PHYSIOLOGIE
La physiologie concernant les accidents laryngés par compression nerveuse ‘est encore entourée d’une grande obscurité, La clinique, l'examen laryngoscopique, les diseussions dans les revues, les congrès, rien n'a été épare gné par les physiologistes et les médecins. Chacun a apporté sa théorie et chacun a fait à la théorie des autres les plus sérieuses objections. L’expérimentation a été largement pratiquée, mais elle est bien loin de ‘suffire à lever tous les doutes.
Qu'on veuille sectionner le pneumogastrique ou le récurrent, les résultats primitifs seront essentiellement variables d’une espèce animale à une autre. Tantôt, comme chez le chien, le cheval, où aura une occlusion de la glotte ; tantôt, comme chez le chat, une’ouverture complète.
Ces résultats värieront encore avec l’À âge de l'animal, et c’estlà un point important dont la raison se trouve dans la conformation et le diamètre de la qlotte.
Enfin, les résultats ohtenus varieront encore. suivant: que” l'animal soumis-à- l’expérimentation,: sera: où ne: sera pas sous l'influence d’un anesthésique (Franklir
ares
Hooper) (1), suivant encore la nature de cet anesthésique ou de l'excitation, suivant que celle-ci sera plus ou moins intense, plus ou moins prolongée.
En attendant, il faut savoir se contenter des travaux d'attente que les physiologistes les plus récents nous ont donnés et essayer de s’orienter dans leurs indications souvent contradictoires.
Le larynx est l'organe de la phonation, et c’est pour exercer qu'il a été surajouté par la nature aux voies respiratoires; mais l’exercice de cette fonction gêne en même temps le passage de Pair, à l’inspiration comme à Pexpiration. |
On sait que ce sont deux membranes vibrantes, les cordes vocales, qui assurent la phonation. Ce sont celles qui, lorsqu'elles se contractent sous linfluence d’un groupe de muscles, apportent une entrave à la respiration. Ce sont donc elles qui à l’occasion d’un état pathologique particulier seront toujours la cause des accidents laryngés que nous décrivons plus loin.
Mais, comme en prévision d’une pareille menace, la nature nous à pourvus dun appareil musculaire chargé de lever cette entravé, de parer aux accidents et de veiller à ce qué la respiration puisse s'exercer librement sans l'effort de la volonté. |
Ce sont les crico-arythénoïdiens postérieurs, muscles dilatateurs, qui sont chargés de cet office; aussi consti-
tuent-ils le groupe respiratoire.
1: Transact. of the americ. laryng. assoc., vol. VII, expérience confirmée par Semon et Horsley: British med. Journal, 23 août 1886.
, ss
L'autre groupe appelé phonatoire est composé de qua- . tre muscles constricteurs : |
1° L’adducteur latéral ou crico-aryténoïdien latéral;
2° L’adducteur médian ou crico-aryténoïdien ;
3 Le thyro-aryténoïdien ; |
4 Et le crico-thyroïdien, tenseur des cordes.
Comme leur nom même l'indique, ils s’insèrent tous, sauf le dernier, au cartilage aryténoïde qui est, pour ainsi dire, le pivot. Il en résulte que si ce cartilage n’avait comme moyen de fixité que ses ligaments, il serait en équilibre instable à la moindre contraction de tel ou. - tel muscle. Aussi ce cartilage trouve-t-il « une fixation : relative dans la contraction simultanée et antagoniste des : divers groupes musculaires qui s’insèrent à sa base », Jelenffy (1) et après lui Paul Raugé (2) ont particulière- . ment attiré l’attention sur cette synergie fonctionnelle.
« C’est surtout au moment de la tension de chaque. corde que cette synergie est, pour ainsi dire, de rigueur. . La contraction du thyro-arythénoïdien interne ne peut en effet être employée à attirer en avant le cartilage aryténoïde fixé en arrière par le crico-aryténoïdien postérieur ; elle ne peut non plus, agissant par lintermé-. diaire de l’aryténoïde, faire basculer en haut et en avant. la partie postérieure du cricoïde, et en bas ct en arrière
sa partie antérieure, puisque la contraction du crico=:.
1. Ueber die Fixation der Arytenoïdknorpel Während der phonation. Wiener med. Wochenscher., 1872. pu 2. Physiologie normale et pathologique des muscles du larynx,
Lyon, 1890.