‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 162 sur 280 · RAPPORT D'AN DRY KT TIIOURET · texte numérisé non relu

RAPPORT D'AN DRY KT TIIOURET

fît cesser en Otant l’appareil. Une malade épileptique éprouva de légères défaillances continuelles qui cessèrent dès qu'on eut enlevé les pièces; les accès épileptiques parurent aussi augmenter d’intensité, ( ne autre malade, atteinte de paralysie nerveuse, éprouva aussi peu de temps après l’application de l’aimant, les mêmes

défaillances . D’autres sensations variables étaient notées à chaque renouvellement des garnitures, sensation de chaleur dans les parties affectées, vertiges, nausées, palpitations, douleurs de ti*to, démangeaisons, tiraillements, mouvements des entrailles, etc. En résumé, sans enthousiasme exagéré, de par l’observation irréfutable des faits, les commissaires de la Société royale de médecine reconnaissent au magnétisme médicinal une action réelle, efficace, non contre les affections organiques, mais contre les troubles nerveux de natures diverses que l’observation ultérieure avait à préciser davantage.

A la suite d’Andry et Thouret, plusieurs bons obser-

vateurs, parmi lesquels on doit citer Marcellin, flallé, Laennec, Alibert, Cayol, Dhnmel, Kécamieret Alexandre Lebreton, ont constaté la vérité de la plupart de ces observations. « Pour nous, dit Trousseau dans le Dictionnaire de Médecine de 1833, qui nous sommes quelquefois servis de l’aimant, nous pouvons affirmer que cet agent thérapeutique exerce sur les parties avec lesquelles il est en contact une influence qu’il est impossible de rapporter à l’imagination des malades. J’ai vn des douleurs névralgiques modifiées, des accès de dyspnée nerveuse rapidement arrêtés, etc. Laennec se loue des aimants dans le traitement de l’angine de poitrine. J ai pu moi-même recueillir deux faits qui prouvent (lue* si 1 ;1 imant ne guérit pas les maladies, il en peut du

MÉTALLOTHÉRAPIE DE BURCQ

moins modérer la violence. D'incontestables guérisons, temporaires, il est vrai, comme elles le sont presque toujours, ont été opérées dans le rhumatisme ; nous pouvons citer à cet appui, l’histoire d’un maréchal de France qui ne pouvait être soulagé de ses douleurs rhumatismales qu’en employant des armatures aimantées. * Malgré la parole de Trousseau, tous ces essais se perdirent dans un profond oubli. Le discrédit qui s'attacha aux pratiques du magnétisme animal qui, au lieu de fructifier comme il aurait pu sur le terrain de l’observation scientifique, avait versé avec Mesmer dans un charlatanisme dangereux, ce discrédit paraît avoir enveloppé aussi les pratiques de la magnétothérapie. L'aimant perdit sa place dans l’arsenal thérapeutique. Quand, il y a trente-cinq ans, le Dr Burcq répandit dans le public médical sa doctrine de la métallothérapie, il ne trouva que des incrédules. 11 fallut attendre jusqu’en 1876 pour que sa voix trouvât un écho à la Salpêtrière. La métallothérapie et avec elle la magnétothérapie furent ressuscitées. Toutefois, parmi les nombreuses vertus thérapeutiques assignées aux métaux et aux aimants, une seule fut constatée et mise hors de doute : la vertu esthésiogène. L'aimant, comme les métaux, restaure souvent la sensibilité perdue.

J’ai moi-même commencé une série de recherches pour dégager la valeur de la magnétothérapie dans les divers troubles nerveux ; ces recherches ont été publiées dans la Revue médicale de l'Est , 1881.

J'ai constaté chez certains sujets une efficacité réelle, bien que non constante, contre diverses manifestations. Mais pendant le cours de ces recherches j’appris à connaître la méthode suggestive de M. Liébeaull; je constatai des résultats thérapeutiques bien autrement cons-

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