‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 102 sur 280 · OBÉISSANCE AUTOMATIQUE · texte numérisé non relu

OBÉISSANCE AUTOMATIQUE

gestions sensorielles ; elles ont l’imagination facile, c’està-dire qu’elles ont une grande aptitude à contracter dans leur cerveau l'image psychique des suggestions provoquées parla parole, la vue, le tact, et cette image extériorée dans les nerfs périphériques des organes correspondants reproduit une sensation réelle aussi vive que si elle avait une cause objective dans ces organes mêmes, comme la douleur d’un moignon rapportée au membre qui n’est plus. Telle peut être l’influence de l’imagination. Lorsque je pense, dit Charpignon, à un fruit acide, je me représente une pomme criant sous le couteau ou se déchirant sous mes dents, ma bouche s'humecte de salive et j’éprouve une sensation presque aussi forte que si l’objet en eût été la cause. »

N’avons-nous pas tous encore une certaine docilité cérébrale qui nous porte à obéir aux ordres reçus? On dit à l’enfant de marcher; machinalement, il lève la jambe. Dites à quelques-uns : « Fermez les yeux. > Beaucoup, sans réflexion, les fermeront. L’idée communiquée au cerveau suffit automatiquement, quelquefois même contrairement à la volonté, pour réaliser le mouvement correspondant. Une expérience bien connue démontre l’influence de l’idée sur l’acte : à la hauteur du front, je tiens avec deux doigts l’extrémité de la chaîne fixée à ma montre, verticalement suspendue ; la montre marche à droite, à gauche, en avant, en arrière, tourne en cercle lorsque je conçois l’idée de ces mouvements successifs; j’ai beau ne pas intervenir volontairement, n’avoir pas conscience du mouvement que ma main imprime à la chaîne ; l’idée du mouvement suffit chez beaucoup à le produire. N’esl-ce pas l’histoire des tables tournantes qui ont fait tourner tant de

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