CONCENTRATION NERVEUSE DANS I, 'HYPNOSE
On est étonné de la facilité avec laquelle certains sujets passent ainsi d’un état de conscience à l’autre. Je leur ferme simplement les yeux, et je leur parle : « Comment t’appelles-tu ?» — * Paul Durand. » — « Quel âge as-tu ?» — « J’ai treize ans. » — « Tu n’as pas mal ?» — « Non, je n'ai mal nulle part. » — «Vastu a l’école? Qu’est-ce que tu apprends? » — « J’apprends le calcul, l’histoire, le français, etc. » — « Réveille-toi. » L’enfant se réveille. « Qu’est-ce que je t'ai dit? » — « Vous ne m’avez rien dit. » — « Comment ! je t’ai parlé, tu n’as pas entendu?» — « Je n'ai rien entendu. Vous ne m’avez rien dit. » — « Ferme les yeux. » Il ferme les yeux, « Qu’est-ce que je t’ai dit tout à l'heure? » — « Vous m’avez demandé mon nom, quel Age j’avais, si j’avais mal, ce que j’apprenais àl’école. »
— « Qu’est-ce que tu as répondu ?» — « J’ai dit que je m’appelais Paul Durand, que j’ai treize ans, que je n’ai pas mal, que j’apprends le calcul, l’histoire, le français.»
— « Ouvre les yeux. » Il les ouvre. « Qu’est-ce que tu viens de me dire ?» — « Je ne vous ai rien dit. » J’ai répété souvent cette expérience sur beaucoup de sujets, surtout chez des enfants.
La simple occlusion des yeux suffit chez beaucoup à déterminer un nouvel état de conscience. Le cerveau, n’étant plus impressionné par les objets matériels sur lesquels l’attention se fixe, tombe dans un état passif; le sujet ne regardant plus avec ses yeux, ne regarde plus, si je puis ainsi dire, avec son cerveau. L'activité nerveuse délaisse les centres d'attention supérieurs et se concentre sur les centres automatiques ; les impressions nouvelles, évoquées dans ce milieu où l'influx cérébral est autrement réparti, sont comme implantées sur un. état de conscience spécial. Les yeux ouverts, le sujet