SOL
® On sait, en effet, que la crampe des écrivains napparait que quand le malade écrit; tous les autres mouvements de la main restent possibles.
Ainsi spécialisé ce trouble offre donc la plus grande analogie avec la staso-basophobie qui est un trouble de la motilité inférieure limité aux fonctions spéciales de la marche et de la station.
Mais on trouve également des spasmes fonctionnels relatifs à cette double fonction. Les crampes des danseurs ou plutôt des danseuses sont bien connues etse rapprochent beaucoup de notre sujet. Enfin — et ceci rentre tout à fait dans notre sujet — Rivers (1) à signalé la crampe des marcheurs, analogue, nous le répétons, à la crampe des écrivains.
Le diagnostic entre cette crampe des marcheurs et la staso-basophobie sera facile. On le fera surtout d’après la profession du marcheur, d’après l'absence d’angoisse et enfin d’après ce fait que le repos est le meilleur pour ne pas dire le seul remède. Or le repos ne quérit pas et n’améliore même pas le basophobe, au contraire.
VI. — La méralgie paresthésique de Roth offre aussi quelque ressemblance avec la basophobie par accès en ce qu’elle aboutit à l'arrêt plus ou moins, brusque du malade.
Mais elle s’en distingue essentiellement par l’ensemble de ses autres symptômes.
En effet, cette affection consiste en troubles de la
sensibilité dans la zone du nerf fémoro-cutané: engour-
1, Rivers. (Brain, 1891, 53.)
dissement siégeant en un point limité, situé à l’union du tiers moyen et du tiers inférieur de la région externe de la cuisse, qui se transforme en fourmillement èt s’étend sur toute la région innervée parle fémoro-cutané : cryesthésie; anesthésie subjective, compliquée parfois d’une sensation bizarre de corps étranger; déminution de la sensibilité (contact, température) ; douleurs subjectives ayant la rapidité et l'intensité de douleurs fulgurantes, survenant par accès, à la suite de fatigues.
La méralgie est généralement unilatérale ; elle atteint surtout les sujets que leur profession oblige à de longues marches, à des stations debout prolongées et paraît dépendre de la congestion des vasa nervorum.
VIT, — La maladie de Thomsen.peut simuler certains cas de basophobie par accès, notammént des cas analogues à ceux de MM. Grasset et Mirallié où le malade éprouve des difficultés à se mettre en marche lorsqu'il en reçoit l’ordre.
Cette maladie, en effet, se manifeste cliniquement par des spasmes musculaires survenant au début des mouvements volontaires. Mais c'est là ur caractère bien particulier de ce phénomène de ne survenir qu'au début des mouvements. Lorsque ceux-ci ont été répétés un certain nombre de fois, lorsque les membres «se sont échauffés », on cesse de l’observer. De plus ce spasme existe pour tous les mouvements aussi bien dans le décubitus que - pour la marche, Il est même augmenté dans le décubitus sur le dos. Il existe aussi bien aux membres supérieurs qu'aux membres inférieurs. Contrairement à la
basophobie qui se présente parfois sous forme de contrac
+ Cite
tures, mais le plus souvent sous forme paralytique, le syndrome de Thomsen se présente constamment sous la forme tonique. Parfois même au repos les muscles sont « durs comme du bois ». Il est congénital. Il y a hypertrophie musculaire. Enfin si le syndrome est augmenté par les émotions, il ne s'accompagne pas nécessairement
d'émotion.
$ 3. — TyPE ATAXIQUE.
I. — La basophobie du type de démarche ataxique pourra d’abord être confondue avec le tabes. Mais la perte du sens musculaire, l’abolition des réflexes, les troubles oculaires, les douleurs fulgurantes, enfin la marche de la maladie et les antécédents du malade forment un ensemble qui doit empêcher toute confusion entre cette maladie organique et le syndrome qui nous occupe.
II. — La maladie de Friedreich pourrait peut-être offrir plus de difficultés à cause de la titubation, Or nous avons vu qu’une malade de M. Dupré était non seulement légèrement incoordonnée mais titubante.
Mais, dans le maladie de Friedreichil y a embarras de a parole et nystagmus qui n'existent pas dans la basophobie.
De plusles membres supérieurs présentent à l’occasion d2s mouvements volontaires, un tremblement assez analoque à celui de la sclérose en plaques (fremblement tntentionnel).
Enfin la maladie de Friedreich est généralement une
maladie familiale et débute dans l’enfance ou à la puberté.
I. — Quant à l’ataxie hystérique elle sera facile à distinguer en ce qu’elle est due à la perte de la sensibilité des membres inférieurs.
Elle ne se manifeste d’ailleurs que pendant locclusion des yeux. |
IV. — Dans l’ataxie cérébelleuse due le plus souvent à une tumeur, les principaux symplômes concomitants sont la céphalalgie, les verliges,les vomissements et les troubles de la vue.
Mais la céphalalgie est toujours occipitale et par cunséquent ne ressemble en rien à la céphalalgie du basophobe neurasthénique, inconstante d’ailleurs, surtout dans le cas d’hémineurasthénie. è
Les vertiges qui constituent un des traits les plus caractéristiques des tumeurs cérébelleuses sont loin d’être constants dans la stasobasophobie,
Les troubles de la vision consistent dans les tumeurs cérébelleuses, en une amblyopie constante et même progressive. Il n’y a donc là rien de comparable aux brouillards qui passent devant les yeux des neurasthéniques.
Enfin nous avons parfois observé des nausées, mais jamais de vomissements chez nos basophobes.
Mais nous avons dans l'attention volontaire un signe pathognomique qui nous permettra de différencier entre eux les deux syndrômes.
En effet, dans l’ataxie cérébelleuse, c’est la coordination automatique du cervelet qui est altérée, Et, si le malade ne fait pas attention, il perd constamment l’é-
quilibre. Aussile malade prête-il la plus grande attention
à sa marche et parvient-il, au moins au début de la maladie, à corriger ses oscillations involontaires par des mouvements volontaires ramenant le corps dans la bonne position.
C’est justement le contraire qui se passe chez nos basophobes. Livrés parfois à leur pur automatisme, ils marchent bien, Au contraire, s’il prêtent attention à leur démarche, alors ils se troublent et deviennent incoor-
donnés.