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dernier eflort, il parvient à sortir et rentre cinq minutes après suant et haletant comme s’il eût franchi en couran plusieurs kilomètres et fort étonné lui-même de ce qu'il venait de faire.
« Les exemples de cette impossibilité se reproduisaien à chaque instant. Le malade avait-il le désir d'aller au théâtre, il ne pouvait vouloir y aller; était-il à table à côté de convives aimables, il eût voulu prendre part à la conversation, mais toujours là même impuissance le poursuivait.
« Nous arrivâmes à Rome le jour même de l'élection de Pie IX. Mon malade me dit : « Voilà une circonstance « que Jj’appellerais heureuse, si je n’étais pas malade. Je < voudrais pouvoir assister au couronnement ; mais je ne « sais si je pourrai : J'essayerai ». Le jour venu.….., il fit un grand eflort et parvint à grand peine à descendre. Mais dix jours après, à la fête de Saint-Pierre, les mêmes préparatifs, les mêmes efforts n’aboutirent à aucun résultat.. En effet, il lui fut impossible de venir à la cérémonie ».
Cette citation nous montre très bien la différence qu’il y a entre cet accident dysbasique de l’aboulie et la basophobie.
Dans les deux cas, le système musculaire et les orga- - nes du mouvement sont intacts du moins chez laboulique, et suffisants chez la basophobe, pour permettre la marche et la station.
Mais, chez l’aboulique, il n’y a pas l’idée qu’il ne peut Pas marcher ni l’angoisse concomitante qui caractérise la
basophobie. On remarquera de plus qu'il n’est pas asta-
cru
sique et qu'il ne s’affaise jamais. De plus ses accès le prennent n'importe quand, indifféremment et non pas dans certaines circonstances déterminées et toujours les mêmes, comme cela arrive aux tabétiques et aux hémiplég'ques basophobes.
Quant à la cause de cet état, M. Ribot l’attribue à un défaut d’excitation. « Si ces malades, dit-il, ne peuvent vouloir, c’est que tous les projets qu’ils conçoivent n’éveillent en cux que des désirs faibles, insuffisants pour les pousser à l’action ». Cette raison s’accorderait assez avec un fait rapporté dans l’observation. « En arrivant à Lyon, au retour, notre malle-poste passa par-dessus une femme que les chevaux avait renversée: Mon malade recouvra toute son énergie et, sans attendre que la voiture fut arrêtée, rejetason manteau, ouvrit la portière ct se trouva le premier descendu près de cette femme ».
IV. — La claudication intermittente ischémique de Charcot (1) est constituée par une douleur survenant dans un des membres inférieurs après quelques minutes de marche, douleur intense, caractérisée par des sensations de fourmillement et d’engourdissement extrêmement pénibles, puis par une contracture douloureuse qui oblige le malade à s’arrêter et à s’asseoir. Le membre est froid, pâle, cyanosé, insensible ; on y perçoit à peine les battements artériels. Après quelques instants de repos, ces accidents disparaissent pour se renouveler dès que le malade commence à marcher. C’est un phénomène symptomatique de l’altération des vaisseaux dans lartério-
1. Charcot. Leçons du Mardi, 13 décembre 1887. Progrès médi- . cal, 1888, d
= 8gr éclérose. Il tient à un rétrécissement du calibre de l’artère nourricière d’un membre, rétrécissement progressif, dû soit à une thrombose lente, soil à l’artérite oblitérante progressive, pouvant aboutir à l’oblitération du tronc artériel et à la production de gangrène.
La claudication intermittente ressemble donc à la stasobasophobie ou plutôt à la basophobie par accès, par l'arrêt plus ou moins brusque qu’elie impose au malade. Mais elle en diffère en ce que cet arrêt, précédé de douleur, survient toujours après quelque temps de marche, contrairement à ce quise passe dans la basophobie où l'arrêt survient sans douleur, aussi bien au début de la marche qu’à tout autre moment. De plus dans la claudication intermittente, il n’y a pas d'angoisse ; le malade éprouvant dè la douleur et de la fatigue, s’asseoit, se repose, puis se relève sans crainte. Enfin les phénomènes qui sepassent du côté du membre par suite de Pischémie et l’artério-sclérose du sujet atteint de claudication intermittente, achèvent la distinction entre cet accident et la basophobie par accès.
V. — En dehors de toute artério-sclérose, les auteurs distinguent sous les noms de spasmes fonctionnels ou professionnels, de crampes professionnelles, certains spasmes constitués à la fois par de la paralysie et des convulsions.
On comprend, en effet, sous ces noms une série d’états dont la crampe des écrivains est le type et qui consistent en divers troubles de la motilité produits par un fonctionnement musculaire. donné et à l’occasion de ce
fonctionnement.