‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 10 sur 280 · FASCINATION · texte numérisé non relu

FASCINATION

que la suggestion peut déterminer. Je dé finis l' hypnotisme ainsi : provocation d'un état psychique particulier qui augmente la suggestibilité. Souvent, il est vrai de le dire, le sommeil provoqué, lorsqu il peut 1 être, facilite celle suggestibilité; mais il n’en est pas le prélude indispensable. La suggestion domine l'hypnose.

Ajoutons, comme j'ai cherché à le démontrer, que le sommeil réel suggéré ne diffère en rien du sommeil naturel. Les mêmes phénomènes de suggestibilité peuvent être obtenus dans le sommeil naturel, lorsqu'on réussit à se mettre en rapport avec une personne endormie, sans la réveiller.

Cette conception nouvelle que je propose de l’inlluenee hypnotique, cette délinition plus large attribuée au mot hvpnose, permet de faire rentrer dans le même cadre de phénomènes toutes les pratiques diverses qui, agissant sur l'imagination, créent avec ou sans sommeil l’état psychique de suggestibilité exaltée.

Telle est, par exemple, la fascination par un objet brillant ou par le regard; ce dernier mode de fascination, employé pour la première fois par Donato, a été décrit d’après lui par Brémaud : je l’ai vu appliqué aussi par Hansen. Donato, qui opère spécialement sur des jeunes gens, procède de la façon suivante : il prie le sujet d’appliquer la paume de ses mains sur les siennes, étendue horizontalement, et d’appuyer «le haut en bas de toutes ses forces. Pendant que toute l’attention et toute la force physique du sujet sont absorbées dans celle manœuvre, que toute son innervation, pour ainsi dire concentrée vers cet effort musculaire, empêche sa pensée de se distraire, le magnétiseur, dit Brémaud, a 1 exemple de Donato, * regarde vivement, brusquement et de très près le jeune homme, lui enjoignant par

DEGRÉS D’HYPNOTISME

le geste (j’ajoute au besoin la parole) de le regarder avec toute la fixité dont il est capable ». Alors l’opérateur reculant ou tournant autour du sujet en continuant à le fixer et à le provoquer du regard, celui-ci, comme attiré et fasciné le suit, l’œil grand ouvert qui ne peut plus se détacher du sien, line fois entraîné par une première expérience, la simple fixation des yeux suffit i pour entraîner le sujet : il n’est plus nécessaire de faire appuyer préalablement sa main sur celle de l’opéra- i leur.

11 s’agit ici d’une simple suggestion par le geste. Le I sujet comprend par la fixation des yeux du magnéti- I seur sur les siens, « jue son regard doit rester attaché sur I lui et le suivre en tous lieux ; il se croit attiré vers lui : c’est une fascination suggestive psgchigue et nullement I physique. J’ai vu l’expérience ne pas réussir chez les meilleurs somnambules, quand ils ne comprennent pas I l’intention que dénote le geste de l’opérateur. Elle réussit plus facilement par imitation, quand l’expérience ayant été faite avec succès chez un premier sujet I entraîné, les autres y ont assisté et savent ce qui doit se produire : c’est alors de la suggestion par imitation. I

Parmi les sujets ainsi fascinés, absolument comme I parmi ceux hypnotisés par un autre procédé, les uns subissent l’influence sans sommeil; ils sont suggestionnés à l’état de veille ; ils se rappellent après coup ce qu’ils ont fait; ils ne savent pas pourquoi ils n’ont pu s’empêcher de suivre et de fixer leur fascinateur. Les I autres ne se rappellent plus rien, quand un souffle sur I leurs yeux ou la simple parole a fait disparaître cet état de fascination ; ils ne savent pas ce qui s’est passé ; ils ont été en somnambulisme les yeux ouverts. On peut, dans cet état de fascination somnambulique, les

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catalepliser, les lialluciner. ('.es mêmes sujets, d'ailleurs, peuvent souvent être eataleplisés ou hallucinés par la simple parole, par un geste, ou par une attitude « I ii i leur est communiquée, sans fascination préalable.

La fascination ne crée donc pas un état spécial : e e>t toujours l’hypnose, c’est-à-dire la suggestibilité exaltée, provoquée par une inllucnce exercée sur 1 imagination du sujet. Que cette influence arrive au sensorium par lœil, la parole, le tact ou par une autre voie quelconque, l’étal psychique obtenu est toujours le même ; c’est toujours, je répète le mol, la suggestibilité exaltée à îles degrés variables chez les divers individus ; et ce degré dépend moins du procédé employé que de l'impressionnabilité spéciale du sujet.

Le réveil peut être spontané. Les sujets qui dorment légèrement à leur première séance, ont parfois une tendance à se réveiller rapidement ; il faut le> maintenir sous le charme en tenant leurs paupières closes ou eu répétant de temps en temps : « Dormez. » Bientôt l'habitude du sommeil est acquise par l'organisme ; l’hypnotisé ne se réveille plus, tant que l'hypnotiseur est à ses côtés; quelques-uns se réveillent aussitôt qu il> ne sentent plus cette influence. La plupart, abandonnés à eux-mêmes, continuent à dormir pendant plusieurs minutes, une demi -heure, une ou plusieurs heures; j'ai laissé un de mes malades dormir pendant quinze heures, un autre pendant dix-huit heures.

Pour obtenir le réveil immédiat, je procède par suggestion vocale, comme pour obtenir le sommeil. Je dis : « L’est fini, réveillez-vous. » Et ce mot. prononcé même à voix basse, suffit chez les sujets déjà plusieurs fois hypnotisés pour obtenir un réveil immédiat. Chez

SUGGESTION, 3* ÈUIT. ‘2

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