plus exactement ; on donne à celles-ci plus d’épaisseur en avant qu’eu arrière dans les régions cervicale et lombaire, et une épaisseur en sens inversé à celles de la région dorsale , pour qu’elles puissent s'accommoder aux courbures naturelles du rachis. On perce successivement le corps de chaque vertèbre et chaque rondelle de peau de deux ouvertures parallèles et latérales qui les traversent directement de bas en haut : deux ouvertures semblables sont percées de la surface articulaire du sacrum, qui se joint au corps de la dernière vertèbre lombaire, à la face antérieure de la première pièce de cet os. Les deux ouvertures de la seconde vertèbre cervicale sont pratiquées obliquement de telle manière , qu’elles s’étendent de la face inférieure à la face postérieure de son corps.

On prend un bout de fil de laiton long de quatre pieds , on le plie en deux , et on fait parvenir au fond de l’anse qu’il représente , un morceau de ressort en boudin , dont la longueur doit être égale à la distance qui sépare les deux ouvertures de la face antérieure du sacrum ; on engage de bas en haut , dans chacune de ces ouvertures , les deux extrémités de l’anse métallique ; on fait sortir cellesci par la face supérieure du sacrum , et on les engage successive-

tus. Enfoncez dans cette fente une lame de cuivre longue de i5 à i8 lignes, large de cinq; fixez cette lame dans le cubitus au moyen d une goupille qui la traverse ainsi que l’os en passant de la partie externe a la partie interne de la base de l’olécrane. Cette lame étant fixée , introduisez sa partie libre dans la fente de l’humérus, et lorsque le rapport des os est exact, passez un foret par le trou fait au-devant de l’epitroklee ; percez la lame métallique, et remplacez le foret par une goupille à boucle. Celte goupille passant par l’ouverture de la lame, retient celle-ci et forme son axe.

\\° Articulation radio-cubitale. Il faut conserver à cette articulation la liberté de mouvements de pronation et de supination. Pour cela, repercez transversalement un trou, qui., partant de la partie supérieure de la face externe du cubitus ( quatre lignes audessous de la petite cavité sigmoïde), vienne ressortir par la partie correspondante de la face interne de l’os. Passez de dehors en dedans par cette ouverture, les deux extrémités d’une anse de fd métallique, tirez-les, et formez avec la partie libre de l’anse un petit anneau d’une ligne de diamètre, placé verticalement au-dessous de la petite cavité sigmoïde. Arrêtez en dedans les extrémités de l’anse par une boucle commune. 2° Percez une ouverture transversale à la partie postérieure du col du radius, à la hauteur de l’anneau que présente le cubitus. Introduisez d’abord dans l’anneau du cubitus une anse métallique, dont vous faites ensuite passer les extrémités en sens contraire dans le trou du col du radius; après quoi, vous les arrêtez chacune par une boucle. Par ce procédé, le col du radius est embrassé en avant et transversalmenl , dans les trois quarts de sa circonférence, par un grand anneau métallique, qui passe dans le petit anneau du ciibitus, et permet à la tête du radius qu’il retient, de tourner avec facilité sur la petite cavité sigmoïde.

Pour l’articulation inférieure du radius et du cubitus, on dispose les liens en sens inverse, c’est-à-dire, qu’on fait porterie grand anneau horizontal au cubitus, et qu’on place le petit anneau vertical qui est destiné à le maintenir sur la partie interne de l’extrémité inférieure du radius. Le procédé est le même que dans le cas précédent, il suffit de l’indiquer.

Les deux os de l’avant-bras étant articulés de la sorte, le radius pourra se mouvoir sur le cubitus comme dans l’état naturel.

