‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 145 sur 280 · FAIBLESSE INSTINCTIVE · texte numérisé non relu

FAIBLESSE INSTINCTIVE

rendez-vous à son ancien amant et, sous prétexte de renouer des relations interrompues, froidement, sans émotion, elle le conduit à son mari qui l'assassineaucun remords, aucun regret n'agite sa conscience; elle ne paraît pas se douter de l’énormité de son crime.

Kien dans ses antécédents ne faisait prévoir cette perversion monstrueuse du sens moral. Devant le jurv, sa maîtresse de pension affirme que c’était l'élève la plus docile, la mieux disciplinée. Un témoin, dont on a ri à l'audience parce qu'on ne l'a pas compris, a dit d’elle :

« C’était une pâte molle, elle allait au vice aussi bien qu'à la vertu. » Traduit en langage psychologique : c’était un cerveau suggestible; elle était docile à toutes les suggestions; j ajoute que le sens moral ne faisait pas contrepoids à la suggestibilité excessive. C’était moins une perversion peut-être qu'une absence native du sens moral; c'était une imbécillité instinctive.

Je ne prétends pas que mon interprétation soit vraie; il suffit à ma thèse qu’elle soit plausible. Loin de ma pensée d ailleurs que tous les criminel soient fous ou inconscients; chaque fait doit être étudié dans ses circonstances, dans ses causes, dans ses antécédents, dans

I état moral de celui qui l'a perpétré. Car, qui oserait prétendre que le degré de culpabilité -e mesure à la gravité seule de 1 acte commis?

Je m arrête! Je n ai voulu qu’effleurer une question qui touche aux intérêts les plus graves de la justice et de la société, laissant à de plus compétents que moi le soin de scruter davantage et de déduire les conclusions.

II m a semblé que l’étude expérimentale des phénomènes hypnotiques pouvait éclairer de quelque lumière ce champ encore si obscur de la responsabilité morale.

L est avec prudence et réserve qu’il faut s'aventurer sur

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