PARALYSIE RHUMATISMALE GUÉRIE PAR SUGGESTION
sous un angle de 120“. Le malade serre assez bien avec la main, il redresse le poignet, mais avec une certaine difticulté. Pas d'anesthésie.
.Après deux nouvelles séances d hypnotisme, le malade oune la main 1res facilement , redresse parfaitement le poignet . lu guérison esl complète.
Observation LXXXI. — Arthrite rhumatismale ancienne scapulo-humérale. — Amélioration notable dès les premières séances hypnotiques. — Puis état stationnaire, malgré la continuation de la suggestion.
C... (Anne trente-quatre ans, entre à l'hôpital le 2 mai 1885. Mariée, mère de deux enfants, elle a, depuis quatre a cinq ans, des douleurs dans le bras et l’épaule droits, avec faiblesse de ce membre qui augmenta progressivement; depuis ce moment, elle ne peut plus lever le bras.
Presque en même temps elle sentit une fatigue douloureuse dans le bras gauche, dont elle continua cependant à se servir jusqu'au mois de décembre 1881. A partir de celte époque, elle ne put plus le soulever.
Depuis quatre semaines entln, elle accuse des douleurs dans le genou gauche quand elle marche. Elle est régulièrement menstruée, n’a pas de leucorrhée, digéré bien, saui quelques aigreurs par intervalles; elle transpire beaucoup, et a quelquefois de l’ardeur eu urinant, hile a habité une maison humide jusqu'il y a deux ans.
Le 4, on constate : constitution un peu délicate. Tempérament lymphatique. Apyrexic. Respiration et bruits du cœur normaux.
Membre supérieur droit : la malade exécute tous les mouvements de l'avant-bras. Le bras peut faire quelques mouvements légers en avant et en arrière, mais la malade ne peut pas l'éloigner sensiblement du tronc, auquel il reste accolé. On peut passivement lui imprimer quelques mouvements et l’amener jusqu'à l’horizontale. L'omoplate tend à suivre. 11 existe une douleur vive limitée à l'articulation acromio-claviculaire droite et un peu au-dessous. Le biceps n’est pas douloureux à la pression.
Membre supérieur gauche : même état quant a la mobilité.
OBSERVATION
Douleur vive à la pression au-dessous de l’articulation acromio-claviculaire : celle-ci est un peu sensible. La pression de la tête humérale est douloureuse. Les mouvements du genou gauche sont libres; il n’est pas douloureux à la pression. Les doigts ne sont pas douloureux, les jointures n’y sont pas déformées, mais ont une mobilité anormale. Diagnostic : arthrite rhumatismale des articulations scapulo-huméralc et acromio-clavicu taire.
La malade est hypnotisée: elle entre en sommeil profond, presque sans souvenir au réveil. Après la suggestion pour le bras droit, la patiente peut, en inclinant la tête de ce côté, porter la main droite sur la tête et la douleur de l'épaule a diminué.
Le 4 au soir, suggestion en sommeil profond, .l'aide la suggestion en imprimant des mouvements au bras et affirmant que la douleur disparait et que la malade pourra exécuter sans douleur tous les mouvements. Je continue énergiquement la suggestion pendant vingt minutes.
Au réveil, les douleurs ont presque disparu à droite ; celle de l’humérus gauche persiste encore. La malade peut atteindre spontanément le bâton suspendu au-dessus de son lit, elle peut faire de légers mouvements d’abduction. On porte les bras facilement jusqu’à l’horizontale, mais elle ne peut les y soutenir et les laisse retomber.
Le 7, elle accuse de nouveau une douleur vive à l'articulation acromio-claviculaire droite et sur la tète de l’humérus gauche; elle peut écarter ses deux bras du corps à angle droit.
Le 0, après suggestion faite hier, elle n'a plus eu d’élancements douloureux spontanés ; la douleur à la pression a diminué à droite. Elle soulève son bras à angle droit. — Suggestion.
Le H, suggestion; la douleur acromio-claviculaire droite de l'humérus gauche a presque disparu ; mais elle se plaint encore d’engourdissement dans les bras, l’empêchant de dormir; elle tient bien ses bras à 45° du corps. Même étal les jours suivants.
Dans la journée du 12 (elle n'a pas été hypnotisée), nouvelles douleurs dans le bras et l'avant-bras gauche ; pendant toute la nuit, fourmillements dans la main gauche.
lillUM ATIS.M K CIIROMQl.'K AMÉLIORÉ PASSAGÈREMENT Ô35
Elle est endormie le 13. La nuit suivante est assez bonne; elle a mieux dormi ; mais, le la. elle se plaint toujours de douleurs dans le bras gauche, tout l'humcrus est sensible à la pression. Elle écarte bien son bras gauche, mais ne peut le maintenir. — Suggestion.
