‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 197 sur 280 · EFFETS RAPIDES DE LA SUGGESTION · texte numérisé non relu

EFFETS RAPIDES DE LA SUGGESTION

taine pesanteur du membre. Le dynamomètre marque 30 pour la main gauche.

Le 4, la main gauche marque 32 à 34 ; la main droite 63. Même état du membre inférieur.

Nouvelle suggestion hypnotique, après laquelle la main gauche donne 40, la main droite 70. Lu pesanteur île lu jambe est diminuée de moitié ; il se tient cinq secondes sur cette jambe.

Le o, main gauche 51, main droite 70. Lève le pied à 20 centimètres «le hauteur. — Après une nouvelle suggestion , le sentiment de la pesanteur a entièrement disparu; le malade marche presque sans faucher, lève la plante du pied à une hauteur de 43 centimètres, se tient cinq bonnes secondes sur ce pied ; la main gauche donne 32.

Le 6, main gauche 33. main droite 64. 11 reste sept secondes sur le pied gauche, soulève la plante à 38 centimètres. d'un côté comme de l'autre. Il accuse du larmoiement depuis quelques jours. Xouvellt suggestion.

Le 7. il continue à bien aller; il peutcourir.se tient douze secondes sur la jambe; le larmoiement a disparu, il avait les yeux collés pendant une ou deux heures après son réveil, et dans la journée, le larmoiement apparaissait au moindre effort, par Faction de se baisser, par exemple; ce matin, les yeux n’ont pas été collés.

Le malade, que je n'ai plus hypnotisé depuis le 7 octobre, continue à bien aller ; il court sans trainer la jambe, sans la moindre pesanteur; la main reste souple: le 12. le dynamomètre donne 30 à gauche. 72 à droite. Le larmoiement a totalement disparu.

Le malade quitte l’hôpital et reprend son travail le li. Apres avoir continué sans interruption jusqu'au 23. il revient à la consultation le 26. Depuis trois ou quatre jours, il accusait un sentiment de froid allant du pied au genou gauche et se calmant par la chaleur ; de plus, sentiment de pesanteur dans la main gauche. La veille au soir, tout d'un coup, il ressent des élancements douloureux allant des doigts au coude gauche avec crampe, contracture en flexion de la main pendant dix minutes. En même temps, douleur en éclair s'irradiant le long de la face externe de la cuisse et de la jambe gauche jusqu'au bout du pied, avec pesanteur

MO

OBSEIIYATION

du membre sans crampe pendant cinq minutes. Cet accès, brusque comme un coup de pistolet, l'a saisi vivement et laissé comme hébété sans parole. Les yeux pleurent depuis quatre ou cinq jours et sont rouges.

Ce matin, ces symptômes se sont dissipés spontanément ; le dynamomètre marque 51 à la main gauche, il ne sent plus que de la pesanteur dans la main. 11 est mis en sommeil profond. Après suggestion et réveil, ce sentiment de pesanteur a disparu et le dynamomètre donne Cl.

P... reprend son travail et ne ressent plus rien jusqu'à fin mars 1883.

Le 1er avril, dimanche de Pâques, il revient à la consultation. Depuis trois ou quatre jours, sa main gauche devient toujours plus faible, sans douleur.

Le dynamomètre donne 24 à la pression de celte main. 65 avec la main droite. — Après suggestion hypnotique, la pression dynumométrique, au lieu de 24 donne 60 et P... peut reprendre son travail .

Mais il est ramené à l’hôpital le 5. La veille, 4, vers dix heures du matin, il ressentit brusquement des coups de lancettes dans la jambe gauche, depuis le genou jusqu’aux malléoles, sept ou huit à la lilc en deux ou trois secondes, se succédant pendant trois quarts d’heure. A la suite, la jambe resta lourde et faible. 11 essaya encore de continuer son travail, mais dut y renoncer à 3 heures et demie et rentra chez lui en traînant la jambe; le matin, il prit le train pour venir à Nancy à la consultation. Pendant son trajet de la gare à l'hôpital, sur la place Saint-Jean, il eut de nouveau un accès subit comme un coup de pistolet, de douleurs lancinantes dans la jambe et le bras gauche et tomba sans connaissance. Relevé par un passant, il ne reprit connaissance qu'après une demi-heure et fut transporté à l’hôpital, ne pouvant marcher.

