‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 242 sur 280 · GASTRITE AMÉLIORÉE PAR SUGGESTION · texte numérisé non relu

GASTRITE AMÉLIORÉE PAR SUGGESTION

est détériorée, sa température normale. Respiration nette, sauf quelques sibilances a l'inspiration.

Bruits du cœur normaux ; souftle doux mitral systolique. Il dit s’être bien porté et avoir bien digéré jusqu'à il y a quinze jours.

S'il faut l’en croire, il n’aurait pas renouvelé ses excès alcooliques depuis l’année dernière et il se serait contenté d’une goutte le malin.

Quoi qu'il en soit, depuis quinze jours, il a de nouveau des renvois apres avoir mangé, et de l'inappétence ; il ne vomit pas et a des selles régulières. Enlin, depuis le même temps aussi, il a de nouveau de l'insomnie avec cauchemars.

La lièvre ne reparaît plus depuis son entrée à l'hôpital.

Hypnotisé le 1 au soir, il dort tics bien In nuit . sans rêves, se réveillant trois ou quatre foi' la nuit. 11 se plaint d une sensation île feu dans la poitrine. Suggestion.

Le V. l'appétit cl les digestions sont //< illeurs. La sensation de feu dans la poitrine et la sonnerie dans la tète et l'oreille gauche persistent. Continuation de la suggestion.

Le va mieux. Il a dormi, mais seulement jusqu a une heure du matin. La sensation de l'eu dans la poitrine a beaucoup diminué à la suite de la suggestion. Le bruit de sonnerie persiste. 11 n’a plus de renvois. — Demande son exeat.

OusEBVvnoN l.X V. — Gastrite rhronigue. liilatalian d I estomac. Vomissements. Amélioration notable et cessation des

vomissements par suggestion, sms guérison complète.

II... (Charles1, vingt-trois ans, entré le 20 janvier 1885, sortant de la maison des aveugles ; il a perdu la vue à quatorze ans. Aurait eu déjà à celte époque une gastrite qui dura deux mois; il vomissait tous les aliments et même en dehors dos repas.

Actuellement il serait de nouveau malade depuis quatre ans ; l'affection aurait commencé par une constipation opiniâtre qui persista huit à dix jours ; après une purge, survint une diarrhée qui dura trois mois, accompagnée de coliques avec un peu de ténesme.

Après un mois de diarrhée, apparurent des vomissements qui persistent encore avec des intermittences de dix jours à six semaines ; et pendant ce temps subsiste de la lourdeur

OBSEKVATION

MG

il estomac. 11 a été souvent arrêté dans son ouvrage ; exceptionnellement., il a pu travailler du 8 octobre au 0 décembre d’une façon continue. Depuis il n’a cessé de vomir. Il y a quatre ans. a été au service de M. Parisot où il lut soumis à des lavages d’estomac.

On constate : constitution délicate, lymphatisme, amaigrissement ; apyrexie. Appétit ordinairement irrégulier, quelquefois très bon, actuellement perdu, sans dégoût. Accuse une sensation de douleur stomacale qui se prolonge cinq à six heures après le repas. Vomissements parfois immédiats, d’autres fois une à deux heures après les repas ; quelquefois il vomit au repas du soir ce qu’il a mangé le matin.

Souvent il a des renvois qui durent toute la journée, fréquemment aigres, avec pvrosis, même en dehors des repas, surtout après les vomissements. Eructations fréquentes ; parfois hoquet. Les vomissements sont toujours alimentaires. Douleurs fréquentes au creux épigastrique, sensation de tiraillement et de faim après les vomissements. Crampes le malin jusqu’à ce qu'il ait mangé. Tendance à la constipation depuis trois mois ; ne va à la selle que tous les quatre jours: a parfois des coliques sèches. Urines rares. — Accuse quelquefois des battements de cœur, de la céphalalgie intense, Actuellement le nerf facial gauche est sensible à la pression. Insomnie provoquée par la douleur. Le clapotement stomacal se perçoit jusqu’à deux travers de doigts au-dessous de l’ombilic; la région n'est pas sensible. A la poitrine, respiration légèrement soufflée au sommet droit : le malade tousse et crache un peu depuis six semaines. Diagnostic : Gastrite chronique. Dilatation de l'estomac. Tuberculose au début. Traitement. Hégime : Craie lavée et magnésie calcinée, une demi-cuillerée à café avant chaque repas. Acide chlorhydrique, huit gouttes après le repas.

Ce traitement, en y ajoutant le lavage d’estomac, reste inefficace. Le malade, mou et lymphatique, continue à vomir tout ce qu’il prend.

Le 28 au matin, hypnotisation et suggestion énergique. Il n’arrive qu’au premier degré : engourdissement sans catalepsie. Avant d’être endormi, il avait vomi son bouillon.

