‹ De la Staso-BasophobieChapitre 24 sur 58 · SC · texte numérisé non relu

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sations, une prédisposition intellectuelle spéciale, zpse intelleclus.

M. Parisot analyse d’ailleurs très bien ces sensations et l’état mental des tabétiques: « Le tabétique, dit-il, à des perceptions erronées ou incomplètes, trop connues pour qu'il soit nécessaire d'insister. La diminution de la sensibilité plantaire, par exemple, lui interdit de se rendre un compte exact de la nature du sol qu’il foule, souvent ila perdu la notion de position qu'occupent ses membres inférieurs, et le degré de contraction de ses muscles, leur condition, comme dit Duchenne, lutéchappe. Ces perceptions atténuées ou fausses, tributaires des troubles des sensibilités cutanées, ariiculaires, dépendent de lésions organiques bien étudiées, qu’elles soient spinales ou névritiques. La vue de sa propre incoordination, la constatation quelquefois de l'effondrement subit de ses jambes, enfin ses sensations vertigineuses multiples concourent à faire germer dans le cerveau du tabétique un doute sur la sécurité que lui offre la station debout ou la marche, et ainsi se développe en luil’idée de la possibilité d’une chute. Il la craint cette chute, et rien malheureusement dans ses sensalions n’est capable de lui ‘rendre confiance, bien au contraire! Il a beau chercher à lutter contre la peur qui lenvahit, il ne trouve pas en ‘lui de quoi soutenir cette lutte, sa volonté devient défaillante et la peur de tomber en marchant, la basophobie, s'installe en maîtresse dans son cerveau ».

M. Parisot rappelle également le travail dans lequel Hirschberg signale les idées d’obsessions qui, sous forme

de différentes phobies, s’observent fréquemment chez les

«NAS tabétiques. Puis il ajoute : « Pour moi il ne s’agit pas ici d’une phobie quelconque développée chez un neurasthénique tabétique, mais j’aperçois un rapport très direct entre l’expression clinique de cette phobie et l’ataxie elle-même ; l’une est engendrée par l’autre sans lui être toutefois personnelle ; ce sont précisément les sensations liées aux troubles moteurs, qui créent, dans le cerveau du malade, la basophobie ».

Dans son ouvrage sur /es Peurs maladives et sous le titre de : « Pathophobie chez les ataxiques, » M. le D' Gélineau exprime uneidée analogue : « Au bout d’un certain temps de maladie et en s’apercevant de la marche lente et implacablement progressive de la maladie, en voyant leurs muscles impuissants à les soutenir, à leur obéir dans les actes les plus essentiels de la vie, en sentant plus tard des mouvements désordonnés se manifester sans qu'ils puissent les réprimer, les ataxiques sont assombris par de l'inquiétude et des idées noires sans cesse grandissantes. Ils deviennent craintifs… En un mot, ce sont sur la fin de véritables Pathophobes et de l’espèce la plus fâcheuse, parce que ce courant d'idées tristes aggrave encore l’état déjà si misérable de ces infortunés et que cette préoccupation et la conscience de leur impuissance mettent de plus en plus obstacle au bon fonctionnement et à la coordination de leurs mouvements » (1).

D'ailleurs cette théorie de l'élaboration intellectuelle

de l’obsession basophobique d’après des sensations don-

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