‹ De la Staso-BasophobieChapitre 23 sur 58 · IV. — Et ainsi l'existence d'idées fixes ou obsédantes · texte numérisé non relu

IV. — Et ainsi l'existence d'idées fixes ou obsédantes

ayant été reconnue chez nos malades, le pouvoir de ces idées étant bien établi, il nous reste à nous demander non Seulement comment elles peuvent naître dans l'esprit du basophobe mais encore comment elles peuvent s’y maintenir et s’y fixer.

Or les idées du basophobe naissent comme naissent les idées fixes quelconques et même comme naissent nos idées normales.

Elles sont le résultat d’un objet sur un sujet donné.

L'objet, le monde extérieur ‘est le même pour le malade et pour l’homme sain,

Mais le malade hystérique, neurasthénique, névropathe ou simple débile, n’est pas le même que l’homme normal. En ce qui concerne le basophobe en particulier, il a tout un état sensitif, mental et moral qui le prédispose à la basophobie,

Le AO

D’abord l’état de la sensibilité est généralement profondément modifié.

Chez les tabétiques il est très altéré. Ces malades ont de la diplopie, une amblyopie généralement progressive, du retard de la sensibilité. La sensibilité cutanée et la kinesthésie qui ont une telle importance pour la marche et la coordination des mouvements sont particulièrement altérées. De là l’ataxie, l'effondrement.

Le simple neurasthénique n’a aucun de ces troubles, mais il est, d’après la définition même de sa névrose, dans un état de faiblesse irritable, c’est-à-dire, dans un état d’hypéresthésie telle qu’il éprouve des sensations douloureuses pour les moindres mouvements. De plus il a de l’amyosthénie.

De méme notre débile (observ. XI), après ses accès rhumatoïdes et son long repos au lit a éprouvé en se levant des sensations auxquelles il n’était pas habitué et notamment une sensation de faiblesse très explicable par le repos.

Or ces sensations aboutissent dans une intelligence elle aussi plus ou moins altérée et affaiblie. Arrivées Émeltes sont nécessairement mal interprétées, dans le sens de la paralysie, et le malade réalise ainsi une véritable impotence.

Ainsi donc sensations spéciales chez les malades et élaboration intellectuelle de ces sensations, telles sont les origines de ces idées fixes.

C’est là l'opinion qu’exprime d’abord M. Binswanger en disant que les sentiments pathologiques des organes

entretiennent l’idée hypochondrique ou encore que des

De causes bien définies forcent la pensée de s’occuper exclusivement de l’impotence figurée motrice et statique.

On peut, dit-if encore, se représenter cette pathogénie selon le «Pathema », Leidenschaft, de Spinoza, et à la manière des « Intentions Psychosen » de L. Mayer par un procès pathologique assez compliqué se démontrant par des faiblesses, par des vertiges, etc. M. Binswanger revient donc à Spinoza pour expliquer Pobsession dont souffriraient les malades, la façon de penser de ces majades subirait l'influence décidée de leurs idées mélancoliques entretenues par leursorganes souffrants.

À la suite de M. le professeur Pierret et du Dr Rougier (1), M. Parisot insiste pareillement sur le rôle de la sensibilité dans les opérations psychiques chez les tabétiques dont les extrémités nerveuses et les centres ganglionnaires ont été intéressés et il pense que leur délire mélancolique est précisément fondé sur les aberrations des opérations sensilives, conformément à la maxime aristotélique: ANrhïl est in intellectu quod non préus f'uerit in sensu.

Le rappel de cette maxime est certainement très légitime ici, à la condition toutefois d’y ajouter le correctif de Leibnitz: nisi ipse intellectus. Nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu, nisi tpse intellectus. En effet, tous les tabétiques éprouvent les mêmes sensations, mais tous ne font pas de Ja basophobie,

IT faut donc, pour engendrer la phobie, outre les sen-

1.Rougier. Lypémanie el délire de persécution chez les tabétiques, thèse de Lyon, 1882.

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