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régiments qui ont fait là leur cuisine, et qui, laissant tout ce qu'ils ne peuvent emporter, abandonnent une quantité d'os, des quartiers de viande, du linge sale, tous déchets qui, en ces plaines humides, ne demandent qu’à fermenter, qu’à pourrir. Nous croyons inutile d’ajouter que, dans cet amas de matières organiques, dans ce riche milieu que représentent ces parcs abandonnés, les colonies microbiennes ne tardent pas à se développer, et quel bouillon de culture boiront ensuite les malheureux qui seraient dans ia nécessité d’absorber le produit d’une telle lixiviation. Ceci pourrait encore être évité et nous avons su, du reste, que des mesures avaient été prises en vue du nettoyage et de l’assainissement de ces parcs, mais là où toutes les mesures donnent un résultat stérile, c’est quand elles s’attaauent à l’amoncellement des cadavres répandus sur certains champs de bataïlliee où l’exiguïté du champ d'action a cté fortement compensée par la violence des attaques et, par suite, par la quantité de morts. Il existe, aux E...., deux tranchées françaises, du reste, où on ne peut laisser aucun homme de garde tellement le charnier pestilentiel qu’elles constituent s’oppose au maintien des homnes les plus blindés contre ces terribles épreuves; en d’autres endroits, les cadavres, moins nombreux, ont été recouverts d’une légère couche de terre, par la main pieuse d’un camarade qui perdait son compagnon de combat, pariois des bras ou des jambes sortent de ces tumuli hâtivement constitués. Et l’on songe, en considérant toutes ces horreurs, qu’en certains endroits il sera de nécessité absolue d’interdire, pendant un temps assez long, toute culture, avant que le temps n’ait apporté, par son oxydation méthodique, le remède que nous ne savons imaginer à l’heure actuelle pour stériliser ces champs de carnage.
D <O RE Pour être complet, signalons encore l’action des obus qui, sur tout le front, labourent la terre, mettent à jour tous ies corps organiques en voie de destruction, ainsi que celle moins bruyante maïs non moins importante des remueurs ae terre, de tous les hommes qui construisent des tranchées; heureux éncore que ces faits se passent dans une région exempte de paludisme. Pour nous résumer, il est évident que, même dans des régions où la configuration du sol ne prête pas son concours, sur cet immense front qui va de la mer à Belfort, en ce qui concerne la France, les caux de boisson, de quelque source qu’elles proviennent, même dans les bourgs où la canalisation est bien faite, ne peuvent être directement utilisées pour la consommation, car elles proviennent certainement de régions où la faune et la flore microbiennes étaïlent telles qu'une oxydation artificielle est nécessaire pour. les stériliser.
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