Le là, la douleur dans 1 humérus gauche a disparu depuis la suggestion d hier ; la malade a pu de nouveau maintenir pendant quelques instants le bras gauche à 4a°. Dans la nuit, elle a eu des élancements douloureux dans la gaine du triceps gauche. — Suggestion le soir: elle n u plus île douleur dans la nuit.
Le 19, la malade u a plus été endormie depuis trois jours. La douleur est revenue surtout dans l’épaule et le bras gauche ; elle dort peu la nuit. Suggestion énergique et prolongée avec mouvements imprimes aux articulations de 1 épaule. On arrive à lui faire tenir le bras presque verticalement pendant le sommeil. Je laisse la malade dormir et se réveiller spontanément.
Le 20. elle a encore quelques douleurs à gauche ; elle soulève assez bien les deux bras, mais n’arrive plus à l'horizontale. Elle a assez bien dormi la nuit. Le soir, suggestion avec mouvements imprimés; on lui porte presque vertical' nient le brus en l'air.
Le 21, elle n a plus de douleur et arrive presque a l'horizontale. Cet état se maintient jusqu'au 20. Suggestion quotidienne.
Le 20, elle n a presque plus de douleur au niveau des épaulés, mais se plaint, quand elle veut lever le bras gauche, d’une sensation douloureuse dans l’avant-bras; elle levé cependant ce liras jusqu a 90" ; le droit presque horizontalement. — L'appétit est bon.
Dans la nuit, les douleurs se manifestent île nouveau dans les épaules. La malade n a pas dormi ; le lendemain, elle ne mange pas et parait déprimée ; depuis quelques jours, elle se prête de fort mauvaise grâce à l’hypnotisation. Elle manifeste le désir de rentrer dans son village, dans les Vosges.
Le 28, la malade se plaint toujours ; le bras droit va bien ; il est peu douloureux ; elle le relève bien à angle droit ; mais elle se plaint et accuse toujours, malgré la suggestion, des
ORSIÏRVATION
douleurs à l'épaule et au bras gauche ; elle ne mange plus ; son caractère est aigri. Nous apprenons que son mari est venu la voir et qu’il ne voulait plus qu’elle fût hypnotisée. Kllc-même dit qu’elle préfère garder ses bras tels qu’ils sont et ne veut plus continuer ce traitement. Nous pensons qu'elle a dû subir quelque influence contre-suggestive qui a peut-être paralysé l’eflicacité du traitement. Elle quitte l’hôpital le 29.
Observation LXXXII. — Rhumatisme musculaire avec crampes dans les membres ; guérison rapide par la suggestion.
G... (Jean-Claude), soixante-douze ans, jardinier, entre à 'hôpital le 0 novembre 1883; il se plaint, depuis quatre semaines, de douleurs diffuses dans tout le corps, surtout dans les membres, survenant deux ou trois fois par jour, durant jusqu’à trois quarts d’heure; de plus, deux ou trois fois par jour, il a des crampes dans le jarret avec flexion des genoux durant plusieurs minutes. Souvent exposé à la pluie, il a été fortement mouillé il y a quatre semaines, et tousse depuis cette époque; quelques crachats opaques muqueux avec de la sérosité spumeuse; un peu d’oppression quand il marche ; il n’a pas d’étouffements habituels. L’appétit a toujours été bon.
C’est un homme bien conservé, de forte constitution; le thorax légèrement bombé, sonore; la respiration est rude en avant, l’expiration nette; la respiration est rude et rugueuse dans le sommet gauche postérieur, un peu soufflée dans la fosse sus-épineuse droite ; quelques râles sous-crépilants lins à la base gauche. Bruits du cœur normaux. (Emphysème sénile peu avancé bronchite , induration sénile des sommets.) Les articulations des doigts sont un peu déformées rhumatisme noueux ) et craquent un peu par les mouvements imprimés. En pressant sur les muscles de la fesse et de la cuisse gauche, on y détermine de la douleur et des contractures (rhumatisme musculaire). Laissé quelques jours sans traitement, son état reste le même; tous les jours des crampes; le 7, trois crises de crampes dans les jambes et les poignets; le 8, quatre crampes dans les deux bras.
