‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 152 sur 280 · SUGGESTION SANS NÉVROPATHIE · texte numérisé non relu

SUGGESTION SANS NÉVROPATHIE

ici je touche à une question qui, parmi toutes, vous tient le plus à cœur !

Cédant à l’évidence des faits, vous voulez bien accepter la réalité des suggestions hypnotiques ; mais, obéissant à un certain ordre d’idées, vous pensez que la suggestion ne peut être provoquée que sur un sujet nerveux ; que l’état hypnotique est une névrose, voisine de l’hystérie, qui peut bien, exceptionnellement et sous forme rudimentaire, être provoquée chez des sujets ordinaires, mais qui, caractérisée par tous ses traits, exige un terrain hystérique ou névropathique. Vous semblez croire que si nous aflirmons que nous n’avons pas eu allaire à des hystériques, à des névropathes, c’est en forçant un peu la vérité pour provoquer non plus seulement l'étonnement, mais l’effroi ; vous vous efforcez de démontrer que mes seules observations précises ont trait à des malades affectés de troubles nerveux; pour toutes les autres, le diagnostic serait « mal défini, mal caractérisé ».

Je réponds à cet argument personnel. Sans doute beaucoup de mes observations ont trait à des affections nerveuses, par cette raison que je soumets surtout à l’hypnotisation suivie, dans un but thérapeutique, les affections nerveuses; je n'ai pas l’habitude d’hypnotiser tous les malades indifféremment; je choisis ceux auxquels je crois pouvoir être utile; c’est pour cela que les nerveux sont en majorité. Mais un très grand nombre d’observations portent, je vous affirme, sur des sujets nullement nerveux. Un jour, en présence de M. Liégeois, j’ai endormi presque toute une salle de malades, la plupart phtisiques, emphysémateux, rhumatisants, convalescents : deux seulement sur vingt étaient hystériques.

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