12.* Articulations carpiennes. Pour monter les os du carpe, il faut d’abord articuler séparément entre eux ceux de chaque rangée j pour cela , percez transversalement le scaphoïde, le semi-lunaire, le pyrami dal , et, d’avant en arrière, le pisiforme; ayez soin que vos trous se trouvent placés précisément à la partie moyenne des surfaces articulaires correspondantes de ces os ; passez successivement à travers chacun d’eux un fil métallique que vous arrêterez par deux boucles placées l’une en dehors du scaphoïde , et l’autre en avant du pisiforme : la première rangée étant articulée, réunissez entre eux les os delà seconde, en perçant également dans une direction transversale, le trapèze, le irapézoïde, le grand os et l’unciforme , que l’on réunit par un fil commun , comme dans le cas précédent.

Articulation des deux rangées. Chaque rangée des os du carpe étant articulée isolément , il s’agit de les réunir l’une à l’autre ; pour cela ,

faites un trou qui, parlant de l’extrémité supérieure du scaphoïde, vienne ressortir par la facette articulaire du même os qui est jointe au trapèze; reportez le foret par l’ouverture supérieure du même trou , et faites-le sortir par la facette articulaire de l’os qui est uni au trapézoïde; percez de haut en bas, dans les endroits correspondants, le trapèze elle trapézoïde; prenez une anse de fd métallique, introduisez par la partie supérieure du trou fait au scaphoïde, les deux extrémités de cette anse, de telle sorte qu’elles s’écartent au milieu de l’os pour ressortir séparément par les deux ouvertures qui correspondent au trapèze et au trapézoïde; passez l’une des extrémités de l’anse, à travers le scaphoïde, l’autre à travei’s le trapèze, et conservez-les sans les tordre, afin de vous en servir pour l’articulation de ces deux derniers os avec les deux premiers du métacarpe.

2° Percez une ouverture de la partie moyenne de la face supérieure du *semi-lunaire , à la partie correspondante de sa face inférieure; continuez cette ouverture à travers toute la longueur du grand os, depuis la partie moyenne de la tête, jusqu’au niveau de la facette inférieure qui se joint au troisième os métacarpien ; passez un fil à travers ces deux os, arrêtez son extrémité supérieure par une boucle, et conservez son extrémité inférieure pour l’articulation du troisième métacarpien avec le grand os.

par une boucle à la lame de la quatrième ou cinquième vertèbre cervicale j son extrémité inférieure se porte de la dernière côte à l’apophyse transverse de la seconde vertèbre lombaire.

Articulations du bassin. Articulation sacro-iliaque. Faites de chaque côté de labase du sacrum deux trous placésTun au-dessus de l’autre, distants d’un pouce, et qui se portent de sa face antérieure, obliquement en arrière et en dehors, pour ressortir par la surface articulaire que cet os présente latéralement j percez deux autres trous d’avant en arrière sur la partie correspondante de l’os iliaque ; réunissez ces deux os par une anse de lil , dont la partie moyenne répond au sacrum , et dont les extrémités sont fixées par une double boucle à la partie postérieure de l’os coxal.

Articulation pubienne. Taillez un morceau de peau de buffle qui ait une forme allongée , et que vous poserez entre les deux pubis; percez chacun de ces os de deux ouvertures, qui en traversent toute l’épaisseur d’avant en arrière , et qu’elles soient situées à la même hauteur de l’un et l’autre côté ; passez une anse de fil dans les deux ouvertures inférieures, réunissez-en les extrémités à la partie postérieure de la symphise. faites la même chose pour les deux ouvertures supérieures.

8° Articulation occipito-atloïdienne. Enfoncez verticalement dans la partie antérieure de l’un etde l’autre condyle de l’occipital, une vis à tête perdue; que l’extrémité inférieure de celle-rci, saillante de six lignes soit reçue, comme une sorte de cheville, dans un trou creusé verticalement à la partie correspondante de la surface articulaire de l’allas. Lorsqu’on veut articuler la tête avec la colonne vertébrale , on fait d’abord passer l’extrémité ^supérieure de la tige de fer de rachis, par le grand trou occipital , et par l’ouverture pratiquée à la partie supérieure du crâne ; on introduit les deux chevilles de l’occipital dans les trous correspondants de l’atlas ; on serre un écrou à oreille , dont* est munie l’extrémité de la tige de fer ; cet écrou est destiné à retenir la tête appliquée sur la première vertèbre. L’articulation atloïdo-occipitale , étant préparée de cette manière , peut exécuter très-facilement les mouvements de rotation.

