Wirchows Archiv., t. XXVIL, p. 68 el
tain temps, on n’aa pu trouver que de très légères altéra-
tions de ces muscles.
OBSERVATION III (Résumée).
Riegel (Berliner Klini. Wochenschr., 1872.)
Enfant, 6 ans, scrofuleux. Croyant au croup, les parents l’auraient dans le temps transporté à l'hôpital pour une affection qui a été mal définie. L'enfant avait alors une dyspnée extrême et sa voix était claire, paraît-il. A l’occasion d’une bronchite, l'enfant est repris de dyspnée. La trachéotomie devient nécessaire. Soulagement. Respiration libre ; mais peu à peu l'infiltration pulmonaire s'étend et la mort arrive.
Autopsie. — Le récurrent gauche passe à travers un gros paquet de glandes lymphatiques tuméfiées ; derrière la crosse aortique, entre l'œsophage el la trachée, le nerf est fixé d'une façon immobile à la trachée par un tissu dur qui le comprime. Le récurrent droit passe également derrière un paquet de glandes engorgées, il est fixé lui aussi par du tissu fibreux à la courbure de l'arlère sous-clavière droite: les garglions bronchiques présentent une masse caséeuse friable, les deux muscles c1icoaryténoïdiens postérieurs sont alrophiés.
L'examen microscopique montre également l’atrophie des fibrilles musculaires avec perte des stries horizontales ; tous les autres muscles du larynx sont normaux. Dans les deux nerfs à partir des points de compression, on constale au microscope l’atrophie des filets nerveux avec dégénérescence graisseuse ; cependant on découvre en même temps des filets nerveux in-
tacts et sains.
ne
Nous croyons donc pouvoir répéter en terminant: dans tous les cas où une lésion matérielle, telle qu’une adénopathie, a agi sur les tronçs nerveux et déterminé une sténose laryngée,ce sont là les seules lésions que l’on puisse
rencontrer. Le reste du larynx est parfaitement sain.
ÉTIOLOGIE
Les nerfs laryngés font partie d'organes qui sont particulièrement exposés à recevoir la répercussion de lésions nées dans des organes voisins, et contre lesquelles leur sensibilité propre réagit à leur manière.
Ce malheureux privilège leur vient de leur disposition anatomique, de leur trajet; ils le doivent encore aux organes importants qu'ils côtoient, et qui, par les altérations pathologiques dont ils sont fréquemment atteints, constituent de mauvais voisins. |
Au point de vue précis qui nous occupe, il est un voisinage qui doit appeler notre attention. C’est celui des chaînes ganglionnaires, avec lesquelles le récurrent et le pneumogastrique entrent en rapports. Dans la région cervicale, la chaîne péri-trachéo-laryngienne ; dans le médiastin, avec les ganglions trachéo-bronchiques.
Jusqu'ici les auteurs ont surtout décrit les compressions produites par.ces ganglions, soit sur les voies respiratoires et pulmonaires, soit sur les vaisseaux, soit enfin sur le tube digestif.
Ils ont bien étudié la compression même de ces nerfs ;
mais ils n'ont pas prêté une égale attention aux accidents laryngés qui en découlent. é
Après la compression des voies respiratoires, la plus fréquente est certainement celle des nerfs. Sur les 100 cas d’altération tuberculeuse des ganglions trachéo-bronchiques que Barety a recueillis dans sa thèse, il a noté vingt fois les nerfs récurrents et preumogastriques, soit adhérents, soit comprimés,
Il serait intéressant de rechercher suivant quelle proportion les accidents laryngés surviennent dans les cas de compression nerveuse. Mais jusqu'ici un grand nombre d'auteurs trop peu avertis, ont laissé passer bien des cas qu'ils ont faussement interprétés et qui très certainement eussent dû rentrer en ligne de compte, Ainsi nous verrons, en étudiant le diagnostic, que souvent la paralysie des deux récurrents à été prise pour un œdème glottique.
Enfin beaucoup, et des plus éminents, ont parfaitement su rattacher certains accidents laryngés à l’adénopathie trachéo-bronchique qu’ils ont vérifiée ensuite à l’'autopsie ; mais ils ont omis de rechercher en quel état se trouvaient les pneumogastriques et les récurrents et ils ont pu ainsi passer à côté d’une compression qui pouvait très bien exister.
Il en résulte que la statistique qu’il serait désirable de voir dresser, $erait encore aujourd’hui trop exposée à manquer d’exactitude.
Combien de fois les nerfs laryngés sont-ils lésés, à gauche ? à à droite? Combien de fois la lésion est-elle bila-
térale ? Est-elle plus fréquente chez l’homme que chez la
2Soguie
femme? C’est ce que pourrait nous apprendre cette statistique. Que le fait soit relativement rare des deux côtés à la fois, et que les hommes en soient plus fréquemment atteints que les femmes, c’est du moins ce que les auteurs supposent. Que le côté gauche soit le plus souvent altéré, c’est ce qui est démontré en ce qui concerne la compression par les tumeurs anévrysmales. Une vérification minutieuse ne serait pas inutile pour ce qui touche les tumeurs ganglionnaires.
Si on considère, en effet, la disposition anatomique des ganglions, leurs rapports avec le pneumogastrique et le récurrent, on trouve à droite une cause de compression plus fréquente. |
Sans doute, c’est à gauche que le groupe inférieur des ganglions péri-trachéo-laryngiens atteint à l’état pathologique le plus gros volume ; sans doute encore, les ganglions rétro-sterno-claviculaires sont à gauche situés plus profondément que ceux de droité, ils entrent directement en rapport avec le récurrent et le pneumogastrique, au niveau de la crosse aortique ;
Mais, d'autre part, il faut considérer que :
1° Les ganglions péri-trachéo-bronchiques droits sont plus importants que ceux de gauche et que tout contribue à leur assurer cette importance : leur volume normal plus considérable, leur plus grande facilité à s’hypertrophier et à dégénérer, enfin, leur rapport avec: en arrière le pneumogastrique, en haut le récurrent qui contourne en cet endroit l'artère sous-clavière ;
2° Le groupe inter-trachéo-bronchique est plus important à droite qu’à gauche. Aussi trouve-t-on souvent le
L4 Jo 5
ai pneumogastrique droit accolé aux ganglions sus-pronchiques de ce côté;
3 Cest toujours à droite que Baréty a signalé le ganglion sous-bronchique drcit moyen, remarquable par sa constance, l'intensité de ses lésions, et la fréquence avec laquelle on le voit adhérer plus où moins au pneumogastrique droit comme au péricarde et à la bronche droite.
Une circonstance plus importante est celle de l’âge.
Il va sans dire que la constitution anatomique du larynx chez les enfants leur crée une prédisposition à ressentir ces accidents, non seulement avec plus de fréquence, mais avec un caractère plus saillant,
Nous verrons au chapitre physiologie que, le diamètre de la glotte étant plus petit, l’excitation d’un récurrent produira chez les jeunes sujets des accidents de suffocation très menaçants, que l’adulte ne connaît pas au même degré.
Enfin le jeune âge est sujet à des maladies comme la coqueluche, la rougeole, dont on connaît malheureusement trop l’influence ficheuse sur d’adénopathie !
Nous verrons que c’est encore à l’occasion d’une excitation, d’une frayeur, d’un éclat de rire, d’un réflexe parti par exemple, du naso-pharynx, qu’éclatera la crise spasmodique. La prédisposition créée par l’état du système neryeux ne perd pas plus ses droits dans cette affection
que dans toute autre.