Il accuse depuis sa chute des coups de lancettes incessants dans le genou, l’aine, la cheville gauche. Le membre est complètement paralysé et anesthésié jusqu’à l’aine ; le malade ne peut que fléchir légèrement les trois premiers orteils. — Dans le membre supérieur, on constate une contracture de la main gauche fermée, on l'ouvre avec difficulté, elle se referme comme un ressort. Sensation de coups de lancette

NÉVRITE CUBITALE ET PARALYSIE

allant île la main au coude. Douleur de la gouttière épitrochléenne spontanée et à la pression. Analgésie des trois derniers droits et de toute la sphère cubitale. Sensation de fourmillement dans les doigts, qui dure jusqu'à 7 heures du soir. — De plus, douleur à la fesse gauche, a l’émergence du sciatique, à la pression. Ajoutons que. depuis deux mois, P... accuse un bourdonnement avec surdité de l’oreille droite.

Le matin, toute suggestion est impossible à cause de la violence des douleurs. Le soir on réussit. A/ip s suggestion hypnotique, le malade peut ouvrir la main et étendre h s iloigts. Les douleurs lancinantes du membre supérieur disparaissent après trois quarts d'heure ; celle du membre intérieur après trois heures. Dort peu la nuit.

Le 0, il ouvre les trois premiers doigts aux trois quarts, la deuxième phalange restant à angle droit sur la première. La pression de la gouttière épitrochléenne est encore douloureuse. La sensibilité est revenue dans les doigts. Le dynamomètre donne 10 de la main gauche, 04 à droite. Les mouvements de la jambe sont presque nuis. — Suggestion hypnotique: la main s'ouvre mieux: au dynamomètre 17. — Quelques mouvements légers dans les orteils. Sensibilité revenue à la face externe du pied et de la jambe.

A 2 heures de l’après-midi, le malade est pris de douleurs en ceinture comme une brûlure à la base du thorax. — A 0 heures, on constate une douleuràla pression des cinquième, sixième et septième espaces intercostaux et des quatre dernières vertèbres dorsales. Les douleurs lancinantes n’ont pas reparu dans les membres. La sensibilité est nette dans tout le pied et la face externe de la jambe.

Suggestion hypnotique prolonge e avec application de la main sur les régions douloureuses et malades. Au réveil, toutes les douleurs ont disparu, spontanées et a la pression. Le patient ouvre mieux la main. La sensibilité est parfaite sur tout le membre inférieur. Il lève le pied facilement à a centimètres de hauteur, et le maintient ainsi pendant trois secondes.

7. — Sommeil agité avec rêves la nuit. L’effet obtenu se maintient. La sensibilité restaurée persiste. Le malade remue les doigts de la main et «lu pied, ouvre la main presque

OltSLItYATION

complètement, serre le dynamomètre jusqu'à 16, plie le genou, soulève un peu la jambe. La sensibilité de la gouttière épitrochléenne persiste ainsi que la pesanteur dans la jambe. Suggestion hypnotique le soir.

8. — La main donne 20 au dynamomètre, s’ouvre et se ferme mieux ; il soulève le pied plus haut et le maintient en I air pendant quatre secondes. Accuse toujours des bourdonnements avec surdité dans l'oreille gauche. Dans la matinée il a une sensation de vertige au côté gauche de la tête et dans l’œil, qui persiste jusqu’à H heures du soir. Pas de suggestion.

ti. — La main gauche presse 25. Le pied est soulevé à 10 centimètres de haut et maintenu quatre secondes. I.a douleur de la gouttière épitrochléenne persiste.

10. — Même état. Nouvelle suggestion hypnotique le soir, à la suite de laquelle lu main pousse l'aiguille dynamométrique à 25, et le pied gauche est soutenu cinq secondes à 30 centimètres de hauteur. Le soir, à 9 heures, nouveaux coups de lancette sur le trajet du cubital durant quelques secondes, se succédant toutes les cinq minutes avec constriction du poignet.

Le 11, ne peut ouvrir la main complètement. Douleur le long du cubital. La sensibilité n'est pas abolie. La suggestion hypnotique met (in à la douleur.

Le 12. le malade n’étend pas encore complètement les doigts ; au dynamomètre, 17 à 20. La douleur cubitale existe de nouveau, mais moindre. L’état de la jambe est le même. A 6 heures du soir, on constate encore la douleur à la pression du cubital. Après l’hypnotisation. elle disparait et les doigts s'ouvrent facilement. Le bourdonnement d'oreille a disparu.

A 10 heures du soir, le malade, ayant faim, mangea un peu de pain; à 11 heures, après avoir pris du bouillon, il fut pris d'un sentiment de constriction épigastrique violente qui dura pendant trois heures; à 1 heure, il reste environ une demi-heure sans connaissance. Depuis, la constriction ayant cessé, il a une sensation de picotement douloureux dans le front, le nez, les yeux.

