CHAPITRE II ARS
L’eau, combinaison chimique à deux molécules d’hydrogène pour une d'oxygène, est un liquide clair, incolore, sans saveur, bouillant au niveau de la mer, à la température de 100°, et d’une densité égale à 1. Telle est sa défimition physique et chimique. Mais il faut lui reconnaître et iui demander, au point de vue physiologique, deux qualités supplémentaires pour en faire un élément d’alimentation: la potabilité et la stérilité.
La potabilité d’une eau résulte d’une harmonieuse proportion dans la faible quantité de produits qu’elle contient en dissolution; soit des sels.
gr. gr.
Carbonate et bicarbonate de chaux ... de 0,050 à 0,300 vhlorupes aitalins. 1.1 ee, de 0,005 à 0,015 Sulfates alcalino-terreux ............ de 6,003 à 0,602 Silices et. silicates ::..:...:..:.1..... de 0,015 à 0,050
Soit des gaz: 6 à 8 centimètres cubes d’oxygène, 15 à 20 d’acide carbonique. Ce sont ces corps, quand leur proportion n’excède sensiblement pas ces chiffres, qui donrent à l’eau ses propriétés digestives, son goût agréable,
GE sa saveur particulière, qui, en un mot, en font une eau cite potable.
Au contraire, la stérilité d’une eau se manifeste par la constatation, au microscope, d’aucun germe végétal ou animal susceptible, en se développant dans le corps de l’homme (intestins ou muscles), d’y provoquer des infections de longues durées, voire même des affections passasères. Toutefois, la stérilité absolue d’une eau ne se rencontre pratiquement jamais; aussi a-t-on classé, d’apres Miquel, les eaux de la façon suivante :
Eau excessivement pure par cc. . . 0 à 10 HART DOUTE EME NA UNREeNRe 10 à IU0 Battre CPE PME EN ER Resr 100 à 1.000 Fanimédiocre ere 1.000 à 10.000 Édu'impure se en eu A0 000 A2F00 000 Éau: très impuré. 000 CT 00000 aime
En nous reportant aux caractéristiques qui définissent l’eau potable et l’eau stérile, il semble, & priori, qu’une eau, pour qu’elle se trouve de nature à servir à l’alimentation des troupes, doit remplir à la fois les deux conditions de potabilité et de stérilité. C’est vrai, mais en campagne, où nous sommes obligés de faire boire aux soldats l’eau qui se trouve dans le voisinage, nous nous résignons à sacrifier l’un des deux facteurs: la potabilité, pour cette .raison qu'il est très difficile de rendre une eau absolument potable, au sens même ide la définition ; que les défauts de potabilité n’entraînent que des affections bénignes supprimées par l’accoutumance, tandis qu’il est très facile de rendre une eau stérile et que les maladies provoquées par ces souillures sont excessivement graves et éloignent toujours l’homme de son rang. Avec une eau qui ne contiendra pas tous les sels auxquels un organisme est habitué,
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tous les gaz qui en facilitent la digestion, l’accoutumance viendra après un temps plus ou moins long, variable avec les réactions individuelles, encore que la majorité n’y prendra pas garde, mais pour une eau qui contiendra de iEberth, par exemple, il n’en est pas de même et on pourra voir (les recherches étiologiques d’épidémies de fièvre typhoïde sont là pour le témoigner) la majorité de ceux qui ont bu de cette eau souillée contracter une dothiénentérie; pour des eaux coliphères, nous avons vu des diar- 1hées s’éterniser dans (des compagnies, diarrhées qui, rebelles à tous traitements, ne disparaïissaïent qu'avec le changement d’eau. Dans notre pays, les parasites de l’eau sont relativement rares, mais, dans certaines zones, leur nombre est, au contraire, assez considérable. Chez nous, les plus fréquents se trouvent être l’ascaris lombricoïde, l’oxyuris vermicularis et le fœænia échinococus, que mous avons rencontrés chez cinq ou six hommes dans le bataillon, et dans une année. Mais, dans la plupart de nos colonies, on trouve une quantité de protozoaires, d’'helminthes, de cestodes, de trématodes et de nématodes, tels que Uncinaria duodenalis-Fasciola hepatica — Tricocephalus trichiurus — Trichomonas vaginalis — Dicrocemecum lanceolatum — Botriocephalus latus, ete...
La flore et la faune microbiennes, qui font de l’eau leur milieu d’évolution, sont peut-être plus nombreuses encore, inais nous ne retiendrons parmi eux que les plus importants : le bacille d’Eberth, le bacille du choléra, le bacille de la dysenterie (bacillus entericus de Chantemesse) et le colibacille.
On pourra objecter que l’état de fatigue, et nous avons eu soin de le dire au début, que les marches épuisantes, les combats sans sommeil et les repas grossiers créent chez