A N R ST II K SI K HYSTERIQUE GUERIE PAU SUGGESTION
avec son mari, qui est très violent, que pendant deux jours, et est séparée île lui. A l’âge de douze ans, elle aurait eu une fièvre typhoïde, suivie de pleuro-pneumonie.
Réglée à quinze ans, elle a toujours été régulièrement menstruée, n'a pas de leucorrhée, n’a pas eu de grossesse. D'un tempérament névropathique, elle est su jette aux colères et a souvent des migraines et des névralgies ; elle parait aussi avoir quelques habitudes alcooliques. Son père est mort poitrinaire: sa mère est nerveuse, mais n’a jamais ou de crises hystériques; elle a un l'rère bien portant.
En 1879, à la suite d’une violente colère, elle eut une crise hystérique qui dura six heures et lut suivie d'une anesthésie et d’une contracture généralisée dans les membres et la mâchoire, qui persista complète pendant huit jours; elle resta six semaines à l’hôpital avant d'être totalement guérie.
En 1881. à la suite de contrariétés, elle eut une nouvelle crise hystérique violente qui dura deux heures et fut suivie de paraplégie avec anesthésie. Cette paraplégie persista [tendant quinze jours, elle resta trois semaines à l’hôpital.
Le 18 novembre 1884, en arrivant le matin à six heures et demie à la manufacturede tabac, elle eut, sans cause appréciable, une nouvelle crise qui avait été précédée de céphalalgie pendant deux ou trois jours. Elle sentit que tous ses « nerfs » se tordaient; elle cria, appela au secours, puis tomba sans connaissance. Elle resta ainsi pendant une heure, se débattant, se roulant par terre, heurtant la tète contre le sol. Environ un quart d’heure avant de tomber, elle avait une sensation de boule à la gorge qui l’empêchait de respirer. A son réveil, elle eut une soif vive; ses jambes étaient raides et incapables d'exécuter aucun mouvement.
Le 19 novembre, on constate : intelligence nette. Les jambes sont dans l'extension; elle lléchit un peu les pieds et les orteils, mais ne peut fléchir les genoux; elle peut soulever les deux jambes à huit centimètres de hauteur seulemenl. Anesthésie avec analgésie complété depuis les rotules us'iu'aux extrémités des orteils. Les mouvements réflexes existent, mais peu accentués. Le sens musculaire est aboli dans les jambes. Pas d'ovarialgie. — Accuse une douleur à la région fronto-pariélale gauche.
J'essaie d’abord pendant quatre minutes la suggestion à
OBSERVATION
l’état de veille sans résultat. Alors je l'hypnotise; elle vient en sommeil profond, sans souvenir au réveil; elle obéit aux suggestions pendant le sommeil, mais ne réalise pas les suggestions post-hypnotiques.
Au réveil, la sensibilité tactile et a la douleur est revenue ; la malade plie les deux jenoux encore difficilement à angle oblus. La douleur fronto-pariétale a disparu.
Cette douleur revient dans l’après-inidi, pour redisparaitre spontanément le soir. De plus, à 1 heure, elle est prise d'une douleur à l’épaule gauche, dans la fosse sus-épineuse, empêchant l’élévation des bras au-dessus de l’horizontale. I.a malade essaie de se lever, mais ne peut se tenir sur ses jambes.
I.c 20, la sensibilité est restée intacte A bien dormi la nuit. La douleur à l’épaule persiste; elle peut fléchir les jambes à angle droit.
Hypnotisation : sommeil rapide et profond. Suggestion. Réveil lent.
Après le réveil, la douleur a l'épaule a complètement disjoint; elle peut lever le bras complètement ; elle fléchit les jambes plus vite et à amjle droit.
21. — Même état : elle plie les jambes à angle aigu, mais conserve toujours une certaine raideur.
Après une première suggestion, la malad fléchit mieux les jambes, mais toujours avec raideur.
Une seconde suggestion est faite, la malade étant assise sur une chaise; des mouvements sont imprimés aux articulations pour aider la suggestion vocale à dissiper la raideur. Immédiatement après le réveil, elle marchait bien, mais sentait encore ses jambes raides. Trois minutes après, elle ne sentait plus ni douleur, ni raideur et marchait très facilement.
22. — La malade marche très bien, se plaint seulement de fléchir sur ses jambes qui sont faibles. — Suggestion hypnotique; à son réveil, elle se sent plus forte et plus solide >ur ses jambes.
Le 23. elle se sent de nouveau faible sur ses jambes dans l'après-midi. La sensibilité restaurée se maintient. — Nouvelle suggestion.