Le 12, céphalalgie avec picotement; pas de douleur sur le trajet des nerfs ; écoulement nasal. Les membres vont

SIV.LKSTIONS Itld’KTKKS

bien; la main donne 20 au dynamomètre. Douleur très vive à la septième et huitième vertèbre dorsale. La suggestion hypnotique diminue beaucoup le picotement ; la doul ur rachidienne persiste. Une nouvelle suggestion le -mir fait disparaître complètement le premier, mais est sans effet sur la seconde.

Une injection sous-cutanée de 1 centigramme et demi de morphine ne réussit pas à enlever cette douleur rachidienne excessive, qui fait gémir le malade toute la nuit. Vers minuit. sueur froide avec perte de connaissance qui dura une demi-heure.

Le fi. sensation de lourdeur dans la région fronto-pariétale surtout à gauche. Douleur rachidienne persistant à la sixième, septième et huitième apophyse épineuse dorsale, et aux espaces intercostaux gauches correspondants. Constriclion en ceinture avec sensation île barre à la partie antérieure de la base du thorax. La main 22 an dynamomètre) et la jambe continuent à bien aller.

Suggestion hypnotique : la douleur !■ t>'t- a disparu ; l'hyperesthésie rachidienne persiste. Le soir, injection à un centigramme île morphine loro dolent i ; la douleur disparait : suggestion hypnotique apres.

Le 13, le malade n'a pas dormi, mais n'a pas pas eu de douleurs spontanées. Le matin, l'hyperesthésie rachidienne et la barre thoracique existent encore, mais beaucoup moindres. Suggestion hypnotique. I.a snsdi'n de barre a eomplètement disparu, l'hyperesthésie rachidienne a diminué .

Le 10, idem. Souvelle suggestion hypnotique h s ur, a la suite de laquelle la rachialgie disparait. Pendant la nuit, durant deux heures, sensation de coups de marteau parlant de la face dorsale de la main et s'irradiant dans les doigts.

Le 17, on constate de la raideur dans les doigts qu'il ne peut étendre complètement. La sensibilité persiste ; pas de douleur dans le nerf cubital. Le dynamomètre donne 15. Le malade marche assez bien, mais le contact de la plante du pied avec le sol y détermine des picotements. Pas de suggestion pendant deux jours.)

Le 19. il ouvre encore difficilement la main et ne peut étendre les doigts, marche difficilement et accuse une dou-

OBSERVATION

leur au cou de pied. Depuis quelques jours aussi la miction est difficile et s’accompagne de douleurs dans le bas-ventre qui cessent aussitôt que le jet urinaire commence. L’hyperesthésie rachidienne n’a plus reparu.

21. — Mêmes symptômes. Miction douloureuse à son début. Traîne la jambe gauche, ne peut tenir les doigts ouverts ; au dynamomètre 23 à gauche, (iû à droite. Apres suggestion hypnotique, le dynamomètre donne 28 à gauche; il marche un peu mieux.

23. — Le soir, toujours raideur de la main et extension complète des doigts impossible; traîne la jambe gauche et éprouve pendant la marche des douleurs à l’aine, au genou, au cou do pied. Après suggestion hypnotique, la raideur de la main, la douleur du genou et du cou de pied ont notablement diminué; celle de l'aine persiste.

Le 24, même état. Nouvelle suggestion; au réveil la douleur de l'aine persiste , mais diminue spontanément dans la nuit.

2a. — La raideur de la main persiste. Marche un peu mieux, mais traîne la jambe, y ressent une grande pesanteur, ne peut se tenir debout sur elle seule. Après suggestion , cette pesanteur diminue considérablement, mais se reproduit rapidement.

Le 27, après suggestion faite la veille, ce matin, la jambe est moins lourde, il boite beaucoup moins, se tient pendant une seconde sur le pied gauche; la douleur à l aine n’a pas reparu. Suggestion. La raideur persiste dans les doigts et ne cède que pour peu de temps à la suggestion.

Le 28, la jambe va bien, les doigts restent infléchis. Après une suggestion hypnotique prolongée, le malade peut les étendre complètement, ils sont souples. Vers 3 heures du matin, la raideur se reproduit.

Le 29 au matin, la suggestion hypnotique la ilissipe de nouveau ; la main reste assouplie ; la rétraction des doigts se reproduit à 4 heures du matin.