RHUMATISME MUSCULAIRE GUÉRI l'AR SUGGESTION i>37
tendon d’Achille et dans la partie interne des cuisses; il a souvent, des crampes qui ont lieu simultanément ou alternativement dans tous les membres, avec sensation de fourmillements, les doigtsetles genoux étant contracturés en demiflexion.
A partir du 12, le malade est hypnotisé tous les jours (sommeil profond) avec suggestion. Depuis la première séance, il nu plus eu de '-rampes ; les douleurs diffuses diminuent ; elles n’existent plus quand le malade est tranquille, elles se manifestent encore quand le malade marche.
A partir du 21, il va tout à fait bien et n’accuse plus de douleur pendant la marche.
Observation LXXXIII. — A ’é-vralgie iléo-lombaire rhumatismale. — Amélioration rapide en une > once. Guérison totale graduelle en dix-huit jours.
T... (Marie), journalière, Agée de cinquante-cinq ans entre à l'hôpital le 27 novembre issl. veuve et mère de douze enfants, qui sont tous morts, comme leur père, de la poitrine.
11 y a quelques jours, cette femme, qui sc porte habituellement bien, faisait une lessive, les reins couchés sur la pierre. Tout à coup elle dut interrompre son travail à cause d’une douleur siégeant dans le côté droit et s'irradiant vers l’épine iliaque antérieure. KUe dut rentrer chez elle et v fut prise de frissons. La douleur était tellement vive qu'elle ne put remonter sur son lit. Cette douleur lombaire a persisté depuis, avec irradiations douloureuses, parfois dans les deux jambes. Mien portante d’ailleurs, elle a bon appétit.
Le 29, on note : constitution bonne; apyrexie; hygroma prérotulien gauche. Douleur excessivement rire au niveau de la région vertébrale lombaire, au-dessous du rebord costal droit et à l’origine du sciatique droit. La douleur est moins intense du côté gauche. Ces douleurs s’irradient souvent à la partie inférieure droite de l'abdomen et dans les membres. (Névralgie iléo-lombaire rhumatismale.
Hypnotisation. — La malade tombe en somnambulisme; pendant le sommeil elle a un rêve spontané actif ; elle parle de laver un plancher. Je dissipe ce rêve et affirme la disparition des douleurs. A son réveil, elle re'te profondément en-
OBSERVATION
fi38
gourdie et se rendort spontanément jusqu’à trois heures de l’après-midi (depuis onze heures du matin).
Le 30, clic se trouve beaucoup mieux, a bien dormi la nuit. La région lombaire n'est presque plus douloureuse. Seule la région sacrée l’est encore à la pression sur la ligne médiane; il n’y a plus eu d’irradiations. La patiente peut se retourner dans son lit, ce qu’elle ne pouvait faire auparavant.
Le 1er décembre, elle a eu encore une douleur très vive à la pression du sacrum ; mais la douleur reste localisée à cette région ; les lombes, le rebord costal, l’origine du sciatique ne sont plus douloureux; plus d’irradiations. Suggestion presque tous les jours. La douleur sucro-cocnjgicnne est tenace.
Le 3, elle diminue ; la malade a pu marcher un peu; le 0 elle a toujours quelques douleurs en se levant et en marchant. A partir du 18 seulement, elle va tout à fait bien. N’ayant plus rien ressenti et la dernière trace de sensibilité ayant disparu le 20, la malade demande son exeat.
Cette femme, qui n'a jamais eu d’accidents nerveux, est une excellente somnambule. Pendant son sommeil je lui dis: « Vous voilà bien guérie. Levez-vous. Vous êtes à faire le ménage de M,uc X... » Elle se lève les yeux fermés, s’habille, cherche une chaise, monte sur l’appui de la fenêtre, l’ouvre et se met à laver la fenêtre avec la tisane contenue dans la cruche, qu’elle prend pour l’eau destinée à ceL usage. Puis, docile aux suggestions, elle fait son lit ou balaie le parquet de la salle avec un balai qu’on lui apporte. Elle travaillerait pendant plusieurs heures. Reveillée brusquement, elle ne se rappelle rien et croit avoir paisiblement dormi dans son lit ou sur une chaise.
Observation LXXXIV. — Arthralgie consécutive dune arthrite.
— Guérison immédiate par suggestion.
D... (Louis), vingt et un ans, vient à la consultation le 2 avril 1884. Il y a trois mois, il aurait eu, après avoir roulé une brouette, un gonflement du cou-de-pied gauche, avec impossibilité de fléchir l'articulation. Le médecin lui aurait appliqué, il y a six semaines, une bande amidonnée pendant trois semaines et deux jours. Le bandage fut enlevé il y a quinze jours, sans résultat.
