PREMIÈRE PARTIE
STÉNOSE GLOTTIQUE CHEZ L'ADULTE.
L’accès de spasme glottique chez l’adulte peut débuter brusquement sans qu'aucun symptôme laryngé l'ait préalablement annoncé.
Le malade qui est ainsi atteint si subitement était allé à son ouvraçe le matin; en rentrant le soir il se couche bien portant, et c’est souvent dans le cours de son sommeil que l'accès vient le surprendre. C’est à peine s’il s'était aperçu qu'il avait maigri depuis quelque temps, et qu’il toussait un peu le matin. C’est alors dans ce cas la première manifestation d’une phtisie qui va éclater, et qui pourra revêtir les allures d’une phtisie galopante. On comprend donc combien il est important de bien reconnaître la nature de ces accidents.
Il arrive encore que c’est dans le cours d’une tuberculose nettement diagnostiquée, souvent même à la période ullime, que le spasme glottique se montre pour la première fois : une toux quinteuse, des vomissements sont alors fréquemment des signes précurseurs de ce spasme.
Enfin, dans certains cas, lorsque le malade est pris d’un accès, 1l était porteur, depuis quelque temps déjà, d’une
paralysie unilatérale du larynx, se traduisant au point de
DURS vue fonctionnel, par un léger enrouement, une dysphonie, ou même une aphonie complète (Voir Obs. VII). Si le plus souvent, une émotion, un eliort, un réflexe quelconque suffisent à faire éclater le spasme glottique, il est quelquefois impossible d’en trouver la moindre cause ini-
tiale; et cela, quel que soit l’état général du sujet.
Après certains chatouillements laryngés, quelques secousses de toux impérieuses, l’accès débute avec une brusquerie presque toujours constante. La dyspnée se développe alors avec une intensité telle que l’on est en droit de poser l'intervention immédiate. L’inspiration est pénible, saccadée, sifflante ; le malade fait des efforts pour faire rentrer l’air dans sa poitrine qu’il tend en avant, il s’accroche,à la manière des asthmatiques, aux objets qui l’environnent, la tête renversée en arrière ; les ailes du nez battent; la face devient vultueuse, les veines tendues, les yeux largement ouverts indiquent l’angoisse et l’anxiété. Puis, comme pour se reposer de cette inspiration dont la longueur est extrémement variable, il se laisse aller à une série d’expirations courtes. Un bruit de cornage se fait souvent entendre à l'inspiration, et l'examen
du thorax montre un tirage des plus manifestes.
Si le malade n’en est pas à son premier accès, il compte sur une terminaison favorable, qu'il sait devoir venir comme pour les précédents au bout de quelques secondes ou d’une minute ou plus. Celle-ci survient en effet peu à peu. Les inspirations deviennent de plus en plus faciles, la dyspnée fait place à une respiration tranquille, etencore tout baigné de sueur le malade entre dans une période
ER derepos qu'il a peur de troubler par le moindre mouvement.
D'autres fois c’est avec la soudaineté du début que l'accès se termine, au moment même de son acmé. Il se fait une détente subite, qui laisse le malade comme étour di, sans connaissance. Peu à peu, il reprend ses sens et sa respiration redevient normale.
Enfin le sujet peut rester dans un état particulier qu’on a qualifié d’état d’imminence d’accès spasmodique. Le spasme dglottique ne disparaît pas alors complètement ; c’est l’intensité seule de l’accès qui a diminué. De nouvelles crises dyspnéiques peuvent survenir d’un momen à l'autre et reprendre une intensité variable. Cet état peut ainsi durer de quelques jours à plus d’uné semaine,
Mais la terminaison n’est pas toujours aussi favorable. Lorsque le spasme glottique est venu se greffer, par exemple, sur une paralysie du crico-arythénoïdien postérieur déjà existante, il n’est pas rare de voir la dyspnée persister.
L’asphyxie alors ne tarde pas à se montrer avec tout son cortègé symptomatique, pour aboutir promptement à un dénouement fatal.
Il n’est même pas nécessaire que l'accès spasmodique se mêle à une paralysie ; à lui seul, l’accès isolé peut donner la mort, et souvent du premier coup.
C’est ainsi que M. Gouguenheim (1), en décrivant une forme de sténose neuropathique qu’il appelle transitoire,
et qui n’est que trop souvent définitive, a pu dire : « Il