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DE LA VOLONTÉ DES SOMNAMBULES

mettrez le vôtre. » Il fit ainsi à son réveil et parut très confus de son erreur; il me lit des excuses, ne se doutant pas que la responsabilité de l’erreur ne lui incombait pas, que j’agissais en lui.

Je le répète : c’est un homme intelligent, qui n’est pas hystérique, qui n’est pas nerveux, dont l'imagination est calme; ce n’est pas un esprit malade. J’insiste, puisque certaines personnes non suffisamment éclairées sur la question persistent à admettre <pie les névropathes seuls sont susceptibles d'être mis en somnambulisme.

« La façon dont les suggestions s’établissent chez les sujets, dit M. Beaunis, donne’ des renseignements précieux sur l'état de la volonté dans le somnambulisme. Ilien de plus curieux, au point de vue psychologique, que de suivre sur leur physionomie l’éclosion et le développement de l’idée qui leur a été suggérée. Ce sera par exemple, au milieu d’une conversation banale qui n’a aucun rapport avec la suggestion. Tout à coup, l’hypnotiseur qui est averti et qui surveille son sujet sans en avoir l’air, saisit à un moment donné comme une sorte d’arrêt dans la pensée, de choc intérieur qui se traduit par un signe imperceptible, un regard, un geste, un pli de la face ; puis la conversation reprend, mais l’idée revient à la charge, encore faillie et indécise; il y a un peu d’étonnement dans le regard; on sentque quelque chose d’inattendu traverse par moments l'esprit comme un éclair; bientôt l’idée grandit peu à peu; elle s’empare de plus en plus de l’intelligence, la lutte est commencée, les yeux, les gestes, tout parle, tout révèle le combat intérieur; on suit les fluctuations de la pensée; le sujet écoute encore la conversation, mais vaguement, machinalement, il est ailleurs; tout son

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