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régulièrement et les centres inférieurs — moelle épinière — et les diverses associations cellulaires des centres supérieurs, — cerveau — {ant celles de ces assocations qui sont dévolues à la mobilité, que celles qui président aux autres fonctions de l'écorce, et, en particulier, de celles qui se rattachent à l'exercice de certains sens, simples, comme l’est la vision, ou complexes, comme le paraît être le sens de l’espace (1) ».
Dans la staso-basophobie nous ne saurions incriminer ni la première ni la seconde de ces trois conditions.
En effet, nous avons vu que chez nos malades, ni les membres inférieurs, ni le bassin, ni le tronc, ni les voies conductrices — centriprètes ou centrifuges — ne sont atteintes ou du moins ne sont atteintes suffisamment pour expliquer les troubles de la station et de la marche,
Il ne reste donc comme pathogénie possible qu’un trouble dans le fonctionnement des centres qui président à la double fonction.
Mais nous éliminons de suite la vue et le sens de l’espace que nous n'avons pas vus troublés chez nos malades.
Nous ne saurions davantage incriminer les centres inférieurs (mémoire organique de Charcot), ni ceux du polygone de M. Île professeur Grasset, en supposant qu'il y ait là un autre centre coordinateur automatique de relai, ni les centres sensitivo-moteurs de la région de Rolando (mémoire psychologique de Charcot) puisque nos basophobes peuvent et savent marcher ainsi que la plupart
| 4. Paul Blocq, Les troubles de la marche dans les maladies
nerveuses, page 2.
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d’entre eux le démontrent lorsqu'ils sont disraits et s’abandonnent à leur automatisme.
Si donc nous ne pouvons trouver l'explication des troubles ni dans les centres médullaires, ni dans les centres thalamiques, ni dans les centres corticaux rolandiques, il nous faut nécessairement remonter au centre psychique supérieur, centre O de M. le professeur Grasset (1).
Ce centre ou plutôt cet ensemble de centres placé audessus de tous les autres, subit l’action de tous les autres et simultanément réagit sur eux tous. De lui dépendent cet ensemble de facultés et de sentiments que l'on désiqne sous le nom d'âme (2), sur l'importance de laquelle il n’y a pas lieu d'insister. Toutefois nous devons faire immé liatement remarquer que si ce centre est le grand agent de l’ordre, de équilibre et de l’harmonie de l’organisme, il est aussi très souvent un grand facteur de désordre et de troubles, comme les philosophesl’ont toujours enseigné et comme les cliniciens l’ont surabondamment démontré d’après les deux grandes névroses, hystérique et neurasthénique. |
Mais puisque la cause de la staso- HALoEREbie est dans ce centre, elle doit consister dans une lésion en foyer ou dans un trouble fonctionnel.
Or elle ne peut être dans une lésion en foyer puisque
1. V. Grasset. Leçons de clinique médicale, t. III, 1898, p. 122, ét Analomie clinique des centres nerveux, p. 6.
2. Entendue au sens positiviste d'Aug. Comte, « conservant ce terme préeieux pour désigner l’ensemble des fonctions intellectuelles el morales, sans aucune allusion à l'entité CHIESSEORUSNS », (Catéchisme posiliviste, 3° éd. p. 70).
la basophobie peut guérir radicalement, puisqu’ellé n’est pas toujours continue ni invariable dans son intensité, puisqu’enfin elle peut disparaître brusquement comme dans la distraction où sous linfluence d’une cause purement morale.
La cause de la staso-basophobie doit donc être attribuée à un trouble fonctionnel.
Or le fonctionnement du centré O se présente sous un double aspect, d’abord sous l'aspect à lui propre d'idées et de sentiments plus ou moins conscients, ensuité, comme les autres centres inférieurs, sousle simple aspect de l'étendue et du mouvement. | Il nous faudra donc chercher la cause de la staso-basophôbie dans ces deux modalités concomitantes du centre O : la pensée et le mouvement, comme dirait Spinoza. Nous nous attacherons surtout à envisager la question sous cet aspect de la pensée, le seul qui, dans l’état actuel de la science, nous soit accessible.
