RESPONSABILITÉ MORALE
pas seulement de la complaisance, mais qu’il y avait impossibilité matérielle de résister à l’acte suggéré.
Cette expérience, je l’ai répétée sur un grand nombre de sujets. Charles Richet, relatant des exemples analogues, a bien décrit cet état psychique singulier. Beaucoup se figurent n’avoir pas été influencés, parce qu’ils ont tout entendu ; ils croient de bonne foi avoir simulé ; il est quelquefois difficile de leur démontrer à euxmémes qu’ils n’étaient pas libres de ne pas simuler.
Cette digression vient à l’appui de ma conclusion : que l’hypnose n’est pas une variante de l’hystérie : ce n’est pas un étal morbide qui se greffe sur la névropathie. C’est un état physiologique, au même titre que le sommeil naturel d’où il peut dériver; on peut le produire à un certain degré chez la majorité des sujets. Le degré le plus intense, le somnambulisme profond, n’est ni rare, ni difficile à rencontrer.
Faut-il conclure que ces révélations doivent jeter l’épouvante dans la masse, que la population est vouée à l’hallucination universelle, qu’un regard jeté sur un passant suffit à l’hypnotiser? C’est une exagération contre laquelle, moraliste et philosophe, vous avez sagement prémuni le public.
11 n’existe pas de magnétiseur ; il n’existe pas de lluide magnétique. Ni Donato, ni Hansen n’ont de vertus hypnotiques spéciales. Le sommeil provoqué ne dépend pas de l’hypnotiseur, mais du sujet : c’est sa propre foi qui l’endort; nul ne peut être hypnotisé contre son gré, s’il résiste à l’injonction. Je suis heureux de me joindre à vous pour rassurer le public contre toute crainte chimérique qu’une fausse interprétation des faits pourrait faire naître.
Est-ce à dire pour cela que la justice et la morale hu-