PLEURODYNIE GUÉRIE i>39
D... marche en boitant et en pliant le genou. 11 ne peut plier le cou-de-pied gauche, qui est douloureux à la pression; le gonflement a disparu.
Le 2, je ï hypnotise : sommeil assez profond ; souvenir imparfait au réveil. Suggestion avec mouvements imprimés à l'articulation pendant le sommeil.
Au réveil; il fléchit 1res bien 'I spontanément, sans douleur, l'articulation tibio- tarsienne. Il marche bien, n'accusant plus que de la sensibilité vers la malléole interne, pendant la marche.
Il n'est pas revenu à la consultation. J'ai appris, par un autre ouvrier de son usine, que la guérison s’est maintenue.
Ouskrvatio.n I.XXY. — Vb urodynie enlevée par sugyestion.
P... (Théophile', employé de chemin de fer île l'Est, à Yarangevillc, quarante-hui! an-, accn-e depuis quatre jours une douleur vive sous le sein droit pleurodynie).
Le 18 mai I880, à ma consultation, je l’endors en sommeil profond. Au irveil la douleur a presque disparu complètement, au grand étonnement du malade.
P... revient le 6 mai 1886, accusant de nouveau depuis six jours un point douloureux à la région lombaire gauche, qui l'empêche de travailler; bien que ce point ait diminué depuis le 2, le malade peut encore diflicileraent se baisser pour ramasser un objet. Je le mets en somnambulisme, et, au réveil, le pointa disparu; P... se baisse très facilement.
Obskhvation l.XVI. — Rhumatisme arti> ulair apyrétique tà:s-
sation passagère des douleurs par l<i suqg stion. — Quenson
qra luelle,
D... (Albert), dix-huit ans, garçon de restaurant, entre le 13 avril 1883, à l’hôpital. Il vient de passer sept semaines au service de M. Pari-sot pour un rhumatisme articulaire suhaigu dont il eut deux atteintes successives. Sorti une première fois après deux semaines de séjour, il eut une récidive au bout de deux jours et rentra dans la même salle.
Sorti le 11, sans douleur, il ressentit de nouveau le lendemain quelques douleurs et rentra dans notre salle le 13.
Le soir, il présente «les douleurs assez intenses spontanées
OliSKKYATIO.N
et à la pression dans les cous-de-pied et les mollets; il marche en boitant et avec une certaine difficulté.
Je Y hypnotise séance tenante : il est au troisième degré. Suggestion. Au réveil , il n'accuse plus aucune douleur et marche très bien sans boiter.
Le lendemain 14, il dit n’avoir plus eu de douleurs spontanées et marche sans boiter. La pression des articulations tibio-tarsiennes détermine cependant encore de la douleur.
‘Dans l’après-midi, il accuse une douleur vive à l’aine se propageant dans le plexus crural. Sensibilité dans le mollet.
A six heures du soir ,jc V hypnotise; les douleurs disparaissent instantané ment pour ne plus reparaître.
Le 16 au soir, il accuse de nouveau de fortes douleurs au niveau des malléoles et marche difficilement en boitant. Les douleurs sont enlevées par suggestion hypnotique : il peut marcher et courir spontanément.
Le 17. Depuis cetle nuit, nouvelle douleur dans la fosse susépineuse droite, vers le bord antérieur du trapèze, à la partie inférieure du biceps des deux côtés et aux cous-de-pied. Cependant le malade marche sans que les mouvements soient trop douloureux. Le soir, suggestion hypnotique : toutes les douleurs disparaissent.
Le 18 au matin, il ne signale plus que de la sensibilité vers le trapèze qui disparait par suggestion.
Le 20, le malade ressent de nouveau une douleur dans le cou-de-pied ; il ne peut se tenir que trois secondes sur le pied gauche. Cette douleur est de nouveau enlevée le 21 par suggestion.
Cetle douleur, chaque fois enlevée totalement par la suggestion, réparait avec ténacité. Nous la retrouvons le 23 au soir ; enlevée par suggestion , elle réparait au bout de quelques heures pendant la nuit, surtout derrière la malléole externe, et est de nouveau enlevée le 24 par suggestion.
Cela se passe ainsi encore une huitaine de jours, puis la guérison devient définitive.
IlOULEUKS ARTICULAI It ES ENLEVÉES l'Ail SUGGESTION Ô4I
Observation LXXX\ II. — Rhumatisme articulaire chronique datant de trois uns , localisé aux poignets et aux cous-depied. Guérison rapide en six séances.