Le 30. accuse de plus une sensation de chanvre ou de papier froissé dans la main quand il la ferme. Il ne peut ramasser une épingle avec les trois derniers doigts. Suggestion hypnotique ; la raideur disparait, ainsi que la sensation de

NÉVRITE CUBITALE GUÉRIE PAR SUGGESTION

chanvre; il ramasse facilement une épingle avec les trois derniers doigts.

Le Ier mai. la raideur de la main n’est pas revenue. Au dvnamomètre 30 et 25 à gauche, 08 à droite. Se tient deux secondes sur la jambe gauche. Après suggestion, s'y lient trois secondes; le dynamomètre donne 30 à gauche, 70 à droite.

Le 2, le malade sort en ville et marche beaucoup. Le soir, il accuse un peu de lourdeur dans la jambe et de raideur dans le dos de la main. Ces symptômes disparaissent par suggestion, et la main gauche donne 40 au dynamomètre.

Le 3, elle donne 38. Le malade lève le pied à 3 centimètres de haut. Dernière hypnotisation; la jambe est complètement d égayée ; il la meut comme l'autre. Pression dynamométrique de la main gauche, 03.

Le 4 au matin. 56 à gauche, 02 à droite. Le malade s'est promené hier toute la journée sans rien ressentir. Les deux oreilles entendent également bien. Il sort le 3 mai. guéri.

Le 1er juillet 1883, il se présente de nouveau à la consultation. Bien portant jusque-là, il a Ile nouveau depuis quatre jours sa névrite cubitale gauche ; il ne peut qu’entr’ouvrir légèrement les trois derniers doigts. Le dynamomètre marque 24. Anesthésie dans la sphère du puhilal. Douleur dans la gouttière épitrochléenne.

Suggestion hypnotique, tous le> symptènnes disparaissait ; la sensibilité est revenue parfaite ; la gouttière du cubital n’est plus douloureuse; le malade ouvre et ferme la main, comme il veut. Le dynamomètre marque 46. Il retourne à son travail.

Il revient le 15 juillet. Il y a cinq jours, à midi, a eu brusquement des coups de lancette du coude aux doigts, et ces coups continuent incessamment depuis, lin même temps, les trois doigts se refermèrent brusquement; et la même névrite cubitale persiste.

Je fais la suggestion sans sommeil , louchant la main du malade, affirmant que les coups de lancette vont disparaitre. que la main va se rouvrir, que la sensibilité revient. Peu à peu les douleurs cessent; la sensibilité réparait d'abord à l'a-

3ifi

OBSISRVATION

vant-bras, puis a la main, les doigts se déficelassent graduellement et complètement. Au bout de dix minutes, tout est liui, tout est rentré dans l'ordre. Ne reste qu’une douleur à la pression île la gouttière épitrochléenne. Au dynamomètre, on obtient successivement 28, 31, 40.

Le résultat obtenu, je répète la suggestion, mais cette fois en état hypnotique. Au réveil, la douleur épitrochléenne a disparu; reste seulement de la sensibilité à une forte pression. Le dynamomètre donne 60 et 07 à gauche, 70 à droite. Le malade s'en retourne guéri.

11 nous revient le 23 octobre 1883, ayant été exempt de tout trouble jusque dans ces derniers temps.

Il y a quinze jours, il prit une conjonctivite avec larmoiement; elle fut traitée par des vésicatoires qui provoquèrent de l’œdème des paupières avec céphalalgie sus-orbitaire.

Dans la nuit du 22 au 23, à 2 heures du matin, survinrent de nouveau comine un coup d’éclair des lancées dans le coude gauche (trois par secondes), et avec elles les autres symptômes de la névrite cubitale. Il vient le lendemain à la consultation; on essaya d’abord la suggestion à l’état de veille qui échoua; alors j’essayai la suggestion en état hypnotique qui enleva la contracture , l'anesthésie et les lancées fulgurantes dans la sphère du adulai qui avaient persisté jusque-là.

Mais deux heures après, les trois derniers doigts de la main se contracturèrent de nouveau, et le malade ne peut les ouvrir que d'un tiers.

Le 23 au matin, conslriction avec sensation de brûlure autour de la base du thorax, sous forme fulgurante, durant trois à quatre secondes, qui persistèrent la journée et toute la nuit.

Le 26, on constate : la conjonctivite est guérie ; il reste du larmoiement, de la sensibilité dans la région sus-orbitaire ; les signes habituels de la névrite cubitale sont très accusés. Rachialgie : sensibilité à la pression au niveau des sixième, septième et huitième vertèbres dorsales. Lourdeur de la jambe gauche. Suggestion hypnotique : au réveil, les signes de lu névrite cubitale, douleur olécranienne, élancements

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