AFFECTIONS GASTRO-INTESTINALES
Ouskrvation l.\IV. — Alenolisme hrnnique. tiustritc. Insomnie;
faiblesse de* jambes. Amélioration raid ie par la suggestion.
T... (Louis), terrassier, cinquante-deux ans, entre à I hôpital le février ISSV. Il a des habitudes alcooliques contractées en Afrique, où il a passé dix ans; il -c vante d'avoir été capable de boire un litre d’absinihc en trois heures.
Il y a un mois et demi, il aurait été pris de douleur à l aisselle droite, av e toux et expectoration. Celte douleur a disparu depuis quatre ou cinq jours. Depuis trois semaines il accuse parfois une sensation d’arrêt des aliments vers la fourchette sternale, sans vomissements ni régurgitations. Après avoir mangé, il sent un gonflement épigastrique qui dure environ deux heures, souvent des renvois aigres pendant une demi-heure, parfois des crampes d estomac. Les selles sont régulières. Sa vue serait trouble depuis quinze jours. 11 a des cauchemars nocturnes, dort 1res peu, et dort agité.
Depuis trois mois, il raconte avoir eu il y a deux ans une sciatique gauche qui dura un an, et l'obligea à marcher avec un bâton; il }'u< guérit en huit à quinze jours par suggestion hypnotique faite par M. le D1’ Liébcaull.
OBSERVATION
C’est un homme de bonne constitution; on ne constate aucun trouble cardiaque ni respiratoire. La région épigastrique est sensible ; l’estomac ne parait pas dilaté, le foie n’est pas augmenté de volume. Il présente un léger tremblement dans les mains, de l’analgésie (sans anesthésie) limitée aux membres supérieurs. Il se plaint surtout de douleurs épigastriques, de renvois aigres, de cauchemars nocturnes, et de faiblesse dans les jambes.
(Diagnostic : alcoolisme chronique; gastrite alcoolique.)
Le 10, il est hypnotisé : sommeil profond; suggestion. Le lendemain, il dit avoir mieux mangé et digéré. I, 'analgésie persiste; a encore eu des cauchemars nocturnes. — Suggestion.
Le 12, dit avoir été bien dans la journée d’hier, mais n'a pas encore dormi dans la nuit. 11 se plaint de nouveau ce matin de céphalalgie fronlalc et d’élancements épigastriques qui disparaissent par suggestion. Il quitte l’hôpital ce jour, mais revient trois lois jusqu’au 10 se faire hypnotiser.
Le 10, il dit avoir, pour la première fois depuis trois mois, dormi tranquille « comme un pair de France ». 11 n'a plus d'aigreur ni de douleur épigastrique , il se sent plus fort, a cherché de l’ouvrage hier, et s’est engagé comme fossoyeur. 11 promet qu’il ne boira plus d’eau-de-vie ; cependant, bien que nous lui ayons suggéré du dégoût pour l’alcool, il n’en éprouve pas. Il accuse seulement encore un manque d'assurance dans les pieds; il ne sent pas très bien le sol, il lui semble que ses pieds s'y enfoncent. Après une suggestion hypnotique faite dans ce but, il se sent plus solide.
Il revient l’année suivante le 31 janvier 1885; dit avoir été bien portant jusqu’à il y a quinze jours. Accuse depuis cette époque des accès de fièvre intermittente, d’abord à deux heures, puis à trois et à quatre heures du matin : le dernier, le quatrième, aurait eu lieu dans la nuit du 30 au 31, à quatre heures du matin. Il avait eu, il a vingt-deux ans, en Afrique, où il était soldat, de fréquents accès de fièvre, et depuis son retour, il aurait tous les printemps trois ou quatre accès qui disparaissent par le sulfate tic quinine. Depuis cette fièvre, il sent un brisement dans les membres, de l'inappétence, avec dégoût pourles aliments; de plus, une sonnerie dans la tète et l’oreille gauche.
Le 2 février, nous le trouvons anémique; sa constitution