ANESTHÉSIE SATURNINE DU DOS DE LA MAIN
être redressés. Cet état persiste depuis que nous avons vu pour la première fois le malade, c'est-à-dire depuis le 15 mai 1886. Le 5 juin, on avait noté que la paralysie des extenseurs de la main subsistait; les muscles extenseurs du petit doigt et celui du pouce se contractent par l'électricité faradique; mais les autres doigts restent immobiles par l'électrisation de l’extenseur commun qui ne réagit pas.
Le malade présente une hyperesthésie dans les deux avantliras, les fléchisseurs et les extenseurs sont très douloureux à la pression. Si on presse les bords du cubitus et du radius, même douleur; le malade pousse des cris. Knliu il existe une anesthésie complète avee analgésie limiter a la face dorsale de la main jusqu’au nierait du poignet ( un peu au-dessus ) ; la face palmaire de la main et les doigts sont sensibles. L'avant-bras est sensible... (On avait constaté le 23 juillet de l'anesthésie avec analgésie dans l’avant-bras droit.) Tremblement très marqué des deux mains, l’as de fourmillement ni d’engourdissement dans le membre.
La singulière répartition de cette anesthésie sur tout le dos de la main, alors qu'au-dessus et au-dessous, les doigts et l’avant-bras recevant la même innervation restent sensibles, me fait penser que cette anesthésie n'est pas organique ; qu’elle n’est liée ni à une affection des centres nerveux, ni à une lésion îles nerfs périphériques ; mais qu elle pourrait être simplement dynamique, peut-être créée inconsciemment par l'imagination du malade et associée par elle à la paralysie des extenseurs; c'est la face dorsale de la main et du poignet que le malade a conscience de ne pa~ pouvoir relever; c'est là que sou imagination localise le siège de la paralysie motrice; c’est là aussi qu’elle a pu créer une paralysie sensitive; le malade peut fléchir et étendre les phalanges; là pas de paralysie motrice, la sensibilité aussi v est conservée.
Partant de cette idée, j'essaie de provoquer le retour «le la sensibilité sur le dos de la main par suggestion à l’état <lr veille. Je touche la main du malade et j’affirme qu'il va sentir: j'explore en même temps la sensibilité avec une épingle et je constate au bout de deux a trois minutes que celle sensibilité est restaurée; le malade sent le picotement avec douleur dans la moitié supérieure du dos de la main, très nettement; il sent
un peu moins, mais nettement encore clans la moitié inférieure. Ceci fait, j'hypnotise le malade, je constate qu’il est hypnotisable en sommeil profond et je fais la suggestion de la guérison.
9 août. — La sensibilité restaurée se maintient. I.e malade croit qu’il étend mieux les doigts et les remue mieux. La douleur existe encore dans l’avant-bras, dans la masse musculaire et sur les bords du cubitus et du radius. On constate aussi de la douleur dans les muscles extenseurs de l'avantbras gauche et le long des os. — Suggestion.
Le 10. le malade trouve que, depuis la suggestion d’hier, il ouvre mieux la main, le tremblement a diminué notablement. Il peut écrire son nom, ce qu’il ne pouvait faire avant.
On ne détermine plus de douteur à la pression sur les muscles ou les os de l’avant-bras ; au pli du coude seulement un peu de sensibilité. Il redresse manifestement mieux le poignet. — Je mets I... en somnambulisme; il y arrive par simple occlusion des yeux; mais à chaque instant, au bout de dix secondes, il a une secousse brusque et se réveille. Je le mets en somnambulisme les yeux ouverts, et je suggère la guérison complète des membres supérieurs. A son réveil il exécute tous les mouvements. Le bras étant tenu en pronation et horizontalement, il redresse le poignet complètement, comme il ne le faisait pas avant ; il ne peut pas encore étendre complètement les doigts.
12 août. — Le résultat obtenu se maintient; restauration de la sensibilité, redressement du poignet, disparition complète des douleurs ; le pouce fonctionne bien ; les doigts ne peuvent pas encore être étendus complètement sur le métacarpe.
Je fais une quatrième suggestion. — Le malade quitte l'hèpital.
Il rentre le T novembre; il a eu depuis huit jours des attaques convulsives, durant deux heures, avec amnésie 11 accuse une céphalalgie frontale et occipitale fréquente. Depuis huit jours aussi : vomissements, insomnie, agitation, bourdonnements d’oreille, vertige, etc.
Mais l’amélioration obtenue par suggestion s’est maintenue et a meme augmenté. Le malade fléchit et étend le poignet, il étend complètement ses doigts sur le métacarpe. Au