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RESTAURATION DE LA SENSIBILITÉ

Tel est l'état de la vision avant la suggestion.

Après cette constatation faite par M. le professeur Charpentier, la malade est hypnotisée ; elle tombe facilement eu somnambulisme. — Suggestion. Immédiatement après le réveil, Vacuité visuelle à droite est de 0,8; à gauche, de 0,6

(au lieu de et -jr').

V la 15/

La perception des couleurs faites avec les mêmes papiers colorés, donne :

CE il gauche. Le rouge et le vert sont perçus il :j mètres (au lieu de 0,43) ; le bleu et le jaune à 3m,50 (au lieu de 0,60).

<Eil droit. Le rouge et le vert sont perçus à 5"', 30 (au lieu de 2m,50) ; le bleu et le jaune à 6 mètres (au lieu de 2,n,30).

Le champ visuel est resté le même à droite ; à gauche , il a augmenté, les quatre diamètres sont : 33, 63, 33, 30. (Voir périmètre du 20 mars.) Quant aux couleurs, il n’y a qu’un petit élargissement de 3° au dehors.

L’ hémianesthésie sensitive a disparu , ainsi q uc la douleur dans les fosses sus et sous-épineuses gauches. Le tic tac de la montre est perçu à 9 centimètres de l’oreille gauche, à 13 centimètres de l’oreille droite. L’odeur de l'acide acétique est perçue légèrement à gauche. La douleur abdominale a diminué.

Le résultat obtenu se maintient. Nouvelle suggestion hypnotique le 21 au soir. Le 22, on constate que la sensibilité est complètement restaurée. L’abdomen est bien moins sensible à la pression. Les deux oreilles entendent à 18 centimètres; l’odeur du vinaigre est très bien perçue.

Le 24, après une nouvelle suggestion, on mesure le champ visuel qui paraît encore très élargi. Les quatre diamètres sont:

A gauche 43, 63, 67, 33.

A droite 43, 33, 63, 70. (Voir périmètre du 24, page suivante.)

L’acuité visuelle est de 1 pour l’œil droit, de 0,8 pour l’œil gauche. La malade se trouve bien et sort dans la journée.

Dans ce cas aussi, l'hémianesthésie sensitivo-sensorielle a cédé à la suggestion, sans transfert.

Observation XV. — Crises hystériformes avec somnambulisme

hystérique. — Guérison rapide par suggestion hypnotique.

Mlle X..., âgée de vingt-deux ans, en condition à Malzé-

CD

Pt'rimrlip du 24 murs

inO

IIYSTÉIUE KT SOMNAMBULISME

ville, près .Nancy, m’est amenée par sa maîtresse, le îfl avril ÎS80. Depuis trois semaines, on a remarqué que celle jeune Mlle avait des crises nerveuses, (les crises revenaient régulièrement le soir vers 8 heures cl demie ou fl heures, au moment ou elle était retirée seule dans une chambre a côté de la cuisine. Crises convulsives quelquefois très violentes durant une heure à une heure et demie, avec grandes secousses et mouvements dans tous les membres; la malade dit avoir d'abord, pendant environ un quart d'heure, des mouvements nerveux dans les membres, puis elle est prise de somnolence et s'endort. Elle ne se rappelle plus decc qui se passe. L’agitation est intense, elle se tord, se plaint, gémit, a de l'angoisse, se lève, quelquefois s'échappe et court dans la rue; il faut la tenir à plusieurs personnes pour l’empêcher de se lever, elle se jetterait par la fenêtre, si on ne la tenait pas.

Toutefois, toutes les attaques ne sont pas aussi violentes; on a constaté trois grandes crises ; mais elle en a tous les soirs de moins intenses, pendant lesquelles, dans les intervalles de ses convulsions, elle sort et marche plusieurs minutes les yeux fermés.