9°. Articulations des membres supérieurs. i° On réunit d’abord l’extrémité externe de la clavicule avec la partie correspondante de ^’''r‘onhvse acromion, au moyen d’une attache de laiton passée dans

deux ouvertures verticales faites à ces os , et dont les extrémités sont tournées en boucles à la partie inférieure d,e rarliculation. 2“ Oa réunit la base de l’apophyse acromion avec la partie de la clavicule qui se trouve au-dessus, au moyen d’un gros fil d’archal dont les extrémités sont passées dans des ouvertures verticales pratiquées sur les deux os, et arrêtées par des boucles, l’une au-dessus de la clavicule, l’autre au-dessous de l’acromion. Oiji empêche le rapprochement trop grand de ces deux parties, au moyen d’un petit cylindre de ressort à boudin.

Articulation sterno-claviculaire. Percez une ouverture étendue du milieu de la surface articulaire du sternum à la face postérieure de cet os. Passez à travers, et de haut en bas, les deux extrémités d’une anse de filj arrêtez-les en arrière par une double boucle; passez dans l’espèce d’anneau que forme en haut du sternum la partie libre de l’anse, un autre fil métallique, dont vous engagerez également les bouts dans une ouverture pratiquée sur la face correspondante de la clavicule. De cette manière, le sternum et la clavicule présentent deux anneaux qui se pénètrent mutuellement et permettent tous les mouvements. Mais il faut aussi fixer l’épaule contre la poitrine. Pour cela , on ajuste aux angles inférieur et supérieur interne interne , du scapulum, deux agrafes qui s’ouvrent à volonté, et traversent, l’une la deuxieme cote et 1 autre la septième, dans les endroits qui correspondent aux angles.

Articulation scapulo-humérale. J’en ai déjà parlé dans mes généralités sur les articulations. (.Voyez page -54 )•

10° Articulation huméro-cubitale. 1° Percpz un trou qui passe transversalement de la partie antérieure de l’épitroklée ( condyle interne de l’humérus ) à la partie externe et moyenne du condyle de l’humérus (petite tête de l’humérus); cette ouverture se trouve placée suivant l’axe des mouvements de rartiçulation. 2° Faites avec une scie une fente verticale dirigée d’avant en arrière, laquelle, suivant le sillon qui sépare la troklée de l’éminence de l’humérus qui est reçue entre le cubitus et le radius, vient se terminer dans la fosse olécranienne. 3" Faites avec un ciseau étroit une fente large de cinq lignes, profonde de huit à dix, à la partie ipoyenne de sa crête saillaule qui sépare en deux la grande échancrure sigmoïde du cubi-

ment de Las en haut dans toutes les ouvertures pratiquées aux corps des vertèbres et aux rondelles de buffle; on les fait ressortir par la face postérieure de l’axis ; on les tire fortement avec les pinces plates, de manière à serrer les unes contre les autres, le sacrum, les corps des vertèbres et les rondelles qui les séparent; on retient chacune des extrémités de l’anse métallique par une boucle à la face postérieure de cette seconde vertèbre.

La portion de ressort eu boudin que l’on a placée à la partie moyenne de l’anse , et qui est maitenant appliquée transversalement à la face antérieure du sacrum, est destinée à empêcher cet os d’être coupé ]Dar l’anse elle-même.

