OBSERVATION XVI
Bourgeois d'Etampes (d'après Krishaber), 30 mai 1874.
Un enfant d'une dizaine d'années portant des traces de tumeur scrofuleuse au cou et sur lequel on n'avaitjamais remarqué des difficultés respiratoires quelconques, ni d'altération de
a voix, est pris subitement de cornage et meurt en quelques”
heures.
Autopsie. — On constate une tumeur ganglionnaire derrière
le sternum qui englobe les deux récurrents.
Enfin on voit des enfants venir au monde affectés déjà de ce symptôme. Pendant plusieurs mois, plusieurs années même, ils peuvent ne le laisser entendre qu’à certains intervalles irréguliers. Leur santé semble satisfaisante, puis tout à coup ils succombent : soit à un spasme subit de la glotte, soit à une broncho-pneumonie (Obs. XII), soit à une méningite tuberculeuse comme dans l’observa- Üon ci-dessous. Le cornage avait cependant disparu, mais l'autopsie vient démontrer que le récurrent n’avait pas
cessé d’être comprimé.
OBSERVATION XVII Rilliet. Tome I, p. 485, 2 éd.
« Petite fille, très délicate, âgée de 3 ans, présenta dès sa naissance, ce singulier stertor, qui dans les premiers temps était presque continu; mais il redoublait toutes les fois que l'enfant s'agitait : il était cependant plus marqué pendant le sommeil et dans le décubitus horizontal que dans la position assise. Le stertor était plus sec qu'humide ; il se rapprochait d'un gros ronflement ; il avait lieu dans les deux temps, mais surtout dans l'inspiration... La percussion était aussi notablement mate à la parlie supérieure du sternum. Malgré la persis= tance du stertor qui, très intense pendant les premiers mois, diminua :gradueilement ensuite, l'enfant était très prospère, elle avait bon appétit et digérait bien : elle engraissait, son teint était excellent. Jamais l'auscultation n'a révélé aucun
LS; Sr symplôme du eôté de la poitrine; le son est toujours resté clair; ce n'est guère qu’à l’âge de dix mois que le stertor a diminué, puis disparu. Sous l'influence d’un traitement composé de tannin et de potassium une amélioration sensible se montra. Il y eut une remarquable corrélation entre son administration et la diminution du stertor:; entre sa suspension et la réapparition du symptôme. » Dans ce cas, ajoute Rilliet, on ne peut révoquer l'influence de la compression ; mais cet auteur n’était pas encore fisé sur la nature de l'affection, lorsqu'il rédigea cetle observation. On lrouve au bas de la page la note suivante : « Depuis que cet article a été rédigé, la jeune fille à laquelle nous faisons allusion a succombé à une méningite tuberculeuse. Le stertor qui avait duté pendant plusieurs mois, disparut entièrement à l'époque de l'invasion de l'affection cérébrale, et cependant il était causé par la compression du pneumogastrique, par une masse ganglionnaire bronchique,
comme nous avons pu nous en assurer par l’autopsie. »
La présence du cornage commande donc un pronostic, très réservé, car alors même qu’il ne serait accompagné d'aucun autre symptôme apparent, il indique que le récurrent est comprimé. Quelquefois même, c’est comme dit Empis, «une circonstance fâcheuse pour le malade qui est atteint d’un léger cornage, de ne pas éprouver en même temps d’autres symptômes plus pénibles; car, en se trouvant empêché en rien par le bruit de son inspiration, surtout si le cornage est très peu intense, il n’en continue pas moins ses occupations journalières, il mène souvent une vie trop active ou se livre à des excès de tout genre qui abrègent singulièrement son existence. »
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mi 90 =
Nous arrêtons ici cette description clinique, nous ne voulons pas la clore sans insister une dernière fois sur l'importance capitale de ces deux faits : lapparition
brusque ‘et l’intermittence des symptômes.