II... (Charles), Irente ans. journalier, entre à l’hôpital le 13 décembre 1883, venant de la maison de secours, hôpital affecté aux maladies chroniques, où il est depuis le 13 septembre. 11 est affecté de rhumatisme articulaire depuis trois ans. La maladie débuta par une douleur dans les genoux, sans gonflement notable, qui ne l'empêcha pas de continuer son travail. Après quinze jours à trois semaines, cette douleur disparut et fut remplacée par une autre douleur dans les talons au-dessous des malléoles et qui dura deux mois. Puis une douleur vers le milieu du bras, ensuite aux deux poignets, qui restèrent pris, douloureux et gênés dans leurs mouvements depuis deux à trois ans, sans gonflement notable ; le poignet droit a été tuméfié l'année dernière en juillet pendant trois jours; le poignet gauche, il y a un mois et demi fut tuméfié pendant deux jours. Enfin les pieds sont gonflés et douloureux, le gauche depuis deux ans, le droit depuis un mois et demi. Les douleurs rhumatismales se sont développées sans lièvre ni réaction ; au moment où elles ont commencé, il couchait dans une chambre fraîchement plâtrée. Il a toujours pu travailler à Krouard, malgré ces arthropathies, jusqu'au 25 juin ; depuis ce jour les douleurs étaient trop vives, et les mouvements trop gênés pour qu'il pût continuer à travailler.
Etat actuel : Constitution bonne, tempérament lymphatique. Santé générale bonne. A la main droite, douleur h l'articulation du poignet, surtout au niveau de la cubitocarpienne; les mouvements d’adduction et d’abduction sont impossibles : passivement imprimés, ils sont très limités, et déterminent une douleur vive au niveau du ligament cubitocarpien. Les articulations carpiennes et carpo-métacarpiennes au dos de la main sont sensiblement gonflées et douloureuses. Les muscles interosseux et ceux du pouce (éminence thénar) sont notablement atrophiés. Les phalanges sont libres.
Même état de la main gauche : douleur surtout dans l'ar-
•SliiUKSTIÜN, 3* ÉDIT.
OllSEllYATlON
ticulation cubito et radio-carpienne. Donc dans les deux mains, ce sont surtout les mouvements du poignet qui sont presque totalement entravés.
Le pied droit est gonflé au niveau de l’articulation du coude-pied, il est douloureux surtout au cou-de-pied et au niveau de la malléole externe.
Le pied gauche est plus gonflé au niveau du cou-de-pied ; la douleur existe surtout autour et en avant de la malléole externe. Les mouvements d’adduction cl d’abduction sont possibles, mais douloureux. La douleur est accusée à la malléole à la pression et pendant la marche. Celle-ci est pénible : le malade écarte la jambe gauche, et ne peut se tenir sur elle seule.
Le 14, suggestion hypnotique. Sommeil assez profond. Ajirès la séance , le malade se tient un peu sur la jambe gauche seule, ce qu'il ne pouvait faire avant. La journée est assez bonne. Dans la nuit il a encore des douleurs.
Le 16, on constate exactement le même état qu’à son entrée ; même état des poignets et des cous-de-pied. Le malade marche toujours en écartant la jambe gauche ; il ne peut se tenir sur la plante du pied sans s'appuyer avec la main.
Seconde séance : suggestion hypnotique , le sommeil est profond avec absence de souvenir au réveil. Immédiatement après, la douleur est beaucoup diminuée ; il se lient deux à trois secondes sur la jambe gauche sans s’appuyer avec la main. Dans la journée, il a éprouvé un grand soulagement comparativement aux autres jours ; dans la nuit, il n’a pas de douleur. La main droite reste encore douloureuse vers la tête du cubitus. 11 trouve que les mouvements du poignet se l'ont mieux.
17. Les poignets sont encore douloureux ; à droite, ce sont les articulations carpicnües etearpd-métacarpiennes.La flexion et l’extension des poignets sont faciles, l’abduction est très limitée, l'adduction impossible. Le pied gauche est encore sensible. Après sommeil et suggestion, ces douleurs ont presque disparu. Pendant le sommeil , on a imprimé aux mains des mouvements d’adduction et d’abduction aisément et sans douleur, ce qui était impossible avant.. Au réveil, ces mêmes . mouvements sont possibles ; et il se tient quatre secondes sur le
p.HUMATiSME Aimci'uim; r.uj-ni i-aji suggestion .M3
pied gauche. Nuit bonne. Sueurs : il a dû changer de chemise.