Les vertèbres sont déjà retenues les unes avec les autres, mais leur extrême mobilité fait que le rachis ne présente aucune solidité; aussi , pour maintenir ces pièces dans leur position naturelle, donner à celte colonne flexible une plus grande solidité, et assurer d’une manière stable la disposition de ses courbures , on introduit dans le canal vertébral la tige de fer dont j’ai déjà parlé (voj'ez pag, 53 ), On flxe cette tige au moyeu de fxls de laiton, qu’on passe dans les ouvertures dont elle est percée , et que l’on attache à la face postérieure du canal sacré et aux lames des vertèbres lombaires , dans lesquelles on a préalablement pratiqué de petits trous.

4° Articulation atloïdo-axoïdienne. Pour conserver à cette articulation ses mouvements de rotation naturelle, i° faites, à la partie postérieure de la base de l’apophyse odontoïde , avec une petite lame de scie, une rainure demi-circulaire et transversale , profonde d’une ligne ; 2° pratiquez deux ouvertures qui traversent directement d’avant en arrière le petit arc de l’atlas , et soient distantes l’une de l’autre de quatre lignes. < Engagez d’arrière en avant , dans ces deux ouvertures , les extrémités d’une anse de fil de laiton ; mettez la première vertèbre en place sur la seconde ; tirez les extrémités de l’anse de telle sorte que l’anneau qu’elles représentent , en arrière du petit arc de l’atlas , devienne de plus en plus petit , et s’engage enfin dans la rainure transversale de l’apophyse odontoïde ; serrez fortement l’anse, et fixez-en solidement les extrémités au moyen de deux boucles : l’apophyse odontoïde forme un axe autour duquel l’anneau métallique et la première vertèbre lournent avec facilite.

5® Articulation sacvo-coccjgienne. On réunit les trois pièces du coccyx au moyen d’une laine triangulaire très - allongée, que l’on passe successivement dans leur intérieur, et dont on fait ressortir l’extrémité la plus large du sommet du sacrum à la partie voisine de sa face antérieure; on recourbe en anneaux l’extrémité de cette lame au niveau de la dernière pièce du coccyx, et sa base sur la face antérieure du sacrum.

6° Articulation de la poitrine. Il faut d’abord articuler les côtes avec la colonne vertébrale ; on commence par monter les deux premières côtes , et pour cela on perce la tête de ces os d’avant en arrière; on engage à travers l’ouverture de la première côte droite, un fil de laiton que l’on conduit transversalement à la partie postérieure de la substance intervertébrale correspondante, on en traverse la côte gauche , et on arrête de chaque côté les extrémités du fil au moyen d’une boucle fort serrée. Ce fil a pour usage de maintenir réunis aux vertèbres les têtes des deux côtes. On pratique la même opération pour chaque côte que l’on monte ainsi par paire. On fixe à chaque apophyse transverse la partie correspondante delà côte, en les perçant toutes deux d’une ouverture , dans laquelle on engage un fil que l’on arrête au moyen de deux boucles, placées l’une en avant sur la face antérieure de la côte, et'l’autre,en arrière, sur la face postérieure de l’apophyse transverse.

Articulations costo-sternales. On pratique une ouverture à l’extrémité antérieure de chaque côte et à la partie correspondante des cartilages costaux qui sont demeurés unis au sternum. On engage, d’avant en arrière, dans ces ouvertures les extrémités d’une anse de fil; on les fait ressortir par l’intérieur du thorax, on les serre , et on les fixe par deux boucles qui se trouvent cachées dans la poitrine.

Articulations costales. Il est nécessaire de maintenir les côtes à une égale distance les unes des autres des deux côtés; pour cela, on les traverse toutes de bas en haut vers leur partie moyenne^ avec un fil d’archal qu’on passe successivement dans des ouvertures qu’on y a pratiquées. Entre chaque espace intercostal , on enferme le fil dans un morceau de ressort à boudin , dont la longueur a été déterminée d’avance , et qui e^t destiné à s’opposer au rapprochement des côtes. L’extrémité supérieure du fil qui traverse toutes les côtes , est fixée

