ILLUSIONS PAH IMITATION
sans la crédivité serait aussi difficile qui- voir sans la vue ; ce serait radicalement impossible1. »
Notre première impression, quand une assertion est formulée, e'est de croire ; l’enfant croit ce qu’on lui dit. i; 'expérience de la vie, l'habitude de rectifier les erreurs journalières qu’on veut nous imposer, la seconde nature que l’éducation sociale nous inculque, ufiuiblit peu il peu cette crédulité native, naïveté du bas Age. Plie survit toujours, dans une certaine mesure, connue tous les sentiments innés dans l'Ame humaine. I)ites à quelqu’un : « Vous avez une guêpe sur le front ; » machinalement, il y porte la main; il est même des personnes qui croient en sentir la piqûre.
Une idée peut naître dans h rveau par imitation et
faire la sensation correspondante ; nous voyons un individu qui se gratte ; l'idée de prurit, la crainte d’avoir gagné par transmission un insecte vu sur la peau du voisin, suffit quelquefois pour réaliser dans notre cerveau l'inuuje sensorielle du prurit ; nous éprouvons le besoin de nous gratter en un point du corps; celte première démangeaison en suggère une seconde sur une autre région du corps que nous grattons encore. Le besoin de vider la vessie e>t développé pur la vue <1 une personne qui urine ; le bâillement est contagieux ; dans l’ordre pathologique, les tics nerveux, la toux nerveuse, quelquefois les vomissements, la chorée, les convulsions hystériques, les attitudes vicieuses chez les enfants, sont contractés par imitation; souvent l’élève prend inconsciemment les gestes, l'intonation de voix, certains traits du jeu de physionomie de son maître.
Certaines personnes sont très accessibles à ces sug-
' Philips, Cuites j/ratii/ue el théorique tie liruidisme. Paris, 1800.