18. — Les mouvements d’adduction et d abductiou restent faciles dans la main gauche: il étaient impossibles depuis un mois et demi; ils sont faciles aussi dans la main droite: il fait I abduction sans aucune gêne, ce qu'il ne pouvait faire, dit-il, depuis trois uns. La douleur a presque disparu. — On ne détermine non plus aucune douleur à la pression du coude-pied et îles malléoles. Le malade marche très bien, sans écarter les jambes, sans douleur. Le pied gauche, qui autrefois tournait facilement en dehors, ne se renverse plus. Il dit que depuis deux ans il ne marchait pas comme maintenant. Il se tient d abord quulr< second' s, puis •. ept seenudes sur ce pied seul, C' qu il était dans l'impossibilité absolue de faire depuis deux ans.
Le 10 et le 20, cet état samélioir encore par la suggestion hypnotique. Le 2U, il se tient vingt secondes sur le pied gauche ; il sort ce jour en ville et fait une assez longue course sans raideur ni la moindre douleur.
Nous étions réellement surpris de ce grand changement : Le malade était très étonné de pouvoir marcher aussi bien.
Le 21, nous apprenons, par sa sœur, qu’il disait aux autres malades du service qu’il ne dormait pas. Je l'interroge; il dit qu'il dormait: il ne se souvient absolument de rien, ni des paroles prononcées, ni des mouvements imprimés pendant le sommeil Mais il refuse de se laisser endormir de nouveau. Il prétend avoir été guéri trop vile [su- , que ce n’est pas naturel, que cela reviendra. C’était au commencement de nos expériences hypnotiques, elles étaient alors mal vues par quelques personnes peu éclairées sur ce sujet. Nous ne doutâmes pas qu'une influence cantre-sugg- stive n’eût été exercée sur le malade qui prit peur et quitta l’hôpital, guéri et peu reconnaissant.
Observation l.\\\\lll. — iUiutnatismi piusculaifB, çerti— culaire et nerveux. — Amelioration pair chaque suggestion, lie tour des douleurs. — Guérison graduelle en une douzaine de jours.
J..., employé au chemin de fer, âgé d’environ cinquante ans, de forte constitution, vient me consulter le il octobre 188L La semaine dernière, il a eu d< s douleurs rhuinatis-
OIISKIIVATIOS
males dans les membres, qui l’ont obligé à prendre un conge de cinq jours. 11 a repris son service le 9 mars et a dû suspendre de nouveau le il.
■le le vois chez lui; il accuse une douleur vive à la région lombaire gauche qui l'empêche de se lever.
Je l’endors; sommeil profond. Souvenir confus au réveil. 1. a douleur est moindre. — Dans la nuit, douleurs vives; il s’agite beaucoup dans son lit.
Le 12, je constate une douleur vive à l’articulation acromio-claviculaire gauche, dans le scalène et à la région lombaire; il ne peut s’asseoir sans douleur. — Hypnotisation à o heures du soir; sommeil profond et suggestion. — .4 m réveil , la douleur est moindre, relie de l'épaule et du scalène a disparu; le malade peut prendre un mouchoir et se moucher de la main gauche, sans s’asseoir, ce que la douleur de l'épaule l’empêchait de faire avant la suggestion.
La nuit, toutefois, il dort mal. Les douleurs reviennent, moins intenses dans les reins, mais assez vives au cou, au bras.
Le 13, à 4 heures, température 38°, U; douleur à l'articulation métacarpo-phalangienne de l’index droit et au sterno-mastoïdien droit qui est très sensible. Douleur encore. mais légère au rein.
Après suggestion, douleurs beaucoup moindres; on peut presser le sterno-mastoïdien en ne déterminant qu’une légère sensibilité. La douleur métacarpo-phalangienne a presque disparu.
IHoctobre. — L’amélioration s’est maintenue jusque hier. Depuis, il a de nouveau des douleurs sur le trajet des sciatiques, aux deux fesses, aux échancrures, au jarret gauche et le long de la face postèrO-externe de la jambe. Ces parties sont très douloureuses à la pression. De plus, endolorissement du sterno-mastoïdien droit. La région lombaire est dégagée. La température axillaire est 38°, 6. — Hypnotisme et suggestion. Douleur beaucoup moindre, au réveil. Après une seconde suggestion hypnotique, consécutive à la première, avec frictions sur les régions douloureuses, les douleurs ont presque disparu.
19. — A bien dormi la nuit. Les douleurs onl reparu, mais légères. Il lève bien la jambe; au cou aussi, sensibilité
DOULEURS RHUMATISMALES GUÉRIES ôio
mointlre. Le jarret est encore sensible à la pression. Température 38°. Après deux séances consécutives, la douleur a presque disparu.