Le 20, on note : le malade n'a plus vomi depuis la sugges-

TROU H LES GASTRIQUES AMENDÉS l'Ali SUGGESTION Ô17

(ion, il n’était pas resté aussi longtemps sans vomir depuis le G décembre.

Un mieux dormi crlte nuit. — Suggestion.

:{0. — .N'a presque plus vomi hier. — ltégime lacté. Dort mieux la nuit.

Les jours suivants, il ne vomit presque plus. Le 6 février, il mange de la viande saignante, sans vomir. 11 dort assez bien, mais a encore quelques cauchemars. Le 7. il a quelques vomissements aqueux. Le 10, il se plaint encore de mauvaises digestions, mais ne vomit plus. Le sommeil provoqué ne dépasse pas le premier degré. — Demande sa sortie.

Observation LXYI. — Troubles gastriques. — Sensation de

hrùlur sternale. — Insomnie. — Uutn is"it en quatre séances.

Veuve âgée de quarante-sept ans. journalière, entrée le Lt mars 1*80, au service, mère de trei/e enfants, dont cinq vivants; sa dernière couche remonte à douze ans; depuis celte époque elle est restée veuve avec six enfants ; son mari est mort tuberculeux.

Elle est malade depuis sept jours. Le soir, en se couchant, elle a eu un étourdissement, comme des étincelles de feu devant les yeux, avec nausées, sueurs froides, tendance lipothimique ; elle s'alita et grelotta toute la nuit ; la sensation de froid persista le lendemain avec une grande faiblesse dans les jambes. La toux qu’elle avait depuis quelque temps devint plus forte. Depuis trois ou quatre nuits, elle ressent de temps en temps des élancements dans les tempes.

La digestion est pénible depuis douze ans ; l'appétit, habituellement bon, n’est diminué que depuis trois semaines ; pesanteur épigastrique, renvois aigres, régurgitations glaireuses ; selle tous les deux ou trois jours. Héglée normalement.

10. — Ut al uetwl : constitution affaiblie ; tempérament lymphatique. Pouls régulier. Apyrcxie. A l'examen de la poitrine, on trouve l’inspiration rude au somment droit, l'expiration légèrement soufflée au sommet gauche. Dilatation de l'estomac : clapotement jusqu'à l'ombilic. Depuis quatre ou cinq jours, se plaint d'une sensation de brûlure, qu’elle indique le long du sternum ; elle a eu un point à la partie antérieure de l’aisselle droite, qui n'a duré que dix

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minutes. Pendant la nuit, elle a eu à trois ou quatre reprises, pendant une demi-heure chaque l'ois, des douleurs dans les tempes. Elle a toujours des renvois, a vomi une fois hier soir; dans toute l’après-midi de hier, elle a eu des crampes d’estomac. ÏS'a pas dormi un instant depuis son entrée à l’hôpital (13 mars).

Ee IG au soir, je fais une tentative de suggestion ; je n’obtiens que Y engourdissement simple ; je suggère la disparition des troubles existants, et je la quitte en lui disant de continuer à dormir.

Le 17, elle dit avoir dormi de six heures et demie à sept heures. et demie du soir et s'ôtrc rendormie pendant une heure. La tète serait plus libre, les autres troubles persistent.

Nouvelle suggestion : la malade entre en somnambulisme (sans souvenir au réveil). A son réveil, la sensation de brûlure sternale a beaucoup diminué. Je la rendors et lui suggéré de dormir une heure.

•18. — Elle a dormi deux heures cette nuit. Même état qu’hier ; la brûlure sternale existe encore ; elle a vomi une fois ; de plus, douleurs interscapulaires qu’elle compare à une morsure de chien, quand clic s’assied. Suggestion et sommeil prolongé pendant une heure.

19. — A dormi quatre heures cette nuit; les douleurs ont beaucoup diminue : moins de brûlure; n’a pas vomi ; plus de douleurs dorsales, n’a pas eu d'élancement dans les tempes, n’accuse plus qu’une légère sensibilité à la tempe droite. Presque pas de renvois.

Nouvelle suggestion : elle dort une heure et demie.

20. — A dormi toute la nuit ; n'accuse plus la moindre douleur sternale ni ailleurs. Elle mange le malin de très bon appétit, se sent tout à fait rétablie et demande son exeat.

Observation, LXVI1. — Mêtrile parenchymateuse. Catarrhe

gastro-intestinal. Douleurs névropathiques. Amélioration passagère par suggestion.