* Enfin , faites une ouverture qui, simple supérieurement, et commençant à la partie la plus élevée du pyramidal, se divise à sa partie inférieure , en deux brandies qui ressortent l’une à côté de l’autre , par la surface de l’os qui est unie à l’iinciforme j creusez verticalement dans ce dernier os deux trous, qui, commençant à sa face supérieure, viennent ressortir,' l’un par la facette qui le joint au quatrième os du métacarpe, etl’autre par la facette qui l’unit au cinquième^ passez de haut en bas dans l’ouverture bifurquée du pyramidal et dans les deux ouvertures de runciforme, les extrémités d’une anse de fil, comme nous l’avons indiqué pour l’articulation du scaphoïde avec les deux premiers os de la seconde rangée. I l

1^°' Articulation carpo-métacarpienne. On pratique à l’extrémité supérieure de chacun des os du métacarpe une ouverture oblique, qui, partant du milieu de leur surface articulaire carpienne vienne ressortir, après six lignes de trajet, sur la ligne médiane de leur face palmaire,- introduisez dans chacun de ces trous les extrémités des anses métalliques qui ont servi à l’articulation des os de la première rangée avec ceux de la seconde, et qui ressortent par les faces inférieures du trapèze , du trapézbïde , du grand os et de runciforme ; arrêtez par une boucle serrée l’extrémité de chacun de ces fils.

Les quatre derniers os du métacarpe doivent être réunis les uns aux autres à leur extrémité inférieure; pour cela, percez-les transversalement à l’endroit où leur tête se réunit avec leur corps; passez une anse métallique successivement par chacun d’eux, en ayant soin toutefois, de les tenir écartés à une distance convenable, par trois petits cylindres de ressort en boudin que l’on place au niveau des espaces inter-osseux ; arrêtez les extrémités du fil par deux boucles placées, l’une en dehors du second os métacarpien, l’antre, en dedans du cinquième.

i4° Articulations méta carpo-phalangiennes. Il faut conserver à ces articulations leurs mouvements d’extension et de flexion : pour cela , 1° faites sur la facette articulaire supérieure de la première phalange , une petite fente dirigée d’avant en arrière sur la ligne médiane, et longue de deux lignes ; introduisez aVec force dans cette fente, et à la profondeur de sept à huit lignes , ufie lame de cuivre large

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de trois lignes, et longue de douze à quinze j percez'transversalement la base de la phalange et la lame qui est dans son intérieur, et 'fixez celle-ci au moyen d’une goupille que vous rivez sur les deux côtés de l’os; arrondissez avec des ciseaux l’extrémité de la la memétallique qui sort de la phalange et qui doit être reçue dans l’os du métacarpe ; 2° faites avec une lame de scie très-mince , une fente qui s’étende depuis la partie inférieure et moyenne de la tête de l’os du métacarpe , jusqu’à la partie antérieure de son corps, et qui divise , par conséquent, la moitié antérieure de la tête de l’os; déterminez le point central des mouvements de l’articulation , comme je l’ai indiqué; percez dans cet endroit et transversalement la tête de l’os ainsi que la lame métallique de le première phalange, préalablement introduite dans cette fente ; fixez-la par une goupille rivée sur les côtés de l’articulation. L’articulation étant montée par ce procédé, la première phalange peut se fléchir à angle droit sur l’os du métacarpe correspondant , mais ne peut point être étendue au delà de la directiou de son axe , vu que la lame métallique se trouve arrêtée dans ce mouvement d’extension par la partie inférieure de la fente de l’os du métacarpe.

Articulations phalangiennes.Gesi d’après le procédé que je viens d’indiquer pour les articulations méta carpo-phalangiennes , qu’on devra monter les phalanges entre elles (i).