Or, sous cet aspect, nous avons vu, au chapitre des symptômes, que le symptôme psychique. constant et pathognomonique du syndrome est l’idée fixe et obsédante de l'impossibilité de la marche. Nous avons vu en même temps que cétte idée n’est pas une idée abstraite, mäis un phénomène psychologique concret, comprenant non seulement un souvenir persistant, mais les émotions et les réactions diverses que ces émotions diverses entraînent après elles (1).
1. Mäis, d'après nous, ce qui domine dans l’obsession ‘basophotique c'est l'idée. Nous suivons ici l'opinion de Westphal plutôt que celle de Morel. Pour Morel en effet, l’obsession est un trouble es-
Tres
Le sujet est persuadé qu’il ne peut pas marcher, qu'il né va pas pouvoir marcher, en même temps il s’émeut, il se trouble et il réalise son impotence,
Telle est l'opinion de M. Binswanger qui fait rentrer les trois observations qu'il rapporte dans le grand domaine des obsessions (Zwangsvorstellungen), celles-ci n'étant d'ailleurs, dit-il, que symptômes de l’hystérie, car, dans ces deux ordres d’affections, l’imagination a une grande influence sur les actes du corps et réciproquement.
Telle est aussi l’opinion de M. Régis qui fait de l’ananastasie et de l’ananabasie une variété d’obsessions, les obsessions-abouliques, comme il les appelle. Le même auteur range l’agoraphobie dans ce qu'il appelle les 0bsessions-craintes (1).
Dans ses leçons à la Salpétrière, M. Séglas dit partager l’opinion de M. Régis. Le syndrome astasie-abasie
sentiellement émotif, tellement émotif qu’il en localise le point de départ, non dans le cerveau, mais dans le système nerveux ganglionnaire, viscéral, source supposée des émotions. Pour Westphal, au contraire, l’obsession est un trouble avant tout intellectuel, dont ‘élément idéatif est le symptôme principal. Quant à l'élément émolif, il est secondaire et provoqué par l’idée obsédante, dont il r'eprésente une Simple réaction.
1. Régis, Les neurasthénies psychiques, in Journal de médecine de Bordeaux 1891. Voir aussi, du même auteur, Manue pratique de médecine mentale, 2° édition.
Aù Congrès de Moscou, 1897, MM. Pitres et Régis ont précisé davantage encore cette manière de voir en rangeant le syndrome actuel dans la catégorie des « Etats obsédants avec anxiété systématisée ou monophobique ».
AT émotive, dit-il, a « un aspect clinique absolument compa-
rable à celui des édées obsédantes, des délires émot.fs ». Il s’agit là, dit-il encore, « d’une concentration de l’atten” tion involontaire sur l’idée pathologique empêchant l’exercice de l’attention volontaire dans d’autres directions, par une sorte d’aboulie fréquente chez les obsédés (1). »
M. Blocq (2) et M. Pierre Janet (3)se rallient également à l’opinion de M. Régis, dans les mêmes termes que M. Séglas.
M. Grasset, à propos de son malade, s’exprime ainsi : « Si le malade ne marche pas à certains moments, c’est par appréhension : l’idée qu’il marche mal, qu'il ne peut pas marcher, qu’il ne marchera pas, s’est peu à peu implantée dans son cerveau. Cette idée prend plus d’importance quand il se sent regardé... Cette idée fixe rentre du reste dans celles que Janet appelle subconscientes. Le malade ne s’en rend pas compte, mais il s’auto-suggère son impotence et son impotence devient réelle ».
M. Mirallié observe également que son malade « est convaincu qu’il ne quérira jamais ».
De même le malade de M. Ladame, que nous revendiquons comme basophobe, « a l’auto-suggestion quil ne peut pas marcher... Il va sans dire, ajoute M. Ladame, que tant que le malade sera sous l’empire de cette sug-
gestion, il ne pourra pas marcher ».
1. Séglas. Leçons cliniques (1887-1891), lecons sur l’astasie el l’abasie émotives et sur l’obsession.