‹ De la Staso-BasophobieChapitre 21 sur 58 · Janet. Accidents mentaux, p · texte numérisé non relu

Janet. Accidents mentaux, p

Parlerons-nous d’un malade de Charcot qui comie-le précédent malade, nous paraît aussi un basophobe avant la basophohie ? Il s’agit de ce malade qui fait l'objet. de la 16° leçon des Leçons du Mardi 1888-89. A la suite de brûlures sur les jambes et à la vue des pansemements qui les recouvraient, « il lui vient dans l’esprit que peutêtre il en avait pour toute la vie et qu'il était fortement menacé de ne plus pouvoir marcher.« J'avais la tête très faible, dit le malade, et nuit et jour j'étais obsédé par cétie idée que ne pourrais plus marcher. C’était devenu une idée fixe ». Effectivement, à la suite de « ses mauvaises idées », comme il les appelait, ce malade devint abasique, éprouvant une « grande émotion » à cause de cette impossibilité de marcher. Et Charcot terminait ainsi sa leçon : « Je n’ai voulu rien omettre.….. J’ai voulu vous mettre à même d’apercevoir par vous-même le. côté éminent qu'a dû jouer l'élément « psychique », dans le développement des symptômes abasiques ».

Nous savons d’ailleurs combien souvent, à propos de cas plus ou moins analogues, Charcot parlait de ces idées fixes s’implantant dans l'esprit du malade « à.la manière d’un parasite ».

Les auteurs admettent donc à la base psychique du syndrome basophobique des idées particulières et persistantes qu'ils appellent idées fixes, idées obsédantes, obsessions abouliques, représentations angoissantes, délires

émotfs, idées subconscientes, etc., et quiont toutes rapport à l'impossibilité de la marche et de la station.

D'ailleurs, dit encore M. Pierre : Janet, «le membre

n'est pas entièrement paralÿsé" d’une "manière . brutale ;

‘ — À7 — c’est une fonction et surtout une fonction délicate du membre qui se sépare des autres. Il y a là une distinction délicate qui éveille l’idée d'un choix, d’une pensée, plutôt que d’une lésion grossière de l’organisme » (1). . Et, un peu plus loin (2), M. Janet ajoute : « Cette idée fixe donne aux paralysies leur aspect systématique ». Quel phénomène, en. effet, sinon une idée pourrait déterminer celte singulière et curieuse paralysie qui, dans les membres inférieurs, se. limite juste aux fonctions. de la station debout et de la marche ?

IIT, — Maintenant, que des paralysies dépendant d’une idée soient possibles, c’est ce qui a été surabondamment prouvé par Charcot dans ses leçons de 1884-85 sur les accidents (raumatiques des hystériques, notamment sur certains cas de monoplégie brachiale. Charcot montra alors-que, pour expliquer toutes ces paralysies, il fallait laisser de côté toutes les lésions grossières des nerfs périphériques, de la moelle ou de l’encéphale. Une seule supposition lui semblait rester possible, celle qui avait été indiquée par Brodie en 1837 et surtout par Russel Reynolds en 1869 (3). « Il s’agit probablement, disait Charcot, d’une de ces modifications transitoires des cel-

lules de l’écorce cérébralé qui se manifestent sous la

1, Pierre Janet. Accidents mentaux, page 110. 2, Pierre Janet. Accidents mentaux, page 129. 3. Russel Reynolds. Remarks on paralysis and other disorders

of motion and sensalion dependent of idea, 1869.

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