Toute la main étant montée , on l’articule avec les deux os de l’avant-bras.

i6° Articulations radio-carpienne et cubito-carpienne. On réunit les os du carpe à ceux de l’avant-bras, au moyen de deux attaches placées entre eux. Pour les poser , faites, i° une ouverture dirigée de la partie moyenne de la facette du radius, qui se joint au scaphoïde , au milieu de la gouttière du même os , qui reçoit les tendons des muscles radiaux externes ; passez un fil de laiton dans le petit anneau qui surmonte l’os scaphoïde , formez-en une anse dont vous introduisez les extrémités réunies, et de bas en haut, dans le trou que vous venez de pratiquer au radius; tirez les extrémités de l’anse,

(i) 11 est plus commode d’articuler d’abord les phalanges entre elles, et avec les os du métacarpe , avant de réunir ceux-ci entre eux et au carpe.

et lixez-les par une double boucle ; employez lé même procédé pour Tattacbe qui s’étend du cubitus à l’os pyramidal.

17° Articulation des membres inférieurs. Articulation coxo-fémorale. Percez un trou depuis la partie moyenne de la tête du fémur^ jusqu’à la partie postérieure de la base de son col j introduisez par l’orifice supérieur de ce trou , les deux extrémités d’une anse de fil métallique que vous retiendrez par une double boucle : la partie moyenne du fil doit, former au-dessus de la tête du fémur nue anse très-allongée de six à huit lignes de longueur; on pratique au fond de la cavité cotyloïde une ouverture, par laquelle on lait passer cette anse afin de la retenir dans l’excavation pelvienne au moyen d’une grosse agrafe.

18® Articulation fémoro-tibiale. Percez transversalement les deux coudyles du fémur, d’une ouverture qui occupe le centre des mouvements de l’articulation, et qui doit répondre de l’un et de l'autre côté un peu au-dessous des tubérosités de cet os : pratiquez au tibia deux ouvertures qui s’étendent de la partie postérieure de l’épine de cet os à la partie supérieure de sa face postérieure , et sont distantes de six lignes rime de l’autre à leur partie supérieure. Prenez un gros fil de laiton, tordez-le par la partie moyenne sur une broche d’acier, eu lui faisant exécuter sept ou huit spirales très-rapprochées les unes des autres, comme pour eu faire un ressort à boudin ; portez ces spirales au fond de la cavité qui sépare les deux coudyles du fémur, et faites les traverser par une grosse goupille que vous introduisez dans l’ouverture taraudée dans les condyles de l’os, et que vous rivez sur les côtés , 'de l’articulation. Les spiralés étant ainsi fixées par la goupille entre les condyles , saisissez les extrémités du fil qui les forme , et introduisez-les de haut eu bas dans les ouvertures pratiquées sur la face supérieure du tibia, ,et retenez-Ies chacune par une boucle au niveau de la face postérieure de cet os.

Pour articuler la rotule de telle sorte qu’elle conserve .toujours ses rapports avec l’articulation, enfoncez dans la partie inférieure de cet os une lame de cuivre longue de trois pouces, large de cinq lignes et dont vons fixerez l’extrémité inférieure dans une fente pratiquée sur la tubérosité du tibia qui reçoit l’insertion du ligament rotulien.

19® Articulation péronéo-tibiale. On fixe l’extrémité supérieure du péroné contre Li partie correspondante du tibia, par une anse de fil qui traverse la tête du premier os, la tubérosité externe du second et dont les extrémités sont fixées en boucle à la partie postérieure de l’articulation. Les extrémités inférieures du tibia et du péroné seront réunies , comme nous le verrous , par la goupille qui sert de centre au mouvement de l’articulation libio-tarsienne.

20® Articulations du pied. Articulations tarsiennes. L’astr^igale sera réuni au calcanéum au moyen d’un fil qui passera par la partie supérieure de son col', viendra sortir par la partie inférieure de la petite apophyse du calcanéum, et dont les extrémités seront retenues en haut et en bas , chacune par une boucle : les trois os cunéiformes et le cuboïde seront maintenus les uns contre les autres au moyen d'uu fil qui les traversera dans une direction transversale , et dont l’extrémité interne sera retenue par une boucle en dedans du premier cunéiforme, et l’extrémité externe également par une boucle dans la gouttière du cuboïde qui reçoit le tendon du long péronier latéral. Le cuboïde sera fixé au calcanéum par deux fils dont les extrémités postérieures sortiront par la face inférieure du calcanéum; elles antérieures, par les deux facettes du cuboïde qui se joignent au quatrième et au cinquième os du métacarpe.

