‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 11 sur 280 · DU RÉVEIL · texte numérisé non relu

DU RÉVEIL

quelques-uns, il faut répéter l’injonction : « Vos yeux s’ouvrent, vous ôtes réveillé. » Si cela ne suffit pas, l’action de souffler une ou plusieurs fois sur les yeux provoque le réveil ; jamais je n’ai dû recourir à d’autres procédés, tels que les aspersions d’eau froide ; le réveil a toujours été on ne peut plus facile.

Hicn de plus étrange parfois que ce réveil. Voici un sujet en sommeil profond; je l’interroge, il me répond; s’il est causeur de sa nature, il pourra causer avec volubilité. Au milieu de sa conversation, je dis brusquement : * Réveillez-vous. » 11 ouvre les yeux et n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé ; il ne se rappelle pas m’avoir parlé, lui qui m’a parlé un dixième de seconde peut-èlre avant de se réveiller. Pour rendre le phénomène plus frappant, je le réveille parfois ainsi : « Comptez jusqu’à 10 ; quand vous direz à liante voix 10, vous serez réveillé. » Au moment où il dit 10, ses yeux s’ouvrent ; il ne se rappelle pas avoir compté. D’autres fois, je lui dis : « Vous allez compter jusqu’à 10 ; quand vous serez à 6, vous serez réveillé, mais vous continuerez jusqu’à 10. » Arrivé au chiffre 6, il ouvre les yeux et continue. Quand il a fini, je lui demande : « Pourquoi comptez-vous? » Il ne se rappelle plus avoir compté. J’ai répété maintes fois cette expérience sur des personnes très intelligentes.

Chez certaines hystériques, il faut procéder avec prudence, éviter de toucher les points douloureux, de provoquer des zones hystérogènes ; car alors une crise hystérique peut être produite, le sommeil hypnotique peut faire place au sommeil hystérique et l’opérateur n’être plus en relation avec le sujet. Alors la suggestion reste sans influence.

A leur réveil, quelques personnes continuent à

PROPORTION DE SUJETS HYPNOTISABLES l21

rester somnolentes; il suffit de passer quelquefois les mains de manière à agiter l’air au-devant de leurs veux pour dissiper cet engourdissement. D’autres se plaignent de lourdeur dans la tête, de céphalalgie obtuse, de vertiges ; pour prévenir ces sensations diverses, je dis au sujet, avant fie le réveiller : * Vous allez vous réveiller et vous serez bien à votre aise ; vous n’avez aucune lourdeur de tète, vous vous sentez tout à fait bien, » et le réveil suggestif s’obtient sans aucune sensation désagréable.

Certains sujets peuvent être réveillés par suggestion à un délai déterminé. Il suffit de leur «lire : « Vous vous réveillerez dans cinq minutes. » Le réveil se fait avec précision au moment suggéré. Ils ont la notion exacte du temps.

D’autres, «pii n’ont pas celte notion, se réveillent avant le moment voulu. D'autres enfin oublient de se réveiller; ils restent passifs et ne paraissent pas pouvoir spontanément sortir de leur passivité. Il faut leur dire :

« Réveillez-vous, >» pour qu'ils se réveillent.

Après le réveil, beaucoup se frottent h-s veux, regardent effarés autour d’eux et ont la conscience d’avoir profondément dormi. D'autres ouvrent brusquement les veux sans souvenir d«- ce qui s’est passé, ils ne savent plus qu'ils ont dormi. Comme les épileptiques qui ont eu des absences, ils ignorent la lacune qui a eu lieu dans leur état de conscience normal. « Avez- vous dormi 1 » « Je ne sais pas. Je dois le croire puisque vous me le dites. » Ou bien, ils sont convaincus que rien d’anormal ne s’est passé en eux, ils nient avoir été influencés.

Le tableau suivant, communiqué à M. Dumont par M. Liébeault, donne une idée de la proportion dans

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