‹ De La Sterilisation Des Eaux Pour Les Armées En CampagneChapitre 9 sur 19 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Nous avons étudié, au cours de nos expériences, une région à relref peu accentué où une légère échelle de collines se terminait en une vaste plaine marécageuse, dont le terrain était constitué par une glaise imperméable recouverte d’une légère couche de sable et d’humus. Nous avons trouvé les nappes d’eau tout près de la surface du sol: la colline fournissait diverses sources dont les eaux s’étendaient ensuite comme en bavant en une immense nappe glissant sur ce fond de glaise jusqu’à la rivière, qui les collectait. En presque tous les endroits, l’eau n’était pas à une profondeur supérieure à 1 mètre 50, particularité fort gênante pour la fabrication des abris souterrains, et l’on fut obligé, pour creuser un puits de 8 mètres contre les obus de gros calibres, d’endiguer, par une construction spéciale, cette nappe d’eau, pour pouvoir alors creuser plus profondément. Les sources sur lesquelles nous avons fait nos expériences étaient, à plus proprement parler, des points d’eau spontanément eréés d2ns la nappe que de véritables sources. Rappelons, pour mémoire, que la région du nord-est de la France jouit, pendant une grande partie de l’année, de pluies fines et continues qui détrem-

pent le sol, désagrègent les nuisances qui y sont déposées, et les entraînent jusqu’à ces nappes souterraines par l’intermédiaire des ruisseaux ou des rivières. Cette part de responsabilités, en ce qui concerne la souillure des eaux de cette région, est plus spécialement le fait de la nature géoeraphique du théâtre de la guerre, mais à côté de cela, subsiste une responsabilité en ce qui concerne la pollution des eaux d’une région qui est le fait de ceux qui participent à cette guerre et qui ont cependant le plus grand intérêt à se préserver contre la contamination éventuelle de ces eaux. Dans les cantonnements les mieux organisés militairenent, c’est-à-dire dans les villages où les habitants avaient été évacués par ordre du Quartier Général, villages dans lesquels tous les tas de fumiers avaient été emportés sur aes terrains d’épandages fort éloignés, où les chevaux inêmes avaient été retirés parce qu’on ne pouvait les abriter suffisamment contre le bombardement, nous avons vu des hommes de troupe se comporter comme si rien n’avait été fait pour satisfaire leurs besoins: à H....., en Woëvre, où notre bataillon séjourna pendant quatre mois, après enlèvement de toutes les ordures du pays, nous avions désigné nous-même l’emplacement des feuillées et de; trous destinés à l’enfouissement des ordures ménagères ; malgré cela, nous avons dû intervenir plusieurs fois pour faire débarrasser divers cantonnements de débris de toutes sortes qui s’y trouvaient, et, plusieurs fois, au début d’un bombardement du village, nous avons eu l’occasion de voir des hommes ramenant rapidement leurs culottes sur ‘es rélns se précipiter, des champs environnants où ils s’étutent posés, dans la direction des abris (de protection. Que dire des cantonnements de passage ; de ces pays où cn une semaine, une quinzaïne de régiments se succèdent,

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