On articule le scaphoïde en arrière avec la tête de l’astragale, et en avant avec les trois os cunéiformes au moyen de trois fils qui parcourent les trajets suivants : le premier externe passe par la partie externe du col ^de l’astragale, traverse d’avant en arrière la partie externe du scaphoïde, la partie moyenne du troisième cunéiforme, par la face antérieure duquel il ressort; le second, ayant une position moyenne J pénètre par la face supérieure du col de l’astragale, et tra verse successivement, d’arrière en avant, la partie moyenne du scaphoïde et le second os cunéiforme au delà duquel il se prolonge ; le troisième enfin s’introduit par la partie interne du col de l’astragale , traverse d’avant en arrière la partie correspondante du scaphoïde , passe à travers le premier cunéiforme , et ressort par sa face antérieure.

Les os du tarse étant articulés entre eux, jon leur réunit ceux

du métatarse au moyen des fds métalliques qui sortent par les faces antérieures des trois os cunéiformes et du cuboïde, en suivant le procédé indiqué pour les articulations carpo-métacarpiennes > quant aux autres articulations du pied , on les monte de la même manière que celles de la main.

21° Articulation tihio-tar sienne. Les os du pied étant solidement réunis , on les articule avec les os de la jambe ; pour cela on détermine le centre de l’articulanon , et on fait passer de la malléole externe à la malléole interne une forte goupille qui traverse l’astragale, le retient, et lui permet de rouler dans l’espèce de mortaisa que lui forment les os de la jambe.

Lorsqu’on a articulé un squelète d’après les procédés que je viens d’indiquer , on peut à volonté eu réunir ou en démonter les articulations (i). Celles-ci exécutent à la vérité des mouvements assez étendus qui se rapprochent plus ou moins de ceux qu’elles peuvent faire dans l’état naturel, mais qui ne sont jamais aussi parfaits ; sous ce rapport, le squelète artificiel est loin de valoir, pour l’étude des mouvements, le squelète naturel dont on a conservé les articulations mobiles par les moyens que j’ai fait connaître (2).'

Le squelète, soit naturel, soit artificiel, doit être assujetti sur un pied qu’on puisse transporter aisément d’un endroit dans un autre , et qui permette de l’élever ou de l’abaisser , de l’incliner à droite et à gauche, et de le placer dans toutes sortes de positions. J’ai fait construire un pied en fer qui me semble remplir les conditions exigées; il se compose d’une tige de fer carrée , longue de trois pieds, solide-

(1) Il est utile de pouvoir démontrer les différentes pièces d’un squelète lorsqu’on veut les étudier séparément, ou bien les emballer, pour les transportera de grandes distances.

(2) Les squelètes artificiels que l’on monte sur des sujets dont les éplphyses sont encore séparées , demandent des soins particuliers ; il faut réunir chacune des épiphyses à l’os principal , d’abord par une couche d’iclbyocolle ; et de plus , au moyen de fils métalliques qu’on place d’une manière diffférente , suivant les os. Les squelètes artificiels appartenant aux animaux vertébrés , doivent être montés , en général , d’après les règles que j’ai indiquées ; cependant il faut souvent avoir recours à des moyens particuliers que l’anatomiste doit savoir trouver au besoin.