Depuis, le malade continue à bien aller. Sa femme vient me dire le 23 qu'il n’a plus qu'une fatigue lombaire.
Le 29, il vient me voir. La guérison s’est maintenue. Il n'accuse plus qu'une gène dans le genou gauche qui disparaît par une dernière suggestion hypnotique.
Observation LXXXIX. — hhumatisme poly-art iculairt' guéri par /' antipyrine. — Persistance de douleurs acromio-elaviculaires et xiphoidiennc. — Guérison définitive par suggestion en deux séances.
M. C..., trente-trois ans, tonnelier, entre le IG mars I88G, affecté depuis huit jours d'un rhumatisme articulaire suhaigu.
l’.’est un homme fort bien constitué, adonné aux habitudes alcooliques. A son entrée, la température est fébrile à 38°, 2, le pouls est à 112; les douleurs existent dans les articulations acromio-elaviculaires. dans les genoux, aux cous-de-pied et vers les malléoles gauches, au niveau des dernières apophyses épineuses lombaires et du sacrum. Le malade prend G grammes d’antipyrine le IG. 8 grammes le 17: les articulations se dégagent rapidement dès le premier jour de l'administration du médicament : seule la douleur acranio-claeiculaire persiste.
Le 21, la température, normale depuis le 19 au matin, est remontée a 38°. <tn constate encore de la douleur à la pression des articulations acromio-elaviculaires et de la tête humérale gauche ; les mouvements articulaires sont libres. De plus, depuis la nuit, un point douloureux vers l’appendice xiphoïde qui l'a réveillé à trois heures du matin et l’a empêché de se rendormir: un autre point au niveau du rebord costal axillaire des deux côtés. La pression de ces régions détermine une vive douleur.
J'endors le malade : il tombe rapidement en sommeil profond sans souvenir au réveil; je suggère la disparition des douleurs. Au bout de cinq minutes je le réveille: la douleur xiplioidienne spontanée , t a la pression a totalement disparu ,
OnSERVATION
MG
ainsi que lu douleur aux articulations acromio-clavicalaires cl à la tête humérale gauche.
La douleur xiphoïdienne n’est pas revenue; les douleurs acromio-claviculaires ont reparu dans la nuit, plus vives a gauche. Nouvelle suggestion hypnotique : au réveil, il n y u plus aucune douleur spontanée ni a la pression.
23. — Les douleurs ne sont pas revenues. Le malade marche, mais assez péniblement; les articulations sont un peu raides, dit-il. Après suggestion hypnotique, la démarche çst plus rapide cl plus aisée.
Le 24, il marche une demi-heure, ne sent plus aucune douleur ni spontanée, ni à la pression.
La guérison se maintient : .M. C... quitte l’hôpital le 2G.
Observation XG. — Rhumatisme musculaire lombo-crural avec névralgie saero-séiatique opiniâtre, datant de six mois. — Amélioration notable en quelques séances hypnotiques ; guérison presque totale après cinq semaines de suggestions répétées.
H. G..., trente-deux ans, plâtrier, entre à l’hôpital le 30 janvier 1880. 11 accuse depuis six mois (mois d’août dernier) une sciatique caractérisée par des douleurs s’irradiant de la fesse au pied gauche. Au début, la douleur était limitée vers l’épine iliaque postérieure. 11 a pu marcher jusqu’en décembre, mais une douleur permanente dans les reins l’empêchait de se plier. Depuis huit jours, il ne peut se lever, ni se tenir debout : la douleur l’empêche de dormir. Il y a sept semaines, il est entré à l'hôpital dans un autre service et y a passé un mois, inutilement traité par un vésicatoire et des pointes de feu.
On constate le 31 janvier : C’est un homme fort bien conslittié, sans antécédents morbides ni alcooliques. On constate à la pression une douleur au niveau des apophyses épineuses lombaires, et du sacrum jusqu’au coccyx; cette douleur existe aussi au niveau des apophyses transverses, à la hauteur de la crête iliaque, au niveau de l’articulation sacroiliaque, du trochanter, au bord inférieur du fessier; on la détermine encore vive, à la pression des muscles postérointernes de la cuisse, au creux poplité, à la tête du péroné.
IIIIUMATISMK t'.n iil l'All SUGGESTION ;'i7
et à la face antérieure «le la cuisse dans le triangle de Scarpa ; enfin, il accuse une sensation «le fourmillements dans le talon lorsqu’il se lève; il ne peut d'ailleurs se tenir debout à cause de la douleur. Il peut plier sans douleur le pied, le genou et la cuisse.