La crise terminée, elle se couche et ne se réveille que le lendemain, brisée de fatigue ; quelquefois après les grandes crises, elle est obligée de garderie lit le lendemain. Déplus, pendant la nuit, ses maîtres l'entendent souvent remuer dans sa chambre, et on l'a vue se lever et marcher pendant le sommeil. Depuis deux mois, elle a diminué de onze livres; depuis trois jours, elle mange peu, n’a pas d’appétit, elle qui mangeait bien auparavant.

Cette jeune Mlle, qui est depuis quatre ans dans la même maison, a présenté, il y a deux ans, des symptômes de dépérissement, elle maigrissait, avait de l’anorexie. Après un an de séjour avec sa famille dans les Vosges, elle était remise. Sa maîtresse pense qu’elle avait peut-être une maladie analogue à celle qu’elle a aujourd'hui. Sa mère est nerveuse, impressionnable, mais n'a pas d'accès hystériques. Elle-même n'a aucune contrariété notable; toutefois, le valet de chambre de la maison l'ayant demandée en mariage, elle a refusé parce qu’elle n’a aucun goût pour le mariage; et on suppose qu’elle a pu être contrariée par ses obsessions. C’est a la

OBSERVATION

iOI

suite il une crise violente hystérique qu’elle a eue, la veille au soir, que sa maîtresse s est décidée a me l'amener.

C’est une jeune tille intelligente, à la physionomie bien éveillée, honnête. Actuellement, elle ne se plaint de rien que d’inappétence depuis trois jours; les digestions sont bonnes. Elle n’accuse ni céphalalgie, ni ovarialgie, ni boule; elle a senti hier avant l’attaque, au côté droit de la gorge, une sensation de pression sur le larynx, l'empêchant de respirer. Héglée exactement. peu abondamment, elle n'a pas eu de leucorrhée. Sa sensibilité est partout normale.

Séance tenante, le Ht avril, je la met > en somnambulisme par simple occlusion des veux. Je lui suggère la guérison, disparition des convulsions, retour de l’appétit ; elle ne se lèvera pas pendant la nuit, elle songeia à rester très tranquille dans son lit. Au réveil, elle n'a souvenir de rien.

Le 20, sa mai tresse me raconte qu'en sortant de chez moi, elle a eu faim et a acheté un petit pain. Elle n’a jais eu <le crise le soir , simplement quelques mouvements nerveux sans perte de connaissance; elle a soupe avec bon appétit. —

Je la remets en somnambulisme, elle me dit pendant

sommeil quelle s est levée à 10 heure' du soir. Je lui suggéré vigoureusement de ne plusse lever.

Le 21, elle a été très bien hier ; a bien mangé, ne - est pas levée la nuit, lout s est borne encore à ijueli/ues tremblements ilans les bras vers huit heures et demie du soir. Sm«/i /es Hun.

I.e 22. a encore eu, vers S heures et. demie, hiei soir, pendant une demi-heure, un leyer tremblement nerveux dont elle n a fias conscience et qui ne s’accompagne d’aucun trouble psychique. .Nuit calme, appétit bon Suggestion.

Pendant son sommeil, la malade étant quelque peu agitée jL ^ ggei c viv emeut le calme, la tranq u il I i té d esprit, 1 absence de tout mouvement nerveux, et elle continue a dormir calme.

— La malade parait guérie. Elle va très bien, est plus active, plus gaie; elle n'a filas eu de tremblements nerveux du tout. Je l’endors une dernière fois; bonne somnambule, elle réalisé les hallucinations suggérées : elle me dit qu'elle ne -e levé plus la nuit et n'a plus de crises nerveuses. Je suspends le traitement hypnotique ; sa maitresse doit me la renvoyer si la guérison ne se maintenait pas.

HYSTÉRIE, ANESTHÉSIÉ, RACHIALGIE

Ohseuvation XVI. — Hystérie. — Anesthésie. — Rachialgie. — Efficacité de la première suggestion pour la restauration de la sensibilité. — Augmentation de la force dynamométrique. Guérison totale en trois séances.

K. M..., quarante-deux ans, festonneuse, entre à l'hôpital le 4 novembre 1884. Mère de onze enfanls dont sept vivants; la dernière couche remonte à trois ans. — Elle a nourri huit enfants. Elle vit séparée de son mari qui la battait, depuis deux ans.