Le 25, la malade se sent tout à fait bien. Ne se ressent plus d'aucune fatigue depuis hier.
iOC
HYSTÉRIE
Le 23, je lui avais suggéré pendant sou sommeil du dégoût pour le vin ; cette suggestion n'a pas réussi; elle a néanmoins bu sa ration de vin.
Elle continue à bien aller et quitte l’hôpital le 27, complètement guérie.
Ouskk vation X VI II. — Symptômes d' hystérie depuis deux mois. — Crises. — Hémianesthésie sensitivo-sensorielle avec dyschromatopsie. — Céphalalgie et douleur abdominale. — Guérison de 1‘ hémianesthésie dès la première suggestion. — Guérison totale en quatre ou cinq jours.
Marie G..., âgée de seize ans, ouvrière eu chaussures, entre à l’hôpital le 29 juillet 1887. Sa maladie aurait commencé, il y a deux mois, à la suite de contrariétés, par des maux de tète et des faiblesses. Ces faiblesses, dit-elle, commencent par des vertiges, des envies de vomir, une sensation de pression épigastrique et de boule; puis elle perd connaissance, sans convulsions, ni raideur, ni cris; elle ne sait combien de temps durent ces accès ; elle dit en avoir eu quatre le 23, trois le 20, un le 27; aucun le 28. Souvent dans la journée elle a une sensation de boule sans crise. Depuis le début, elle accuse tous les matins une céphalalgie frontale, temporale droite et syncipilalc; depuis deux mois, elle ne mange pas ou peu, vomit quelquefois; cependant ses digestions sont bonnes. Elle est réglée depuis un an, exactement, la dernière fois, il y a trois jours, sans douleur. Le soir de son entrée, la température est à 38,2, le pouls à i 12 ; le lendemain, la température est 37,4 le matin, 37,8 le soir; puis elle redevient normale.
Je constate le 29 juillet : tempérament nerveux, constitution bonne. — N’accuse pas d’affection antérieure. — Douleur très vive il la pression dans tout le côté gauche de l'abdomen; cette douleur n'est pas spécialement limitée à la région ovarienne; elle est aussi accentuée à la partie supérieure qu’à la partie inférieure de la région abdominale gauche.
Hémianesthésie avec hémianalgésie droite complète, exactement limitée à la ligne médiane ; le sens musculaire est conservé. Les sensibilités sensorielles, olfactive, gustative, auditive, visuelle existent. Mais on constate une dyschro-
OBSERVATION
maiopsie; une pelote de laine rouge est vue noire ; le bleu est vu jaune; le vert, bleu; le jaune, rouge. Les mêmes résultats sont obtenus à un second examen. On s’assure facilement que cette dyschromatopsie est purement psychique. Je lui montre un peloton de laine jaune; elle le voit rouge. Or en plaçant devant l'œil dyschromatope un prisme, elle voit deux pelotons jaunes; en enlevant le prisme, elle eu voit un seul rouge. Le prisme, en troublant le jeu de l'imagination malade, a restitué au peloton sa vraie couleur. L’expérience réussit chaque fois.
Après avoir constaté ces faits, en présence de M. le Dr de Smetli, professeur à la faculté de Bruxelles, je veux montrer à mon collègue avec quelle facilité on enlève souvent l'hémianesthésie des hystériques. J’endors la malade en deux secondes par occlusion des yeux et par la parole : « Dormez. » Je suggère qu'elle va sentir partout et qu’elle verra les couleurs réelles; j’explore la sensibilité pendant son sommeil, j'affirme qu elle va sentir. En deu c minutes la sensibilité est restaurée. Au réveil, je constate qu’elle se maintient et que la dyschromatopsie a disparu.
Le lendemain 30 juillet, la sensibilité restaurée et la vision des couleurs se sont maintenues. La malade n'a pris hier que du bouillon et du lait; elle a peu dormi. Elle accuse encore des douleurs vives à la région temporale droite et dans tout le côté gauche du ventre depuis le rebord costal jusqu'au pubis. Je swjtj re la disparition de la douleur de tête. Après le réveil , elle a disparu.
31 juillet. — La douleur de tète n'est pas revenue. A bieu dormi ; accuse encore la douleur abdominale. Je suggère sa disparition.
ll-r août. — La douleur abdominale a beaucoup diminué. La pression la réveille encore. Suggestion.
— N'a plus de douleurs abdominales. La pression ne la réveille plus. L'appétit est bon. Accuse des douleurs de dents dues à une carie. Je les enlève par suggestion.
3. — Se plaint encore de ses dents. Suggestion. La douleur disparait.
4. — La douleur dentaire est revenue au bout d’une heure. Elle veut se faire enlever la dent. Je l’endors et lui suggère que la douleur est complètement partie. Au réveil plus rien.