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ment articulée à angle droit sur un plateau de chêne qui peut se déplacer facilement au moyen de roulettes fixées à sa face inférieure. La tige porte à sa partie postérieure des trous coniques situés à égale distance les uns des autres ; un anneau de fer, très-épais, présentant une ouverture carrée, adapté à la forme de la tige dans laquelle il doit glisser a-sément, porte à sa partie postérieure une vis de rappel qui le traverse et peut le fixer à différentes hauteurs, en s’introduisant dans les trous de la tige ; à sa partie antérieure , cet anneau reçoit à angle droit une grosse vis qui peut tourner à volonté ; à son extrémité antérieure cette vis est elle-même articulée avec deux grands mors de pinces qui sont courbes et peuvent s’écarter, se rapprocher, tourner à gauche et à droite, dans le sens horizontal , et sont destinés à embrasser la colonne vertébrale au niveau de la onzième vertèbre dorsale. Les mors de cette espèce de pince portent à leur extrémité un trou taraudé, dans lequel on engage une vis à queue destinée à les rapprocher et à fixer solidement le rachis.

4" Moyens de remédier a quelques défectuosités que présentent les os.

Souvent il arrive que les os retiennent une grande quantité de suc médullaire , qui rancit , se fond , s’écoule en partie par leurs pores , leur donne une odeur infecte , et retient la poussière : pour remédier à cet inconvénient, on peut, faire chauffer les os dans une forte lessive alcaline , dont on élève la température de 4^ à 5o“ ; 2° on prend les os gras , on les place dans une caisse remplie d’os calcinés à blanc et réduits en poudre j on les expose plusieurs jours de suite à l’action du soleil, et mieux à une température de 5o ou 6o°; le suc médullaire abandonne les os et se trouve absorbé par le phosphate de chaux qui les entoure (i); 3° enfin on peut employer, au

(i) La graisse se fond, passe de cellules en cellules, et se trouve absorbée par la poudre qui entoure les os. C’est ainsi que les os perdent la graisse qu’ils contiennent par la seule exposition à l’air dans les champs. Ils y perdent aussi peu à peu leur gélatine de la manière suivante : Une portion de la matière animale se convertit en ammoniaque , saponifie l’autre portion de gélatine , la rend soluble dans l’eau froide ; la pluie emporte ce savon , et le phosphate de chaux finit par être mis à nu. V'oilà comment les os servent de bon engrais. Le silice, l’alumine, le carbonate de chaux, venant à s’infiltrer à la place de la gélatine , forment ainsi les os fossiles.

lieu d’os calcinés, la craie ou l’alumine desséchées, ou bien même tremper les os dans une pâte formée par ces substances , et les exposer ensuite aux rayons du soleil. Lorsque les os ont bien perdu la graisse qu’ils renfermaient , on les lave dans une lessive alcaline. Les os noirs devront être blanchis par les procédés indiqués à l’article de la déalbation. Quelquefois il est nécessaire de nettoyer promptement leur surface ; pour cela , on les passe à la pierre ponce. Les os qui appartiennent aux vieillards, sont parfois très-minces et d’une extrême fragilité : pour leur donner plus de consistance , il faut les faire tremper, à une douce température , dans une forte dissolution de gélatine , les imbiber de celte substance , et ensuite les faire sécher promptement. Lorsque les os ont été troués dans de fausses directions lors delà construction d’un squelèie artificiel, il faut remplir les ouvertures avec le mastic des vitriers ; quand ils ont été usés et en partie coupés par les liens articulaires , il faut les tremper dans la gélatine , les faire sécher , et ensuite les garnir avee des lames et des tuyaux de'cuivre ; enfin quand ils ont été brisés, il faut en réunir les fragments au moyen d’aitaehes de laiton dont on a soin de river proprement les extrémités.

Je n’ai point parlé à dessein des sqnelètes réellement art^cielSf que que l’on construit avec l’ivoire, le carton, le plâtre, la cire, le bois, parce que ces espèces de préparations, faites par les modeleurs et les sculpteurs , ne doivent jamais servir aux anatomistes , et qu’elles peuvent être tout au plus de quelque utilité pour les peintres.

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