‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 135 sur 280 · APPLICATIONS JURIDIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS JURIDIQUES

qui était commis sur elle. (Elle était alors en léthargie lucide.) Revenue à elle, elle ne cessa pas d'être sous l’empire de Castellan, et à 4 heures de l'après-midi, au moment où cet homme s’éloignait du hameau, la malheureuse, entraînée par une influence à laquelle elle cherchait en vain à résister, abandonnait la maison paternelle, et suivait éperdue ce mendiant, pour lequel elle n’éprouvait que de la peur et du dégoût. Ils passèrent la nuit dans un grenier à foin, et le lendemain ils se dirigèrent vers Collobrières. Le sieur Sauteron les rencontra dans un bois et les amena chez lui. Castellan lui raconta qu’il avait enlevé cette jeune fille après avoir surpris ses faveurs. Joséphine lui fil part aussi de son malheur en ajoutant que, dans son désespoir, elle avait voulu se noyer. Le •'» avril. Castellan, suivi de celte jeune fille, s’arrêta chez le sieur Coudroyer, cullivateur. Joséphine ne cessait de se lamenter et de déplorer la malheureuse situation dans laquelle la retenait le pouvoir irrésistible de cel homme. Avant peur îles outrages dont elle craignait d’étre encore l’objet, elle demanda à coucher dans une chambre voisine. Caslellan s’approcha d’elle au moment où elle allait sortir, il la saisit sous les hanches et aussitôt elle s'ëocinouit.

1 uis, bien que, d après les déclarations des témoins, elle fût comme morte, on la voit, sur l’ordre de Castellan, monter les marches de 1 escalier, les compter, puis rire convulsivement. Il fut constaté qu’elle se trouvait alors complètement insensible. (Elle se trouvait alors en somnambulisme.)

« Le lendemain 4 avril, elle descendit dans un état qui ressemblait à de la folie ; elle déraisonnait et refusait toute nourriture. Elle invoquait Dieu et la Vierge. (Castellan. voulant donner une nouvelle preuve de son

SUGGESTION CISI.MINELEE

ascendant sur elle, lui ordonna de faire à genoux le * tour de la chambre, et elle obéit. Emus de la douleur de cette malheureuse et indignés de l’audace avec laquelle son séducteur abusait de son pouvoir sur elle, les habitants de la maison chassèrent le mendiant malgré sa résistance. A peine avait-il franchi la porte (pie Joséphine tomba comme morte. Un rappela Castellan ; celui-ci lit sur elle divers signes, et lui rendit l’usage de ses sens. La nuit venue, elle alla reposer avec lui .

«< Le lendemain ils partirent ensemble. Un n'avait pas osé empêcher Joséphine de partir avec cet homme. Tout à coup on la vit revenir en courant. Castellan avait rencontré des chasseurs, et pendant qu'il causait avec eux, elle avait pris la fuite. Elle demandait en pleurant qu’on la cachât, (pi on l’arrachât à cette inllucnee. Un la ramena chez son père, et, depuis lors, elle ne parait fias jouir de toute sa raison.

« Castellan fut arrêté. Il avait été déjà condamné correctionnellement. lia nature parait l’avoir doué d’une puissance magnétique peu commune; c’est à cette cause qu’il faut attribuer l’influence qu’il avait exercée sur Joséphine, dont la constitution se prêtait merveilleusement au magnétisme, ce qui a été constaté par diverses expériences auxquelles l’ont soumise les médecins ex- * perts. Castellan reconnut que c’est par des passes ma- i gnétiques que fut causé l’évanouissement de Joséphine ■; qui précéda le viol. Il avoua avoir eu deux fois des rap- • ports avec elle dans un moment oii elle n'était ni endormie ni évanouie, mais oii elle ne pouvait donner 1 un consentement libre aux actes coupables dont elle, était l'objet (c’est-à-dire dans un état de léthargie , lucide). Les rapports qu’il eut avec elle la seconde nuit qu'ils passèrent à Capeludc eurent lieu dans les condi- .

•23ît

Page 1