Depuis un mois, elle a des douleurs entre les deux épaules et au niveau de l'appendice xiphoïde ; elle aurait eu, au début, en même temps, des douleurs abdominales avec oppression qui la tinrent alitée pendant huit jours. Dans la nuit, du 1er au 2 novembre, elle dit avoir eu trois Ibis des faiblesses avec perte de connaissance; elle ne peut mieux spécifier. I.e 2, elle dut rester alitée, se sentant trop faible pour se lever et ne pouvant manger. Le .1, elle se leva, mais eut peine à se tenir debout, ne put encore rien manger, et dut se recoucher à 0 heures du soir. A 8 heures du soir, elle senlit une violente oppression épigastrique et perdit connaissance toute la nuit; elle ne se rappelle rien; mais on lui a dit qu’elle était très agitée et voulait se sauver.

A l’âge de vingt et un ans, elle aurait eu déjà des crises (hystériques) semblables, et, depuis, elle en a eu, à diverses reprises, à la suite d’émotions; la dernière aurait été provoquée par des contrariétés avec ses enfants. Depuis son entrée à l'hôpital, elle ne se plaint que d’abattement.

Le 6, on constate : constitution délicate. — Apyrexie, pouls 68, régulier, égal. — Intelligence nette. Respiration et bruits du cœur normaux. — Appétit faible; elle mange cependant île la viande; le ventre est un peu ballonné, pas de selles depuis avant hier. Le ventre est sensible, surtout dans la région sous-ombilicale. — Leucorrhée abondante depuis deux ans. — Sensibilité très vive de la quatrième à la sixième apophyse épineuse dorsale.

Les doigts de la main droite sont sensibles; le dos de la main est sensible au tact, mais analgésique ; le bras, le thorax, la face et le membre inférieur du cédé droit sont aussi analyé-

observation

siques, mais ont conservé leur sensibilité tactile; à gauchi *, analgésie générale , sans anesthésie, sauf à la main qui est complètement anesthésiée. Le sens musculaire est aussi perdu; la malade n’a pas la notion de la position des membres. La sensibilité des muqueuses est conservée.

La malade est hypnotisée et arrive au troisième degré. Suggestion. Au réveil, la sensibilité tactile est revenue clans les doigts; l'analgésie persiste, ainsi g ne la douleur rachidienne. — Une seconde suggestion hypnotique fuit presque disparaitre celle-ci.

Le 7, la rachialgie et la douleur abdominale continuent à être très diminuées. Une nouvelle suggestion les fait disparaître complètement.

Le 8, l’anesthésie existe de nouveau jusqu’au milieu de l’avant-bras, avec analgésie et abolition du sens musculaire. De même dans le pied droit. La rachialgie n’a pas reparu. A mieux dormi cette nuit que les précédentes. — Suggestion hypnotique : au réveil, la sensibilité tac tile à ta douleur et le sens musculaire ont ri paru partout complète ment, au pied et à la main. Pendant le sommeil, je lis la suggestion du retour de la sensibilité à la douleur; je la pique avec une épingle : malgré mon dire, elle ne manifeste aucune sensation, mais immédiatement après le réveil, elle retire vivement sa main quand on la pique.

Le 9, la sensibilité persiste. A bien dormi. Mange de bon appétit.

Le 11), continue à bien aller. La main droite donne la au dynamomètre et après suggestion hypnotique 31 ; la main 'gauche donne 20 avant et 30 immédiatement apres.

Le II, va très bien. La main droite donne 30 avant et 38 après hypnotisation, la main gauche 31 avant et après. Le 1 4, main droite 39, main gauche 31. La malade continue à bien aller et demande sa sortie.

Observation XVII. — Hystérie. — Paraplégie ( incomplète avec anesthésie des jambes. — Restauration de la sensibilité en une séance, de la motilité en six séances.

<>•.., vingt et un ans, cigarière, enlre à la clinique le 18 octobre 188 4. Mariée depuis quatre ans, elle n’aurait vécu

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