Il reçoit successivement six grammes d’antipyrine le i r février; un gramme «le sulfate de quinine les 3, 4 et a ; cinq grammes de salicvlalt* «le soude chaque jour du G au 10, sans résultat notable ; le sommeil cependant est meilleur; quand il «*st au repos. l«“s douleurs n existent pas, mais elles se manifestent au moindre mouvement. 11 reste couche sur le côté droit, la cuisse et le genou fléchis et ne pouvant étendre le membre.
Du 11 au 13, le malade est hypnotisé; J>ien qu’il soit nu troisième degré av«*e catalepsie suggestive et automatisme rotatoire, il pr.'teml ne pas dormir, parce qu'il se rappelhtout au réveil. Cependant la </<>»/• ur a diminué notai lem nt, dès la seconde séance; les muscles «le la «‘«lisse e| le jarret ne sont plus douloureux : mai- tonie la b'sse est encore très sensible, et il n peut se coucher sur le dos, ni étendre le membre.
i,e lé au soir, ]<• le mets en // pro fiant, sonmam-
huli«pie, sans souvenir au r« * v « • • 1 . D«-s lors, il est «'«-invaincu qu'il dort, \pivs suggestion, il est tout • l«inm- <l«- )onx •«//• étendre son membre et rester cowlir sur le. ilos. Mais la «louleur à la pression subsiste encore a 1 artii’ulalion sacroiliaque, s'irradiant vers le sacrum. I.e lendemain, il se traîne péniblement en boitant avec une canin:; pendant la marche, il accuse une douleur au niveau du rebord costal gauche. Cette douleur disparait instantanément par suggestion.
Continuation 'lu somnambulisme provoqué . La d uh ur saerofessière diminue c /i-i <///'■ fois, mai* revient après un temps variable, quand il se meut et veut marcher.
Le 19 au soir, je lui suggèn* pendant son sommeil qu il pourra marcher sans canne. Après son r< veil, en effet, il marche dans la salle sans canne, assez bien, n'accusant plus qu'une légère douleur au sa«Tiim. A six heures, frisson; sueurs dans la nuit.
Le lendemain, température normale. 11 va bien 11 marche et couche sur le dos. Continuation de la sugyestion.
OHSEHVATION
l.o 23, il n’accuse plus qu’une légère sensibilité dans le coccyx, et une faiblesse générale dans le membre.
I.e 28, il se plaint de nouvelles douleurs lorsqu’il appuie le pied à terre, et de douleurs lombaires. Elles disparaissent par suggestion, et il inarche assez bien la journée.
Le 4 mars, l articulation temporo-maxillaire sensible à la pression depuis la veille est instantanément dégagée par suggestion hypnotique.
Le malade marche bien, se plaignant toutefois d’une sensibilité dans le poignet.
Le S, il marche assez bien, mais sent une gène lombaire qui l’empêche de se redresser complètement. Après suggestion, il se redresse mieux et marche mieux.
Le G, il accuse une sensibilité douloureuse au-dessus du rebord costal gauche, à 8 centimètres en dehors du rachis, et une autre sur la fosse iliaque externe, un peu en avant de l’épine iliaque postérieure, une autre vers l’ischion. Ces j)oinls diminuent par suggestion.
Le 7, il se plaint toujours d’une certaine gêne douloureuse vers le sacrum, et d’une certaine raideur dans la marche. Quand il a marché un peu, il éprouve un sentiment de fatigue et une douleur dans les reins. Suggestion hypnotique. Je le fais marcher vivement pendant son sommeil et, par une suggestion prolongée, je détruis la douleur; il marche sans boiter, et, à son réveil, ne sent plus rien.
Le 8, il accuse de nouveau une sensation de raideur sacro-lombaire qui l’empêche de se redresser . Nouvelle suggestion cl entrainement à marcher pendant le sommeil.
11 marche bien dans la journée ainsi que le lendemain, n’accusant plus qu’une certaine difficulté à se redresser. Le
12 mars, il éprouve une sensibilité dans la fesse qui remonte jusque vers l’angle de l’omoplate, surtout lorsqu’il marche. Celle sensibilité a la marche diminue après la suggestion.
Mais cette sensation légère est très opiniâtre ; elle se reproduit constamment quand il a marché quelque temps.
Le 14 et le la. je faradise la région sensible pendant le sommeil. 11 accuse une vive douleur, mais ne se souvient de rien au réveil. La sensation de raideur douloureuse il la fesse est moindre.