‹ De La Sterilisation Des Eaux Pour Les Armées En CampagneChapitre 14 sur 19 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

» Il arrive parfois que certaines eaux pures se colorent » dans le verre 1. Dans ce cas, on emploiera la dose cor- » respondant à cet échantillon.

» Au contraire, un plus grand nombre de verres sera » nécessaire quand l’eau est très chargée de matières » organiques, ou lorsque le titre de l'extrait de Javel est » très affaibli. L’avantage de cette manière d’opérer est » que l’on atteint le but cherché, même dans ces deux cas, » ce qui n’a pas lieu par l’addition d’une quantité fixée » d’hypochlorite. »

Inconvénients du procédé. — Te premier inconvénient est celui pour lequel nous avons été parfois interrogé par ceux qui étaient au courant de nos tentatives de stérilisation, à savoir si l’antiseptique ajouté à l’eau ne pouvait pas, à la longue, créer quelques désordres. II semblerait, en effet, qu’en introduisant une substance chimique active comme l’hypochlorite alcalin, dont les éléments, sous une forme ou sous une autre, persistent dans l’eau de boïsson, on pourrait observer rapidement ou à la longue quelques phénomènes d’intoxication générale. En réalité, nous n’avons jamais observé aucun accident que l’on puisse imputer à cette cause et il n’en n’est jamais parvenu à notre connaissance, provenant des autres régiments.

Un autre inconvénient, à première vue aussi sérieux que ie précédent, c’est le fait d'introduire des quantités notabies d’un réactif chimique, capable de dissoudre les métaux dans une eau qui peut séjourner plus ou moins longtemps dans des récipients étamés, ou de circuler à travers des tuyaux en plomb; c’est M. Bonjean qui, le premier, a signalé cette particularité. Il est parfaitement exact que le chlore attaque le plomb, cependant les conclusions dé-

posées par le pharmacien-major Leclerc, qui s’est livré, à ce sujet, à une série d'expériences, ne laisse pas que de donner une certaine tranquillité à cet égard.

M. Leclerc a constaté que, de deux eaux puisées à la inême source, dont l’une est additionnée d’hypochlorite de soude, si toutes deux laissent dissoudre une certaine quantité de plomb, c’est l’eau chlorée qui en dissout le plus (environ le quart de la quantité totale dissoute dans l’eau pure), au bout d’une heure, l’eau pure auraït dissous 0 m. 002 de plomb, l’autre 0 m. 025. Après 24 heures, la surcharge de plomb dissoute dans les deux cas n’est que de 1/10 de milligramme ; à partir de ce moment, la différence entre les teneurs reste égale à ce chiffre, de telle sorte qu'au bout de 10 jours, un litre d’eau pure a dissous 2 mil. ligrammes de plomb. tandis que l’eau chlorée en a dissous ? milligrammes 4 Au point de vue hygiénique, cette différence est sans importance, car, dans les deux cas, une pareille eau doit être proscrite de l’alimentation. D’après certains auteurs, cet inconvénient n’existerait pas, car l’hypochlorite dissous dans l’eau aurait comme propriété de former à la surface de tous récipients ou tuyauterie en £lomb un enduit protecteur constitué par un péroxyde ‘jui empêcherait toute attaque consécutive, au point que, dans certaines blanchisseries, ce procédé serait systéma- {iquement employé pour l’étamage protecteur des cuves doublées de plomb. Si nous nous reportons aux statistiques, nous ne voyons relaté aucun cas de saturnisme aigu eu subaigu dans tous les endroïts où la javellisation a été longuement employée à titre systématique: Montauban, où le service de santé militaire n’a rien relevé en janvier 1913 ; à Paris; à Avignon, en 1912; à Marseille, ete. etc.

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