A... (Louise), trente et un ans, entre à la clinique le 2ü avril IStt.'i. Mariée, mère de quatre enfants qu’elle a tous nourris, elle est souffrante depuis sa dernière couche. Le troisième jour, s’étant levée, elle eut une mclrorrhagic qui

GASTRO-ENTÉRITE ET NKV ROPATIIIF.

la retint au lit trois semaines, sans douleurs abdominales. Depuis ce moment, elle a de la leucorrhée et des règles peu abondantes, irrégulières (tous les deux mois, en moyenne). En décembre dernier, elle eut un abcès a la marge de 1 anus qui dura assez longtemps et une adénite suppurée inguinale gauche qui suppura peu de temps.

Il y a cinq à six mois, avant ces abcès, elle avait, dit-elle, la sensation de tinsses abdominales; à la suite d une purgation, diarrhée pendant un mois, suivie de constipation jusqu’à ce jour.

Depuis deux ou trois mois, perles rougeâtres non fétides, avec lambeaux charnus, dit-elle, douleurs abdominales 1 empêchant de dormir, et coliques vives quant elle veut aller à la selle. Elle a peu d’appétit depuis six mois, des envies de vomir après le repas. En six mois.elleaurait maigri de trentesix livres. Elle accuse aussi des contrariétés conjugales.

Le 28 avril, pendant que j'interroge la malade, elle est prise d'un accès de pleurs avec tremblement ; c'est un tempérament lvmphalico-nerveux. Apyrexie. — Muqueuses assez colorées. Perle d’appétit avec un peu de dégoût pour la viande. Sensation de gonflement apres le repas, se continuant jusqu’au repas suivant, nausée-, sans renvois ni regurgitations. mais avec sensation de eonstriction épigastrique et sueurs froides. Pyrosis prolongé pendant deux à trois heures et se répétant souvent. Coliques fréquentes ; elle aurait souvent îles selles sanguinolentes avec tenesme et gargouillement ; constipée depuis quelques jours, elle a eu hier trois selles avec une pilule de podophyllinc de trois centigrammes. Le ventre est plat, souple, depressiblc partoutsans douleur, sensibilité épigastrique; clapotement stomacal jusqu'au niveau de l’ombilic. — Au toucher, col utérin assez bas. entrouvert, regardant en avant, lèvre postérieure indurée, tuméliée, légère rétroversion. — Elle n a jamais eu de crises convulsives, mais éprouve la sensation d une grosse noix remontant de l’épigastre jusqu’au cou ; des douleurs à la pression île la région renale droite et au rebord costal inférieur: au moment des règles, sensation de tiraillements et de eonstriction au-dessus des clavicules. Elle a quelquefois des vertiges. Diagnostic : m> (rite parenchymateuse. — Catarrhe chronique gastro-intestinal. — Ncoropathic.

OBSERVATION

Le 28 avril, la malade est hypnotisée ; elle arrive au sommeil profond ou somnambulisme. — Suggestion.

Le 20, elle dit avoir mieux dormi la nuit ; mais accuse encore des douleurs dans l’hypog astre et vers le sacrum. Suggestion.

Le 30, elle accuse moins de douleurs, n'en a plus au sacrum , mais toujours à l'épigastre ; la pression est douloureuse aussi à l’hypogastre. N’a paseu de selles depuis le 27. Leucorrhée. Insomnie. — Suggestion.

Le 2 mai, on constate un petit abcès à la fesse gauche qu'on ouvre pendant le sommeil hypnotique, sans que la malade se rappelle rien au réveil. La constipation n’a pas cédé aux suggestions. Lavement purgatif.

Le 3, va mieux. Elle a bien dormi cette nuit ; un peu d’appétit.

Le ;>, l’abcès va bien. Nuit bonne. Hier soir, douleur dans le côte droit de l’abdomen qui a disparu par suggestion. Ce matin, sensibilité très vive dans toute la région hypogastrique jusqu’à l’ombilic. Elle diminue à la suite de la suggestion.

Le 7, la malade a, depuis hier soir, des points douloureux vers le sein gauche qui l'ontempéchée de dormir ; elle se plaint encore de douleur vers l’appendice xiphoïde quand elle a mangé ; elle n’a plus de nausées, pas de leucorrhée ; sensibilité à la pression de la région interscapulaire gauche. On continue la suggestion, mais assez irrégulièrement.

Le 10, elle se plaint encore de douleurs sus-ombilicales après avoir mangé. — Suggestion. Le soir elle mange sans grand appétit, mais sans douleur.

Le 18, se plaint de nouveau d'une sensation douloureuse, comme du plomb, dit-elle, à l’épigastre; elle ifa pas dormi la nuit. — Suggestion.

Le 1 o, elle va bien ; a mangé sans douleurs.

Le 14, hier elle a peu mangé à midi, après la suggestion; elle a mieux mangé le soir et assez bien dormi la nuit. L’appétit est encore faible. — Suggestion.

Le 1(3, elle continue à bien aller. Demande à sortir.

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